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ROUGEOLE

La rougeole éta'it le type des érytlièmes rubéoliformes doit être brièvement décrite avant eux.

C'est une maladie spécifique, contagieuse, épidémique, caractérisée par un catarrhe des muqueuses et une éruption maculo-papuleuse *iénéralisée.

r)ERMA.TOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

Son incubation dure 10 jours, avant qu'apparaissent les catarrhes syniptomatiques de Tinvasion, 14 jours avant que l'éruption apparaisse.

Son invasion s'annonce par du catarrhe oculo-nasal. L'œil larmoie, il y a du pus dans l'angle interne de l'œil. L'enfant mouche, éternue, il y a de la pharyngite, de la laryngite. Enfin s'installe un catarrhe t)ronchique marqué, avec sihilances et ronchus. Tout cela dure 5 ou 4 jours, puis la fièvre s'étahlit franchement avec des frissons, de la soif, de l'anorexie, une insomnie plus ou moins complète. Le visage

Fit;. 21-

Roiigeole. (Malade de Jeanselme. Pliolographie de Noire.

est déjà rouge et parait gonflé, mais sans éi'uption encore évidente. La muqueuse palatine examinée est d'un rouge jaunâtre pointillé de rouge plus foncé. Les gencives sont gonflées et participent au processus catarrhal de toutes les muqueuses. A ce moment, le patient est à 40 degrés ou au-dessus; l'éruption apparaît. Elle débute par la face, le cou, la poitrine. Sa lésion élémentaire est une macule lenticulaire rouge, légèrement papuleuse, que la pression efface un instant. L'éruption constituée par ces éléments peut être pauvre, riche, floride, ou, comme on dit, discrète, cohérente, conlluentc. Elle se présente en haut du corps le 1"' jour. Le 2% elle occupe le haut du tronc et les l)ras; le 5'', elle descend aux membres inférieurs; le 4% elle pâlit. Dès

ROUGEOLE. — RUBÉOLE. — ROSÉOLES. — ÉRYTHÈMES RUBÉOLIFORMES. Gol

le S*" jour, la peau paraît non plus rouge, mais grise, tigrée, moirée. Elle desquame ensuite et celte desquamation dure 2 semaines, finement pityroïde, furfuracée, rarement lamelleuse, toujours discrète. Le catarrhe bronchique dure autant que l'éruption et ne disparaît qu'après elle.

Une rougeole peut être normale, ou fruste, ou maligne, hyperthermique, à forme nerveuse; il peut demeurer après elle du catarrhe naso-pharyngien, de la laryngite avec accès de suffocation (laryngite striduleuse), La bronchite peut aussi persister; plus tard, on observe souvent l'adénopathie tuberculeuse trachéo-bronchique et même la tuberculose pulmonaire. Au cours de la rougeole, des complications diverses peuvent survenir. La plus à craindre est la broncho-pneumonie. La rougeole s'associe fréquemment à d'autres maladies infantiles, à la coqueluche par exemple. Des accidents peuvent survenir au cours de sa convalescence même. Je citerai les gommes ou gangrènes cutanées (fui sont rares, mais s'observent plus après la rougeole qu'après aucune autre fièvre éruptive.

Le traitement de la rougeole est tout entier symptomatique, et la rougeole est très ordinairement une maladie des plus bénignes. Ses suites le sont souvent moins qu'elle. L'isolement des rougeoleux doit être pratiqué le plus strictement et le plus tôt possible, car la maladie n'est jamais plus contagieuse qu'à la période des catarrhes qui précèdent l'éruption.

La rougeole récidive quelquefois, dit-on, mais de beaucoup le plus souvent, elle confère au sujet une immunité définitive.

RUBEOLE

La rubéole est une maladie rare, saisonnière, épidémique, contagieuse, caractérisée par une adénopathie généralisée du prurit et un exanthème.

