CHAPITRE VIII
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
L’iconographie est, à proprement parler, l’art d’écrire par les images ; mais on donne le même nom à l’interprétation de leur langage : c’est donc, en ce sens, la science qui explique les représentations réelles ou symboliques figurées par la sculpture, la peinture, la mosaïque, les tapisseries, etc.
Le symbolisme est l’art d’exprimer une pensée abstraite, sous une forme saisissable à la vue.
Partout et toujours, on a exprimé les sentiments et les idées par des formes conventionnelles qu’on appelle symboles ou emblèmes. L’étude du symbolisme est donc la recherche des formes figuratives employées dans les monuments de l’art catholique. Comme l'iconographie et le symbolisme sont deux branches de l’archéologie qu’on ne peut séparer, nous les laisserons réunis dans ce chapitre, et pour plus de clarté nous classerons par ordre alphabétique les principales observations qui ont été faites jusqu’à ce jour (1).
(I) Nous avons rais à profit, dans ce chapitre, les excellents travaux de MM. ï’abbé Crosnier, Didron aîné, l’abbé Godard, Mason Neale et Benjamin Webb.
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Abeilles. — Attribut de St. Ambroise, à cause de la vision de ses parents qui avaient cru voir des abeilles venir se fixer sur les lèvres d’Ambroise, alors qu’il reposait dans son berceau.
Abbés. — Représentés avec une crosse dont la volute est tournée en dedans, pour indiquer que leur juridiction ne s’étend que sur l’intérieur de leur monastère.
4 Agneau. — Symbole de la douceur; attribut de St. Jean-Baptiste, de Ste. Agnès, de Ste. Reine, de Ste. Geneviève, et de Ste. Solange. — C’est aussi la personnification
du Sauveur ; il porte alors un nimbe crucifère ou une croix, ou bien il est couché sur une croix appuyée sur le livre des sept sceaux.
Aigle. — Attribut de St. Jean l’évangéliste. — Symbole de la générosité, de la puissance de l’âme élevée au-dessus des choses terrestres ; c’est aussi le symbole de la résurrection et de l’ascension. « Christus comparatur aquilœ in resurrectione et ascensione. » (St. Bonaventure, Expos, in cap. 13 Lucœ.)
Ames. — Figurées d’abord sous la forme d’une colombe; puis d’un petit être humain, nu, sans sexe, d’un aspect vaporeux; elles sont ordinairement vues de profil et développées seulement dans la partie supérieure. Elles sont nimbées et quelquefois auréolées. L’âme de Marie est revêtue d’une robe blanche.
Ancre. — Symbole de l’espérance et du salut.
Ane.- — Attribut d’Issachar, de St. Antoine de Padoue, de Ste. Austreberte et de St. Philibert. — Emblème de la sobriété, de la nation juive et de la synagogue.
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Anges. — Dans la primitive Eglise, ce sont de jeunes hommes, pieds nus ou cothurnes, vêtus de blanc ou d’un manteau bleu et d’une tunique bleue. Plus tard, ils sont nimbés, peints à mi-corps, pour supprimer l’idée de la vie purement matérielle. Au xive siècle, une frange de nuages termine la robe à partir des genoux. Ils sont représentés dans leurs diverses fonctions, balançant l’encensoir, remplissant un message, protégeant les hommes, etc. (V. Séraphins, Trônes , etc.)
Août. — Figuré par un homme qui bat le blé.
Apôtres. — Ils sont pieds nus: quam pulchri pedes evangelisantium ! A partir du xive siècle, ils portent tous | l’instrument de leur supplice. (V. Pierre , Croix , Coq , etc.)
Arbre. — Attribut de St. Sébastien qui y est attaché. Dans les catacombes, les arbres sont l’image du paradis terrestre.
Arbre de Jessé. — C’est un arbre généalogique qui sort de la poitrine de Jessé endormi, pour produire la sainte Vierge à son faîte. On en voit de la fin du xive siècle à la fin du xvie.
Arche de Noé. — Symbole de l’Eglise dans les catacombes. Elle est souvent réduite aux proportions d’une caisse carrée, munie d’un couvercle et posée sur quatre pieds.
Archevêque. — Tient une crosse tournée en dehors ou une croix à double traverse. Le pallium le distingue de l’évêque.
Architecture (l’). — Tient une règle ou un bâton.
Aroïdées (plantes). — Ces plantes, à racine tubéreuse, ont pour type de famille le pied de veau. D’après M. Woillez, la reproduction figurée de ces plantes aurait été l’origine de la fleur de lis, et elles auraient été considérées, au Moyen âge, comme attribut symbolique de la puissance.
Aspic. — Sous les pieds du Sauveur et du chrétien fidèle : Super aspidem et basiliscum ambulabis.
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Astronomie (1’). — Se reconnaît à sa sphère céleste.
Augustin (St.). — Représenté avec un cœur simple ou percé. Quelquefois un enfant creuse à ses côtés un trou ’i dans le sable, pour y renfermer l’Océan : symbole des lé- | mérités de la science, qui veut sonder le mystère de la Trinité.
Auréole ou Gloire. — Figure circulaire ou ovoïde qui environne les Personnes divines, Marie et quelquefois l’âme |!
Auréole ovale double (x« siècle).
des Saints. Au xve siècle, on entoura quelquefois le corps i
Auréole elliptique (xive siècle). Auréole circulaire (xive siècle).
des Saints d’une auréole. L’auréole, comme le nimbe, était considérée, au Moyen âge, comme une vapeur enflammée, j une émanation lumineuse.
Autel. — Se trouve dans les représentations de St. j
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Thomas Becket, de St. Canut , de St , Charles Borromée et du pape St. Grégoire.
Autruche. — Emblème de la synagogue, à cause de ses ailes impuissantes.
Avarice. — Figurée par une femme qui considère les pièces de monnaie de son coffre-fort.
Avril. — Représenté par un homme qui sème.
Barthélemy (St.). — Tient une croix, un coutelas ou une peau sur un bâton. Ces variations tiennent aux diverses versions sur le genre de mort de cet apôtre.
