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Théâtre. — Les escaliers de la comédie, qu'on trouve à gauche de eette dernière rue, conduisent près du théâtre qui a été construit en I8O4 , sur la place appelée la Caroline, dans le faubourg de Marlheray.
A l'extrémité du faubourg de Martheray est le domaine du Champ-de-l'Air. hosp;ce très-vaste, destiné, depuis 1810, à recevoir les malheureux affligés d'aliénation mentale. De l'autre côté de la route, l'État a fait construire une maison de force très-vaste , dont l'organisation est basée sur celle du fameux pénitentiaire de Philadelphie.
Calvaire. — En continuant à s'avancer sur la route de Berne , jusqu'à ce qu'on ait dépassé un endroit qui a conservé, depuis le temps de la catholicité, le nom de Calvaire . on trouve un vaste cimetière qui ressemble plutôt à un beau jardin.
Terrasse Saint -Pierre, — Après être redescendu dans le faubourg de Martheray, on arrive sur la terrasse de Saint- Pierre 5 d'où la vue embrasse le Léman et les Alpes majestueuses qui l'encadrent. En se retournant , on a à sa droite le faubourg d'Etraz, qui conduit aux belles et délicieuses campagnes de Villamont , de la Piosière, des Toises, de Monrepos, de Beausite, des Mousquines , etc. On voit dans la première un petit monument fort simple , mais intéressant, consacré à rappeler la mémoire du grand Haller. Monrepos, célèbre par le séjour qu'y fit Voltaire, est remarquable aussi par ses nouveaux embellissemens.
Rentré en ville , on trouve d'abord la rue de Saint-Pierre , attenante à celle de Bourg, qui donne son nom à tout le quartier qu'on vient de parcourir. On sait qu'autrefois les propriétaires de cette rue de Bourg avaient le droit de haute justice criminelle sur toute la ville. C'est dans cette rue et dans celle de Saint-Pierre que se trouvent les principales auberges , telles que le Lion-d'Or , le Faucon, la Couronne, l'Hotel-d' Angleterre et les Balances.
Le bas de la rue de Bourg aboutit à la place de Saint-François, et à la rue fort rapide du même nom, qui conduit à la petite place du Pont.
La place de Saint-François est bornée au midi par une vaste église, à laquelle elle doit son nom, et qui était desservie par des Franciscains, dont le couvent était attenant.
A l'extrémité de la place de Saint-François, et dans le même alignement que l'église, on voit la maison des postes, construite il y a une vingtaine d'années sur l'emplacement d'un ancien manège. C'est dans cette maison que la régie des
postes et messageries du canton a ses bureaux et tient ses séances.
Fontaine-Saint-François. — A peu près au milieu de la place est une belle fontaine à quatre jets qui sortent du piédestal d'une colonne composite placée au centre du bassin. On trouve sur cette même place, la plus belle de Lausanne par l'élégance de ses bâtimens, le cercle du commerce et le cercle littéraire.
Maison de Gibbon. — En passant à côté de l'église de Saint- François, sous la porte de la ville dont on a parlé, on trouve à droite la maison où le célèbre Gibbon composa son grand om rage philosophique sur l'Empire romain. La bibliothèque précieuse de cet historien se voit encore à la rue de Bourg . dans la maison de M. de Cerjat. De l'autre côté, et au-dessous du Cassino, est la maison de la Çrotte, renommée par ses jardins, par la beauté de ses appartemens, etpar celle d'une petite salle de théâtre, dont la décoration principale consiste en de superbes colonnes ioniques en stuc.
A l'extrémité occidentale de la place de Saint-François y une rue formée par une seule rangée de maisons, et nommée le Petit-Chêne , conduit par une descente rapide aux campagnes de Cour. Lue autre rue, appelée le Grand-Chêne , aboutit aux belles promenades de Montbenon. A l'extrémité de cette rue, on trouve d'abord à gauche une petite élévation nommée le Belvédère , de laquelle on domine sur une grande paitie de la ville, de Montbenon, des environs, et même sur le lac et une vaste étendue de pays , ce qui forme un magnifique panorama. Tout auprès de cette terrasse esi> la maison de la société de l'Arc avec un charmant jardin, où les membres s'exercent souvent au tir de celte arme, et s'y disputent le prix en vaisselle d'argent.
