‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 200 sur 251 · PRURIT · texte numérisé non relu

PRURIT

La région sacrée est une région où se localisent le plus fréquemment les prurits de diverses causes.

Tantôt il s'agit de prurits sans lésions : le plus souvent chez le vieillard (p. (i^l), ou bien de prurits accompagnés d'épaississement cutané simple avec ou sans hyperchromie (voir p. 615).

Tantôt le prurit s'accompagne de lésions papuleuses vite excoriées, de prnrigo (p. 614) ou même d'un certain degré d'eczématisation (p. 617). Entin même le prurit peut créer des plaques de lichénisalion (p. 616), placards dits de névrodermite.

Tout cela s'observe dans les prurits idiopathiques, dont la cause reste si obscure (p. 614), et semble être suivant les cas si diverse.

Mais cela peut s'observer à la piemière pbase du mycosis fongoïde (p. 71")) et il importe grandement de faire le diagnostic de ce cas qui appelle désormais une intervention radiothérapique active. Pour cela la biopsie sera le plus souvent nécessaire.

Dans tous ces cas, le prurit n'est pas exclusivement localisé à cette région; il existe plus ou moins marqué sur le dos, le flanc, les fesses, mais il est souvent plus marqué à la région sacrée, et y constitue les lésions que nous avons mentionnées plus haut.

Le traitement général du prurit variera suivant sa cause; le traitement local comprendra la séiie des applications anti-prurigineuses, glycérinées, résorcinées 1/50", phéniquées 1/100'', mentholées 1/100", les applications radiothérapiques locales (demi-teinte B), la haute fréquence, l'effluvation, etc.

LICHENS — LICHÉNISATIONS — NÉVRODERIWITES

Un prurit local plus ou moins accusé peut transformei' peu à peu la peau de la région et y créer des placards d'irritation chronique, dn type de ceux que les auteurs ont appelé autrefois lichens, eczémas chroniques, et qu'on appelle aujourd'hui placards de lichénitication ou en préjugeant hypothétiquementde leur mécanisme : névrodermites.

Ce sont des placards, ronds, oblongs ou vaguement polygonaux à angles mousses, faits d'une peau considérablement épaissie, dure, lînement quadrillée, formant des losanges contigus, juxtaposés. Tantôt la surface de ces losanges grise, lisse, brillantée, plate, donne le j tableau du placard de lichénification de Brocq (fig. 200, p. 617). Tantôt ces placards sont excoriés par grattage, rouges, moites, présentant par-ci et par-là une fine poussière de croùtelles jaunâtres, cristallines.

C'est là l'ancien lichen circonscrit de Yidal dont nous avons retrouvé le tableau en diverses régions (p. 191), et qui s'accompagne .toujours d'un prurit intense. Pour certains auteurs, le prurit préexiste I et la lésion naît du grattage; pour d'autres, la lésion fait le grattage qui la modifie et la complique.

Traitements des prurits; tous les traitements locaux anti-prurigineux sont insuffisants. Les pansements occlusifs : colle de zinc, emplâtres à l'huile de foie de morue, donnent des résultats quelquefois heureux. Ce sont toujours les pommades cadiques qui m'ont donné les résultats les meilleurs, en modifiant leur formule suivant la susceptihilité de la peau traitée.

PLACARD DECZEMA CONSÉCUTIF A L INTERTRIGO FESSIER

L'intertrigo du pli fessier (p. 515) se prolonge en haut jusqu'à la région sacrée, et peut, dans certains cas, se terminer par un placard d'eczéma chronique, rouge, psoriasiforme, des plus tenaces et des plus difficiles à guérir. Ce placard rond, semi-lunaire, plus ou moins large, ressemble au placard lichénisé, eczématisé (p. 652), mais il est plus plat, plus uniformément rouge. Sa croûte est plate, parcheminée, adhérente. Quand on l'enlève on découvre des fissures qui saignent facilement. Cette lésion, très analogue à celle que j'ai décrite avant elle, n'en diffère guère plus par son traitement que par sa forme, mais elle est secondaire à un intertrigo du pli fessier.

