‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 220 sur 251 · URTICAIRE PIGMENTAIRE · texte numérisé non relu

URTICAIRE PIGMENTAIRE

On désigne sous ce nom très faux une maladie rare, chronique, papuleuse et pigmentaire dont Yoici la description succincte.

Elle commence au cours de la première année par des poussées successives qui paraissent d'abord être de Turticaire. Ce sont des élevures assez urticariennes daspect mais de couleur rouge sombre. Elles apparaissent d'abord sur le tronc, puis sur la tète, puis aux membres. Une fois faites, elles ne disparaissent plus, leur papulation reste stationnaire ou même s'accroît et leur couleur devient brun foncé. D'autres poussées éruptives surviennent qui suivent la môme marche, en sorte qu'après un an, l'éruption est généralisée. La peau est c( fruitée », couverte de taches papuleuses plus ou moins hautes, dont les plus plates sont lisses, et les plus hautes de surface plisséc. 11 existe une forme maculeuse moins papuleuse que l'ordinaire et une forme nodulaire ou tubéreuse dans laquelle au contraire les lésions sont plus saillantes. 11 sem])le quau moment où l'éruption se constitue, la peau soit toujours dermographique (p. 599), mais les ortiations provoquées ne se pigmentent pas et sont fugaces.

La maladie une fois faite reste stationnaire. On sait mal si elle régresse. On a dit Tavoir vu régresser et disparaître. J'en ai vu un cas durer après 16 ans sans aucune régression. Ce dernier fait semble la règle. La cause de l'urticaire pigmentaire est inconnue.

Aucun traitement ne donne de résultats quelconques.

PITYRIASIS RUBRA PILAIRE

Le lecteur pourrait chercher ici la desciiplion du pityriasis-riibrd pilaire, en confondant avec des papules ses innombrables cùnes folliculaires cornés saillants, qui peuvent couvrir le corps entier et lui donner l'aspect d'une râpe. 11 est décrit avec les maladies squameuses p. 595 et figuré }). 410.

DERMATOSES VESICULEUSES ET EXSUDATIVES

Lésion élémentaire : La vésicule

Les dermatoses vésiculeuses et suin- ^

tantes ont pour prototype l'eczéma. Et ( „ . ,„ ... ^ f.,.f. ^ ^ pf . . .„. > Eczéma. Définition, p. 630.

l'importance de cette affection justifiera (

quelques détails )

J'étudierai donc successivement la vési- ) „, . ,

( Vésicule

cule eczématique et le pore eczématique , tiaue P 630

eczéma ne et le pore eczématique , tiaue

qui lui succède

Ensuite le placard eczématique qui ré- ) -^ -,

„, , , . t Placard eczema-

sulte de la confluence des éléments vesicu- ; tiaue D 631

leux primitifs )

Ensuite le prurit, le grattage qu'il pro- )

voque et les transformations objectives / Prurit p. 631.

qu'il amène dans les lésions eczématiques. )

J'étudierai ensuite le suintement et les } Suintement et croucroûtes du placard eczématique .....) tes p. 631.

Enfin la phase de dessiccation et desqua- ) mation qui termine l'évolution du placard [ Dessiccation .... p. 632. eczématique )

L'ensemble de ces phénomènes a été \

désigné sous le nom symptomatique d'ec- I . ^. ^.

, . ,, ■ \- \- ^ -j. { Eczematisation, ses

zematisation . L eczematisation peut être / j a^ n 632

minime et comme abortive, ou moyenne, \

ou intense, aiguë ou chronique ;

L' eczematisation chronique est très ana- ] logue à la lichénisation chronique, je dirai f Eczematisation et ce qu'on sait des rappox'ts de ces deux types ( lichénisation. . . p. 632. morbides 1

L'étiologie de l'eczéma est encore mal ) Êtiologie de l'ecconnue j'en montrerai les obscurités . . . ) zéma P- 633.

Je rappellerai ensuite les formes prin- ) cipales de l'eczéma dont on pourrait d'ail- [ Formes de leczéma. p. 633. leurs multiplier le nombre à l'infini . . . )

Et je terminerai par le traitement suc- \ cinct de l'eczéma, ceux des diverses loca- [ Traitement de l'ec-

lisations d'eczéma ayant été étudiées en ( zéma P- 635.

leur lieu.

