‹ Manuel élémentaire d'archéologie nationaleChapitre 48 sur 73 · ORFÈVRERIE ET BIJOUTERIE · texte numérisé non relu

ORFÈVRERIE ET BIJOUTERIE

dans l’Orient que dans l’Occident. Ce ne fut que vers l’an 1550 qu’il fut importé en France. On l’employa principalement pour les armures, les boucliers, les armes à feu, les poignées et les fourreaux d’épée.

Orfèvrerie et bijouterie.

L’orfèvrerie du Moyen âge présente les mêmes phases que l’architecture, dont elle fut souvent l’émule ; et, par des procédés différents, elle arriva également à la création de véritables chefs-d’œuvre. Les monuments de l’orfèvrerie des premiers siècles, fort rares aujourd’hui, sont empreints des inspirations de l’art antique. Limoges paraît avoir été, dès le vie siècle, le centre principal de l’orfèvrerie française. On sait quelle fut la réputation de saint Eloi dans cet art. Les travaux de ses successeurs, quoique souvent remarquables, restent bien inférieurs à ceux des orfèvres byzantins. Du xlc au xine siècle, on abandonna les formes gréco-latines pour adopter un style sévère et religieux, en harmonie avec l’architecture du temps. On fit, à cette époque, un grand nombre de vases sacrés, de châsses, de devants d’autel, de couvertures d’évangéliaires, etc., enrichis de bas-reliefs, de pierres fines, de perles, d’émaux cloisonnés et d’ornements ciselés. Au xive siècle , les artistes laïques firent concurrence aux monastères pour l’orfévrerie religieuse. Elle ne fit que décroître depuis cette époque, en suivant les phases de la décadence architecturale ; tandis que la bijouterie suivit, au contraire, une marche ascendante. Au xve siècle, l’orfèvrerie produit beaucoup d’œuvres profanes pour les dressoirs des châtelaines et la table des grands seigneurs ; l’amour exagéré de la finesse fait souvent négliger la fermeté des lignes. Vers

MOYEN AGE ET RENAISSANCE

1525, les orfèvres français adoptèrent le style italien, introduit par les artistes étrangers que Louis XII et François l? avaient attirés en France. L’orfèvrerie religieuse perdit sa splendeur et sa gravité : mais la bijouterie, qui s’exerça principalement sur les sujets mythologiques, produisit des œuvres très-remarquables. Sous Louis XIV, on abandonna le style délicat de la Renaissance pour un style quelquefois grandiose, mais plus souvent lourd et disgracieux. Le bizarre et le maniéré caractérisent l’orfèvrerie du xvme siècle : les bijoux de cette époque sont très-recherchés aujourd’hui. Les plus célèbres ciseleurs de bijoux furent Cellini et Ramel, sous François Ier; Briot, sous Henri II; François Desjardins, sous Charles IX; Delahaie, sous Henri IV, et Claude Ballin, sous Louis XIII.

La serrurerie du Moyen âge et de la Renaissance a quelquefois produit des œuvres presqueaussi remarquables que l’orfèvrerie, dans la décoration des monuments religieux et civils. Les grilles des xue et xuie siècles, les ser-

rures et les clefs du xvie excitent, à juste titre, l’admiration des antiquaires (1).

Grille de l’église de Conques.

(Aveyron. — xue siècle.)

(1) MM. Didron et Darcel ont publié, dans le tome xie des Annales archéologiques , de fort intéressants articles sur les grilles du Moyen âge, dont on fait actuellement de fort bonnes imitations.

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