HERPÈS
L'herpès vulvaire n'est peut-être pas aussi fréquent chez la femme, que l'herpès progénital chez l'homme. Il occupe ordinairement la face interne et la partie supérieure d'une grande lèvre.
Il se reconnaîtra à la cuisson et au prurit qui pi'écèdent son apparition, à son apparition en vésicules distinctes et proches, qui se fusionneront ensuite très souvent, donnant lieu à une seule ulcération à fond jaunâtre, de forme polymicrocyclique, peu suppurante, plus cuisante et prurigineuse que douloureuse vraiment.
La concomitance des époques, ou de malaises, la répétition des poussées, leur identité de siège et d'évolution, l'évolution totale en
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10 jours, dont 2 d'éruption, 6 d'état, "2 de régression et disparition, assureront le diagnostic, et l'on ne prendra pas le ganglion de V herpès qui est douloureux, pour un ganglion indicateur de chancre.
D'ailleurs l'herpès peut ressemhler au chancre mou, mais non pas au chancre syphilitique.
On sait que le traitement de l'herpès est tout palliatif.
CHANCRES mous
Chez la femme les chancres mous s'ohservent en tons points des organes génitaux. Ils y gardent leurs symptômes ordinaires. Ils siègent le plus souvent à la fourchette, aux petites lèvres. On les reconnaît à leur multiplicité, à leur forme irrégulière et dentelée, à leur évidement entre des hords à pics, au liséré rouge qui cerne l'ulcération, à la suppuration ahondante que celle-ci fournit. En cas de doute l'inoculation au bras (p. 475) donnera en cinq jours une certitude.
Des lavages locaux, abondants et bien faits, les pansements locaux à la pommade iodoformée, à la pommade au tannoforme, à la pommade au sous-carbonate de fer, donnent en général de jjons résultats.
Surveiller attentivement l'évolution des chancres mous, quand ils surviennent chez une femme enceinte, car la grossesse est une condition étiologique, probablement seconde, mais certaine du phagédénisrae.
Ne pas hésiter, dans ce cas, à traiter plus vigoureusement chaque chancre par la pâte sulfo-carbonée, en prescrivant, en même temps, des bains de siège émollients, prolongés, et des cataplasmes de fécule (le pomme de terre la nuil, la région étant toutefois recouverte, audessous d'eux, d'une couche de pommade couvrante et antiseptique, la pommade au sous-car]»onate de fer au 1/40 en particulier.
CHANCRE INDURE
Chez la femme, le chancre induré peut siéger en tous points des oiganes génitaux, à la fourchette, aux grandeset aux petites lèvres, etc. 11 est le plus fréquent à la face interne des grandes lèvres. Il y présente ses caractères normaux et ordinaires (p. 472), son exulcération i de surface, son induration, le ganglion inguinal correspondant, etc.
Son évolution aussi est celle du chancre induré normal. Un seul caractère distinctif est à mentionner, la dimension de l'induration sous-jacente et son absence de délimitation nette. Chez Thomme l'induration sous-jacente au chancre est comme une médaille cartilagineuse incluse dans la peau. Chez la femme c'est un œdème dur occupant les 2/5 de la grande lèvre et doublant son volume. De plus cette induration persiste après la guérison du chancre, et la palpation le retrouve plusieurs mois après Quelquefois, lorsque le chancre induré, occupe un des plis naturels de la région, il peut prendre une forme en feuillet de livre qui pourrait en imposer pour l'ulcération creuse du chancre °mou, particulièrement à la fourchette, mais le chancre induré ne suppure en aucune façon, tandis que l'ulcération du chancre mou est toujours suppurante,
PLAQUES MUQUEUSES
Les plaques muqueuses de l'orifice vulvaire surviennent peu après la roséole et l'explosion des accidents secondaires. Elles peuvent être rares ou nombreuses, petites ou grandes; quelquefois confluentes, on peut les observer sur la face interne des grandes lèvres, les petites lèvres, la fourchette, etc.
Elles se caractérisent, comme toujours, par leur érosion rouge, ovale, eu soucoupe, bordée de gris, par leur nombre, par la concomitance des autres accidents cutanés de la période secondaire, etc.
Les poussées de plaques muqueuses peuvent être multiples ; en général la première est la plus forte, mais une ou deux plaques peuvent être aussi dangereuses que cinquante, en cas de coït.
Toujours avertir la malade de la contagion. Quand il s'agit d'une prostituée, insister sur ce point, ainsi que sur les représailles que la malade pourrait encourir du fait de la transmission d'une maladie grave.
