TUBERCULE ANATOMIQUE
Le tubercule anatomiquc est le cliancrc inilial de la tuberculose d'inoculaliou externe. Il peut affecter plusieurs formes. Tantôt c'est une petite néoplasie verruqueuse ou papillomateuse, un peu sensible à la pression, persistant sur place des mois et d'extension progressive très lente (tîg. 140). Au-dessous d'elle la peau est indurée et on sent que la néoplasie n'est pas toute superficielle. Sous celte forme, le tubercule anatomique n'est que le premier degré de la tuberculose verruqueuse de la main de Riebl et Paltauf (p. 578).
En d'autres cas, la néoplasie fait à la surface de la peau une extumescence mamclonnaire, d'extension lente, formée de deux ou trois papulo-lubcrcules conglomérés, visibles sous Tépiderme à peine modifié, hyperkératosiquc.
Enfin dans un dernier cas, plus rare, au milieu de la petite néoplasie, une ulcération très petite se produit, an fond d'une fissure qui la cache d'abord. Cette foi'me, (comparable à la tuberculose ulcérée des muqueuses, de la langue particulièrement), est la plus résistante, la plus sérieuse des trois.
Dans ces trois formes, la destruction complète, absolue et un peu profonde de la néoplasie et de l'induration sous-cutanée qui la soustend, est nécessaire. Elle se fera, après insensibilisation, avec le galvano-cautère, très largement. Pansement à la pommade au sous-carbonate de fer au 1/40. Surveiller la cicatrisation avec beaucoup de soin et longuement. Les lymphangites tuberculeuses et adénites à distance sont rares, mais elles doivent faire réserver le pronostic et obligent à une thérapeutique active, chirurgicale : exérèse suivie de photothérapie des cicatrices.
VERRUES
Les verrues, très fréquentes au dos des doigts, comme à la face dorsale de la main, ont été traitées avec les types morbides les plus fréquents de cette région; je n'ai pas à y revenir ici (p. 595).
ECZÉmA
L'eczéma des doigts est confondu dans l'eczéma des mains. Il ne
prend une physionomie, des mœurs et un traitement particulier, ({u'autour de l'ongle et au bout du doigt, nous en parlerons page 425.
DYSHIDROSE
La dyshidrose des doigts peut exister seule, sans poussée dyshidroïque des mains (tlg. 147) et mérite donc une description particulière.
Annuellement, ou par poussées saisonnières, au printemps, en été, surviennent sur les parties latérales d'un ou de plusieurs doigts des poussées \'ésiculeuses plus ou moins marquées, quelquefois abortives, de vésicules « entre cuir et chair ». Ces vésicules ne s'ouvrent que paigrattage vigoureux. Le prurit existe et une certaine cuisson, mais ces symptômes sont modérés.
Ces phénomènes surviennent par petites poussées successives, pendant 1 ou 2 semaines, quelquefois un mois, et disparaissent pour j'evenir l'année suivante.
Pas de traitement utile, pronostic bénin. Ce sont des cas légers de la dyshidrose des mains, décrite p. 586.
J'v insiste parce que ces lésions sont quelquefois pi'ises à cause de leur localisation, pour des lésions de gale. La gale n'est jamais localisée exclusivement là; il existe des lésions disséminées, à la main, sur ses deux faces, aux poignets, aux aisselles, à la verge, toutes localisations étrangères à la dyshidrose. De plus la gale est contagieuse, la dyshidrose ne Test pas.
TRICHOPHYTIE
Les cas de trichophytie, localisée à un ou plusieurs doigts, ne sont pas très rares. On peut voir les cas suivants :
1" Ou bien un seul doigt est pris, le plus souvent l'ammlaire sous l'anneau; il se développe alors une lésion vésiculeuse ronde qui, dépassant la face dorsale du doigt le contourne et se développe audessous de lui.
2" Ou bien un doigt inocule le voisin, et plusieurs doigts conligus sont pris l'un après l'autre de lésions semblables.
3° Ou bien la lésion se développe à la base d'un doigt. Elle s'étend sur lui, d'un côté, mais, sur la main et les espaces interdigitaux.
(Faiitre part. Par là, elle gagne d'autres doigts et la face palmaire de la main. Cette lésion, qui peut être syphiloïde au premier aspect, est toujours vésiculeuse sur ses bords, et il est facile de s'en rendre compte, en ouvrant les vésicules de bordure une par une. La caractéristique d'ensemble de cette lésion, c'est qu'en dépit de la forme des doigts sur lesquels elle se développe elle ne cesse pas de dessiner un cercle parfait.
