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DEUXIÈME PARTIE

Les Ligures , qu’on croit d’origine ibérienne, et qui turent soumis à la domination romaine, en l’an de Rome 638, ont occupé les côtes de la Méditerranée depuis l’embouchure du Var jusqu’aux Pyrénées-Orientales. On a cru reconnaître les traces de leur séjour dans quelques constructions situées vers les Bouches-du-Rhône, et qui ont beaucoup d’analogie avec les constructions dites cyclopéennes.

Les Phocéens s’établirent définitivement, en 535, à Massilia (Marseille), colonie dont ils avaient jeté les fondements soixante-quinze ans auparavant. Ils conservèrent au milieu des Gaulois leur langue, leur religion, leurs mœurs et leur civilisation asiatique. Ils étendirent peu à peu leur influence par leur alliance avec les Romains, par leur commerce avec les pays étrangers, et par diverses colonisations qu’ils envoyèrent à Narbonne, Antibes, Agde, Tauroentum, et jusque sur les bords de la Somme (1). L’art hellénique des Massiliens exerça une certaine influence sur l’architecture romaine du littoral de la Médi-

(1) De Poilty, Recherches sur une colonie massilienne établie vers /’ embouchure de la Somme. 1849, in-8°.

52 ÉPOQUE GALLÜ-GKECQUE.

terranée; mais, sauf Tare d’Orange, la Vénus d’Arles, quelques médailles et quelques inscriptions, il nous a laissé peu de monuments importants..

Arc d’Orange. — L’arc de triomphe d’Orange paraît avoir été élevé par des architectes massiliens. 11 diffère des arcs de l’Italie non- seulement par les caractères de la sculpture , mais aussi par un fronton triangulaire , audessus duquel est un attique couronné par une belle corniche. Le bas-relief de l’attique représente un combat de

Romains et de Barbares. L’arc d’Orange, restauré en 1 828, a trente-trois mètres de largeur sur vingt de hauteur. Les opinions les plus diverses ont été émises sur l’origine de ce monument. Les uns l’ont attribué à Marius, vainqueur des Cimbres ; d’autres à Marc-Aurel, vainqueur des Germains ; d’autres à Domitius Ænobarbus, vainqueur des Arvernes et des Allobroges.

Fragments d’architecture. — On considère aussi

Terre cuite coloriée.

Palmettes.

comme appartenant à la civilisation phocéenne les restes

d’un temple situé au bas de Vernègues (Bouches-du- Rhône). On a découvert à Marseille divers fragments d’architecture grecque dans les fondations de la cathédrale et de l’église Saint-Sauveur. On sait que celte cité avait une acropole célèbre et divers temples dédiés à Diane , à Minerve, à Apollon, etc. Divers fragments d’architecture découverts dans le nord de la France, et notamment à Autun, Tours, Champlieu (Oise), portent une empreinte évidente de l’art hellénique.

Statues. — Le musée du Louvre possède un chefd’œuvre de la sculpture gallo -grecque , c’est la Vénus d’Arles, découverte en 1684, dans l’antique théâtre de cette ville ; la tête est un modèle de grâce et de beauté. Cette statue a été restaurée par Girardon. On a découvert en même temps un Silène et deux danseuses. La galerie Alboni, à Rome, possède une autre statue fort remarquable, trouvée à Marseille, et qu’on croit être celle de Diane d’Éphèse.

Stèles. — Les Grecs appelaient stèles des pierres funéraires carrées dans leur hase et conservant une même grosseur dans toute leur longueur. Souvent une inscription indiquait le nom, la dignité et la patrie du défunt. On a découvert plusieurs stèles, en marbre ou en pierre, sur le littoral de la Méditerranée. Ceux qui ne portent point d’inscriptions sont néanmoins reconnaissables par la finesse des ornements et la délicatesse des palmettes qui y sont sculptées. Un des plus remarquables est celui de Mélitine, femme d’un médecin. Les bas* reliefs représentent une femme debout, entourée de trois enfants et de divers instruments de médecine.

Inscriptions. — Les abréviations rendent souvent difficile la lecture des inscriptions grecques. Voici celles qu’on rencontre le pins ordinairement sur les marbres

grecs. Nous joignons à cette liste ta valeur des lettres numérales, qu’il est nécessaire de connaître pour interpréter les médailles gallo-grecques.

mi ou premier.

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