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GINGIVITE DE LA DENT DE SAGESSE

L'éruption des dernières dents est toujours l'occasion de phénomènes congestifs locaux et de déchirures de la gencive qui peuvent à leur tour être le point de départ de gingivites suppurées superficielles ou profondes.

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Quel que soit le type que revêt cette gingivite, il faiulia toujouis rechercher cette cause. Elle peut passer inaperçue très facilement. La cause reconnue, on traitera la gencive par le débridement, ou bien on pratiquera Texcision des bourgeons charnus péri-dentaires ou leur cautérisation au galvano-cautère. Cette cause supprimée, la gingivite sera d'ordinaire très facile à réduire. Suivant sa gi'avité on la traitera parles moyens indiqués au chapitre précédent ou au chapitre qui suit.

GINGIVITE ULCÉREUSE ~ SCORBUT NOSTRAS — GINGIVITE DIABÉTIQUE

Sous rinlluence des diverses causes précitées, et de diverses intoxications : phosphore, plomb, ou encore dans plusieurs états cachectiques, on voit s'établir une gingivite non plus épidermique, mais dermitiue et ulcéreuse.

L'haleine est extrêmement fétide: lorsqu'on examine les gencives on les trouve gonflées en largeur, épaissies, et ulcérées sur toute la région alvéolaire, de part et d'autre du point d'émergence des dents, mais surtout en dehors. Les dents peuvent être déchaussées, plus ou moins, suivant la profondeur de l'ulcéi-ation et quelquefois même elles sont mobiles. L'ulcération a la forme même du rebord alvéolaire, c'est donc un liséré ulcéreux couvert de |uis et de détritus nécrotifiues accumulés, gris verdàtres. Le fond de rnlcération n'est pas plan, mais irrégulier et parsemé de petites saillies qui sont des bourgeons charnus. Suivant tel ou tel détail symptomatique, comme l'hémorragie plus ou moins facile, la stomatite a pris des noms diflerents : scorbut nuslras, oubienon l'a noinméed'après sa cause étiologique principale : gingivite diabétique. C'est toujours, à ce ([u'il seml)le, la même maladie non spécifique déterminée par les agents pyogèncs des supi)ura lions ordinaires (?) —

Dans presque tous ces cas, l'influence de Tétat général explique la gravité relative du processus. C'est une aneclion de cachexie: cachexie qui peut être passagère ou profonde et chronique (diabétiques, cancéreux, tuberculeux chroniques, etc..)

Dans presque tous les cas il faudra donc examiner complètement son malade et s'occuper de son état général d'abord pour indiquer le traitement approprié. Après quoi et comme traitements locaux on prescrira les attouchements à l'eau chloié(> :

GE.NCIVES. G5

Chlorure de chaux 10 grannues.

Eau distillée 200 —

Agiter.

à Teau oxygénée pure (à 12 volumes, neutre) ; et lorsque le bourgeonnement de réparation sera obtenu par ces moyens, on terminera la guérison par les applications iodées faibles du type indiqué (p. 61).

GINGIVITE MERCURIELLE

La gingivite est invariablement le point de départ de la stomatite mercurielle. Et l'irritation gingivale débute autour d'une racine de dent à demi détruite ou d'une dent de sagesse en éruption. Elle commence toujours d'un seul coté par un gontlement douloureux de la gencive et une plaque spbacélique péri-dentaire. Eu même temps commence le ptyalisme, puis une sialorrhée telle, que, dans les cas graves, un large tîlet de salive s'écoule perpétuellement de la boucbe du malade sans aucune interruption pendant plusieurs jours. Dans ces cas, le gonflement de la gencive se généralise, et les plaques sphacéliques se multiplient, donnant à la stomatite mercurielle une grande ressemblance avec la stomatite ulcéro-membraneuse. Les plaques grises ou jaunâtres de spbacèle peuvent s'observer même sur le bord de la langue, dans le vestibule de la bouche et à la face interne des joues. Elles exhalent une odeur infecte. Dans les cas bénins, la gingivite mercurielle, qui ne se caractérise que par le gonflement douloureux des gencives et la sialorrhée, dure 3-4 jours. Dans les cas graves qui s'accompagnent de gingivite ulcéreuse en placards, elle peut durer 10, 12, 15 jours et plus. On a pu voir autrefois de la gingivite expulsive s'ensuivre avec perte des dents et même des points de nécrose du maxillaire survenir, comme dans l'intoxication phosphorée des allumettiers. La sensibilité des divers organismes au mercure est éminemment variable. Certains sujets ont du ptyalisme pour quelques pilules de protoiodure. Ce sont les frictions d'onguent mercuriel et les injections qui amènent le plus souvent la gingivite. On la provoquait autrelbis, ci'oyant que le virus syphilitique s'éliminait par la salive. De là les graves accidents de la cure mercurielle autrefois et l'opinion que certaines gens du peuple ont encore sur elle.

Sitôt qu'une gingivite mercurielle commence, supprimer l'ingestion du mercure, les frictions, les piqiires (savonner la peau du malade

U DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQIE.

quand il y a eu frictions), favoriser rélimination du mercure par les laxatifs et les diurétiques. Enfln traiter la gingivite comme les gingivites ulcéreuses de toute origine (p. 62), car si l'élimination du mercure par la salive parait la cause première de celle-ci, son développement paraît bien lié quand même à une multiplication microbienne locale.

GINGIVITE BLENNORRAGIQUE

Je n'en ai observé qu'un cas. Etpeut-étre s'agissait-il d'une gingivite ulcéreuse préalable, secondairement infectée par le gonocoque. Celuici provenait d'une blennorragie aiguë concomitante. L'aspect était celui d'une gingivite ulcéreuse, à lésions irrégulièrement profondes, très nécrotiques, très fétides. Le pus était strié de sang. Le moindre attouchement faisait saigner. Les lésions ont été guéries en '12 ou K) jours par les attouchements à l'acide lactique au 1/10.

PYORRHEE ALVEOLO-DENTAIRE

On nomme de ce nom une arthrite suppurée chronique qui s'étend <rhabitude à toutes les dents d'une mâchoire ou des deux mâchoires. Vraisemblablement il s'agit d'une suppuration d'ordre aussi banal que celles du sycosis, mais })lus irréductible encore. Ouand on appuie siu' la dent dont l'alvéole suppvne, elle s'entoure à son point d'émergence de l'alvéole d'un mince liséré de pus. Leligament péri-dentaireetl'espace inler-alvéolo-dentaire ne s'infectent pas facilement, car on voit bien des gingivites évoluer sans laisser de pyorrhée, comme on voit bien des suppurations de la peau vague ne pas infecter les follicules pilaires de la région. Mais l'infection de cet espace une fois constituée est ordinairement chronique, comme celle des follicules dans le sycosis. Et la comparaison peut se poursuivre, car on voit toutes les dents atteintes une à une, comme on voit tous les follicules pris dans le sycosis d'une région pilaire.

Cette suppuration chronique amène l'ébranlement de toutes les dents touchées, puis leur éviction progressive à la façon d'un corps étranger, entin l'éifacement de la cavité alvéolaire par sclérose progressive, par cicatrice; de même qu'on voit dans le sycosis les follicules infectés guérir spontanément par éviction du poil et cicatrice.

La pyorrhée alvéo-dentaire est peu douloureuse, mais constitue une

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