Barque. — St. Pierre, St. Florent, St. Aré,St. Antonin sont représentés dans une barque.
Basilic. — Emblème du génie du mal et de la débau- : che.
Bâton. — Attribut de St. Jacques le Mineur, et de St. Jude.
Beauté du Christ. — Les Pères se sont partagés sur la question de la beauté physique de Jésus-Christ. St. Irénée, St. Justin, St. Clément d’Alexandrie, St. Cyrille, Tertullien, prétendent que le Sauveur était laid. St. Jérôme, St. Jean CJJirysoslôme, St. Ambroise, St. Grégoire de Nysse pensent, au contraire, que c’était le plus beau des enfants des hommes, et que sa figure était noble et céleste. La première opinion prévalut en Orient : aussi ce fut autant par conviction religieuse que par impuissance que Part byzantin pencha d’abord vers le laid. Les portraits du Sauveur attribués à -St. Luc et à l’hémorroïsse sont dépourvus d’authenticité. St. Augustin affirme que de son temps on ne possédait aucune image réelle de Jésus- Christ ni de Marie. Le premier auteur qui parle avec détails de la figure de Jésus-Christ est Nicéphore Calixte, qui écrivait vers l’an 1350. Le portrait qu’il en fait est tout à fait en harmonie avec le type qu’avait adopté l’école byzantine : « Cheveux blonds, longs et un peu frisés ; barbe rousse et assez courte; nez long ; yeux grands, vifs et tirant
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sur le jaune; sourcils noirs et imparfaitement arqués. » 1 Ce type s’est conservé jusqu’au Giotto. Les portraits de 1 convention où le Christ est représenté laid, d’après l’opi- ] nion de St. Irénée, ne paraissent pas antérieurs au 111e siècle; ils furent mis en honneur par les Gnostiques.
Bêche. — Attribut de Tobie et de St. Fiacre.
Bénitier. — Attribut de Ste. Marguerite.
Berceau. — Attribut de Moïse et de la sibylle de Cumes.
Biche. — Attribut de St. Gilles, de St. Leu et de Ste. Geneviève de Brabant. — Symbole de la timidité.
Bleu. — Couleur de la pureté.
Boeuf. — Attribut de St. Luc. — Emblème de la pa- j| tience, de la force et du travail. 11 figure aussi les apôtres promulguant l’Evangile.
Bon Pasteur. — C’est le type le plus souvent reproduit dans les catacombes. Notre-Seigneur, sous la figure d’un jeune berger, tient à la main le bâton pastoral et porte sur :
ses ei
épaules la brebis égarée qu’il vient de retrouver. Celte
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
allégorie, quia traversé les siècles, a son pendant dans l’antiquité grecque. (Voyez Raccolta di statue, par Maffei, tav. 122.)
Boue. — Symbole de l’impureté.
Bourdon. — Attribut de St. Boch et de St. Jacques le : Majeur.
Bouteille. — Symbole de l’intempérance. — Attribut de pt. Corne et St. Damien, médecins.
Brebis. — Emblème de la douceur et de la charité.
Calice. — Attribut de Melchisédech , de Ste. Barbe, de |St. Thomas d’Aquin, de St. Bichard et de St. Jean l’évangéliste. — Emblème de la foi.
Cerf. — Attribut de Nephtalie et de St. Hubert. Dans jles catacombes, c’est l’emblème du chrétien aspirant à la (grâce et du néophypte catéchumène aspirant au baptême : \Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum, ita i iesiderat anima mea ad Deum.
I Chaînes brisées. — Attribut de St. Léonard et d’une les sibylles prophélesses.
Chameau. — Symbole d’obéissance et de sobriété.
Charité. — Beprésentée, au xme siècle, par une femme [ui partage ses vêtements avec un pauvre. Elle porte une «brebis sur son écusson.
Chateau fort. — Symbole de la sécurité.
Chaussures. - — Pendant le cours du Moyen âge, les Peronnes divines, les anges, les évangélistes, les apôtres et St. Jean-Baptiste sont représentés sans chaussure, tandis [ue Marie et les Saints sont chaussés.
Chêne. — Symbole de la force.
Cheval. — St. Georges, St. Martin, St. Victor, St. Maurice sont représentés à cheval. C’est l’emblème tantôt le la générosité et du courage, et tantôt de la luxure. )ans les catacombes, le cheval avec une palme, vainqueur
la course, figure le chrétien qui a fourni pieusement sa 'arrière.
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Chevalet. — Attribut de St. Vincent et de St. Barthélemy.
Chien. — Attribut de St. Roch, St. Biaise, St. Dominique et du pauvre Lazare. — Symbole de la fidélité et de la justice.
Chimère. — Symbole de la ruse.
Christophe (St.). — Représenté sous la forme d’un géant qui traverse un fleuve, en portant un enfant sur ses épaules.
Cierge. — Attribut de Ste Geneviève et de la sibylle libyque.
Clef. — Attribut de St. Pierre. Les armoiries de la Papauté portent deux clefs en sautoir.
Cloches. — Les Pères et les écrivains ecclésiastiques du Moyen âge les considèrent comme symbole de la prédication évangélique. Campanarium quod in alto locatur est alta prœdicatio quœ de cœlestibus loquitur (Honorius d’Autun, lib. I, cap. 142).
Coeur enflammé a la main. — Attribut de St. Augustin, de Ste Thérèse et de Ste Françoise de Chantal.
Colère. — Figurée, au xine siècle, par une femme cherchant à assassiner un moine qui lui donne des conseils.
Colombe. — Symbole de l’innocence et de la pureté de l’âme. — Attribut de St. Grégoire et du pape St. Fabien. Deux colombes buvant dans un calice rappellent les vertus qu’il faut acquérir pour se nourrir de l’eucharistie (V. Ame, Saint-Esprit).
Colonnes des églises. — Considérées, au Moyen âge, comme figuratives des apôtres et des évêques. « Columnœ Ecclesiœ episcopi et doclores sunl , qui templum Deiper doc trinam spiritualiter suslinent. » (Durand, Rationale div. !