650 DERMATOLOGIE TOPOGRAHIIOUE.

D'autres affections dermatologiques ont la vésicule pour lésion élémentaire, ainsi / Miliaire sudorale. . p. 636 la miliaire sudorale .....)

...et l'urticaire vésiculeuse J Urticaire vésicu-

) leuse p. 636.

La varicelle a sa place ailleurs (p. 673) )

mais j'en rappellerai au moins les carac- > Varicelle p. 637.

tères principaux différentiels )

De même l'impétiao pustuleux et l'im- ) ^ ,,. . . ,.

,, ^, -.,,, ^ . ( Impétigos generali-

petigo phlyctenulaire (p. 8) dont le ne } /ac t. '^'57

\ SCS p. OJi .

dirai qu un mot ici 1

De même enfin le pemphigus foliacé 1

dont je rappellerai en quelques lignes les f , , . „ ,. , „„„

., -7 * , . •: , , i' Pemphigus foliacé . p. 637.

caractères, car il est décrit avec les der- i ^ ^ ^

matoses huileuses (p. 683) i

ECZEIVSAS

« Apyrétique et non contagieux, l'eczénia est caractérisé par Térup- « tien sur différents points de la peau de vésicules petites, ordinai- « rement très rapprochées ou groupées, avec peu ou point d'inflani- « niation à leur base; il est ordinairement TeHet d'une irritation « d'origine interne ou extei'ne, et, chez les sujets dont le tégument est « constitutionnellement irritable, il trouve des causes occasionnelles « dans les agents les plus variés » (Bateman).

A cette déhnition il faut ajouter que l'eczéma est une dermatose prurigineuse, polymorphe suivant les cas et l'âge du cas examiné, localisée, ditfuse ou généralisée, aiguë récidivante, ou chronique et paroxystique; sa cause demeure inconnue.

Quels que soient l'occasion d'un eczéma, son siège et sa forme, il est habituellement possible d'y reconnaître la lésion élémentaire vésiculeuse, même dans les formes dites : eczéma rouge, eczéma sec, eczéma craquelé.

L'eczéma demande donc qu'on décrive d'abord : 1" les vésicules eczématiques et le placard eczématique qu'elles constituent; 2" le. prurit qui les accompagne et déforme les lésions par grattage; 5" le suintement et la croûte eczématique ; 4*" la phase de dessiccation, desquamation et retour à la normale qui termine la crise d'eczéma.

1" Vésicule eczématique. — 11 faut l'examiner d'abord dans les

DERMATOSES YÉSICULEUSES ET EXSUDATIVES. 651

eczémas des mains et des pieds où elle est grosse comme un grain de chènevis, très visible par conséquent, acuminée, claire, dure et difficile à rupturer. Partout ailleurs elle est grosse comme un chas cV aiguille, vite rompue par grattage ; aussi peut-on dire que, dans la moitié des cas au moins, il est moins facile de voir la vésicule que ses reliquats.

Ses reliquats sont une ponctuation l'ouge, grosse comme un point d'imprimerie (.), et qui fournit après grattage un suintement abondant. Examiné à la loupe ce point montre à nu le corps muqueux, il est creux parce qu'à son niveau la couche cornée a disparu. C'est donc une minuscule exulcération épidermique suintante, ce qu'on peut appeler le pore" eczêmatique, reste delà vésicule eczématique disparue.

Placard eczématique. — Le placard eczématique est formé par la cohérence d'une multitude de vésicules eczématiques, ou des pores eczématiques qui persistent après leur rupture. Au centre de ces placards les lésions sont confluentes. Elles s'écartent au pourtour, irrégulièrement, en sorte qu'un placard eczématique vrai est presque toujours de bords diffus. Une surface eczématisée peut être énorme (couvrir un membre) ou très petite, très peu plus grande qu'un placard d'herpès ; mais alors il y en a ordinairement plusieurs disséminées sur le corps sans aucun ordre.

2° Prurit. — Le prurit accompagne l'apparition des lésions. Cette apparition est plus prompte et plus vite visible que dans les prurigos, en sorte qu'il est plus difficile de dire pour l'eczéma « que le prurit est pré-éruptif ». Le plus souvent les lésions se montrent dabord sous les épidémies cornés minces, le prurit fait décapiter la vésicule et la transforme en pore eczématique. Le placard vésiculeux devient un placard suintant. Le grattage joint à la macération épidermique décortique Tépiderme corné, entre les pores eczématiques, sur toute la surface du placard, qui devient lisse et de couleur rose; môme alors les pores eczématiques y restent visibles comme des points rouges.

