SCARLATINE
La scarlatine est le prototype de toute une série dermatologique d'érvthèmes scarlatiniformes. Il serait donc très illogique de décrire ceux-ci sans rappeler ce qu'est celle-là.
La scarlatine est une maladie aiguë, épi(lémi(jue, contagieuse, caractérisée principalement par une angine et un exanthème spécial.
Son incuhatiou dure de 7 heures à 5 jours. Vinvasion est rapide. Le début de la scarlatine est toujours brusque et brutal, il s'accompagne de malaise, de courbature et de frissons avec une élévation thermique de 59"-40% quelquefois il y a des vomissements, toujours de la dysphagie à cause de Tangine qui ne manque on peut dire jamais. C'est une pharyngite totale, la gorge est écarlate, les amygdales très rouges montrent souvent de l'angine cryptique. Dès ce
Sabouraud. - Dermatologie lopogr. 42
moment le voile du palais est pointillé de rouge. Il existe des ganglions sous-maxillaires sensibles.
V éruption débute par les plis, la tète est peu atteinte ou respectée. C'est un érythème de teinte rouge écarlate, finement pointillée de points d'un rouge vineux, violet. L'éruption peut être prurigineuse, peu ou beaucoup. Elle est totale ou discrète. Du o'^ au 5*^ jour la langue desquame par la pointe, vers la racine. Elle devient d'un rouge vif vernissé, criblée de papilles saillantes plus rouges qu'elle. La température peut demeurer plusieurs jours très baute, avec le pouls rapide et fort, et les symptômes généraux continuent. Après 5-7 jours la défervescence graduelle se produit. L'éruption s'éteint peu à peu.
Dix jours après l'éruption, la desquamation commence aux plis.
L 'épidémie corné y devient sec, dur, plissé, il se détacbe en farine aux régions pilaires, en écailles aux régions où la peau est fine, en lambeaux aux mains et aux pieds. Il n'y a jamais de chute des ongles. La desquamation se termine du 50" au iC^ jour.
Je mentionnerai seulement les scarlatines frustes, apyrétiques, sans exanthème, hypertoxique et foudroyante, hyperthermiques, ataxoadynamique, hémorragique (pourprée), maligne tardive, à rechute.
L'angine du début est rarement diphtérique. Elle peut l'être. (Dans le doute sérothérapie) la scarlatine a ses principales complications du côté des séreuses : Péricardites, endocardites, pleurésies, rhumatisme scarlatin. Elle se complique fréquemment d'angine tardive diphtérique et de néphrite (streptococcique) avec albuminurie bénigne ou grave.
Pas de traitement spécifique, traiter les symptômes, faire le nettoyage et la désinfection de la bouche et de la gorge : Eau oxygénée pure à 12 volumes en badigeonnage. Onction permanente de la peau avec un corps gras inerte pour empêcher la dispersion des squames, cause de contagion. Le malade reste contagieux, moins qu'un rougeoleux, mais pendant toute la maladie et peut-être la convalescence. La scarlatine confère une immunité le plus souvent absolue et pour la vie.
RASH SCARLATINIFORME
A la période d'incubation de la variole, et l'on sait que cette période peut durer 2, 5 et même i jours, apparaît souvent une éruption de symptômes objectifs variables tantôt roséolique, tantôt scaiiatiiii-
SCARLATINE ET ERUPTIONS SCARLATINIFORMES. GoD
forme, ou même purpuriqne (varioles hémorragiques ou noires). Cette éruption prémonitoire s'observe surtout au niveau des plis articulaires, mais elle peut envahir la surface entière du corps. C'est quelquefois sur ces rashs que l'éruption variolique se produit sans intervalles. Ordinairement ces rashs disparaissent très vite, et sont d'ailleurs très incomplets.
On fait le diagnostic par les symptômes subjectifs et généraux hors de proportion avec l'éruption. Rappelons que le thermomètre est à 59"-40°,5 et plus, que le patient souffre d'une rachialgie et d'une céphalalgie intolérables. Il y a soif, frissons, anorexie absolue, etc....