Coq. — Attribut de St. Pierre. Dès le xe siècle, il y
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avait des coqs au haut des clochers. C’était l’emblème non-seulement de la vigilance, mais aussi de la prédication. « GaJli nomine designantur prœdicatores sancti. »
| (St. Eucher, au Livre des Formules «) Le coq palmé des catacombes indique la victoire (1).
Cobbeau. — Attribut de St. Paul, ermite.
Cob de chasse. — Attribut de St. Hubert.
Corne. — Emblème de la force.
Couronne de fleurs. — Symbole de la persévérance dans le bien , de la victoire et de la gloire. — Attribut de Ste. Elisabeth de Hongrie, de Ste. Ursule, de Ste. Rose de Lima et de beaucoup de vierges chrétiennes. La sibylle libyque et la sibylle érythréenne porlent souvent une couronne de laurier.
Couronne royale. — Attribut de Jésus-Christ juge, de Marie, des élus, des vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse et de la persévérance personnifiée.
Couteau. — Attribut de St. Barthélemy.
Crapaud. — Symbole de l’impureté.
Croix. — 11 y a diverses formes de croix : la croix latine est celle dont le croisillon est plus court que la | tige; la croix grecque , celle dont le croisillon et la tige sont égaux entre eux; la croix de St. André, celle dont les deux pièces sont croisées en x ; la croix de Lorraine ou patriarcale (attribut des évêques), celle qui a deux croisillons superposés; la croix en tau (attribut de St. Antoine et de St. Philippe, apôtre), celle qui a la forme d’un T grec; la croix papale a trois traverses; la croix de résurrection a un pennon, et la croix de St. Jean- Baptiste une simple banderole. Les figures ci-jointes fe-
(1) M. l’abbé Barraud a publié une intéressante dissertation sur les coqs des églises .
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
ront connaître les noms de plusieurs autres formes de croix
1 Croix latine.
2 Croix grecque.
3 Croix à double traverse.
4 Croix à trois traverses.
5 Croix de Saint-André.
6 Croix pattée.
7 Croix en T.
8 Croix mixte.
9 Croix de Toulouse.
10 Croix de Malte.
11 Croix ondée.
12 Croix recroisetée.
13 Croix de Florence.
14 Croix de Jérusalem.
15 Crucifix byzantin.
Crucifix. — La représentation peinte ou gravée de Jésus sur la croix ne fut point admise avant le vie siècle. Jusqu’au xe siècle, les bras sont étendus presque horizontalement, mais sans roideur affectée. Dans tout le cours du Moyen âge, plusieurs christs portent la couronne impériale. La blessure de la lance est toujours au côté droit. Au xve siècle, la pose est triviale et tourmentée; l’artiste vise à l’effet et produit un objet de commisération plutôt que d’amour. Au xvme siècle, la pose est roide et les bras très-élevés. On sait qu’on a spirituellement donné à ces christs le nom de Jansénistes.
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Dauphins. — Ils sont souvent représentés sur les sarcophages et les cuves baptismales. Est-ce pour rappeler que le chrétien puise sa vie spirituelle dans les eaux du bap- ! terne ? Est-ce en souvenir de celui qui relira des ondes le ; corps de St. Lucien, pour le transporter au lieu de sa sépulture?
Décembre. — Figuré par un homme qui lue un porc.
Démon. — Comme il se révéla à nos premiers parents sous la forme d’un serpent, il garda toujours, dans les ! monuments chrétiens, quelque chose du reptile, qu’il soit i gargouille ou crocodile, chimère ou dragon. Dès le xie siè- , cle, on le représente avec un corps velu, des cornes à la i tête, des griffes aux pieds et une queue de vipère. Il remplit successivement les rôles de tentateur, de tyran, d’idole, | d’accusateur et de bourreau (V. Dragon).
Désespoir. — Figuré par un homme qui se perce la poitrine d’un glaive.
Diacres. — Revêtus de la dalmatique, ils tiennent i l’Évangile à la main.
Dieu le Père. — Il fut d’abord représenté par une main sortant des nuages et bénissant. Cette main, entourée ou non du nimbe crucifère, exprime aussi la Providence. Au ixe siècle, on commença à représenter Dieu le Père sous la
Jéhovah en Dieu des combats (Miniature du xne siècle).
forme humaine, mais aussi jeune que le Fils. Vers 1360.
MOYEN ÂGE ET BENAISSANCE
l’idée de paternité et de filiation se traduisit de plus en plus par l’âge. Ce n’est pourtant qu’au xve siècle qu’on en fit un vieillard, portant la tiare et revêtu d’une chape (V. Main divine).
Dieu le Fils. — Avant son incarnation, il est représenté sous la forme d’un petit être humain, comme l’étaient les âmes. Après l’incarnation, il est figuré par un agneau nimbé, dont la patte droite de devant porte une croix (V. Jésus-Christ , Beauté du Christ , Crucifix).
Dominations, Puissances et Principautés. — Revêtues i d’aubes et tenant un sceptre à la main.
Dragon. — Il accompagne les figures de Caïn, de l’archange St. Michel, de St. Georges, de Ste. Marthe et de Ste. Marguerite. C’est un des emblèmes du démon qui, sous d’autres formes, accompagne St. Antoine, Ste. Gudule, St. Martin, Ste. Geneviève, etc. (V. Jean). I
Eglise. — Attribut des architectes, des fondateurs d’église et des fondateurs d’ordre.
Encens. — Symbole des bonnes œuvres.
Enclume. — Attribut de St. Eloi.
Enfer. — C’est souvent une tête de monstre vomissant des flammes, et dans laquelle les démons entassent les réprouvés avec des crocs.
Epis de blé. — Attribut de Ste. Fare. — Symbole de l’eucharistie.
Equerre. — Attribut de l’apôtre St. Thomas, et quelquefois de St. Matthieu.
Espérance. — Représentée, au xme siècle, par une femme voilée , ayant sur son écusson une croix de résurrection.