Montbenon. — Les allées d'arbres , les terrasses , les bosquets , les vastes pelouses, et plus encore les points de vue admirables et souvent magiques que présentent le lac, les montagnes et les superbes environs de Lausanne , font des promenades de Montbenon un lieu de délices pour les admirateurs de la belle nature.
Le quartier du Pont, le plus bas de la ville, en est aussi le moins beau et le moins agréable. Le ruisseau du Flon, qui îe traverse en partie sous de grandes voûtes, y a al tiré les boucheries, des moulins, des tanneries et d'autres fabriques de ce genre.
La rue appelée la Descente-du-Pont conduit au quartier et
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à la place de la Palud, sur laquelle se tiennent les deux marchés du mercredi et du samedi.
A l'extrémité orientale de cette place on voit une assez belle fontaine à quatre jets , du milieu de laquelle s'élève sur un piédestal une espèce de cippe très-orné, portant la date de 1585. et surmonté d'une Thémis. A peu près au centre de la Palud et du côté où l'alignement est le mieux gardé, on remarque l'Hôtel-de-Ville, construit en 1A54, qui est d'une assez belle exécution.
On observe dans un des murs de la grande salle des Pas- Perdus une pierre antique portant une inscription latine, et qui a été découverte en 1739 à Yidy, où elle formait le côté d'un cercueil.
Cercles. — Il y a plusieurs cercles sur la place de la Palud. tels que celui dit de la Palud, celui du Grand-Conseil, ceux des Amis, des Etudions, des Arts, etc. En face de la maison de ville est la rue de la Madeleine, dans laquelle on observe, entre les numéros 5 et 6 , la place encore vacante qu'occupait la maison du bourgmestre Isbrand d'Aux , qui fut rasée à la suite de la tentative que ce magistrat fit, en 1588 , pour remettre le pays de Vaud sous la domination du duc de Savoie.
Promenades. — A la Solitude, aux Eaux, aux maisons de Montmeillan, à la forêt de Sauvabelin : au Signal, vues magnifiques !! ! aux campagnes de Rovereas, Bethusi, Bellevue, Vennes, l'Ermitage-du- Jardin, du Petit-Château.
Bains du Vallon, du Signal.
Bazar tenu par M. Corbaz.
Banquiers. — Delessert-Will et compagnie, place Saint- François , n° 17; De Mol in et compagnie, à la Grotte, n° 2.
Poste aux lettres, place Saint-François: ouverte de 8 heures à midi; de 3 heures à 8 heures du soir.
Diligences, au même établissement, 1er bureau à droite en entrant.
Poste aux chevaux, rue Martheray, n° 57. Bibliothèque catit&naêé. — Bâtiment du collège , mercredi à 2 heures : samedi à 10 heures.
Libraires. — M. Doy, Mlle Hignoux, MM. Piouillé, Corbaz, Fischer., Lacombe.
Bateau à vapeur. — Il part d'Ouchy, pour Genève, entre 10 et il heures du matin, et arrive sur les lx heures du soir : 3 fr. c. environ , et 6 fr. aux premières.
Lauterbruxx (la vallée de ), au canton de Berne , Tune desplus fameuses et des plus fréquentées qu'il y ait ea Suisse.
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On peut s'y rendre commodément depuis Berne, et faire une partie du chemin en bateau et le reste en voiture. C'est non loin d'Unterséen qu'on trouve la seule ouverture qui conduise dans cette vallée; elle s'étend au Sud-Ouest au milieu des plus hautes montagnes , et peut avoir 5 lieues de long; mais elle n'a tout au plus que 1/A de lieu de largeur. Plus de 20 ruisseaux se précipitent du haut des rochers qui l'entourent, et il est probable que c'est la beauté et l'abondance de ses eaux qui lui a mérité son nom [Lauterbrunn , source Limpide, ou bien partout des sources). Elle doit principalement sa grande réputation à la cascade du Staubbach ; mais les beautés sublimes et extraordinaires de ses montagnes ne sont pas moins dignes de l'attention du voyageur.
