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SCARLATI^^E ET ÉRUPTIONS SCARLATINIFORMES

L'éry thème scarlatiniforme hydrargyriqiie est bénin, moyen ou grave. On Fa pu voir se terminer par la mort, surtout quand sa cause a été méconnue. Tout érythème scarlatiniforme aigu, même récidivant, toute érytlirodermie exfoliante, même chronique, doit faire d'abord penser à l'hydrargyrie cutanée, ne fût-ce que pour l'éliminer. La symptomatique de rhydrargyrie cutanée aiguë est tellement identique à celle de l'érythème scarlatiniforme (p. 659) récidivant que certains auteurs doutent de l'existence de ce dernier. Aussi n'en referons-nous pas le tableau. Les traitements locaux restent les mêmes : le vrai traitement serait dans la suppression immédiate de la cause. Cette cause n'est souvent reconnue qu'après le plus minutieux interrogratoire.

ERYSIPELE ET ÉRYTHRODERMIES

L'érysipèle est encore un type morbide \ auquel beaucoup de lésions dermatologiques, d'érythrodermies, sont comparées \ Érysipéle p. 662.

journellement. C'est par un résumé de ses symptômes que nous commencerons . . .

Après lui nous présenterons les érythro- \ dermies exfoliantes généralisées chroni- j Érythrodermies exques,' en distinguant parmi tous les types ^ foliantes général! -

cliniques ainsi nommés, les seuls qui pré- \ sées p. 663.

sentent une autonomie clinique véritable . j

ERYSIPELE

L'érysipèle dont nous avons décrit au cours de ce volume trois types différents : Térysipèle de la face, l'érysipèle ombilical du nouveau-né et l'érysipèle vaccinal peut se produire en toutes régions.

Partout il s'accompagne de phénomènes généraux : frissons, nausées, élévation thermique rapide. En quelques heures les svmptomes objectifs se prononcent autour du point d'inoculation. Plaque rouge, chaude, tendue, gonflée, douloureuse, limitée par un bourrelet saillant caractéristique.

L'érysipèle est limité d'emblée, ou progressif, ou ambulant. Dans ce dernier cas il rétrocède par un point pendant qu'il s'étend par un autre. La fièvre est continue avec maxima le soir. Il peut y avoir rachialgie, céphalalgie, délire chez l'adulte même. Entre le 5'' et le 11'' jour la température tombe presque subitement, c'est la guérison.

L'érysipèle contrairement au dogme clinique ancien peut suppurer, se compliquer de gangrène (gangrène foudroyante, spontanée) (p. 484). Toutes les complications des maladies infectieuses peuvent s'observer pendant son cours où à son déclin, mais elles sont rares.

L'érysipèle à répétitions n'est pas rare, surtout au visage, mais on l'observe aussi en tous points, autour de lésions chroniquement ouvertes. {Éléphantiasis nostras, p. 545.)

Le pi'onostic général de l'érysipèle chez l'adulte est bénin, il est urave cliez le nouveau-né.

ERYSIPELE ET ERYTHRODERMIES. 063

Les sérums antistreptococciques n'ont donné que des résultats discutables et pratiquement sont peu utilisés. Comme autrefois on traite localement par les pansements humides et décongestifs et Ton fait de la médecine symptomatique.

L'érysipèle a été maintes fois rapproché des grandes dermites rouges que beaucoup dauteurs considèrent comme des dermites infectieuses chroniques d'un mode pathogénétique analogue.

Ce rapprochement est hypothétique, c'est aux travaux expérimentaux à préciser la nature des érythrodermies comme elle a précisé celle de Térysipèle.

ÉRYTHRODERMIE EXFOLIANTE GÉNÉRALISÉE CHRONIQUE (PITYRIASIS RUBRA DE HÉBRA)

1" Certaines maladies telles que le pityriasis rubra pilaire, le mycosis fongoïde, la lymphodermie pernicieuse de Kaposi peuvent débuter par une phase d'érythrodermie, c'est seulement une variété de début de ces diverses maladies et n'a rien de commun avec l'érythrodermie exfoliante généralisée, dont je vais parler.