Évangélistes. — Ils sont pieds nus et portent quelquefois le livre des Evangiles, avec un phylactère accompagné H d’une inscription tirée de leur évangile, et ordinairement du commencement du premier chapitre. St. Matthieu a
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pour attribut un ange; St. Jean, un aigle; St. Marc, un
lion ailé; St. Luc, un taureau ailé. Primitivement, l’ange
et le lion figuraient indistinctement St. Matthieu et St. Marc (Y. Urnes).
Février. — Figuré par un vieillard qui se chausse.
Foi. — Vierge assise, la tête couverte d’un voile et portant un calice.
Folie. — On la représente marchant sur des pierres roulantes, et en recevant une sur la tête.
Fouet. — Attribut de St. Ambroise, pour exprimer ses succès contre l’arianisme.
Gabriel (l’ange). — Porte un lis à la main, dans l’annonciation, à partir du xme siècle, et fléchit un genou devant
Marie ; au milieu du siècle suivant, il est entièrement âge* nouillé.
Gargouilles. — D’après M. Guigniaut, une idée fondamentale du Christianisme est exprimée par cette foule de gargouilles, de dragons, de singes, de monstres qui peuplent les parties extérieures des églises et y font un frappant contraste avec les anges et les saints des portails et des contre-forts. Ce serait l’opposition des bons et des mauvais esprits qui veillent autour de la maison du Seigneur, animés de desseins contraires.
Glaive. — Emblème de la force, de la justice, de l’autorité de la foi, ou de la puissance de la parole divine.
— Attribut de St. Paul, de St. Jacques le Majeur, de St. Matthias, et des sibylles Europa et érythréenne.
Globe. — Se voit entre les mains des deux premières Personnes divines.
Goupillon. — Attribut de Ste. Marguerite.
Grégoire Pape (St.). — On le représente offrant le saint sacrifice de la messe, ou portant la grande croix papale. Souvent l’Espril-Saint, sous la forme d’une colombe, lui dicte ses écrits.
Gril. — Attribut de St. Laurent.
Hachette. — Attribut de St. Matthieu.
Harpe. — Attribut de David , de Ste. Cécile et des vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse.
Hibou. — Symbole de l’envie, de l’aveuglement et de l’incrédulité.
Idolâtrie. — Figurée par un homme priant devant un singe.
Janvier. — C’est un vieillard en repos, paraissant méditer.
Jean (St.). — Tient un calice d’où s’échappe un dra- I gon. On le figure âgé, avec un visage ovale, un front large et chauve, une grande barbe et des cheveux blancs.
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Ce n’est que fort rarement que le Moyen âge le représente comme le jeune frère adoptif de Jésus-Christ.
Jérôme (St.). — Représenté avec une pierre dont il se frappe la poitrine, ou avec un flambeau qui rappelle ses veilles laborieuses, ou avec un lion qui est l’emblème de sa force d’âme. Le crucifix, la tête de mort et la trompette sont encore des symboles qui accompagnent quelquefois ce célèbre docteur de l’Eglise.
Jérusalem céleste. — Représentée par un vaste et somptueux édifice. — Figurée, dans le pavement des églises,
I par un labyrinthe (V. chapitre h, article 1).
Jésus-Christ. — Le type de sa figure ne fut fixé qu’au ive siècle. On lui donna un visage de forme ovale, une physionomie grave et douce, la barbe courte et rare, et les cheveux séparés au milieu du front en deux longues tresses
qui tombent sur ses épaules. Jusqu’au xive siècle, Jésus enfant est revêtu d’une petite robe ; plus tard, on le repré- 1 sente nu ou presque nu (V. Dieu le Fils , Bon Pasteur , Crucifix , Agneau , Poisson).
Jonas. — L’histoire de Jonas a beaucoup d’analogie avec celle d’Hercule avalé par une baleine et sortant de son ventre au bout de trois jours. Aussi, dans les peintures des catacombes, Jonas est-il représenté sous les traits
d’Hercule, ou sous ceux ‘de Jason, dont on raconte une aventure analogue.
Juillet. — Ce mois est figuré par un moissonneur.
Juin. — Représenté par un faucheur.
Lance. — Attribut de St. Longin, de St. Matthieu et de St. Thomas.
Lanterne. — Attribut de Ste. Gudule, de St. Hugues et de la sibylle persique.
Laurier. — Symbole de la victoire.
Licorne. — Attribut de Ste. Justine. — Symbole de la puissance et de la virginité.
Lion. — Attribut de St. Marc, de St. Jérôme, de St. Agapet, de Samson, de Ruben et de Juda. — Symbole de la force, du courage, et quelquefois du crime. Quand il porté un nimbe crucifère, il représente Jésus- Christ. Quelques antiquaires prétendent que cet animal était considéré jadis comme étant doué de la faculté de repousser les esprits malins, et que c’est pour cette raison qu’on en sculptait à la porte des églises.
Lis. — Attribut de St. Joseph, de l’ange Gabriel, de Marie et des vierges chrétiennes.
Livre. — Attribut de Jésus-Christ, de Ste. Anne, des apôtres, des évangélistes, des docteurs, des évêques et des abbés.
Loi ancienne. — Figurée par le livre de la science, arrondi au sommet.
Loi nouvelle. — Figurée par un livre carré au sommet.
Lune. — Représentée dans les catacombes par une tête de femme, avec un croissant au front. — St. Augustin dit que la lune est l’image de la synagogue, quand elle est placée parallèlement avec le soleil dans la scène du crucifiement.
Luxure. — Représentée par une femme nue, dont les seins sont déchirés par des serpents enlacés autour de ses cuisses.
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Lyre. — Attribut de Ste. Cécile et de la musique. Mai. — Ce mois est figuré par un homme à cheval. Maïn divine. — Jusqu’au xme siècle, on, voit souvent fii gurée une main céleste qui sort des nuages ; c’est l’expres-
sion la plus immatérielle qu’ait pu trouver le crayon pour représenter faction souveraine de Dieu et l’assistance qu'il accorde à ses créatures.
