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DÉFORMATIONS UNGUÉALES DES MALADIES GRAVES

Toute pyrexie grave, toute maladie même passagère, ayant gravement troublé la santé, peut marquer, sur Tongle, un sillon transversal de largeur proportionnelle à sa durée. L'accoueliement chez certaines femmes marque les ongles de même.

Cette striation fait partie de l'ongle, monte avec lui de 0,5 millimètre par mois (Ileller) et est finalement éliminée.

Beaucoup de striations transversales, qu'on voit se produire sur Fongle dans les grandes dermatoses, ne sont que rexagération de celles que je viens de rappeler.

Au même type se rattache Tongle lii})pocratique qui se rapproche objectivement des onychogriphoses (fig. 179) est qui est liée le plus souvent à une afl'ection chronique de l'appareil pleuro-pulmonaire.

ONYCHOSES SYPHILITIQUES

La syphilis peut loucher l'ongle de diverses façons. Tantôt c'est une papule secondaire qui nait sous l'ongle, visible par transparence; et comme en ce point, la kératinisation de l'ongle est troublée, il s'ensuivra une perte de substance unguéale qui se déplacera avec la croissance de l'ongle et sera éliminée avec lui. A. Fournier a signalé le pachyonychose avec ongle en moelle déjoue, Dubrenilh l'hypeionychose dans laquelle l'ongle est épaissi mais dur.

En fait louychose syphilitique ordinaire est une lésion du ])or(l libre et de la sertissure de l'ongle. Tous les doigts sont pi'is ou la plupart, et cela vers le milieu ou la fin de la première année de la syphilis, par une lésion péri-ungéale, surtout marquée aux angles de l'ongle, et qui ressemble au début de la tourniole. Les ongles sont gonflés, un peu rouges, un peu douloureux, et montrent une sorte de cannelure saillante, de smproduclion cornée brunâtre, qui semble un petit abcès. Eu fait louychose sy|diiliti([ue peut suppurer, tout le tour de l'ongle est enlliimmé, et il en suinte à la pression un peu de liquide louche, mais ordinairement l'ouychose syphilitique reste sèche et douloureuse deux ou trois mois et disparait sous linlluence du traitement.

LEPRE

La lèpre aussi a des oiiychoses, surtoul la lèpre tuberculeuse; Torigle est épaissi, soulevé, raboteux, incomplètement kératinisé. Il y a aussi péri-onychose; le tour de l'ongle montre la peau infiltrée, rouge brunâtre, ulcérée à la sertissure. L'ongle peut tomber et être remplacé par un ulcère bourgeonnant ; lésions indolentes d'ailleurs. D'autres fois l'ongle s'émiette, et persiste seulement sous la forme d'un ergot ou tubercule qu'il faut cbercber pour l'apercevoir (voir fig. 145).

ONYCHOSES DES GRANDES DERMATOSES

Les ongles ne peuvent pas ne pas participer aux processus dyskératosiques que certaines grandes dermatoses présentent sur tout le corps; ainsi : le pempbigus foliacé (p. 685), le pityriasis rubra pilaire (p. 595), les érythrodermies exfoliantes généralisées (p. 005), le pityriasis rubra de Hébra (p. 665).

Mais, dans tous ces cas, les onychoses ne sont plus qu'un épiphénomène sans grande importance en soi, et qui peut, tout au plus, permettre de différencier l'un de l'autre deux types morbides analogues, dilférents; aussi n'y insisterai-je pas et envisagerai-je simplement dans les paragraphes suivants les onychoses de l'eczéma et du psoriasis qui sont mieux définis et cliniquement de plus d'importance.

ECZEMA

Dans l'eczéma grave, la lame unguéale peut « être déchaussée, soulevée par le suintement et tomJ)er tout à fait. Si le processus continue, la matrice ne pouvant pas former de substance unguéale normale, le lit se couvre de productions cornées mal venues, soulevées parfois par des vésicules » (Dubreuilh).

Le plus souvent il y a périonychose chronique, surtout dans les eczémas locaux, traumatiques, entretenus par la profession. Mais en même temps l'ongle est érodé, sa surface est raboteuse, sa consistance molle; la pression à sa surface est douloureuse à cause de l'inftamniation et de l'infection des tissus qui le sertissent. Ces lésions eczé-

inateuses unguéales et péri-iinguéales sont des plus tenaces, et des plus récidivantes.

Le traitement de la périonychose est le seul possible. L'ongle redevient sain, quand on a guéri sa matrice (voir le traitement de la périonychose streptococcique, p. 425).

PSORIASIS

Comme nous le verrons pour l'ongle peladique, l'ongle psoriasique peut être grêlé et ressembler à un dé à coudre (Dubreuilh).

Dans d'autres cas, le psoriasis débute par un ('paississement corné

FiG. 168. — Psoriasis des ongles. (Malade de Brocq. Pliotograiiliie de Sottas.)

brunâtre sous les bords latéraux de l'ongle ou sous son bord libre, et alors cetépaississement corné apparaît, sous l'ongle, comme une tache jaune. Quand cette lésion est accessible et qu'on la gratte avec une aiguille à dissociation, on l'émielle en débris cornés, micacés, et une fois enlevée, elle laisse un espace vide lenticulaire. Dubreuilh consi-

ONGLKS. 437

dère cette lésion comme typique et pouvant être diagnostiquée psoriasis, môme sans concomitance de lésions cutanées. Cependant ces lésions ressemblent étrangement à celles que crée l'infection staphylococciquc sous-unguéale.

Dans d'autres cas l'ongle psoriasique peut perdre en tout ou partie sa table externe, être évidé, strié, prendre une forme ostréacée, en carène, aboutir même à l'onychogriphose. Dans d'autres cas encore son évidement progressif n'en laisse plus sur place que des débris.

Le psoriasis unguéal. très souvent, ne s'accompagne pas de périonyxis. Avec les mycoses unguéales c'cbt le psoriasis qui peut, le plus strictement, se localiser à l'ongle, mais cela n'est pas toujours vrai.

Traitement des psoriasis les plus rebelles : Pommades à l'acide pyrogallique et à la chrysarobinc au 1/20, au 1/15 et même au 1/10, chaque nuit pendant des mois. Recouvrir les ongles de doigts de gant pour éviter les conjonctivites chrysophaniques, etc. Résultats médiocres.

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