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REGIONS MEDIO-THORACIQUES ANTERIEURE ET POSTÉRIEURE

La région médio-thoracique antérieure n'offre que peu d'affections qui lui soient particulières, mais plusieurs, qui affectent ce siège, y prennent des caractères particuliers.

C'est d'abord une des régions par excel- )

lence où se manifeste la séborrhée, l'hyper- > Séborrhée p. 536.

stéatose de la peau ;

. . . Et, sur le terrain séborrhéique, le ) pityriasis simplex, stéatoide, diffus ou plus [ Pityriasis sur-sébor-

souvent figuré, est une affection des plus ( rhéique p. 537.

fréquentes )

La région médio-thoracique est, avec les ) régions costales, celle où se rencontre le > Pityriasis versicolor. p. 538. plus souvent le pityriasis versicolor )

Le psoriasis normal y est rare, mais le )

psoriasis à squame grasse, si souvent sur- . Psoriasis p. 540.

séborrhéique s'y rencontre fréquemment . '

Enfin l'acné ordinaire ne se limite pas à \

cette région, mais l'acné nécrotique ou f . . , ^. „,,

. ,.„ , , ,. j, , . . y Acné necrotique . . p. 541.

variohiorme s y localise fréquemment et '

étroitement

SÉBORRHÉE

La séborrhée, flux de sébum non squameux, dont nous avons étudié au visage les localisations premières présente des maximaen plusieurs points de la ligne axiale du corps, et l'un dans la région médio-thoracique. On sait que l'âge de la séborrhée est la jeunesse, mais on la retrouve chez l'adulte à 50 et 40 ans et plus. En ces points, il y a hypersécrétion sudorale et sébacée : hyperstéathidrose (E. Besnier). On y retrouve l'élément caractéristique de la séborrhée, le cocon séborrhéiqu.e (p. 14), mais il est moins facile à mettre en évidence par expression de la peau, il faut quelquefois l'examen microscopique qui met le microbn cille en évidence.

RÉGIOAS MÉDIO-THORACIQUES ANTERIEURE ET POSTÉRIEURE. 557

La séborrhée se manifeste, surtout, en cette région, par ses complications : acné (p. 16), acné nécrotique (p. 261), pityriasis surséborrhéique (p. 252). Il est rare qu'elle demeure assez intense par elle-même pour exiger un traitement {acné chloriqiw, p. 262), mais le traitement devient nécessaire quand on veut venir à bout des complications.

On prescrit alors des savonnages fréquents au savon sulfureux ou à l'eau sulfureuse, des frictions quotidiennes à l'eau de Cologne ou avec :

Liqueur d'IIotïinanii ^oO grammes.

Alcoolat de lavande ) ,->^

Loaltar saponme )

Teinture d'iode V gouttes.

On a rarement besoin de faire plus pour entretenir le bon état de la peau. On sait que c'est tout ce qu'on peut faire, et que la guérison absolue de la séboi'rhée, en un point quelconque du corps, est restée jusqu'ici impossible.

PITYRIASIS SUR-SÉBORRHÉIQUE

Cette maladie, suivant les auteurs, s'appelle eczéma parasitaire (E. Besnier), pityriasis circinéet marginé (Yidal), eczéma marginatum (llebra), seborrhea corporis (Duhring), dermite médio-thoracique (Brocq). Elle consiste en taches roses diversement disséminées sur le médio-thorax, sur la poitrine ou dans le dos, et qui peuvent affecter diverses formes. Leur topographie, leur élection médio-thoracique est leur grande caractéristique. Elles commencent par un point rose circumpilaire, qui s'agrandit. Ce point devient une tache qui garde un centre rose et un pourtour ourlé de squames. Quelquefois plusieurs taches se fusionnent, faisant une lésion polycyclique. Cette maladie, non traitée, dure des années-, traitée, elle disparaît vite, pour revenir. C'est un pityriasis simplex à rattacher au pityriasis siinplex du cuir chevelu, car il présente la môme flore, le même parasite mycosique : spore de Malassez (bacille-bouteille de Unna) (p. 251). Ses squames sont ordinairement grasses ou paraissent grasses pour la même cause qui fait au cuir chevelu les pityriasis stéatoïdes (p. 252).

Le traitement est des plus simples, friction quotidienne avec :

Eau de Cologne 00 grammes.