2° On peut voir de semblables crises érythrodermiques survenir au cours d'un lichen plan, d'un eczéma ou d'un psoriasis à squames grasses, d'un pityriasis rubra pilaire, etc. Ces crises ont paru quelquefois naître sous l'influence d'applications extérieures (éruptions traumatiques), de médicamentation interne (hydrargyrie, arsenicisme), mais il demeure possible qu'une érythrodermie exfoliante généralisée vraie vienne compliquer, à titre épisodique (Besnier), ces divers processus?

5° Cette opinion est d'autant plus soutenable que certaines dermatoses graves, comme celles que nous venons de nommer peuvent se terminer par une érythrodermie exfoliante généralisée secondaire mais authentique.

4° Enfin, il existe une érythrodermie exfoliante généralisée primitive, d'évolution lente toujours grave, souvent même mortelle, caractérisée objectivement pr.r une rougeur intense du tégument sur tout le corps, accompagnée d'exfoliation lamelleuse perpétuelle de l'épiderme, et d'altération profonde et de' chute des cheveux et des ongles. Cette dermite généralisée s'accompagne de symptômes généraux : lièvre analogue de courbe aux fièvres hectiques, sensation perpétuelle de

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froid et de soif, affaiblissement progressif pouvant aboutir à la

FiG. 214. — Pityriasis rubra de Hébra. (Malade de Radcliffe Crocker. At/as uf Ihe diseuses oftheskîn.)

cachexie et au marasme ou se terminer par une infection intercurrente.

ÉRYSIPÈLE ET ÉRYTIIRODERMIES, C63

D'autres fois après 8-12 mois, sous l'influence d'un traitement bien dirigé, on voit l'état général s'améliorer peu à peu et le malade après quelques alternatives retrouver une santé presque parfaite, ou revenir à l'eczéma ou au psoriasis simple qui préexistaient à la maladie.

La cause et le mécanisme de cette aflection sont inconnus. Et cest hypothétiquement qu'on en fait une maladie infectieuse de la peau et qu'on la compare à un érysipèle chronique (').

Malgré quelques différences symptomatiques et évolutives je crois que ce type dermatologique français est le même que celui qui est connu à l'étranger, surtout en Allemagne sous le nom de pityriasis rubra de Ilébra, et qui peut, lui aussi, être primitif, ou secondaire (aux grandes dermatoses, eczéma, psoriasis, surtout à croûtes grasses) et évoluer après des mois soit vers la guérison, soit vers la mort.

Les traitements locaux doivent être aussi prudents que possible, les applications d'huile d'amandes douces fraîche, de Uniment oléocalcaire, de crèmes de zinc, etc., sont les mieux tolérées. A mon avis le traitement est tout entier dans la suralimentation du malade. Tout malade à qui on parvient à faire reprendre du poids est un malade qui dans quelques mois sera guéri, mais il faut que cette suralimentation soit progressive et continue. Elle doit être menée comme celle d'un tuberculeux curable. Les aliments de choix sont les œufs, le lait, les féculents, les graisses et les sucres, mais n'importe quelle alimentation est bonne pourvu que le malade la désire ou la tolère. Autant que je puis le dire, car personne n'a traité assez de ces maladies pour conclure d'une façon ferme sur leur thérapeutique, en cela réside tout le traitement valable des érythrodermies exfoliantes généralisées. Il ne doit pas toujours être possible, mais on est étonné de voir dans combien de cas et dans quels cas il est possible.

(*) Certains symptômes des érythrodermies exfoliantes généralisées sont des plus intéressants au point de vue physiologique. Je signalerai celui-ci particulièrement que, un malade étant couché et couvert de draps et de couvertures, celles-ci (surtout si la température de l'appartement est basse) se recouvrent d'une fine rosée dont les gouttelettes sont suspendues à chaque poil du tissu. Et cette rosée dessine exactement le corps du malade. Ce phénomène explique deux symptômes constants de la maladie, la soif par la déperdition colossale d'eau exhalée au travers de l'épiderme corné malade et dont les fonctions isolantes ne s'exercent plus, et le froid par la déperdition de chaleur que crée cette évaporation perpétuelle.