Son incubation est de 12 à 14 jours. L'invasion se produit en ((uelques heures, sans catarrhe oculo-nasal préalable. La fièvre est très modérée : 58''758°,5. On décrit l'érythème très diversement. Dans les cas que j'ai observés, il ressemblait à celui de la rougeole, mais avec des macules punctiformes. 11 existe presque toujours un prurit intense qui précède l'éruption. Les adénopathies multiples : nuque, cou, aisselles surtout, sont très manifestes, et le patient attire l'at-

r..j2 DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE.

tention sur elles. L'éruption dure 5 jours et disparait sans complication. Il n'y a pas de desquamation visible au moins constante.

Pas de traitement. La rubéole est certainement beaucoup moins contagieuse que la rougeole.

ROSÉOLE typhoïde

Au 7" jour de la lièvre typhoïde apparaissent les taches rosées lenticulaires. Leur nom indique leur forme. Ce sont des macules roses légèrement papuleuses que la pression efface et qui reparaissent aussitôt. Elles sont ordinairement peu nombreuses, disséminées sur le ventre, les flancs, la poitrine. Exceptionnellement, elles peuvent être assez abondantes pour simuler une lièvre exanthématique. L'éruption dure rarement plus de 7 à 8 jours. Elle se complète pendant 5 jours. Ensuite les premières taches venues disparaissent; ainsi de suite.

On a dit que les roséoles typhoïdes florides signalaient des typhoïdes bénignes.

ROSÉOLE DIPHTERIQUE

En dehors des éruptions que donne la sérothérapie, la diphtérie, dans 12 pour 100 des cas, donne lieu à une éruption rapide ou tardive ayant les caractères maculo-papuleux lenticulaires de la rougeole, mais la distribution topographique de l'érythème polymorphe : poignets, chevilles, au moins d'ordinaire.

Il semble que ce soit un des innombrables érythèmes polymorphes secondaires qu'on peut voir survenir au cours de toutes les infections.

Cette éruption fait monter d'un degré la température du malade pendant quelques heures. Elle dure quelques jours comme un érythèmc polymorphe. Souvent elle se développe par poussées. Elle disparaît lentement. Elle ne comporte aucun trailemeivt.

ÉRYTHÉME RUBÉOLIFORIVÎE DANS LA FIÈVRE PUERPÉRALE

J'ai observé à la période terminale d'une hèvre puerpérale qui s'est terminée par la mort, une éruption généralisée rubéoliforme. Les

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macules étaient tout à fait plates, non papuleuses, larges comme Tempreinte du bout du doigt. Dès le 5° jour de Téruption se produisil une desquamation furfuracée à larges squames, généralisée à tout le corps. Cette éruption est survenue au oO" jour environ de la maladie et 5 jours avant la mort.

ROSÉOLE SYPHILITIQUE

La roséole syphilitique ouvre la période des accidents syphilitiques secondaires. C'est l'un des accidents les plus tixes dans l'évolution cyclique de la maladie. On l'observe environ 80 jours après le contact ([uia faitlinoculation. Elle peut être très visible ou très peu visible, très discrète ou confluente; ses macules peuvent être très pâles ou très roses. Elles sont chacune plus petites que l'empreinte du bout du petit doigt, disséminées très également, plus visibles sur les flancs, le ventre, les épaules, la face de flexion des membres. La peau apparaît tigrée. Cette éruption peut s'accompagner, aux premiers jours, de quelques minimes symptômes généraux ; fébricule, courbature, etc. ; le plus souvent, on n"en observe aucun. La roséole syphilitique peut durer 5 semaines et plus ; d'autres fois, elle disparait en quelques jours.

Le diagnostic en est toujours facilité par la coexistence de l'induralioii du chancre, de son ganglion satellite, de sa pléiade, de la polyadénite généralisée syphilitique. Dès la tin de la roséole, les plaques muqueuses peuvent apparaître.

Le traitement local de la roséole est nul. Le traitement syphilitique, s'il n'est pas commencé déjà, doit être institué sans retard.

On a désigné sous le nom de roséole de retour une éruption de macules roses bien plus rubéoliques que celles de la roséole secondaire. Elles sont rares, discrètes, éparses sur les flancs, limitées souvent au torse. Ces taches sont longues à disparaître. Leur origine, leur vraie nature, leur signihcation, ne sont pas hors de conteste.

