MAL PERFORANT
On désigne ainsi des ulcères spontanés on traum alignes, d'évolution chronique, consécutifs à des névrites périphériques, on à des trouhles nerveux locaux d'origine centrale : ataxie, lèpre nerveuse, syringomyélie, paj'aplégies diverses; myélites (fig. 176).
Ils se produisent aux points de plus dur frottement, ordinairement
Fig. 176. — Mal iierlorant rlioz un tabétique. (Malade de Jeanselme. l'holographie de iVoiré.
sous l'avant-pied, un ou plusieurs. Au début, on les prend souvent — le malade, du moins, — pour des durillons forcés. Leur début, du reste, est souvent traumatique : piqûre de clou, écharde, blessure pai' éclat de veri-e, etc., mais la plaie faite ne guérit pas. L'ulcère, au stade d'état, est rond ou ovale, plus ou moins creux; son fond, bourgeonnant, est recouvert de fongosités atones; ses bords sont hyperké-
l'ÎED (FACE PLANTAIRE). 455
ratosiques et surélevés. L'anesthésie complète est la règle: la fétidité de rulcération est très inarquée.
Le traitement local doit être lort circonspect, les plus actifs n'aboutissant, généralement, qu'à augmenter la profondeur ou la surface do l'ulcération.
Pansement à la poudre ou à la pommade de sous-carbonate de fer,
Poudre de sous-carljonate de fer 1 gramme.
Vaseline 40 grammes.
ou au lannoforme pur.
On peut recouvrir l'ulcère ainsi pansé d'une rondelle d'emplâtre diachylon qui ferme le pansement.
Ce pansement doit être refait quotidiennement. Traiter la maladie causale.
PIED DE MADURA
Cette maladie comme toutes les maladies exotiques sera traitée ici très brièvement.
C'est une actinomycose du pied, d'origine externe probable, assez fréquente chez les naturels des îles de la Sonde et même chez les Européens qui y séjournent. Cette actinomycose est due à un Streptothrix, proche parent de Y Actinomyces Bovis (p. 277), mais distinct de lui. La maladie est caractérisée par l'englobement du pied et le développement, surtout à sa face plantaire, d'une tumeur de consistance Hgneuse, faite de nodosités distinctes, juxtaposées dans un œdème dur. Ces nodosités évoluent vers l'ulcération spontanée comme celles de l'actinomycose. C'est une maladie de marche chronique progressive dont le traitement est tout entier chirurgical. iVvant de le conseiller, essayer l'action de l'iodure de potassium à fortes doses.
ORTEILS
Ce chapitre sera amoindri de loul ce que j'ai éciit concernant la pathologie dermatologique des doigts qui ressemble naturellement beaucoup à celle des orteils.
Je rappellerai d'abord que la syphilis j ^^ ^nuqueuses
secondaire crée souvent des plaques mu- f cutanées intertri-
queuses interdigitales qui peuvent donner \^ gineuses p. 456.
lieu à des erreurs de diagnostic .;
Je parlerai ensuite de Vintertrigo né de \ ^^^^^^. p-^^^^g, l'éphidrose, et qui comporte au pied des v interdigitales. . . p. 457. symptômes et un traitement spécial. • • • )
Les cors, durillons, œils de perdr-ix, ont ) Cors, durillons, œils les orteils pour localisation habituelle. . . ) de perdrix . . . . P- 457.
Je dirai ensuite un mot des lésions pa- ) ^.^.^^^ papiUomapillomateuses du dos des doigts qui peu- v ^^^^^^ ^^ surface, p. 458. vent conduire à l'exérèse chirurgicale . . )
Je ne parlerai des engelures et de l'an- ^ .
giokératome de Mibelh que pour renvoya ^ ratomes.p. 411 et p. 412. le lecteur aux semblables lésions de la main. )
Pour le lupus je renverrai le lecteur au } Lupus P- 446.
paragraphe où il est traité du lupus du pied. )
Je terminer ai en parlant de la rétraction "1^^^^^^^^^^ ^^^ ^^ des orteils en griffe qui accompagnent plu- ^^-^^ ^^ ^^^^^ p 459.
sieurs maladies cachectisantes )
... et des gangrènes des orteils, rare- )
ment observées et qui peuvent cependant ^ Gangrènes p. 460.
provenir de causes très multiples )
PLAQUES MUaUEUSES CUTANÉES I NTERTRIGîN EUSES
Au moment de l'éruption syphilitique secondaire des papules et des plaques muqueuses, surtout quand la syphilis est un peu sévère, se produisent entre les orteils et au-dessous d'eux des syphilides exulcércTises très analogues aux plaques muqueuses cutanées des régions intertrigineuses (voir p. 490 et 508).