Teinture d'iode. . 10 —

DERMATOLOGIE TOPOGRAl'llIOUE.

ou bien pommade soufrée et savonnages. Rien n'est facile comme de faire disparaître celte lésion, mais elle revient, surtout quand le traitement n'a pas été longtemps continué. Le plus souvent le pityriasis circirié et marginé médio-thoracique est sur-séborrhéique (p. 556) et

F. G. 195. — Pityriasis stéatoïde, iiiïuré, sur-sélion'liéique, de la région médio-thoracique. (Malade de Sabouraud. PliDtoyrapliie de .Noire. i

est entretenu par de l'hypersécrétion sudorale. Ces conditions obligent le sujet à une hygiène de la peau un peu minutieuse s'il veut éviter la série des affections sur-séborrhéiques.

PITYRIASIS VERSICOLOR

Le pityriasis versicolor est caractérisé par de larges taches en apparence hyperchromiques, de couleur café au lait, disséminées ou

RÉGIO>S MÉDIO-THORACIQUES ANTÉRIEURE ET POSTÉRIEURE.

fusionnées en placards, couvrant des surfaces du corps plus ou moins grandes. Sa région ordinaire d'éclosion est le niédio-thorax; il dissémine ses taches géographiques sur toute la région thoracique antérieure et dorsale, sur le torse, quelquefois le ventre et la racine des membres (fig. 19i). Ses taches ne font aucun relief apparent et pré-

FiG. 19i. — l'ilyriasis vei'sicûlor presque généralisé. (Malade de Jacqiiel. IMiotograpliie de Diilirav.i

! sentent un signe caractéristique, le signe du coup d' ongle. En donnant un coup d'ongle sur la tache, on enlève une mince squame ridée, I facile à détacher de la peau, et qui, examinée microscopiquement, i montrera le parasite, cause de la maladie. Car il s'agit d'une mycose ' épidermiquc superiicielle, que l'hyperstéatidrose favorise, mais dont

540 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

la cause première est une mucédinée, le Microsporum furfur, nomm par Robin mais découvert par Eichstedt.

La squame est préparée (à chaud extemporanément, ou à froid en quelques heures, dans une goutte de solution de potasse dans Teaii, 40 pour 100) entre deux lames de verre. Examinée sans coloration à 500 grossissements, elle montre un enchevêtrement de filaments mycéliens entre lesquels des nids de spores. Ces spores sont de divers diamètres, du simple au double, présentent un double contour et s'observent toujours par groupes. Le pityriasis versicolor, dont on a remarqué la fréquence chez les tuberculeux, sans savoir la cause exacte de cette fréquence, s'observe souvent familial. Il est entretenu par le port de la flanelle, les sudations. Il peut sembler s'effacer, et reparaître. 11 est toujours chronique, dure des années, s'étend lentement, et, dans de rares cas, peut arriver presque à se généraliser à tout le corps (fig. 194). Dans ces cas, le traitement est difficile : pommades chrysophaniques au I/IOO. Dans les cas ordinaires, je donne la préférence aux frictions alcooliques faiblemeivt iodées, répétées pendant quelques semaines tous les jours.

Teinture d'iode 10 grammes.

Alcool à 60° .... 70 —

Alcoolat de lavande 20 —

Cette maladie récidive aisément. Faire désinfecter les flanelles et bouillir le linge de corps.

PSORIASIS STÉATOÏDE ET SUR-SÉBORRHÉIQUE

Le psoriasis ordinaire ne présente aucune élection pour le médiothorax (voir p. 592), mais le psoriasis à squame stéatoïde ou le psoriasis sur-séborrhéique au contraire. C'est celui qui est désigné, suivant les auteurs, par le nom de séborrhéide psoriasiforme ou d'eczéma séborrhéique nummulaire, etc. Il garde, au-devant de la poitrine, ses caractères cliniques essentiels : sa squame épaisse, plâtreuse, feuilletée, adhérente, faisant un relief sur la peau. La peau, au-dessous d'elle, est rouge, et quand on enlève la squame d'un seul coup, fournit une rosée de sang. Ce psoriasis montre, à très peu près, les mœurs du pityriasis pré-thoracique que nous venons d'étudier. Il est chronique, augmente lentement, ne rétrocède pas. En outre de ses

RÉGIONS MÉDIO-THOUACKJUES AMT.RIEUIIE ET POSTÉRIEURE.

caractères propres, ses autres localisations le diflerencient du pilyriasris, et aussi la structure hislologique de sa squame-croûte.

FiG. 195. — Psoriasis sur-séborrhùique. (Malade de Sabouraiul. Pliotograpliie de iN'oiré.)

Il est beaucoup plus résistant aux traitements externes. On se servira, contre lui, de pommades cadiques fortes :

Huilo de cade ]

Lanoline.. [ âli tO gramme.s.

Vaseline .....)

Turhith minéral ) -^ ,

u ■ ■ i»ii 1 a ranime.