Chemin d'Unterséen à Lauterbrunn. — D'Unterséen à Lau- ' terbrunnet au Grindelwald, 5 lieues. On passe d'abord par Matten, en laissant à droite le petit Piùgen , les débris du château ti'Unspunnen, et le village de Wilderswyl (V. à l'article ffasti quelques détails sur Unspunnen ) ; on traverse le ruisseau deSaxete, et l'on arrive à Zweylutschinen, 2 lieues. ( Le chemin qui mène à l'Alpe d'Iselten, située sur la gauche, passe sur un pont d'un aspect pittoresque. ) Le village est bâti près du confluent de la Liitschine noire, ou du Grindelwald, et delà Lûtschine blanche ou de Lauterbrunn; on trouve quelques points dans ce lieu d'où, à la faveur des interstices étroits de la vallée, on découvre les cimes neigées de la Juiigfrau . au sud , et du Mettenberg et du Wetterhon, à l'est. De Zweylutschinen à Lauterbrunn il n'y a qu'une lieue, mais ce petit trajet est rempli de sites sauvages et pittoresques. Les parois calcaires qui régnent des deux côtés de la vallée offrent une grande variété de teintes qu'elles doivent à la matière colorante et ferrugineuse qu'elles contiennent : une multitude de ruisseaux en découlent; leurs déchiremens offrent les fermes les plus bizarres ; elles sont couronnées de bouquets de sapins et de hêtres , et forment un ensemble d'un effet admirable , surtout lorsque les ombres et la lumière s'y répartissent avantageusement. En sortant de Zweylutschinen , on suit à droite la paroi des rochers de TEisenflue, sur lequel est situé le village de même îiom, ainsi que la Souleck-Alp et deux petits lacs dont l'écoulement forme le Sausberg, et va se jetter dans la Lûtschine. A gauche s'élève le mont Hunnenflue, qui, par sa forme semblable à celle d'un bastion, et parla régularité de ses couches, captive l'attention des passans. La vallée se resserre considérablement dans cette partie, et l'on croirait TQir des retranchement construits par les hommes. Un peu
LAU 347 au-delà du Hunnenflue , les regards rencontrent les montagnes de la valle'e de Lauterbrunn , et surtout la sublime Jungfrau, dont l'aspect est d'une magnificence inexprimable. A droite, on voit tomber du haut des rochers le Gryfenbach, le Fluebcechli, le Lauibach et le Herrenbaechli.
Lauterbruxx (le village de ). On y trouve une bonne auberge. Lauterbrunn est à 715 pieds au-dessus du lac de Thun, à 2,450 pieds au-dessus de la mer, et par conséquent plus bas que le Grindelwald: aussi l'on y trouve des arbres fruitiers , de superbes érables et un grand nombre d'aunes.
Le Staubbaclu — Il se précipite du haut de la paroi des rochers du mont Pletschberg ou Fletschberg; cette cascade a 800 pieds de hauteur. Le ruisseau se détache en masse dès le sommet de la montagne, se décompose en une sorte de poussière extrêmement subtile, et erre au gré des vents, qui changent sans cesse sa forme et sa direction, semblable à une écharpe d'une blancheur éblouissante. C'est surtout le matin qu'on la voit dans toute sa beauté , parce qu'alors elle est éclairée par les rayons du soleil. En approchant de la cascade, on a le plaisir de voir les jeux singuliers que forment deux iris circulaires sur la colonne d'eau. Il faut cependant s'en tenir à une certaine distance , à cause des pierres qui tombent quelquefois avec le torrent; mais ceux qui ne craignent pas d'être mouillés peuvent, sans crainte, se placer entre la colonne et le rocher. Le Staubbach forme en hiver des colonnades de glace d'un aspect bizarre et sauvage. Ce ruisseau fait diverses autres chutes magnifiques et pittoresques sur la montagne, avant de terminer sa course impétueuse par la grande cascade qui porte son nom. On peut, en une heure de marche , monter sur le Pletschberg , pour aller voir ces autres chutes qu'on n'aperçoit pas du bas de la vallée.
Cascades. — Tout au fond de la vallée on voit plusieurs cascades superbes que l'on ne visite cependant guère. Il y a des personnes qui trouvent celles du Myrrenbach et du Schmadribach plus admirables encore que le Staubbach même, d'où Ton voit à l'ouest celles que forment dans la vallée les ruisseaux de Spis, Buchen, Aegerten, Myrren, Sefinen- Lûtschi, Rufe, Flue et Schmadri, et de l'autre côté les cascades du ruisseau de Schiltwald , de deux autres ruisseaux qui n'ont pas de nom, et enfin de ceux de Trimleten, Rosen, Matten, Stalden, Stufistein ou Rufistein et Rote, Cette
grande quantité de chutes d'eau fait quelquefois grossir la Lûtscbine avec une rapidité aussi prodigieuse qu'effrayante: c'est ce qui arrive à la suite de grandes pluies d'orage.