3" Suintement et croûtes. — Le liquide qui sort par les pores eczématiques est collant au doigt, il empèse le linge, il est incolore, il parait irritant pour l'épiderme du voisinage; il est très concrescible et fait des croûtes ambrées. Ces croûtes sont punctiformes à l'orifice de chaque pore si le suintement est peu abondant : on dirait un cristal

(Vambre. Ou l)ieii le suintement est abondant et la croûte jaune, opaque, recouvrira tout le placard comme d'un parchemin, quadrillé, de fentes qui le partageraient en tous sens; cette croûte est adhérente: son ablation renouvelle le suintement.

i" Dessiccation, desquamation, restitution. — Si la poussée eczématique est bénigne, Tépiderme se refait sous la croûte, qui tombe; une légère desquamation lui succède. Ensuite Tépiderme revient à la normale, cai' Yeczéma ne fait jamais de cicatrices.

Eczématisation, ses degrés. — Ecz&matisation abortive. — Ce tableau, moyen, y)eut être très réduit, à peine reconnaissable. Ainsi certaines jeunes filles présentent au visage des poussées légères, d'intensité variable, de Teczéma que j'ai décrit p. 15 et dont certaines poussées montrent « entre cuir et chair » 10 à 15 vésicules espacées, ({ue le grattage pourra respecter en partie. Le suintement sera minime. Toute la crise évoluera en huit jours.

V eczéma Usai ion moyenne est celle que nous avons à l'instant prise pour type de notre description élémentaii^e de l'eczéma. Mais elle [)eut avoir tous les degrés.

Eczématisation chronique. — L'eczématisation chionique est en j'éalité une eczématisation récidivante sur place sans trêve; les poussées aiguës ou subaiguës se reproduisant avant que la trace des anciennes disparaisse. Ainsi se constitue un infdtrat de tout le tégument, faisant sur la peau une saillie permanente. Le placard d'eczématisation chronique continue à diflerer du placard de lichénisation, en ce qu'il est plus rose, plus œdémateux, moins « néoplasique » au loucher, moins dur, moins stable in situ, moins lisse de surface, parce que sa surface est souvent excoriée, moite, ou même exsudante. Mais il m'est impossible de considérer ces dilTérences et les diflerences histologiques correspondaides comme spécifiques, et de ne pas relier étroitement l'une à l'autre les deux modalités réactionnelles de la peau. Ce sont, à mon avis, deux physionomies diflerentes d'un même processus. Les dermites prurigineuses, chroniques, banales, sont sèches : prurigo-lichen, ou humides : eczéma.

Y a-t-il une maladie eczéma? — Dans ces conditions on peut se demander s'il y a une maladie prurigo, une maladie eczéma, ou si ces deux mots ne doivent pas disparaître devant les mots : lichénisation, eczématisation. A mon avis les moi^ prurigo, eczéma, ne repré-

nERMATOSES VÉSICULEUSES ET EXSUDATIVES. 655

sentent que deux symptômes, deux formes objectives de la réaction cutanée à une irritation chronique « externe ou interne de certains téguments irritables » (Bateman). Mais cette question étant doctrinale ne doit pas nous arrêter longuement.

Dermites artificielles « eczéinatiqnes » ou « eczémati formes ». — L'opinion que je viens dénoncer reçoit un appui considérable de l'étude des dermites artificielles chroniques des extrémités (voir p. 562). (|ui sont comme symptômes, marche, lésions histologiques, indilïérenciables de Teczéma chronique, en apparence non traumatique.

Évolution de V eczéma. — L'évolution de l'eczéma, bien plus que ses symptômes et ses lésions tendrait à lui assurer une autonomie propre, à en faire une maladie proprement dite, une entité morbide, car l'eczéma est aigu-récidivant, ou chronique-paroxystique. Ce nest jamais une affection passagère quen apparence .

Etiologie de l'eczéma. — Presque tous les auteurs qui ont étudié l'eczéma, au moins en France, s'accordent à dire que les eczémateux chroniques présentent des troubles organiques dont Y alternance ou la coïncidence avec les poussées d'eczémas est remarquable : ainsi de Tasthme, de la bronchite chronique, des migraines, des poussées hémorrhoïdaires. Contradictoirementil faut dire que les vieux eczémas s'observent chez de vieilles gens, et que les vieilles gens sont rarement indemnes de toutes misères, même quand ils ne sont pas eczémateux. En tout cas ces alternances et coïncidences sont des plus diverses et des moins clairement délinies. xVinsi et si les causes accessoires de l'eczéma dans tel ou tel cas peuvent être remarquées, la cause vraie et le mécanisme physio-pathologique de l'eczéma en général restent entièrement à découvrir.