Resorcine ) '^

Acide pyrogallique 75 centigramme^.

OLi d'applications de chrysarobine en pommades au 1/40, ou en solu- (ition chloroformique sous une coucbe de traumaticine.

ACNÉ — ACNÉ NÉCROTiaUE

Vacné n'existe pas ordinairement localisée à la région médio-thorac'ique, elle s'étend uniformément à tout le haut de la poitrine et du 'los (p. 528).

DERMATO LOGIE TOPOG RAPIIIOL E .

L'acné nccrotique, au contraire, a plus de tendance à se llxer clectivement sur un territoire elliptitiue de '20 centimètres de haut sur 10 de large, exactement au centre de la région médio-thoracique. Toutefois l'acné nécrotique ne prend guère cette localisation que dans les cas sérieux lorsqu'elle a envahi le cuir chevelu en totalité, ou tout le centre du visage. Dans ce cas, elle envahit aussi la gouttière verlé-

FiG. 19G. — Acnt- nécrotique présternale. (Jlalade do E. Besnier. Musée de l'hôpital Saint-Louis. 11° i9S cr, croûte encore en place. — ci, cicatrice varioliforme.

brale au niveau du médio-thorax. C/est une maladie plus masculine que féminine, et qu'on observe au inoins aussi souvent à 40 ans qu'à 18 ou 20. Aucune cause particulière connue n'est à relever dans l'étiologie de l'acné nécrotique.

Les éléments d'acné nécro tique sont des pustules plates, larges et ombiliquées, péripilaires, séchant sur place, très vite, sans s'ouviir et se transformant en croûtes méniscoïdes, enchâssées dans la peau. Ces croûtes y demeurent longtemps et en tombant laissent une cicatrice varioliforme.

Cette maladie procède par poussées inlermittentes. Beaucoup de

RÉGIONS MÉDIO-THORACIQUES ANTÉRIEURE ET POSTÉRIEURE. :j45

topiques guérissent la poussée. Rien ne guérit certainement h maladie, rien ne met à l'abri de ses récidives.

Les meilleures applications locales, à faire sur la lésion constituée, sont les pommades et pâtes soufrées mercurielles :

Soufre précipité 5 grammes.

Cinabre . 1 gramme.

Oxyde de zinc 5 grammes.

Vaseline 50 —

appliquées le soir, savonnées le matin ou réciproquement.

L'usage hebdomadaii'e du bain sulfureux me semble l'un des meilleurs préservatifs contre les poussées à venir, ainsi que les frictions alcooliques quotidiennes; mais cette affection, si bénigne dans la plupart des cas, dans certains devient des plus redoutables par la répétition incessante de ses poussées et les cicatrices difCormes qu'elles laissent.

GOUTTIÈRE VERTEBRALE

La gouttièi^e vertébrale, comme toutes

les régions axiales du corps, est particuliè-

remtent prédisposée à la séborrhée, qui ne f „ ,, , . „,,

, , ^ , „ *, . > Séborrhée p. 544.

sy présente pas sous la forme fluente, '

mais comme un piqueté brunâtre aux orifices sébacés

Beaucoup d'affections se développent mieux sur une peau séborrhéique; tel est f Pityriasis médio-tho-

le cas du pityriasis simplex, médio-thora- i racique p. 545.

cique, dit aussi circiné et marginé . . . .

Tel est le cas éqalement d'une certaine ) .^ . .

. . ,,.- ( Pityriasis sur-sebor-

forme de psoriasis que nous avons deja eu , r-héiaue ^4fi

l'occasion de rencontrer )

Tel est le cas aussi du pityriasis versicolor, mais on l'observe moins étroitement limité que le pityriasis simplex à la gouttière vertébrale

J'en dirai autant de la verrue plate séborrhéique, de surface villeuse et grise i

qui se multiplie souvent sur les peaux , Verrue plate sénile. p. 546. grasses lorsqu'elles perdent les qualités ] de la jeunesse

Pityriasisversicolor. p. 546.

SEBORRHEE

La séborrhée, définie par le flux sébacé non squameux, a pour la ligne axiale du corps une préférence marquée, aussi trouve-t-on, du haut en bas de la gouttière vertébrale, toutes les affections sur-séborrhéiques.

La séborrhée elle-même s'y caractérise moins par un flux de graisse évident, que par une fine ponctuation brunâtre, marquant chaque orifice sébacé, rarement par de l'acné en dehors de la région scapulothoracique où elle a été étudiée (p. 528).

A ce degré, la séborrhée n'est à mentionner que comme le substratum nécessaire, ou utile, au développement des affections dont l'étude va suivre.

Des bains et savonnages sulfureux ou alcooliques et légèrement

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