Les pansements locaux ne doivent jamais être négliges, ils peuvent diminuer les chances de contagion.
Le traitement général doit toujours être prescrit sévèrement et suivi sous l'œil du médecin le plus possible.
CONDYLOMES
La syphilis secondaire, surtout quand elle est floride, peut s'accompagner de condylomes papillomaleux secondaires à la région ano-
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génitale, j'en parlerai en traitant de la dermatologie de la région anale (p. 508), je n'y insisterai pas ici.
DIABÊTIDES
Le diabète cause chez la femme comme chez l'homme, aux organes génitaux, du prurit, un érythème et des ulcérations.
Le prurit est souvent le premier en date, ou bien il accompagne l'érythème; le prurit est souvent terrible avec des exacerbations et des rémissions relatives. L'érythème couvre les deux grandes lèvres et les déborde. Les deux lèvres ont une teinte d'un rouge jaune un peu bistrée, la limite de l'irritation paraissant assez nette.
Les ulcérations diabétiques siègent, en général, entre les grandes lèvres et les petites, ou à la surface interne des grandes, ou à la fourchette; exulcérations douloureuses et prurigineuses, irrégulières, rougeâtres, crontcuses, peu suppurantes, peu suintantes, très lentes d'évolution. Ces divers symptômes chez une femme d'âge moyen ou mûr, un peu obèse, doivent faire rechercher le sucre immédiatement.
Le traitement local est limité aux lavages après chaque miction, aux applications de pommades couvrantes (oxyde de zinc 1/4), antiprurigineuses (phéniquées ou mentholées au l/lOO) et cicatrisantes (sous-carbonate de fer au 1,40).
Le traitement du diabète fait au moins autant pour la disparition des diabélides que tous les ti'aitements locaux réunis.
PRURIT VULVAIRE
Le prurit vulvaire est l'homologue du prurit du raphé scrotal (p. 491 ) chez l'homme. U peut avoir des causes multiples : surmenage, système nerveux excité ou excitable, diabète. On sait combien les causes vraies des prurits sont obscures (p. 615) et combien on ignore le lien qui les l'attache aux prurigos et ceux-ci aux eczémas (p. 616).
Ouoi qu'il en soit, le prurit vulvaire est une allection de l'àgei moyen ou mûr: il peut être marqué, moyen ou féi'oce, s'accom-i pagner de lésions irritatives ou de nulle lésion apparente.
Quelquefois, comme le prurit scrotal, il crée à la peau un état d'œdème dur limité, avec transformation lichénienne de la peau —
peau en moiuquiii — et hyperpigmentation. Il peut y avoir usure des poils et des ongles par grattage.
Pour le traiteinent : les applications de liqueur de van Swieten très chaudes, très fréquemment renouvelées, les applications locales de goudron pur ou au \/'2
Lainine i ,.
Goudron liquide purifie \ '^
... donneront du soulagement à la malade.
On peut consulter en outre ce que j'ai dit du Iraitement du prurit scrotal, page 491. Ne pas oublier que la valeur anti-prurigineuse des rayons X s'est montrée quelquefois surprenante.
INTERTRIGO SÉNILE
L'intertrigo chronique, sénile, du pli du bas-ventre et des plis inguinaux, chez la femme obèse, saccompagne souvent d'intertrigo vulvaire qui peut poser un problème thérapeutique difficile.
Il y a œdème et rougeur des lèvres, prurit féroce. Les lèvres ont une couleur rouge-lie de vin, indiquant une congestion intense. L'intolérance thérapeutique est absolue.
Vérifier les urines : S'il y a glycosurie, instituer de suite le traitement interne nécessaire. Si le prurit est extrême, faire une demiapplication radiothérapique (5 H. Ilolznecht, ou une demi-teinte du radiomètre X Sabouraud-Noiré) .
Les applications de nitrate d'argent au 1/20 suivies d'application de pommades couvrantes sont dans les meilleurs topiques à essayer. On a de bons résultats, relatifs, aussi, dans ces cas, des applications cadiques très faibles. Exemple :
Huile de cade ) ~ .
r, j , ■ > aa 5 graniiiies.
Oxyde de zinc y
ichtyol ]
Ilé.sorcine > ;ïïi 1 gramme.
Huile de bouleau )
Vaseline '. ) ^ , ^
T ,. f. aa lo ffrainmes.
Lanoline ^ ^
Pour le traitement interne des malades non glycosuriques el l'étude générale de ces intertrigos chroniques séniles voir page 297 et 502.
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