Marie. — Le plus ancien portrait de Marie, d’une authenticité certaine, se trouve à Rome, dans le cimetière de Saint-Calixte. Elle est assise, voilée, et porte le costume des dames romaines. A partir du xne siècle, on représente tous les traits de sa vie. On donne le nimbe non-seulement I à son âme et à son corps vivant, mais aussi à son corps inanimé; elle a souvent l’auréole divine. Des rayons lumineux s’échappent de ses mains. Jusqu’au xive siècle, Marie, i tenant l’enfant Jésus, est assise ; plus lard, elle est debout. Ce n’est qu’à Rapproche de la Renaissance qu’on repréi senta Marie les pieds nus, et souvent sous des formes bien i peu convenables.
Mars. — Figuré par un vigneron qui taille sa vigne.
Martyrs. — Ils portent une palme à la main.
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Masse de foulon. — Attribut de St. Jacques le Mineur.
Massue. — Attribut de St. Jude et de St. Bénigne.
Michel (St.) — Terrasse le démon ou bien procède au pèsement des âmes.
Midi. — Dans l’orientation des églises, c’est au Midi qu’est placé principalement tout ce qui rappelle la supériorité, la lumière, la vertu, le bonheur, les dons de l’Esprit-Saint. C’est là que sont sculptés de préférence les événements de la nouvelle loi. Le Midi, étant adroite, se prend en bonne part.
Monogramme. — On donne ce nom à une espèce de chiffre réunissant plusieurs lettres d’un nom. Ils furent adoptés par les premiers Chrétiens pour servir de termes de ralliement inconnus aux Païens. Voici ceux qu’on rencontre le plus souvent : X P ( Christus ) ; I H S (Jésus Homi-
num Salvator ou fesous ); INRI ( Jésus Nazarenus Rex
Judœorum ) ; D M ( Diis Manibus ) ; S C S (Sanctus) ; S C A (Sancta) ; 1 N S (Johannes); PTS (Petrus) ; E P S (Episcopus) ; O P S ( Opus ). L’A et rû donnent l’idée de Dieu comme principe et fin de toutes choses. Un A entrelacé
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avec un M signifie Ave Maria. Du domaine religieux, le monogramme passa dans le domaine public. Au xvie siècle, les imprimeurs, les libraires, les architectes, les peintres, les sculpteurs, les émailleurs, etc., avaient chacun le leur. .
Navire. — Emblème du Chrétien naviguant dans la mer du monde.
Nimbe. — C’est un attribut distinctif des trois Personnes divines, des anges, des saints, et quelquefois des hauts personnages. Les nimbes sont triangulaires, losangés, circulaires ou carrés. Le nimbe triangulaire n’appartient qu’à
Nimbe triangulaire (xviie siècle). Nimbe crucifère (xi* siècle).
la Trinité ou à Dieu, sans désigner spécialement une Per-
Nimbe crucifère (xne siècle). Nimbe carré (ix* siècle).
sonne quelconque de la Trinité. A partir du xve siècle, il devient l’attribut du Père, en Grèce et en Italie. Le nimbe carré posé en losange se voit également sur la tête des Personnes divines : mais, le plus ordinairement, c’est le nimbe
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circulaire timbré d’une croix, et qu’on appelle pour cette raison crucifère. Dans les figures symboliques des trois Personnes ( main , colombe, agneau ), la croix est dans l’intérieur, au lieu d’être au-dessus du nimbe. Le nimbe des saints et des anges est rond ou en forme de bouclier. Il est diaphane avant le xue siècle ; aux xme et xive, il prend la figure d’un corps solide; au xve, il se rétrécit et prend la
Nimbe rectangulaire en rouleau (ix<= siècle) .
forme d’une espèce de toque ; les saints ne sont pas toujours nimbés; les personnages de l’Ancien Testament le sont rarement. On donne quelquefois le nimbe aux rois, aux papes, aux empereurs, comme étant dépositaires de l’autorité qui vient de Dieu. Le nimbe carré était réservé aux êtres vivants les artistes du Moyen âge avaient adopté les idées de Pythagore, qui considère le carré comme symbole de la terre et le cercle comme l’emblème du ciel.
Noé. — Il est représenté dans les catacombes sous les traits d’un jeune homme et avec les mêmes détails qu’on trouve sur les médailles du temps de Septime-Sévère, frappées à Apamée, et figurant le déluge de Deucalion.
Nombres. — St. Ambroise, St. Augustin et divers écrivains ecclésiastiques du Moyen âge se sont occupés du symbolisme des nombres. D’après eux, 1 est le symbole de l’unité-principe; 2 n’est que l’unité répétée ; 3 est le nombre divin, le chiffre trinitaire; 4 est le nombre terrestre ;
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
5 est le nombre judaïque, caractère de la synagogue ; 6 est le chiffre de la création et de la perfection ; 7, le nombredu repos, de la charité, de la grâce et de l’Esprit-Saint; 8 le nombre de la résurrection; 9, le nombre angélique (neuf chœurs des anges) ; 10, nombre de la loi de crainte (Décalogue) ; 1 1 , nombre de la transgression de la loi ancienne ; 12, nombre apostolique; 13, nombre de la perfidie (Judas); 14, nombre de la perfection; 15, accord des deux Testaments; 16, propagation de l’Evangile; 17, gage delà résurrection; 20, loi sanctifiée par l’Evangile; 40, Eglise militante; 50, vie éternelle; 77, nombre de rémission; 100, nombre de plénitude.
Nord. — Le Nord étant placé à gauche, dans l’orientation des églises, se prend en moins bonne part que le Midi. C’est au Nord qu’appartient en général tout ce qui indique l’infériorité, les ténèbres, le malheur, le péché, le démon. C’est ordinairement au Nord que sont figurées les scènes du jugement dernier, de la chute de l’homme, des conséquences du péché, et les faits de l’ancienne loi {y .Midi, Orientation).
Novembre. — Ce mois est figuré par un bûcheron dans un bois.
Octobre. — Figuré par l’entonnage des vins.
Olivier. — Emblème de la concorde et quelquefois delà victoire, comme chez les anciens.