L'apparition des premières vésicules ombiliquées au front et au visage certifie le diagnostic.
ÉRYTHEME SCARLATINIFORME DESQUAMATIF RÉCIDIVANT
L'érythème scarlatiniforme récidivant, en son type normal est une scarlatine sans angine. Il débute par des frissons et une élévation de température moyenne : 58" ou très élevée : 40", pouls rapide, l'ospiration superficielle, rachialgie, céphalalgie, insomnie. L'éruption est rapide, elle peut se faire en quelques heures ou n'être complète qu'en 5 jours. On la voit débuter soit par des macules nombreuses qui s'agrandissent, soit en grandes plaques qui se confondent. Elles apparaissent à la poitrine, aux épaules, aux bras, à la face interne des cuisses. Il arrive que certaines régions, quelquefois la tête, sont préservées. A la vitro-pression la couleur rouge disparait et la ])eau semble un peu jaune.
La desquamation commence 5 à \ jours après l'éruption, avant la disparition de l'éruption (Besnier). Elle est sèche, d'une abondance excessive. Ce sont, dans le lit, des poignées de squames lamelleuses, blanches, furfuracées aux régions pilaires, exfoliation par grandes plaques aux extrémités palmaires et plantaires. La desquamation est terminée en trois semaines.
Comme toutes les dermites rouges et exfoliantes, celle-ci s'accompagne dès le début de la desquamation d'une sensation de froid perpétuel.
Une foule de manifestations infectieuses viscéi'ales ont été signalées au cours de l'érythème scarlatiniforme, à son début ou à son déclin :
endocardite, péricardite, polyarthrites subaiguës, all)iiminurie passagère ou persistante, otites suppurées, herpès, etc.
Les phanères sont atteintes : les ongles marqués d'une rainure transversale profonde. Les cheveux tombent immédiatement quand l'érythème a occupé le cuir chevelu, 80 jours plus tard dans le cas contraire.
Cette maladie fort rare est récidivante. Les récidives sont habituellement moins fortes que la première atteinte et de moins en moins fortes, elles peuvent survenir après des mois ou des années, irrégulièrement. Elles cessent ordinairement de se produire.
On a confondu l'érythème scarlatiniforme récidivant avec l'hydrargyrie aiguë érythémateuse. Ce sont des éruptions analogues, mais de cause essentiellement différente. La cause dé l'érythème scarlatiniforme semble infectieuse, mais reste hypothétique. Tout traitement est symptomatique. Pourtant on devrait essayer désormais l'action du collargol, comme dans toutes les septicémies aiguës; ceci, sans préjuger des résultats à en espérer.
ÉRYTHÈIVIES TOXIQUES SCARLATINIFORMES
Beaucoup de médicaments peuvent déterminer des érythèmes scarlatiniformes de grande surface. Ainsi : la digitale et ses dérivés qui peut provoquer un érythème suivi de desquamation par larges plaques épidermiques cornées, et même la chute des ongles et des poils.
Ainsi V ipéca, Vémétine, la quinine, la inorpliine, et aussi le clôtura.
Les séruuis antitoxiques peuvent aussi causer de grands érythèmes scarlatiniformes passagers avec symptômes généraux (p. 655). Mais le type des érythèmes scarlatiniformes toxiques est fourni par Vhydrar- 9?/?^/?, par l'empoisonnement mercuriel.
Certains sujets ne peuvent absorber aucun composé mercui'iel sous aucune forme, soit sous la peau, soit par l'intestin ou même en applications cutanées sans une réaction tégumentaire plus ou moins vive, mais toujours hors de proportion avec la dose du médicament qui l'a provoquée. D'autres sujets n'éprouvent ces phénomènes d'intoxication cutanée, que pour certaines prépai'ations mercurielles. Ces érythèmes scarlatiniformes hydrargyriques peuvent ne s'accompagner en aucune façon de stomatite mercuriellc.
Ils résultent non pas d'une intoxication totale du sujet, mais d'une intoxication cutanée.