Le traitement est beaucoup plus facile sur la face dorsale que sur la face palmaire des doigts et de la main. Au dos les frictions vigoureuses de teinture d'iode diluée de 4 à 5 fois son volume d'alcool suffisent à guérir en 8 jours une trichophytie. Les mômes frictions doivent être précédées à la face palmaire d'un ponçage parfait, poussé jusqu'à détruire l'épiderme corné en totalité.
IMPETIGO CONTAGIEUX
Les phlyctènes louches, le plus souvent ouvertes, ridées, flétries de Vinipétigo contagiosa accompagnent une tourniole (p. 4*24) ou un impétigo contagieux de la main. J'en ai traité (p. ôSO) assez pour n'avoir point à y revenir.
PANARIS ANTHRACOiDE
On désigne sous ce nom une foUiculite pustuleuse (du type de l'impétigo de Bockhart) occupant tous les follicules pilaires du dos d'une phalange, c'est un agglomérat de furoncles superticielsavec symptômes objectifs et fonctionnels faciles à concevoir d'après la définition même de ce type morbide.
Pansements humides à l'eau d'Alibour (sulfate de zinc au 1/100) jusqu'à guérison.
PITYRIASIS RUBRA PILAIRE
Je décrirai le pityriasis rubra pilaire aux maladies généralisées, à côté du psoriasis auquel il ressemble (p. 595), mais je dois mentionner ici l'une de ses caj-actérisliques éminentes. Quels que soient la forme, le degré de généralisation et l'intensité des symptômes du
41 G DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.
pityriasis rubra pilaire, il s'accompagne (Vun symptôme au dos des doigts qui ne peut tromper.
Sur le dos de chaque phalange existent à l'état normal des poils plus ou moins nombreux et surtout plus ou moins développés suivant
Kic. 157. — Pityriasis rubra pilaire. (Malade de E. Besnier. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n" (592.)
chaque individu. Les orifices de leurs follicules deviennent saillants et hyperkératosiques dans le pityriasis rubra pilaire. Chacun devient un petit cône saillant visible à Toeil, sensible au toucher. En sorte que chaque phalange prend l'aspect d'une lime ou d'une râpe. Ce symptôme existe même dans les formes frustes de la maladie, il n'existe dans aucune autre.
La fac(? palmaire du doigt a très peu de localisalious dermatologiques qui ne lui soient communes avec la face palmaire de la main. Cependant quelques dermatoses y prennent une physionomie un peu spéciale.
Ainsi le développement épidermiqiie \
sous-corné du streptocoque, qui fait ail- f ", ^^ sero-puru-
, ,,. ,^. , . . , , 7, lentes (streptococ-
leurs Innpetigo, crée ici de grosses bulles { ■ \ i\n
à contenu très particulier I
Les pustules staphvlococciques, quoique ) „ , , . , ,
^ ,, ^ . \ , , ( Pustules staphylo-
rares en cette reqion, v ont souvent le , . > ,.n
^ ' ^ t cocciques). ... p. 419.
panaris pour conséquence 1
L'eczéma chronique de la face palmaire \
du doiqt participe des caractères hyper- ' „ , , . ,.„
, , , . 7 ,, - 1 ■ -1 f' Eczéma chronique., p. 419.
keratosiques de 1 eczéma des épidémies ( i r-
cornés épais en général 1
... Et peut-être s'associe-t-il à la kéra- ) „ - . ,
^ , . ,^ . , ^ . ■:, . ■ ( Keratodermie des
todermie symétrique des extrémités, qui > * • -^ - ,an
•^ ^ ^ extrémités. ... p. 420.
peut d'ailleurs exister sans lui )
Les verrues de la face palmaire des \
doiqts, assez particulières en leur forme et r „
\,. , ' Verrues p. 420.
souvent douloureuses, nous occuperont en- i ^
suite un instant 1
En terminant ce chapitre je dirai un mot
delà trichophytie de la face palmaire des Trichophytie . ... p. 420.
doigts
... et d'une rareté dermatologique, les \ kystes épithéliaux produits, par inclusion (
dans le derme, d'un morceau détaché de ( ^ q ■ P- •
l'épiderme dans un traumatisme pénétrant.