Formes d'eczéma. — L"eczéma aigu, vésiculeux, spontané ou provoqué est le type du genre; mais les formes d'eczémas sont très nombreuses. Je ne parlerai pas de celles que leur siège même déforme : eczémas palmaires (p. 400), péri-unguéaux (p. 425), eczéma des plis de flexion (p. 555), eczéma du sein (p. 555), etc., mais seulement des formes d'eczéma objectivement distinctes entre elles, quel que soit leur siège.

Il y a les placards (V eczéma rubrum, très peu vésiculeux, et qui consistent en un infiltrât rouge, chaud, à surface tégumen taire sèche, desquamante. C'est une forme fréquente aux jambes, auvisage> autour des paupières. Cet eczéma est ordinairement localisé.

654 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

]1 y a les eczémas secs, craquelés, très souvent provoqués par des irritants chimiques (avant-bras, visage), fréquents aux jambes aussi, et dans lesquels Télément vésiculeux est si réduit qu'il faut regarder la peau à la loupe sous les squames, pour y découvrir les pores eczématiques (fig. 204, p. 591).

Il y a les eczémas hyperkératosiques qui peuvent s'observer aux quatre membres, mais sont surtout des eczémas des doigts, des orteils, des mains, des pieds.

Il ne serait pas étonnant d'ailleurs que l'on confondît dans l'eczéma (surtout chronique, lichénisé et déformé) des affections autres et autonomes que la dermite secondaire banale, sèche ou humide qui les recouvre empêchât de reconnaître.

V eczéma infecté est moins fréquent qu'on ne le croit, ou du moins il y en a peu que les infections déforment à ce point de les rendre méconnaissables. Ces infections sont streptococciques (p. 648), et staphylococciques (p. 659). Les symptômes de ces pyodermites peuvent se mêler à ceux de l'eczéma, mais il est en général possible de voir si les pyodermites ont provoqué la réaction eczématique, ou si l'eczéma primitif s'est infecté secondairement.

a. Les eczémas figurés, ou ce qu'on appelle de ce nom, ne sont pas toujours des eczémas : Veczéma marginaium de Ilébra était la trichophytie inguinale (p. 299) et l'érythrasma (p. 298); Veczéma séborrhéique de Unna est le pityriasis stéatoïde du cuir chevelu (p. 252) ou de la région médio-thoracique (p. 557) avec des cas de psoriasis surséborrhéique (p. 540), ou de psoriasis vrai, ou même des cas d'mlerlrigo streptococcique (p. 291 et 297), etc.

^. Tantôt une dermite est figurée parce qu'elle résulte de l'eczématisation d'une dermatose figurée préexistante, comme on voit les taches du pityriasis rosé de Gibert, traitées par le soufre s'eczématiser une par une.

y. -Ou bien une dermite eczématique hgurée peut être provoquée par traumatisme sans qu'on sache les raisons de sa figuration, ainsi l'on voit des dermites « en rouelles », desquamatives, suivre sur les cuisses et sur tout le corps, la frotte de la gale, par exemple.

0. Enfin il y a des eczémas figurés vrais, car leurs cercles trichophytoïdes au dos des mains (p. 585) peuvent accompagner un eczéma typique amorphe du corps.

On ne sait rien des causes de cette figuration. Voir en ces eczémas des eczémas primitivement ou secondairement microbiens, et revêtant

DERMATOSES VÉSICULEUSES ET EXSLDATIVES. Côr>

une ligLiration géométrique parce qu'ils sont microbiens, est une hypothèse que la comparaison seule des trichophyties, des pityriasis, etc., vient appuyer, mais que ne confirment aucunement les premières études expérimentales de la question.

Traitement de l'eczéma. — Il n'y a pas un traitement interne ou externe de l'eczéma, il y en a mille, ce qui prouve qu'il n'y en a pas un de bon.

En ce qui cohcerne le traitement interne des eczémas, d'ailleurs, il faudrait sans doute savoir les catégoriser tout d'abord.

