‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 101 sur 251 · VACCINE ULCEREUSE ET GANGRENEUSE · texte numérisé non relu

VACCINE ULCEREUSE ET GANGRENEUSE

Il semble que les cas de vaccine ulcéreuse soient des cas d'ecthyma ulcéreux (p. 552) surajouté à la vaccine.

FiG. m. — Eni|ition g-angréneuse (?) consécutive à 1m vaccination. Malade de J. Hutchinson. IMedico-chirurgical tran.s/ictions. )

L'ulcération creuse, de 1 à 5 centi mètres de diamètre s'accompagne d'inflammation périphérique intense, fie lymphangites, de ganglions douloureux, et qui peuvent suppurer, et enfin de symptômes généraux plus ou moins graves.

520 DERMA.TOLOGIE TOPOGRAPIIIOUE.

' Certains auteurs ont décrit et liguré des cas fort rares de gangrènes nmltiples de la peau, spontanée (?) ou secondaire. Ces cas sont sans doute à rapprocher de ce qui sera décrit plus loin sous le nom de gangrène spontanée ou foudroyante du scrotum (p. 484). Mais ici les points de sphacèle sont multiples, naissent ensemble comme les éléments d'une fièvre éruptive et évoluent ensemble avec des symptômes généraux graves. L'issue est fatale le plus souvent. Le traitement serait celui des phagédénismes en général.

Nous plaçons ici un résumé bref de ces accidents, heureusement rares, parce qu'on les a vus consécutifs à des inoculations septiques accidentelles, celle de la vaccine en particulier.

SYPHILIS VACCINALE

Le chancre vaccinal apparaît du 10'' au '20'' jour après la vaccine, se constitue et augmente pendant les 15 jours suivants. Il est excorié, quelquefois recouvert d'une croûte mince mais jamais ulcéreux; l'exulcération de surface peut couronnei' le plateau induré et saillant du chancre. Le chancre est comme une soucoupe plate, son induration est très perceptible. La réaction locale est quasi nulle, le ganglion satellite existe mais indolore; pas de lymphangite, pas de fièvre. La roséole et les accidents secondaires suivent à date iixe (voir Syphilis,

KÉRATOSE PILAIRE

La partie externe et postérieure du bras, le dos du bras est le siège par excellence de cette anomalie cutanée, d'origine probablement congénitale, mais qui s'accuse de la deuxième enfance jusqu'à l'âge adulte, et dont la lésion élémentaire consiste en un ])etit cône aplati d'hyperkératose occupant chaque orifice pilaire.

Ordinairement la peau du sujet est froide, un peu violette; sa circulation est médiocre ; au toucher la peau est sèche, rugueuse. Chaque orifice pilaire, souvent marqué d'un point violet assez foncé, est, ou bien comblé ou bien entouré par une surproduction cornée légèrement saillante, conique quand l'orifice est comblé, cratériforme quand il reste ouvert. Le poil de ces follicules est toujours atrophique, médiocre, mal venu, souvent invisible, enclavé dans la surproduction cornée et enroulé en tire-bouchon.

BRAS

Cette lésion, qu'on a nommée non sans raison ichtyosc pilaire est chronique, difficile à réduii'e, et se reproduit quand on l'a fait disparaître.

Le traitement est du type des traitements dits d'exfoliation, employés contre les éphélides, etc. ; on applique des pommades soufrées, résor-

FiG. 123. — Kératose pilaire du Jjras. (Malade de lirocq. Pliotograpliie de Sottas.;

cinées, salieylées jusqu'à destruction et desquamation de l'épiderme corné.

Exemple :

Glycéré d'amidon 40 grammes.

Soufre précipité. . . , , . 1 gramme.

Résorcine 4 grammes.

Acide salicylique 4 —

322 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

On applique une pommade de ce type ou plus mordante encore; si elle provoque une cuisson vive, on la savonne après une heure, dans le cas contraire on la laisse plusieurs heures, une nuit, et on savonne le lendemain. Ces applications sont continuées jusqu'à exlbliation. Et ce traitement renouvelé aussi souvent qu'il est nécessaire. En cas d'irritation excessive, calmer avec une pommade à l'oxyde de zinc au 1/4.

ICHTYOSE

L'ichtyose malgré sa parenté avec l'iclityose ou kératose pilaire doit en être distingué soigneusement car l'ichtyose vraie peut ne pas s'accompagner de kératose folliculaire. C'est, comme on sait, une hyperkératose de surface, plus marquée aux surfaces d'extension, moins aux plis de flexion, qui sont presque toujours normaux.

Il s'agit d'une malformation congénitale quelquefois héréditaire ou familiale.

L'ichtyose est incurable, une hygiène particulière permet toutefois d'en diminuer beaucoup la laideur et les inconvénients.

Les crèmes à l'oxyde de zinc ou les glycérolés d'amidon, résorcinés ou salicylés au 1/100'', assouplissent la peau et la rapprochent de l'état normal.

Il importe pourtant de prévenir le malade que l'amélioration que l'on produira ne sera pas une guérison radicale ni délinitive.

SÊBORRHÉIDES

Le mot de séborrhéides recouvre un groupe confus de beaucoup de types morbides différents et analogues, caractérisés pardc petites lésions furfuracées en taches disséminées. Certaines des lésions dénommées séborrhéides appartiennent à des types bien définis : pityriasis simplex (p. 587;, lésion furfuracée streptococcique (p. 11), pityriasis rosé de Gibert (p. 588), psoriasis (p. 592): d'autres sont moins nettement caractéi'isées mais commencent à l'être, comme la parakeratosis variegata (p. 596), et le parapsoriasis en goutte de Brocq; d'autres ne le sont pas du tout encore.

La racine des membres est un siège fréquent de ces éruptions pityroïdes, mais, suivant leur nature, elles ont en outre un siège d'élection primitif qui les fait reconnaître; ainsi le pityriasis simplex au-devant de la poitrine; le pityriasis rosé de Gibert sur tout fe torse, le psoriasis aux coudes et genoux, etc.

BRAS. 525

Ce sont ces localisations qui font faire le diagnostic. Les lésions furfuracées bénignes, à c{uelque type qu'elles appartiennent, bénéficient ordinairement des pommades cadiques faibles appliquées le soir et savonnées le lendemain.

Huile de cade ; . . . . 4 grammes.

— de bouleau 1 gramme.

Ichtyol 1 —

Résorcine 1 —

Lanoline 5 grammes.

Vaseline . 10 à 15 —

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