LES PURPURAS ET ÉRUPTIONS PURPURIQUES

Le purpura a deux symptômes objectifs, la macule purpurique ou pétéchie qui ne s'efface pas sous la vitro-pression parce qu'elle correspond à une effusion sanguine par rupture vasculaire et la tache contusiforme, l'ecchymose.

L'hémophilie familiale et héréditaire \ peut montrer à l'état chronique ces deux f Hémophilie p 667

symptômes, la macule purpurique et l'ec- y chymose )

Les purpuras toxiques ab ingestis, sont ) très rares et ne présentent que la pétéchie [ Purpuras toxiques . p. 667. et non l'ecchymose )

Les rashs des fièvres éruptives sont i plutôt purpuriformes que purpuriques, f ^^^^ purpurique. . p. 667. mais peuvent présenter des macules pur- i puriques vraies 1

Je mentionnerai en ce chapitre les \ caractères qui font reconnaître la forme f Fièvres exanthémahémorragique mortelle des diverses fièvres i tiques pourprées, p. 667. éruptives )

... et l'aspect purpurique que prend la ) peau quand la pustule maligne donne lieu , Charbou mortel . . p. 668. à une septicémie charbonneuse mortelle. )

Les vrais purpuras peuvent être décrits ^ p^^-^gg rhumatissous trois formes. La première est la pé- , ^^^^ ggg

liose rhumatismale (?) bénigne )

La seconde est la maladie de Werlhoff avec ses hémorragies protuses, ses ecchy- I Maladie de Werl-

moses innombrables et ses allures inquié- i hoîT p. 669.

tantes

La troisième est le purpura aigu fébrile ^ p^ ^ g- f^-

qui peut avoir divers degrés d'acuité et , ^^^^^ g^Q

même se terminer par la mort )

En dehors des purpuras aigus il y a les —

purpuras chroniques dont l'évolution et i .

;.,. ,. ,,. , ut/ Purpuras chroniles récidives sont lies a divers troubles f g^es desdéchéances organiques et présentent le pronostic de l ^^ ^^^ cachexies. . p. 670. l'affection du cœur, du foie, des reins, etc.. ] dont ils dépendent /

LES PURPURAS ET ÉRUPTIONS PURPURlOUES. 0G7

HÉMOPHILIE

On désigne sous le nom d'hémophilie une tendance héréditaire et familiale, très rare, à la fragilité des vaisseaux, aux hémorragies spontanées et diftîcilement coercibles. Dans ces conditions, toute blessure est grave, l'avulsion môme d'une dent peut causer une hémorragie difficile à maîtriser. Tout traumatisme de la peau provoque une hémorragie sous-cutanée ; le corps semble perpétuellement avoir été roué de coups. Cet état au-dessus des ressources de la thérapeutique est à mentionner simplement.

PURPURAS TOXIQUES

Chez certains sujets, les balsamiques, Tantipyrine, la quinine, les iodures, qui peuvent provoquer des éruptions rubéoliques, scarlatiniformes, etc., peuvent aussi déterminer des taches purpuriques vraies, ne s'eil'açant pas à la vitro-pression. Le fait est rare, mais il doit être connu. On a pu voir de même l'érythème du 12'' jour après la sérothérapie s'accompagner de taches purpuriques caractérisées. Tous ces purpuras sont bénins et disparaissent en quelques jours après la suppression de leur cause.

RASHS PURPURIQUES .

Les rashs des fièvres éruptives sont, le plus souvent, des érythèmes scarlatiniformes ; il est exceptionnel de les observer purpuriques. Encore les taches purpuriques sont-elles disséminées sur la surface d'un érythème généralisé. Cette apparence ne deviendrait inquiétante (voir l'art, suivant) que si l'éruption s'accompagnait de température élevée.

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