VÉGÉTATIONS
Les végétations chez la femme sont rares, en général, fréquentes seulement chez les prostituées, ce qui tend à véi'ilier l'opinion de ceux qui désignent les végétations sous le nom de « verrues blennorragiques ».
Chez la femme, comme chez l'homme, elles commencent par de petites tumeurs papuleuses, qui deviennent mamelonnaires, puis digitées: les végétations se multiplient et finissent par constituer une tumeur multidigitée, assez analogue à la tète du chou-fleur. Cette végétation semble en engendrer d'autres, et bientôt on peut voir l'orifice vulvaire, la face interne des grandes lèvres, la fourchette, les petites lèvres s'en couvrir. Ces végétations sont rouges, épidermisées, mais leurs surfaces accolées sécrètent une humidité puriforme, très microbienne, malodorante, et qui oblige à des soins de propreté des plus minutieux et continuels.
L'influence de la grossesse sur le développement des végétations est des plus certaines. Elles peuvent, pendant son cours, atteindre à un voluiue monstrueux, devenir douloureuses et exiger un traitement immédiat. Ordinairement, on les voit diminuer après l'accouchement, mais le fait n'est pas constant.
Toutes les fois qu'elles atteignent à un volume énorme, on en pratique l'exérèse, par section de leur pédicule, aux ciseaux courbes : passer les surfaces cruentées à une solution d'anlipyrine à 3/iO, pour arrêter l'hémorragie, diffuse, assez abondante.
Dans les cas moyens ou pour compléter les résultats de l'opération, on se servira des procédés que nous avons indiqués chez l'homme. Cautérisation de chaque végétation avec un pinceau d'ouate hydrophile humide, roulé dans de la })oussière de cristaux d'acide chromique. Mais il faut éviter avec soin le coulage et les brûlures de la peau voisine.
Un traitement excellent que le malade peut pratiquer quotidiennement est le poudrage des régions avec la poudre suivante :
Poudre de sabine } ^ ,^
Acide salicyuque ) ^
Talc de Venise 20 —
Lavage, avec grand soin, deux fois par jour, à l'eau coaltarée, et poudrage immédiat avec cette poudre, aussitôt la région sèche.
BARTHOLINITE
Une femme, le plus souvent de mœurs légères, vient au médecin se plaindre d'une grosseur douloureuse dans l'une des grandes lèvres. C'est im abcès des glandes de Bartholin, le plus souvent, mais non toujours consécutif à une blennorragie antérieure, souvent de vieille date.
L'abcès évolue comme un abcès chaud, mais avec des symptômes fonctionnels subaigus. L'intervention chirurgicale est le plus souvent nécessaire. Si le chirurgien ne pratique que l'incision de Tabcès, il est fréquent de le voir récidiver et obliger à l'énucléation de la glande.