‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 166 sur 251 · PARASITISME · texte numérisé non relu

PARASITISME

L'invasion des poux du pubis peut couvrir les])ourses de morpions et de lentes. A l'examen, dans les cas moyens, ce qui attire l'œil d'abord ce sont les lentes surtout, qui sèment la région de petits

points brillants; ou clierclie ensuite les macules bleues, assez rares, dissémiuées sur la régiou circouvoisine, la racine de la cuisse particulièrement.

Le morpion apparaît, comme une tacbe grise de ô millimèti'es de diamètre, qui semble crénelée sur ses bords. Le morpion fixé à deux poils par ses quatre pinces (p. 520) est aplati sur la peau et adhérent à elle. Il faut une certaine habitude de l'œil pour TapcrceToir.

Dans les cas où il n'y a que quelques morpions, l'épilation des parasites à la pince et des poils portant des œufs, quand elle peut être faite par un épileur professionnel, est un des meilleurs et des plus simples moyens de traitement.

Un moyeu plus expéditif et l'ecommandable aussi est le lavage local avec vm tampon d'ouate largement mouillé de xylol purifié. Cette benzine est extrêmement cuisante à la peau et le lavage ne doit pas durer plus de 2 ou 5 minutes au maximum, mais il ne faut pas craindre d'y employer le tampon bien mouillé. Tous les parasites sont tués instantanément et les œufs même, en partie dissous, ne germeront plus si l'application a été bien faite. On risque une dermile traumatique légère enrayée par une application immédiate de pommade à l'oxyde de zinc. Eî cette dermiteest bien moins pénible que l'hydrargyrie culanée à laquelle expose l'onguent gris traditionnel.

HYDRARGYRIE CUTANÉE

Il n'est pas très rare de voir arriver à la consultation externe des hôpitaux un malade dont les bourses, les aines, et le bas-ventre sont d'un rouge éclatant et luisant, ou même d'une couleur vineuse; toutes les surfaces irritées exfoliant de larges placards d'épidcrme corné. Le malade accuse une chaleur et une cuisson intolérable, et très souvent il ne dit point la cause de tout cela parce qu'il l'ignore. Il a en des morpions; suivant l'usage il a appliqué larga manu, sur toute la région, une forte couche d'onguent gris, qu'il a gardé 24 heures sur place, après quoi il s'est peu et mal savonné.

Le lendemain ou surlendemain, l'éruption est survenue.

Bains alcalins, puis amidonnés. Si l'onguent gris n'a pas été enlevé, savonner longuement au blaireau à barbe et rincer parfaitement. Ensuite, dans les cas aigus, cataplasmes ; dans les cas moyens et bénins, pommades calmantes, liniment oléo-calcaire, pommades et pâtes d'oxyde de zinc.

Très souvent, malgré cette application d'onguent gris, des morpions demeurent vivants dans les poils du ventre, de la région sacrée, de la poitrine, des aisselles, s'assurer qu'il n'en reste plus, avant de renvover le malade.

ÊPITHÉLIO^A DES RÂIVIOî^EURS

Cette maladie est exceptionnelle et tend déplus en plus à devenir une rareté. Elle survenait chez l'enfant ou l'adolescent, au scrotum, sous la forme d'un épithélioma bourgeonnant, en nappe saillante, d'évolution très lente et relativement bénigne. Dans le seul cas que j'en ai observé, l'épithélioma avait subi l'évolution crétacée et semblait bourré de graviers, dont quelques-uns visibles au travers des bourgeons épithéliaux mal épidermisés ressemblaient à des tophus goutteux^ La gravité de cet épithélioma est très variable et ne peut être préjugée. Traitement : grattage à la curette et radiothérapie (p. 30), au moins à titre d'essai.

SYPHILIS SECONDAIRE

Chez tous les individus dont l'hygiène locale laisse à désirer et qui présentent une syphilis secondaire floride, on peut voir l'éruption papuleuse, plus ou moins abondante en ces régions, transformer chaque papule en une ulcération plate, rouge, ronde, suintante, un peu prurigineuse.

Ce sont là des accidents dont l'éruption généralisée du corps éclaire forcément la nature et la pathogénie. Le traitement est simple.

Prescrire des savonnages bi-quotidiens, avec rinçage bien fait. On sèche, on applique une pommade couvrante un peu épaisse

Oxyde de zinc 10 grammes.

Vaseline 10 —

Lanoline 10 —

et on poudre très largement.

Poudre de talc ) ^ .. ..

— d'oxyde de zuic ^

On peut isoler en outre les bourses de la racine de la cuisse par une lame d'ouate sèche, poudrée de même. Le port d'un suspensoir sera aussi très utilement conseillé.

PRURIGO DES BOURSES

C'est une aflectioii des nerveux, des surmenés, des agités. Elle se traduit d'abord par des démangeaisons nocturnes extrêmement vives. Plus tard le prurit existe de jour, augmente d'intensité, la surlace où il se produit augmente aussi. Faniis est pris et la rainure interfessièrc (voir Prurit anal, p. 511).

Le prurigo des bourses siège sur leur face périnéale, sur le raphé et autour de lui. A la longue un état licbénoïde se constitue, placard gris, pigmenté, où la peau épaissie ressemble à un maroquin.

Les applications de :

Glycérolé d'amidon 60 grammes.

Acide tartriqiie )

Résorcine wïïi 50 centigrammes.

Menthol )

... soulagent mais ne guérissent pas, de même les colles de zinc, etc. Les applications de courants de haute fréquence ont eu souvent de bons effets sur l'élément prurit, de même la radiothérapie en demi -séances (5 unités 11 de llolzknecht) répétées tous les 15 jours. Recommander au patient une vie plus calme, moins de surmenage, une saison de repos en montagne : type St-Gervais.

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