La Jungfrau et autres montagnes voisines. — La superbe Jungfrau s'élève en face du Staubbach et à l'est de la vallée ; elle a 10,422 p. de hauteur au-dessus du village de Lauterbrunn. et 12,872 pieds au-dessus delà mer. Cette prodigieuse montagne forme une masse d'une telle grandeur, qu'il est impossible de la voir dans toute son étendue , et de se faire une idée de tout ce qu'elle offre d'admirable , à moins d'être plus avantageusement placé qu'on ne Test au fond de cette étroite vallée. On trouve des stations plus commodes pour cela en montant sur le Pletschberg jusqu'à la hauteur d'uue ou deux lieues. La sommité du milieu porte par excellence le nom de Jungfrau; la pointe conique de la droite s'appelle le Moine {(1er Monck) , et le sommet le Jungfrauhorn. Après la Jungfrau viennent au sud-ouest le Gletscherhorn , l'Ebenflue, le Mittaghorn, leGrosshorn, le lireilhorn et le Tschingelhorn , qui ferment au sud La vallée de Lauterbrunn. D'énormes glaciers laissent tomber de toutes parts leurs bras dans les vallons et dans les gorges de ces montagnes, mais principalement du côté du Valais, où le glacier d'Aletsch descend depuis la Jungfrau sur une ligne de 8-91. de longueur jusque tout près du Rhône. [Y. Brieg.) Au-delà du Pletschberg^ la vallée est bordée à l'ouest par les monts Schw arizliorn , Kilchflue , Schilthorn , Gcspaltenhorn et Butlasse, que l'on voit vis-à-vis du Tschingelhorn.
Voyage sur le Steinberg et aux glaciers da la vallée. — Pour être a portée d'admirer dignement toutes les beautés que la nature offre dans ses superbes groupes de montagnes , il faut aller de Lauterbrunn jusque tout au fond de la vallée. On peut faire la route à cheval jusqu'au hameau de Trachsel- Lauinen , 2 1. 1/2. Au sortir de Lauterbrunn on voit s'ouvrir une gorge nommée Trumletenthal, du côté de la Jungfrau : elle renferme un glacier et plusieurs cascades. Bientôt après, débouche à l'ouest le petit vallon de Sefmen, d'où sort le torrent connu sous le nom de Sefmen-Lutsche , et dans les pâturages duquel on prépare les meilleurs fromages du district de Lauterbrunn. C'est à cet endroit du chemin que finit le terre plein de la vallée , et l'on commence à monter du côté de Breit-Lauinen et de Sichel-Lauinen. Non loin de ce dernier lieu, il tombe régulièrement une lavange tous les ans ; on y voit aussi le vallon et le glacier de Rothethal , près duquel le ruisseau de Stufenstein forme une jolie cascade ;
LAU 34g c'est de ce vallon que se précipitent les pins terribles lavanges. Le hameau de Trachsel-Lauinen , qui est à 1.36(1 pieds au-dessous de Lauterbrunn , à 2,075 pieds au-dessus du lac de Thun , et à 3,750 pieds au-dessus de la mer , est presque entièrement habité par les mineurs qui travaillent dans la mine de plomb et d'argent du Hauri et à la fonderie voisine. Au-delà de ce hameau, la vallée, qui devient toujours plus affreuse à mesure qu'elle s'enfonce plus avant dans les Alpes, prend le nom d' Animer thenthal. Pour jouir dans toute sa magnificence du spectacle sublime des énormes montagnes et des glaciers qui s'étendent depuis la Jungfrau jusqu'au Tschingelhorn , on monte sur le Sieinberg , dont on trouve le chemin au sortir du village de Trachsel-Lauinen. On peut en un jonr aller de Lauterbrunn sur le Steinberg, et revenir coucher au village ; mais ceux qui veulent pénétrer jusqu'aux glaciers doivent passer la nuit à Trachsel-Lauinen , et se remettre en marche le lendemain avant le lever du soleil. De Trachsel-Lauinen on se rend sur la Hoch-Alpe , et de la sur la Breit-Lauinen-Alpe. Sur la première on voit à gauche la magnifique cascade du Rotebach , qui y amène quantité de débris de pierres rouges qu'il détache des bancs de la mine de fer. Du dernier chalet de la Breitt-Lauinen-Alpe , on découvre le glacier de même nom et celui de Schmadri , lesquels descendent du