‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 203 sur 251 · TECHNIQUE DES INJECTIONS MERCURIELLES · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DES INJECTIONS MERCURIELLES

Les injections mercurielles, employées dans le traitement de la syphilis, se font habituellement aux fesses, parce que l'expérience montre qu'il est nécessaire de les faire profondes, en plein tissu musculaire, et qu'il n'y a pas de région qui réponde mieux à cette condition.

Voici la technique : l'aiguille de platine iridié, flambée, montée sur une seringue vide, tenue bien en main, est enfoncée d'un seul coup, net, en pleine fesse, en dedans du passage du sciatique derrière le grand trochanter, seul point qu'il faille absolument éviter. Elle est enfoncée à fond, de toute sa longueur, pendant que le malade tient ses fesses contractées, ce qui diminue pour lui la très légère douleur de la piqûre.

L'aiguille enfoncée, on aspire avec la seringue vide pour voir s'il ne viendra pas de sang. S'il n'en vient pas, on enlève la seringue vide, on monte la seringue préparée et pleine, et on pousse l'injection. Aussitôt après, on retire d'un coup aiguille et seringue, et on fi'ictionne durement la région avec une forte boulette d'ouate hydrophile; imprégnée d'alcool; cette friction dure ayant pour objet de déplacer ^ les plans musculaires les uns au-dessus des autres, et de fermer ainsi le trajet de l'aiguille pour que le liquide injecté ne ressorte pas.

Si, lorsqu'on aspire avec la seringue vide, il vient du sang, c'est que Taiguille est dans un vaisseau; on l'enfonce davantage, ou on la relire, ou on la déplace. Ceci est très important, car les rares injections de sels insolubles ou d'excipients huileux faites dans une artère ont donné lieu à des embolies atrocement douloureuses et suivies d'escarres profondes. C'est un accident assez rare du reste pour qu'on en cite les cas, mais il ne doit pas arriver, et la technique ci-contre les évitera toujours.

Certains médecins ont l'habitude de collodionner l'orifice des piqûres faites. C'est une manœuvre que la théorie peut conseiller, mais qui, en pratique, peut être négligée sans inconvénient. Une piqûre de ce genre n'amène de suppuration que quand l'aiguille était intérieurement ou extérieurement sale, ou quand le liquide injecté était septique.

Au contraire, il peut toujours être utile de faire sur la région une friction d'alcool-éther avant de pratiquer la piqûre.

Asepsie de Vaiguille. — Les aiguilles de plaline iridié qu'on flambe sans les détremper, donnent seules une sécurité complète, et c'est pour cela qu'on les emploie de préférence.

Seringue. — Les seringues à huile grise (type : seringue de Barthélémy) sont très préférables à toutes autres, parce que le liquide qu'elles gardent après une injection étant antiseptique et inaltérable, on n'a pas la nécessité de les nettoyer, démonter, aseptiser à chaque fois.

Les seringues à injections solubles ou à calomel, à contenance de 1 centimètre cube seront bouillies cinq minutes chaque fois avant qu'on s'en serve.

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