Ces lésions i-essemblent chacune aux ampoules crevées que crée.
ORTEILS. ^^57
à la face palmaire des mains, un travail manuel excessif chez des gens qui n'en ont pas Thabitude.
Ce sont des lésions qui semblent d'abord phlycténulaires, mais qui sont vite exulcéreuses. Elles siègent dans tous les plis sous-digitaux interdigitaux, elles peuvent être distinctes, larges chacune de 5 millimètres ou continentes, presque toujoui's en feuillet de livre. Elles exhalent une odeur infecte.
Le médecin qui n'est pas familiarisé avec les lésions de la syphilis pensera à Tintertrigo simple ou à l'impétigo, à l'ecthyma, à l'eczéma et non à la vérole.
Dans un cas douteux il faut y penser toujours, car il suffit d'y penser pour éviter toute erreur, cette éruption n'existant jamais seule et les commémora tifs d'une syphilis récente étant faciles à retrouver à cette période. Traitement local de propreté très minutieuse. Ensuite cautérisation au nitrate d'argent. Traitement général de la syphilis secondaire (p. 726).
SNTERTRIGO — FISSURES
L'intertrigo des orteils est ordinairement la conséquence de l'éphidrose (p. 449). Les plis interdigitaux sont humides, surtout entre le ¥ et le 5" orteil. Chez les éphidrosiques vrais, les plis sous-digitaux eux-mêmes sont intertrigineux. Il y a démangeaison, cuisson; le grattage enlève des débris épithéliaux macérés, l'aspect de l'épiderme est d'un blanc nacré, brillant, humide, souvent coupé de fissures.
Le traitement de l'éphidrose plantaire, par les badigeonnages quotidiens à la solution aqueuse à 2 pour 100 d'acide chromique ne devra jamais être négligé, mais j'ai eu de meilleurs résultats de frictions locales avec les solutions de permanganate de potasse au 1/100, en préservant, au besoin, les fissures par une couche de baume du Commandeur. Après les pansements, séparer les doigts par un tlocon d'ouate bien poudré d'oxyde de zinc ou de tannoforme.
CORS — DURILLONS — ŒiLS DE PERDRIX
Tout le monde connaît ce que ces noms désignent. Les cors sont des calus plats, des kératodermies locales, les œils de perdrix ont un centre saillant qui s'enfonce dans l'épiderme sous-jacent et s'aper-
çoit par transparence, au milieu du kératonie, qu'il centre comme un ombilic. Le traitement en est uniforme : Préférer toujours l'excision au bistouri bien affilé, après un bain local un peu long. Pour l'œil de perdrix, après l'abrasion au bistouri, extirper le petit cùne central à la curette annulaire fine.
Ces petites opérations une fois faites, ne jamais négliger d'appliquer, à la place des kératomes disparus, une bonne couche de nitrate d'argent au crayon. J'ai toujours observé que les kératomes ainsi traités tardaient bien davantage à se reproduire.
Aux personnes qui présentent des cors, durillons et œils de perdrix en grand nombre, donner toujours le conseil de porter alternativement des chaussures de marque différente.
VERRUES — PAPILLOMES
J'ai observé deux fois une lésion peu saillante de surface papillo-
mateuse, couvrant le petit orteil et le quatrième et qui ne semblait pas être une tuberculose papillomateuse (voir p. 445), mais une verrue en nappe, à développement progressif assez rapide. Après divers traitements inutiles, j'ai conseillé l'exérèse chirurgicale complète qui a réussi.
FiG. 177. — Lupus ulcéreux.
Éléphantiasis consécutif à des
poussées d'érysipèle successives. (Malade de Vidal. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n" Ij7i.
ENGELURES
ANGIOKÉRATOME
Les engelures existent aux orteils comme aux doigts (p. 411), mais je ne répéterai pas ici ce que j'en ai dit ailleurs. L'angiokéi'atome de Mibelli (p. 412) peut exister aussi aux orteils. 11 y comporte le même traitement qu'aux doigts.
ORTEILS