Orgues. — Attribut de Ste. Cécile.
Orientation. — L’orientation des églises vers le Levant a plusieurs raisons mystiques. L’Evangile nous est venu de l’Orient ; Jésus-Christ viendra de l’Orient au dernier jour; le nom d’Orient est même donné à Jésus-Christ dans plusieurs passages de l’Ecriture sainte : St. Grégoire le Grand, dans son Commentaire du prophète Ezéchiel (ch. xl-xlviii), dit que la porte orientale du temple de Salomon est Jésus-Christ lui-même, le véritable Orient qui
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
nous guide vers la vraie lumière. Il est à remarquer que la porte orientale du temple juif est devenue chez nous le portail occidental, et que c’est là que l’architecture et la sculpture ont déployé toutes leurs pompes.
Ostensoir. — Attribut de St. Norbert et de Ste. Claire.
Ours. — Attribut de St. Gilles et de St. Eustache.
Palme. — Symbole de la victoire et de la justice chrétienne. — Attribut des martyrs.
Panetière. — Attribut de St. Roch, de St. Jacques le Majeur et de Jésus pèlerin.
Paon. — Emblème de l’immortalité.
Patriarches. — Us sont représentés avec un attribut particulier qui fait allusion à quelque circonstance de leur vie : Benjamin, avec un loup; Juda, avec un lion; Issachar, avec un âne, etc.
Patrons. — Il est parfois utile, pour comprendre certaines scènes des bas-reliefs et des vitraux peints, de connaître quels sont les Saints que les corporations du Moyen âge ont choisis pour patrons. Nous allons donner la liste des principaux :
Apothicaires.
St. Nicolas.
Cabare tiers.
1 St. Laurent.
Arquebusiers.
St. Éloi.
j St. Théodote.
Artilleurs.
Ste. Barbe.
( St. Biaise.
Avocats.
St. Yves.
Cardeurs.
} Ste. Marie Ma-
Avoués.
St. Yves.
( deleine.
Bedeaux.
St. Guy.
Carrossiers.
St. Ëloi.
Bergers.
St. Bénezet.
Chandeliers.
Purification.
Bergères.
Ste. Solange.
Chapeliers.
St. Jacques.
Bijoutiers.
St. Louis.
Charcutiers.
St. Antoine.
Boisseliers.
Ste. Anne.
Charpentiers.
St. Joseph.
Bonnetiers.
St. Jacques.
Charrons.
J Ste. Anne.
Bouchers.
i St. Antoine.
1 Ste. Catherine.
! St.Barlhélemi.
Chasseurs.
St. Hubert.
Boulangers.
St. Honoré.
Chaudronniers.
St. Éloi.
Bourreliers.
St. Éloi.
Chausseliers.
St. Biaise.
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME. 381
Chirurgiens.
Ciriers.
Cloutiers.
Collèges.
Compagnons du devoir.
Confiseurs.
Cordonniers.
Corroyeurs.
Couteliers.
Couvreurs.
Cuisiniers.
Domestiques.
Drapiers.
Droguistes.
Écoliers.
Enfants (petits).
Éperonniers.
Épiciers.
Étameurs.
Faïenciers.
Ferblantiers.
Filassiers.
Financiers.
Fondeurs.
Forgerons.
Fouleurs.
Fourbisseurs.
Fripiers.
Garçons d’écurie.
Graveurs.
Grènetiers.
Guerriers.
Horlogers.
Hôtes.
St.Côme et St.
Damien.
Ste Geneviève.
St. Pierre.
St. Louis de Gonzague.
St. Jacques.
Purification.
St. Crépin.
St. Jacques.
St. Éloi.
j Ascension.
! Ste. Barbe, j St. Laurent.
( St. Just.
Ste. Zile.
Si. Biaise.
St. Nicolas.
St. Nicolas.
SS. Innocents.
St. Gilles.
Purification.
Visitation.
St. Antoine de Padoue.
St. Éloi.
Baptême de N. S.
St. Matthieu.
St. Éloi.
St. Éloi.
St. Michel.
St. Éloi.
St. Maurice.
St. Étienne.
St. Jean P. L.
St. Antoine, j St. Georges.
I St. Maurice.
St. Éloi.
St. Théodote.
Imprimeurs.
Incendiés.
Jardiniers.
Joailliers.
Laboureurs.
Lanterniers.
Lavandiers.
Libraires.
Maçons.
Maîtres d’armes.
Maquignons.
Maréchaux.
Mariniers.
Matelassiers.
Médecins.
Mégissiers.
Ménétriers.
Menuisiers.
Merciers.
Meuniers.
Mineurs.
Musiciens.
Nattiers.
Notaires.
Orfèvres.
Papetiers.
Pâtissiers.
Paveurs.
Peigneurs de laine.
Peigniers.
Peintres.
Percepteurs.
Perruquiers.
Pharmaciens.
Philosophes.
Plâtriers.
Poissonniers.
St. Jean P. L.
St. Donat.
St. Fiacre.
St. Louis.
St. Isidore.
St. Clair.
St. Blanc.
St. Jean P. L.
Ascension.
St. Michel.
St. Louis.
St. Éloi.
St. Nicolas.
St. Biaise.
St, Luc.
St. Jean-Bapt.
St. Genest.
Ste Anne.
St. Louis, i St. Martin, j St. Waast.
Ste Barbe.
Ste Cécile.
Nativ.de N. S.
St. Yves.
St. Éloi.
St. Louis, j St. Michel.
| St. Louis.
St. Roch.
St. Louis.
Ste. Anne.
St. Luc.
St. Matthieu.
St. Louis.
St. Côme et St.
Damien.
Ste. Catherine.
LesquatreCouronnés.
St. Pierre.
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
Pompiers.
Potiers.
Prisonniers.
Procureurs.
Quincailliers.
Relieurs.
Rôtisseurs.
Savetiers.
Sculpteurs.
Serruriers.
Taillandiers.
Tailleurs d’habits.
Tailleurs de pierre.
St. Laurent.
St. Pierre.
St. Léonard.