ROSEOLE LEPREUSE

On a()pelle roséole lépreuse la première éruption qui caractérise la lè})re, bien que cette éruption puisse être précédée de nombreux accidents prémonitoires (p. 751 ).

La roséole lépreuse est composée de macules érythémato-pigmentaires, larges comme le bout du doigt ou même plus larges. Elle est plus ou moins discrète ou abondante, les macules peuvent être pâles ou florides; elles forment alors un léger relief sur la peau. L'éruption est composée de poussées subintrantes multiples, qui font coexister côte à côte des éléments de différents âges et de différentes teintes.

Cette éruption s'accompagne de poussées fébriles qui peuvent être très marquées.

Dès le début, dans certaines roséoles lépi'euses, les macules sont le siège de troubles de la sensibilité qui se prononceront de plus en plus.

La roséole lépreuse n'est pas un accident passager comme la roséole syphilitique. Les macules peuvent durer sur place pendant des mois. Ses taches peuvent s'agrandir et devenir achromiques, se transformer in situ en lésions tuberculo-gommeuses ou atrophiques.

J'envisagerai dans son ensemble, plus loin (p. 751), l'évolution de la lèpre en général. Je n'insisterai donc pas davantage ici.

ROSEOLE TUBERCULEUSE

Ce serait un abus de mots que d'appeler de ce nom les éruptions généralisées de tuberculides (p. 728). Elles ne sont pas rubéoliformes, mais papulo-tuberculeuses à évolution nécrotique et cicatricielle {acné cacliecticorum) .

C'est une éruption qui semble avoir la même signification nosologique que les roséoles de la syphilis et de la lèpre, mais qui n'a ni la même foime objective, ni la môme évolution.

Je n'insisterai pas davantage, ces éruptions ayant été étudiées ailleurs (p. 572, 579 et 626).

ROSÉOLES MÉDICAMENTEUSES

Elles sont très fréquentes, rarement pures comme type objectif, souvent mélangées de lésions érythémateuses, urticariennes, scarlatiniformes, etc. Cependant il en existe qui, objectivement, ne sont que des roséoles maculeuses ou légèrement papuleuses. Ce sont des roséoles incomplètes, discrètes ou localisées.

Antipijrine. — L'antipyrine, qii(d(pies heures après son ingestion.

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peut déterminer une roséole papuleiise. Les muqueuses conjonctivales et buccales sont ordinairement prises. En outre de la roséole, on observe souvent des lésions plus rares en cocardes, légèrement papuleuses, de durée plus longue que la roséole.

Les balsamiques administrées au cours de la blennorragie déterminent souvent une roséole bien connue, qui débute par la face d'extension des grosses articulations et peut s'étendre plus ou moins. Elle diminue et disparaît vite, souvent même si l'administration des médicaments est continuée.

Le bromoforme, les vapeurs de brome (dans l'industrie), les prises de bromure à l'intérieur, la ciguë et la ciculine ont aussi donné lieu à des roséoles médicamenteuses de type analogue aux précédents. La suppression des médicaments les fait disparaître.

Les sérums antitoxiques de la diphtérie, du tétanos, de la peste, les sérums antivenimeux, etc., fournissent un érythème rubéolique qui apparait du ['•2" au lô" jour après l'injection. 11 est prépondérant à la face, au cou et aux membres, fréquemment ortie et alors prurigineux (p. 602). Tous ces érythèmes sont comparables entre eux, s'accompagnent de phénomènes généraux variables, qui peuvent môme être apparemment inquiétants : polyarthralgie, vomissements et diarrhée, anurie, albumine. Ils cèdent en 48 heures sans traitement, et n'ont jamais de gravité. On leur a attribué gratuitement la lenteur de la convalescence qui semble due à la maladie qu'ils ont guérie et non à eux.

ROSÉOLE VACCINALE

Essentiellement bénigne, apparait du 4" au IL' jour après la vaccination, sans fièvre. Elle dure 5 à 5 jours, disparaît en 2 jours. Doit être recherchée pour être vue: ne cause aucun symptôme fonctionnel.

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