CÉRAMIQUE ET VERRERIE
vres les montaient en or ou eu argent ciselés ; mais l’art du lapidaire n’atteignit jamais chez nous la même perfection qu’en Italie.
Article 5.
Céramique et verrerie.
Céramique. — A partir du 111e siècle, on perdit lé procédé de la glaçure lustrée des poteries romaines. Lucca délia Robia, mort en 1430, fut le premier qui, en Italie, appliqua l’émail blanc stannifère sur les terres cuites : ce procédé fut exploité principalement par les fabriques de Faenza, d’où nous avons tiré le mot faïence. On donne le nom de majolica à l’application de l’émail comme glaçure des poteries, pour servir de fond à des peintures : cette découverte date de la fin du xve siècle. Bernard de Palissy, né vers l’an 1510, trouva l’art d’appliquer divers émaux sur les poteries ; ses faïences destinées à parer les dressoirs ont toujours des décorations en relief coloriées : ce sont
des reptiles, des coquillages, des poissons, des plantes, des insectes, etc., aussi remarquables par la vérité des formes que par l’éclat des couleurs. La faïence dite de Henri II est en pâte de terre de pipe ; les ornements en intailles sont enduits de matières colorées, recouvertes d’un vernis.
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
Ces faïences, d’origine française, sont fort estimées, à cause de leurs élégantes incrustations et de la pureté de leur contour.
La porcelaine chinoise fut introduite en Europe, vers 1508, par les Portugais. Les essais d’imitation qu’on tenta furent infructueux jusqu’aux premières années du xvme siècle, où la Saxe en fabriqua, grâce à la découverte d’une terre blanche et molle nommée kaolin. En France, on avait inventé, dès 1695, une porcelaine artificielle qui devait sa transparence à des sels et sa plasticité au savon. Cette fabrication, perfectionnée par la manufacture de Sèvres, cessa en 1804. La découverte d’un gisement de kaolin et de feldspath, près d’Alençon, en 1765, et à Sainl- Yriex (Haute-Vienne), en 1768, permit à la France de rivaliser avec la Saxe.
Verrerie. — Jusqu’au xue siècle, les Grecs se livrèrent seuls à la fabrication de la verrerie. On ne commença guère qu’au xve siècle à façonner le verre en vases de luxe. Au commencement du siècle suivant, les verriers vénitiens enrichirent leurs vases de filigranes de verre de mille formes variées et s’élevèrent au rang de véritables artistes. Cette fabrication cessa au commencement du xvme siècle, où le goût se passionna pour les verres de Bohême, en cristal taillé et à facettes. Ce genre de verrerie fut imité par les fabriques françaises.
Article 6.
Armurerie et «lamasquiiierie.
Jusqu’au milieu du ixe siècle, on conserva, en France, le système d’armures des Romains, avec quelques modifications. SousCharibert, on fabriqua, pour la première fois, des épées à deux tranchants, nommées francisques. Sous
ARMURERIE ET DAMASQUINERIE. 411
la première race, on se servait aussi de Vangon et de la (ramée. L’angon était une courte hallebarde, d’origine
Épée de Chilpéric, trouvée à Touruay.
germanique; la framée était une javeline à fer étroit et aigu. Depuis le milieu du xie siècle jusqu’au commencement du xive, l’armure défensive la plus usitée fut la coite ou jaque de mailles : elle ne descendait d’abord qu’aux genoux; plus tard elle s’étendit depuis les pieds jusqu’à la têle, qu’elle recouvrit sous forme de capuchon. Les casques du xie siècle sont étroits et de forme conique; l’appendice de métal, destiné à garantir la figure, fait corps avec le reste du casque ; les boucliers étaient convexes, ordinairement arrondis dans le haut et terminés en pointe: on les attachait au bras à l’aide d’une courroie. Au xne * siècle, le casque se munit d’un nasal, c’est-à-dire d’un prolongement mobile qui descend entre les deux yeux jusqu’au menton; les écus n’ont pour décoration que des emblèmes et des armoiries. Les nobles se servaient d’épées longues se terminant brusquement en pointe, de lances armées d’un fer aigu, de haches, de javelots et de flèches. Les serfs combattaient avec des masses, des bâtons ferrés et des bâtons fourchus. Au xme siècle, on recouvre la cotte
Épée et Qasque du xme siècle.
de mailles d’une cotte d'armes , espèce de surent en drap ou
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en étoffe précieuse qui descendait jusqu’aux genoux. Les casques de forme cylindrique sont quelquefois arrondis par en haut et ne sont pas toujours entièrement fermés. L’adoption des principales pièces de l’armure de fer plat doit être reportée entre 1320 et 1330; l’armure pleine toutenlière de ferplat n’est pas antérieure au règne de Charles VI.
Armure du x\je siècle.
On fit usage du canon dès la seconde moitié du xive siècle. Sous Charles VIII et Louis XII, on employa l’arquebuse. Quand les armes à feu furent devenues portatives, on les enrichit de ciselures, de damasquinages, de gravures en ivoire. Le luxe des armes devint très-remarquable au xvie siècle : les poignées des cpées offraient des figurines en ronde bosse, des émaux et surtout des damasquinages.
Damasquinerie. — Cet art consiste à rendre un dessin par des filets d’or et d’argent, sur un métal moins brillant, comme le fer ou le bronze, ou bien encore par des filets d’or sur argent ou des filets d’argent sur fond d’or. Cet art, connu des anciens, fui beaucoup plus pratiqué