L'intertrigo lui-même participe à la lichénisation totale des lésions, la peau du pli fessier est souvent hypertrophiée et tissuraire.

Les applications cadiques ici encore sont excellentes :

Huile de cade 5 grammes.

Oxyde de zinc 5 —

Ichtyol I

Résorcine V iùi 1 gramme.

Huile de bouleau .....)

Les emplâtres occlusifs à l'huile de foie de morue, à l'oxyde de zinc, au minium-cinabre, ou plus actifs : salicylés, pyrogalliques au 1/10% peuvent rendre aussi de bons services dans les cas rebelles et récidivants.

PSORIASIS

Les éléments de psoriasis, quand ils existent, en cette région, autrement que comme un épiphénomène d'un psoriasis généralisé, ressem-

blent éti'angemeiit aux lésions décrites dans les deux paragraphes précédents. Toutes ces lésions de dermite chronique ont en la région sacrée nne ressemblance. Leur forme est cependant plus l'égulièreinent arrondie, plus nummulaire, leur surface plus plate, leur squame-croûte papyracée plus épaisse, plus écailleuse, plus sèche. Mais en vérité cest après l'examen des autres lésions du corps (coudes et genoux, placards isolés du tronc) que Ton pose fermement le diagnostic.

Le traitement en découle, c'est celui des psoriasis les plus rebelles : on peut les traiter par les pommades cadiques fortes ...

Huile de cade ) ~ aa

Lainine anhydre )

Acide pyrogallique j

Turbith minéral ? ;ïïi 1 grannno.

Résorcine !

Acide chrysophanique 0,.50 centigr.

... pyrogalliques et chrysophaniques. Le traitement par la chrysarobine et la traumaticine, est dans les plus pratiques et les mieux acceptés du malade :

Chloroforme 100 grammes.

Chrysarobine 5 —

appliquer au pinceau et après avoir laissé sécher, recouvrir de traumaticine.

KYSTES — N/EVI PILAIRES ~ SPINA BIFIDA

Je mentionnei'ai pour mémoire rexistence possible au niveau du coccyx : 1" de kystes dermoïdes coccygiens; 2" de poches de spinabifida; 5" de toutfes de poils plus ou moins considérables, de même origine embryonnaire que les kystes dermoïdes locaux, toutes malformations congénitales qui n'ont pas à nous arrêter ici, les dernières parce qu'elles n'appellent aucune thérapeutique, les autres parce qu'elles relèvenl du chirurgien et non du deruiatologiste.

Aux fesses, des la première enfance, ^^ ., , ,

' . , I. ,-- „ / Dermitepolymorpne

existe une dermite polymorphe liée d'or- f „, i j t

^ "^ ^ > simple de 1 en-

dinaire à des troubles intestinaux (mala- l jgj,^ „ 57^

die de Jacquet) |

Les cavaliers présentent aux fesses une ) „ 1 j „

^ f Furonculose des ca-

furonculose localisée d allures assez spé- > valiers p 576

ciales )

La gale fait aussi en ce siège des lésions )

prurigineuses assez particulières pour , Gale p. 577.

mériter quelques mots )

Toutes les maladies prurigineuses peuvent créer en cette région cet infiltrat dur

du derme nommé lichénisation, syndrome ]> Lichénisation ... p. 577. accompagné ou non d'eczématisation concomitante

Quelques éruptions toxiques médicamenteuses peuvent s'observer aussi en ce siège, f Toxidermies médiparticulièrement celles qui sont dues aux i camenteuses. . . p. 578. bromures alcalins ) .

Je terminerai ce chapitre en disant ) quelques mots de la technique des injec- f Technique des injections mercurielles dans le traitement de la i tions mercurielles. p. 578. syphilis )

... et des nodosités intra-musculaires ) Nodosités des injecqu' on voit souvent à leur suite ) tions mercurielles. p. 579.

Page 1