Breithorn et du Grosshorn ; on traverse ces glaciers pour se rendre au bord du lac de l'Oberhorn. Au sud-ouest de ce lac s'élève une colline qu'ont formée les débris tombés du Tschingelhorn. On monte sur cette colline, et l'on y jouit de l'aspect magnifique des montagnes dont on est entouré. De l'est au sud on aperçoit la Jungfrau et les autres colosses dont j'ai déjà fait rémunération, jusqu'au Tschingeî , au-delà duquel s'élèvent la Zackhorn , le Schilthorn , FAlt-Els , le Balmhorn; mais on ne voit pas ces dernières montagnes de cette station. Au sud de cette chaîne de rochers est siiuée la vallée de Lcetsch en Valais. A l'opposite, au nord-ouest, et à l'ouest, s'étendent le Lauterbrunn-Eiger , le Gespaltenhorn , le Buttlasse et ses nombreuses sommités , la Blùmlis-Alpe ou Frau , le Mutteihorn et le Doldenhorn.Le terre-plein de l'Oberhorn, qui règne entre le Tschingelhorn et le Gespaltenhorn , est comblé par l'immense glacier de Tschingeî , dont un des bras descend au nord-est dans la vallée de Lauterbrunn. Une seconde ramification de ce glacier , dans laquelle la Kander prend sa source (V. Kandersteg) , descend au sud-ouest sur une ligne de A à 5 1. de longueur dans la vallée de Gastern. Le troisième
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bras , connu sons le nom de glacier de Gamchi , se dirige au nord dans le Kienthal , et le quatrième au sud dans celle de Lœtsch. Les chasseurs de chamois s'aventurent quelquefois à traverser le glacier du Tsinchgel pour se rendre dans la vallée de Gastern (V. Kandersteg). Pour retourner à Lauterbrunn, on va d'abord du lac de l'Oberhornau pied du mont Bûttlosa [Buttlasse ) , et sur le Steinberg-Alpe ; puis l'on descend dans la vallée d'Ammert , où le rassemblement de toutes les eaux des glaciers voisins forme la Lùtschine. Au sortir de cette vallée , le sentier passe sur des quartiers de rochers , franchit plusieurs mauvais pas au moyen de quelques échelles qu'on y a placées à cet effet , et traverse plusieurs endroits marécageux. Cette course aux glaciers, exige une journée de marche ; elle met sous les yeux du voyageur une nature extrêmement nouvelle. Mais pour être en état delà faire, il faut de l'intrépidité , un pas ferme et assuré , une tête à l'abri de l'influence des vertiges , un temps très-favorable , et des guides expérimentés munis de cordes et de perches , afin de pouvoir traverser sans danger les fentes nombreuses qu'on trouve sur la surface de ces glaciers.
Voyage au Grindelvvald par le Schetdeck de Lauterbrunn. — Du village de Lauterbrunn , on va en II heures au Grindelvvald par le chemin ordinaire , qui passe par Zweylûtschinen, et où l'on peut aller en voiture (Y. Grindelvvald). Lorsque le temps est beau , les personnes qui voyagent à pied feront bien de passer par le Scheideck de Lauterbrunn ; car, quoiqu'il y ait 6 ou 7 lieues à faire par un chemin fatigant , ils seront bien dédommagés de leurs peines. Il faut pour cet ef fet prendre un guide au moins jusqu'au point le plus élevé du passage. De Lauterbrunn on monte, par une pente assez raide , pendant une heure , sur le revers du Tschucken jusqu'à la Wenger-Alpe. Ensuite, prenant à gauche, on tourne l'angle du Wengerberg, lequel est séparé des bases de la Jungfrau par la gorge connue sous le nom Trimlethenthal. Alors on atteint une station où le colosse de la Jungfrau se montre en face avec une majesté inexprimable , et domine fièrement sur toutes les cimes voisines , depuis l'Eiger jusqu'au Breithorn. Sur les hauteurs du pâturage on trouve un chalet qui invite le voyageur fatigué à se rafraîchir et à contempler paisiblement le spectacle sublime qu'offrent a ses regards ces montagnes étonnantes, le long desquelles, à l'abri de tout danger , il voit et entend les lavanges qui se précipitent dans les vallées avec le fracas du tonnerre. Le