CHAPITRE PRÉLIMINAIRE
se trouvaient quatre piliers liés par quatre arcades qui s’appuyaient sur eux. Les pendentifs entre ces arcs étaient disposés de manière à figurer avec eux, à leur sommet, un cercle qui formait une coupole; cette coupole ne devait point, comme celle du Panthéon, à Rome, ou celle du Saint- Sépulcre, à Jérusalem, reposer sur un vaste cylindre placé entre elle et le sol : mais elle s’élancait dans les airs, audessus de ces quatre immenses arcades; et, pour qu elle réunît autant que possible la légèreté et la solidité avec le plus grand développement, elle était construite avec des tubes cylindriques de terre, agencés l’un dans l’autre. Des demi-coupoles fermaient les arcs sur lesquels s’appuyait le dôme central, et couronnaient les quatre nefs ou bras de la croix. L’une de ces nefs, terminée par l’entrée principale, était précédée d’un portique ou narthex; la nef opposée formait le sanctuaire, tandis que les deux branches latérales étaient coupées dans leur hauteur par une galerie destinée aux femmes. Souvent encore il s’en échappait de petites absides couronnées de demi-dômes, ou des chapelles surmontées de petites coupoles qui couronnaient toutes les parties des églises grecques (1). »
Ces coupoles sont couvertes de lames de plomb, ou bien de tuiles ; les toits sont en terrasse. On remarque dans l’appareil l’emploi fréquent de briques, qui, par leur disposition, figurent des encadrements et des dessins. La façade, ordinairement très-simple, offre une série de fenêtres qui donnent du jour dans la galerie intérieure du premier étage. Le pignon des transsepts est percé d’une porte, et d’un ou deux étages de fenêtres géminées et cintrées. Les absides ont, à l’extérieur, la forme de tours, couronnées par une demi-coupole. Un porche étroit, très-allongé et voûté, donne accès dans l’intérieur par une porte
(1) Th. Hope, Histoire de /' Architecture , traduit par Baron, page 110.
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enrichie de moulures saillantes et arrondies. Les chapiteaux des colonnes abandonnent laforme circulaire, et deviennent des masses cubiques, richement ornées de fleurs, de rin-
Chapiteau. Arcade. Base.
ceaux, de perles, de galons, de plantes, d’hommes, d’animaux et d’autres ornements qui participent plus du goût oriental que de l’ancienne ornementation grecque.
Eglises byzantines. — On distingue trois époques principales dans l’architecture byzantine. La première (de Constantin à Justinien Ier) nous offre des églises construites d’après le plan de la basilique latine, avec l’adjonction des coupoles (Saint-Théodore et Saint-Taxiarque, à Athènes). Pendant la deuxième période (du vi# au xe siècle), les dômes se multiplient en même temps que les nefs, et l’ornementation s’enrichit (Saint Nicolas, à Mistra). Du xe au xnc siècle (troisième époque), on revient au plan primitif des basiliques romaines; les inclinaisons des toits sont indiquées par des frontons ; la profusion des ornements égale leur richesse (Saint-Nicodème, à Athènes ; cathédrale de Mistra).
Sainte-Sophie, de Constantinople, est tout à la fois Je type et le chef-d’ oeuvre de l’architecture byzantine. Elle fut élevée à la gloire de J.-C., la Sagesse éternelle (en grec, ffocpfa). La conception si hardie de sa coupole est due à l’architecte Anthemius.
Influence byzantine. — La persécution des iconoclastes amena des artistes grecs en Occident dès le commencement du vme siècle. Le style byzantin ne s’est jamais im-