St. Yves.
St. Louis.
St. Jean P. L.
Assomption.
St. Crépin.
Les cinq Couronnés.
St.Pierre ès L.
St. Gauthier.
St.Pierre ès L.
St. Homobon.
Assomption.
Tanneurs.
St.SimonetSt.
Jude.
Tapissiers.
St. Jacques.
Teinturiers.
St. Maurice.
Tisserands.
St. Bonavent.
Tonneliers. j
Ste. Madeleine Ste. Anne.
Tourneurs.
Ste. Anne.
Vanniers.
St. Antoine.
Verriers.
St. Clair.
Vicaires.
St.Pierre ès L.
Vignerons.
St. Vincent.
Vinaigriers.
Vins (marchands
St. Vincent.
de) en gros.
St. Martin.
Pavés. — Considérés, au Moyen âge, comme le symbole de la vertu d’humilité : « Pavimentum humiliatio vel af flictio animœ» dit St. Eucher (Lib. formularum , cap. 10).
Peigne de cardeur. — Attribut de St. Biaise.
Pélican. — Symbole de la charité, de la passion et de la résurrection du Sauveur. On croyait, au Moyen âge, que
cet oiseau se perçait lui-même la poitrine , non pas pour nourrir ses petits de son sang , comme l’admet le symbolisme moderne, mais pour leur faire reprendre la vie sous l’aspersion de son sang.
Pelle. — Attribut de St. Honoré.
Phénix. — Symbole de l’immortalité et quelquefois de
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
la justice, parce que les lois sont éternelles. C’était, chez les Païens, le symbole de l’apothéose.
Pierre. — Attribut de St. Thomas et de St. Etienne martyr.
Pierre et Paul (les apôtres). — Leurs images circulaient dès le 111e siècle entre les mains des fidèles. Un des vases trouvés dans les catacombes représente les deux apôtres vis-à-vis l’un de l’autre : le premier avec une touffe de cheveux au milieu du front, dans l’attitude de la bénédiction ; et le second, le front chauve, dans l’attitude de la prédication. Ils ont chacun un volume pour tout attribut. Le glaive et la clef sont des attributs qui ne datent point d’une époque fort reculée : c’est seulement à la fin du xue siècle que Pierre porte quelquefois une ou deux clefs. Dans les émaux, sa robe est verte et son manteau bleu.
Plan des Eglises latines. — Leur plan figure Jésus-Christ sur la croix. Quelquefois l’axe du chœur dévie légèrement pour traduire l 'inclinato capite de la passion. Les chapelles rayonnantes autour de l’abside semblent être l’image de la couronne d’épines. L’Eglise partagée en trois parties, la nef, le chœur et le sanctuaire, figure les trois degrés de la vie spirituelle : la purification, l’illumination et l’union.
Poisson. — Le poisson, qui ne peut vivre que dans l’eau, est une image du Chrétien qui puise la vie dans les eaux du baptême. — Dans les peintures des catacombes, c’était le symbole de Jésus -Christ, parce que le mot grec IX0Y2
! (poisson) exprime par ses initiales le nom et les titres du i Sauveur, Dicrouç Xpicxo; ®£ou Yioç SwTYip, c’est-à-dire, Jésus-
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
Christ, Fils de Dieu, Sauveur. Le poisson de Tobie était aussi le symbole de Jésus-Christ, qui guérit l’aveuglement du monde.
Purc-Eplc. — Il apparaît dans les monuments construits sous Louis XII, qui portait cet animal dans ses armes.
Portes. — Les portes de la façade occidentale, au nom- | bre de trois, rappellent le mystère de la Trinité. La porte principale est le symbole de Jésus-Christ, qui est toujours le personnage principal des sculptures. « Ostium domûs ipse est Christus qui ait : Ego sum ostium » dit Hugues de Saint-Victor ( Detemplo Salomonis).
Prophètes. — Ils n’ont point la tête nimbée, en Occident. Ils tiennent à la main un volume à demi roulé ou un i phylactère, avec une inscription tirée de leurs écrits.
Quenouille. — Attribut de Ste. Geneviève et de Ste. Solange.
Raisin. — On mit quelquefois une grappe de raisin dans les mains de l’en Tant Jésus, parce qu’il est la cause de notre joie spirituelle, et que l’Ecriture donne le raisin comme l’emblème de l’allégresse : Vinum lœtificat cor hominis (Ps. 103).
Renard. — Symbole de la ruse et de la fourberie.
Rosaire. — Attribut de St. Dominique, de St. Jean l’Aumônier et de Saintes de divers ordres.
Rose. — Emblème de la générosité du martyre. — Attribut de Marie, de Ste. Rose de Lima, de Ste. Ursule, de Ste. Elisabeth de Hongrie, de Ste. Elisabeth de Portugal et de la Sibylle hellespontique.
Roses des églises. — La rose du Midi semble plus spé- m cialement consacrée aux mystères de la nouvelle loi, elle offre une plus grande richesse d’ornementation que celle du Nord. Les vitraux de la rose méridionale représentent souvent les scènes du triomphe évangélique; c’est un enseignement théologique supérieur à celui des portraits, et qui paraît s’adresser surtout au clergé. Quelques roses, en
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
forme de roues , sont accompagnées de personnages sculptés, dont les uns montent et les autres descendent : c’est un symbole de la vicissitude des choses humaines.
Roseau. — Attribut de la sibylle delphique.
Roue. — Attribut de Ste. Catherine.
Saint-Esprit. — 11 a été figuré, dans tous les âges, sous le typ'e d’une colombe. Du xe au xvie siècle, on le représente quelquefois sous la forme humaine, et portant, comme le Fils, le livre de la sagesse. Les colombes, au nombre de sept, sont l’image des sept dons du Saint-Esprit.
Salamandre. — Cet animal, que François 1er adopta pour ses armes, se trouve figuré dans la plupart des monuments élevés sous le règne de ce prince.
Sceptre. — Attribut de Juda et des rois.
Scie. — Attribut de l’apôtre St. Simon.