La catégorisation des eczémas n'a pas, à mon avis, été essayée d'une façon suffisamment synthétique. Les eczémas de la première enfance, de cause alimentaire pour la plupart (p. 5), ne sont pas ceux de l'adolescence, qui semblent liés à une espèce particulière de chlorose (p. 15). Enfin il existe toute une catégorie (ï eczémas de (lénutridon chez les gens vieux, amaigris, eczémas qui guérissent par la suralimentation, contrairement à ce qu'on dit et écrit partout.

Dans ces conditions, on ne saurait indiquer dans l'eczéma un régime diététique fixe et toujours le même. Cela supposerait à l'eczéma un mécanisme physiologique uniforme et des causes univoques, ce que rien de connu n'autoi'ise à cioire.

En tous cas, un eczéma, surtout lorsqu'il dure ou récidive, impose toujours l'examen complet du malade, son analyse urinaire, etc., car on ne peut mal faire en corrigeant dans la mesure du possible tout ce que l'on trouve anormal chez lui. Mais, en l'absence de théories étiologiques valables de l'eczéma, les vrais traitements de l'eczéma jusqu'ici restent les traitements externes. Ceux-ci restent encore très variables.

Les formes aiguës, intolérantes imposent les enveloppements humides (Besnier) répétés deux fois le jour au moins et faits avec de l'eau bouillie simple, de l'eau de fleur de sureau ou de baies d'airelles, ou de racine d'aulnée, etc.. Les cataplasmes de fécule de pomme de terre bien faits seront à préférer pour les eczémas de petite surface. Ce sont les moyens antiphlogistiques les meilleurs que l'on connaisse. Et pendant la période aiguë, lorsque la température locale d'un placard d'eczéma est élevée, aucun topique n'est supporté ou n'a d'action utile.

Cependant, parmi les applications locales utiles dans l'eczéma aigu, les applications d'air surchauffé qui sont à l'étude, pourraient, dan.^ la suite, devenir un moyen de traitement pratique et valable.

(i:,C, DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE.

Lorsque la température locale est tombée, beaucoup de topiques peuvent être utilisés. En premier lieu les pâtes couvrantes au carbonate de bismuth, à l'oxyde de zinc 1/4. Lorsqu'un eczéma est demi-squameux, à croûte grasse, ou lorsqu'il a eu un pli naturel pour point de départ, les pommades cadiques faibles sont bien supportées :

Oxyde de zinc 5 grammes.

Huile de cade 5 —

Vaseline 20 - —

Ijanoline a —

et donnent souvent des résultats excellents.

Les eczémas chroniques ou subaigus se trouvent bien des applications-de nitrate d'argent au 1/20, au 1/15, au 1/10, alternant avec les pâtes ou crèmes de zinc. Les eczémas traumatiques demandent avant tout la suppression de leur cause.

Les eczémas des extrémités, très tenaces obligent souvent à des traitements vigoureux et supportent des médicaments kératolytiques à forte dose : acide salicylique l/^O, chrysarobine au 1/50 ou 1/40. J'en ai parlé (p. ocSy) en traitant des régions où ils se rencontrent. C'est |)Ourquoi je limiterai ce paragraphe à ces seules généralités.

MILIAIRE SUDORALE

• Au cours des pyrexies, surtout au moment de la défervescence qui précède leur guérison, quelquefois en santé normale, pendant les chaleurs, ou encore après un mouvement de hèvre passager apparaît la iniliaire sudorale. L'élément est une vésico-pustulette plus petite qu'un fin grain de mil, sphérique,- et qui a l'air d'une perle posée sur la peau ; chacune est cerclée d'une aréole rouge qui s'efface promptement. L'éruption de ces vésiculettes par milliers couvre la peau du thorax, du ventre, et même des membres.

Cette éruption n'a de valeur que par le pronostic bénin qu'elle comj)orte pour la maladie au cours de la(|uelle elle survient. Elle dure deux jours et s'etface. Pas de Iraitement-

URTICAIRE VÉSICULEUSE

Dans l'urticaire vésiculeuse, qui est rare, l'élément urticarien prédomine, et c'est au milieu de la papule oitiée que le soulèvement vési-

DERMATOSES YÉSICL'LEUSES ET EXSUDATIVES. 657

culeux se produit. Cette vésicule existe sur chaque papule uiiicarieuue ou sur la plupart d'entre elles. Le diagnostic d'urticaire vésiculeuse s'impose quand on en connaît seulement l'existence. Traitement de l'urticaire, p. 605.

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