DERIVJITE INFANTILE SIMPLE DE JACQUET
Parrot avait décrit comme éruption syphilitique une éruption que Jacquet et Sevestie qualifièrent ensuite de syphiloïde post-érosive, et à laquelle Jacquet donna très justement plus tard le nom de dermite simple de Tenfant.
11 semble que ce soit un impétigo abortif, déformé, de la région, par conséquent une des lésions superficielles et peu reconnaissables que créent les cocci pyogènes dans un assez grand nombre de cas.
Ces éruptions, quelle que soit leur cause immédiate, sont en rapport étroit avec les troul)les digestiis : entérite du premier âge.
J'ai dit (p. 505) le premier degré de ces éruptions à la région anale. Quand elles s'étendent, elles prennent presque toujours la physionomie, d'ailleurs polymorphe, décrite par Jacquet. Voici le tahleau synoptique qu'il en donne :
Dermite au ["' degré on ériilhémaleuse.
Éryttiémato-squameuse. .
Dermite au 2= degré.
Érythémato-vésiciilou.s( Érvthème vésiculeux. .
Erythèmo simple.
Erythème squameux.
Éryttième vésiculeux pur.
Érvthème vésiculeux érosif.
Jirythème vésiculeux bourgeounaut.
(Fausse syphilide leuticulaire de Parrot. Syphiloïde post-érosive (le Jacquet. Erythème leuticulaire de Sevestre.) Erythème vésiculeux polymorphe ou mixte.
Dermite au o" degré.
Dermite intertrigo. .
Simple, érosive, ulcéreuse.
En le parcourant, on peut voir (jne ces lésions vont de l'érythème
FiG. 202. — Dermite papuleuse : sy|iliiloïde pofl-érosive. (Miihule de Parrot considéré à tort par lui comme syphilitique.;
ditïïis à r ulcéra lion, et que nou seuleuient elles ont tous les degrés, mais qu'elles ont toutes les formes : érythémateuses, diffuses, localisées, simples, papuleuses, vésiculeuses. ulcéreuses.
Ce qu'il faut savoir, c'est que les premiers degrés (les plus simples) et les premières formes (les plus bénignes) sont les plus fréquents.
Et ce qu'il faut retenir, surtout en pratique, de ce paragraphe trop court, c'est qu'il ne faut pas se hâter d'affirmer la syphilis au premier coup d'œil lorsqu'il s'agit de lésions des fesses chez le nourrisson.
Si la syphilis existe vraiment, les lésions du siège ne seront pas souvent premières et jamais les seules.
Le traitement des dermites infantiles simples comprend d'abord la surveillance étroite de la propreté locale. L'enfant doit être changé de linge toutes les fois qu'il sest mouillé ou sali. Les lésions seront recouvertes d'une pâte d'oxyde de zinc au 1/5; en y ajoutant 1/100" d'ichtyol et de résorcine, les résultats sont meilleurs souvent.
'On étudiera attentivement le régime alimentaire de l'enfant. Il est rare qu'il ne soit pas défectueux. La palpation des deux flancs révélera souvent aussi une douleur vive du caecum et du colon ascendant et descendant, ce qui imposera quelquefois le calomel à doses fractionnés : (1,0") à 0,05 centigrammes en '2 prises, espacées d'une demiheure, cliacune dans 1 gramme de lactose, et demi-diète au moins ce jour-là. Surveillance les jours suivants.
FURONCULOSE DES CAVALIERS
Le traumatisme de la selle fait la furonculose des cavaliers et la localise dabord aux fesses. Il va sans dire que cette furonculose est microbienne, staphylococcique (p. 206), et que le traumatisme n'est qu'une cause adjuvante de sa localisation d'abord, de sa multiplication ensuite. Celte éruption qui peut comprendre 10, '20,50 furoncles, peut amener une impotence complète et exiger le l'epos au lit, d'autant plus que le frottement des vêtements rudes et infectés et les frottements du membre inférieur entier sur le cheval, disséminent des furoncles tout le long de la face interne du membre, et que si l'équitation est continuée, la cavité de chaque furoncle subit une nécrose périphérique bourbilleuse qui constitue le véritable ecthyma willanique (p. 555).
Les symptômes généraux, malgré cela, restent nuls, sauf lymphan-
gites et complications d'abcès ou phlegmoiis. Parmi les symptômes SLiijjectifs, l'élément douleur est variable, toujours marque.
Le traitement exige la cessation de Téquitation causale. Les pansements humides pour faire tomber les croûtes, les pulvérisations phéniquées très faibles au 1/500" sont très utiles dans ce but. On pansera chaque ulcération bourbilleuse avec la pommade au sous-carbonate de fer au 1/40". Et avec une pointe de feu galvanique nette et profonde au sommet de chaque furoncle commençant, on cherchera à le faire avorter, ce qui arrive pour presque tous, lorsque cette intervention est faite à temps.
GALE
La localisation de la gale aux fesses est Tune des plus fréquentes, et normalement l'une des plus marquées. Elle fait partie de l'ensemble des lésions antérieures et postérieures siégeant sur le bas-ventre, les organes génitaux, la racine des cuisses, les reins, les fesses, qui constitue ce que Ilébra appelait le caleçon galeux.
Aux fesses, ce sont surtout d'abondantes lésions de grattage, avec ou sans traces de coups d'ongles, « gritfures ». Les lésions élémentaires n'y sont guère reconnaissables. Ordinairement, cette localisation topographique de la gale fait chercher à la verge, aux mains, aux poignets, aux seins, aux aisselles, des lésions élémentaires reconnaissables, pathognomoniques. (Pour le traitement de la gale, p. ()05.)
LICHENISATION
Dans les eczémas chroniques, les prurigos et les diverses maladies i prurigineuses (p. 614), les fesses sont un des sièges fréquents des l processus d'irritation et d'infiltration chronique connu sous le nom l de lichénisation. J'ai parlé déjà de ces formes cliniques à la région
sacrée, où on les observe aussi, fréquemment (p. 571). I Tantôt il s'agit de placnrds de lichénification vraie, névrodermite de I Brocq, ancien lichen circumscriptus de Vidal. Tantôt un processus î d'eczématisation s'y mêle, et alors la surface du placai^d lichénisé est 1 excoriée, moite, et plus ou moins couverte par moments de croûtelles
jaunes, cristallines, fines comme de la poussière d'ambre, adhérentes
à la surface épidermique irritée.
Sabouraud. — Dermatologie topogr. 37
578 DERMATOLOGIE TOPOGRAPiïlOUE.
J'ai (lit les traitements de ces lésions qui semblent dépendre plus du mode de réaction cutanée de l'individu que de la cause même de la dermatose prurigineuse (p. 571).