Scorpion. — Attribut de la synagogue. — Emblème de la malice et de la perfidie.
Septembre. — Ce mois est figuré par une scène de ven- , danges.
Séraphins. — Représentés par une tête accompagnée de i deux, quatre et même six ailes.
Serpent. — Attribut de St. Patrice, de Ste. Cécile, de ! Ste. Euphémie, de St. Pèlerin, de la Luxure et de la Mé- ! decine personnifiées. — Emblème de la perfidie, de la ruse, et parfois de la prudence.
Sibylles. — Elles figurent dans les monuments de la . peinture et de la sculpture, depuis le xme siècle jusqu’à la I Renaissance, parce qu’on supposait, à tort ou à raison, qu’elles avaient prédit la naissance du Sauveur et les prin- | cipales circonstances de sa vie. Le Moyen âge en admet douze, tandis que Yarron n’en compte que dix. Elles sont accompagnées de divers attributs, qui les font distinguer (V. Berceau , Cierge , Couronne , Glaive , Lanterne , Rose , Roseau, Verge).
Sirène. — « La sirène à une seule queue ou à deux
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
queues, dit M. l’abbé Crosnier, se rencontre à toutes les époques, mais surtout au xue siècle. On a cru y reconnaître les deux vies du Chrétien, sa vie spirituelle et sa vie naturelle, ainsi que sa régénération dans les eaux du baptême. Cependant les Pères l’ont considérée autrement : ce serait, d’après eux, l’image du démon et l’emblème de la volupté. »
Soleil. — Pendant tout le Moyen âge, le soleil et la lune figurent sur les crucifix. Sur celui de Lothaire, conservé à Aix-la-Chapelle, ces deux astres sont représentés par deux personnages éplorés. Le soleil est à droite, et la lune à gauche (V. Lune).
Synagogue. — C’est une femme aux yeux bandés, laissant échapper de ses mains les tables de la loi et laissant tomber une couronne de sa tête. Elle se tient à la gauche de Jésus crucifié, tandis que la Religion chrétienne est à droite et reçoit le sang divin dans un calice (V. Scorpion , Lune).
Taureau. — Attribut de St. Luc et de St. Saturnin.
Tête. — St. Denis, St. Lucien, St. Piat, St. Alban, Ste. Solange portent leur tête dans la main, pour indiquer qu’ils ont été décapités. — St. Jérôme, Ste. Magdeleine, St. Antoine et plusieurs saints solitaires méditent devant une tête de mort.
Torche. — Attribut de Ste. Barbe.
Tours des églises. — Les deux tours du portail sont considérées par certains archéologues comme les symboles de la hiérarchie ecclésiastique et du pouvoir temporel, et par d’autres comme les symboles de l’Ancien et du Nouveau Testament, et ils expliquent par là l’inégalité de leur hauteur dans plusieurs églises.
Trèfle. — Saint Patrice évangélisait en Irlande; l’expression lui manque pour exprimer le dogme de la Trinité : il trouve un trèfle sous sa main et il s’en sert pour symboliser sa définition : c’est pour cela que, à la fête patronale de
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
St. Patrice, les Irlandais se parent d’une feuille de trèfle. L’idée qui vint à St. Patrice fut aussi celle des artistes du Moyen âge qui, par cette plante, figurèrent le dogme de la Trinité.
Trinité. — Ce n’est qu’à partir du ive siècle qu’on commença à figurer la Trinité, en réunissant ensemble les trois Personnes divines. Quelquefois les trois Personnes, sous la
forme humaine, portent la main à l’extrémité d’un triangle. A partir du xue siècle, on voit le Père tenant son Fils en croix, et le Saint-Esprit, sous la forme d’une colombe, planant sur sa tête. Au xme siècle, on voit trois cercles
égaux entrelacés les uns dans les autres, et d’autres symboles plus ou moins ingénieux de la Trinité. On rencontre aussi, à cette époque, mais surtout au xve siècle, des figures trinitairesà trois bouches et trois nez, type plusieurs
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
fois réprouvé par les conciles. Le nimbe triangulaire désigne la Trinité. Ce dogme est rappelé aux fidèles, dans les églises, par les trois portes du portail occidental, par les
Gravure italienne du xv« siècle. Gravure française du xvie siècle.
fenêtres et les arcades trigéminées, par les trèfles et divers autres ornements.
Trompette. — Attribut de St. Jérôme.
Trônes. — Ces anges sont figurés par des roues de feu placées sous les pieds de Dieu.
Urnes. — Quatre urnes d’où sortent des eaux abondantes représentent les quatre fleuves du paradis terrestre, et quelquefois les quatre évangélistes.
Vases. — Ils figurent quelquefois, sur les tombeaux, le corps de l’homme, que l’Ecriture sainte appelle vase de l’âme, vase d’argile.
' Verge. — Attribut de Jérémie, de St. Joseph, de Ste. Foi et de la sibylle tiburtine.
Vert. — Couleur de l’espérance et de la victoire. Le nimbe qui enveloppe l’âme du martyr est de couleur verte.
Vertus. — Représentées sous la forme de femmes armées d’un bouclier et d’une épée et terrassant les vices. Elles sont désignées spécialement par les actes qui les caractérisent.
Vierge noire. — Les iconographes ne sont point d’ac-
ICONOGRAPHIE ET SYMBOLISME
cord sur le motif symbolique qui a fait quelquefois représenter la Vierge avec une figure noire. Il est absurde de prétendre que c’est un souvenir du culte rendu jadis à la Diane d’Éphèse; nous ne saurions admettre non plus, avec M. Paul Lamache, que c’est un symbole de la réhabilitation morale de la race de Cham. Il est beaucoup plus probable que les artistes ont pris trop à la lettre ces paroles du Cantique des Cantiques : Nigrasum , sed formosa , que plusieurs Pères avaient appliquées à Marie.
Vigne. — Symbole de l’Eucharistie et de Jésus-Christ lui-même, en raison de ces paroles : Ego sum vüis.
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Revue archéologique.
Sceau du couvent des Frères prêcheurs (Nevers, nvc siècle).