‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 234 sur 251 · VARICELLE · texte numérisé non relu

VARICELLE

La varicelle est une lièvre éruptive, contagieuse et spécifique distincte de toute autre. On a voulu à tort la rapprocher de la variole. Ses lésions anatomiques tout à fait particulières (cellules épideriniques multinucléées libres dans la vésicule et au-dessous d'elle), sufliraient à assurer sa spécificité.

Son incubation semble de 14 jours, la période d"invasion dure un jour ou deux avec 58%5 ordinairement : très peu de symptômes fonctionnels ou généraux. L'enfant, en pleine éruption, souvent n'est pas couché. Vérupiion est le plus souvent discrète, composée de 40 à 50 éléments disséminés irrégulièrement sur toute la surface du corps. Ces éléments sont des bulles, petites ou grosses, molles, remplies d'un liquide citrin, leur dimension ordinaire est celle d'un petit noyau de cerise, elles sont arrondies mais irrégulières et comme bridées par des tractus intérieurs, souvent on les dirait faites de 2 ou 3 éléments conglomérés. Chaque bulle a une zone d'érythème mince, circonférentielle. L'éruption est prurigineuse, le grattage ouvre les bulles et leur substitue une érosion qui semble celle d'un élément ouvert d'impétigo (confusion facile). L'éruption procède par poussées subintrantes : des éléments sont en régression quand les derniers apparaissent. Il peut y avoir vésiculation sur les muqueuses (bouche et pharynx, conjonctive, narines), le fait n'est pas nécessaire.

Sabouraud. — Dermatologie topogr. 45

bl't . ;DERMATOLOGtE TOPOGRAPUIO.UE.

La phase de dessiccation est assez lente, les croûtes sont souvent détruites .par grattage.. Au cuir chevelu où elles sont fréquentes on dirait les restes d'une poussée d'impétigo de Bockhart (p. '204). Souvent la profondeur de la vésicule, sa suppuration secondaire et les traumatismes du grattage peuvent provoquer une cicatrice à la place de certains éléments de varicelle.

La bénignité de la varicelle est on peut dire constante. Les complications graves mentionnées par les livres sont infiniment peu à redouter. "Il n'y a pas de traitement à faire, sinon des applications locales antiprurigineuses. Pendant la fièvre, demi-diète et repos au lit.

SYNDROMES A LESIONS BULLEUSES

J'ai réuni en ce chapitre le tableau des diverses maladies ou syndromes qui s'accompagnent normalement ou accidentellement de lésions huileuses. Pour la plupart ces affecti(His n'ont l'ien de commun que leur ressemhlance objective.

L'urticaire huileuse est une rareté qui a ) „ .. . , „ „.„

,..,.,.„ [ Urticaire huileuse. . p. 602.

ete étudiée ailleurs S

Certains auteurs ont décrit des pemphi- ) Pemphigus aigus gus aigus bénins qui ne sont que des impé- > bénins épidémitigos streptococciques ) î^es p. 676.

Après eux, je passerai en revue les ) ^ ^. , „ ^ . , 7, ^ .• - f Eruptions huileuses

éruptions huileuses traumatiques ou me- , médicamenteuses, p. 676. dicamenteuses les plus fréquentes. . . . '

Il y a des érythèmes polymorphes \ accompagnés ou non d'érythèmes noueux [ Érythèmes polymordont les lésions en cocarde sont vésicu- ( phes huileux. . . p. 677. leuses ou huileuses ]

En opposition avec l'érythème poly- \ morphe huileux bénin, je placerai le pem- f Pemphigus aigu in-

phigus aigu infectieux presque toujours ( îectieux p. 678.

mortel )

... et l'érythème noueux infectieux / Érythème noueux grave que j'ai observé ) grave p. 678.

Après cela je résumerai ce que sont les ) Dermatite polymordermatites polymorphes douloureuses (ma- > phe douloureuse ladie de Duhring-Brocq) ) (Duhring-Brocq). . p. 679.

Ensuite je dirai quelques mots du pem- \ phigus végétant de Neumann à localisa- ( Pemphigus végétant tiens buccales et ano-génitales, à terminai- 1 de Neumann. . . p. 682. son ordinairement mortelle )

. . . quelques mots du pemphigus foliacé de ) Cazenave, pemphigus à bulles plates, évo- > Pemphigus foliacé, p. 683. luant sur une érythrodermie chronique . )

... et je mentionnerai enfin le pemphigus ) „

. ,,. .f.^.,r Pemphigus trauma-

traumatique benin qui est une infirmité > ticrue u 68A

ordinairement familiale, héréditaire. . . )

... et le pemphigus bénin [des hystéri- ) Pemphigus hysté-

ques \ rique p. 684.

GROUPE DES DERMATOSES A LÉSIONS BULLEUSES

Ce groupe est extrêmement artificiel, fait de maladies de nature et dévolution différentes. Il ne faut voir dans leur réunion ici qu'un groupement symptomatique, au milieu duquel le clinicien doit savoir orienter son diagnostic et son traitement.

PEMPHIGUS AIGU BENIN DES NOUVEAU-NÉS PEMPHIGUS AIGU ÉPIDÉMIQUE DE L ADULTE

Ces noms ont été donnés à tort à l'impétigo vrai (voir p. 045) : épidermite streptococcique phlycténulaire ou huileuse dans ses formes florides. L'impétigo a été décrit en son siège ordinaire avec les lésions du visage. On trouvera en cet article (p. 8) les indications des divers paragraphes concernant la même infection en ses localisations diverses et son traitement. Le nom de pemphigus donné à ces cas est une erreur de nosographie importante, comme on le verra plus loin (p. 678).

ÉRUPTIONS BULLEUSES MÉDICAMENTEUSES

Les éruptions d'oi'igine toxique sont presque toutes polymorphes. Ainsi voit-on des médicaments, dont les éruptions toxiques sont le plus souvent érythémateuses, acnéiformes, ou végétantes, causer une fois une éruption huileuse caractérisée. Cette réserve faite, on peut dire que les deux médicaments qui causent le plus souvent des éruptions huileuses sont l'antipyrine et l'iodure de potassium,

Vantipijrine donne lieu à des efflorescences rappelant celles de l'érythème polymorphe. Ces lésions, au lieu d'alfecter surtout les chevilles, les poignets et le cou, comme dans l'érythème polymorphe, peuvent, au contraire, exister sur le corps diversement réparties, sans localisation régionale et ces efflorescences en cocarde peuvent, comme dans l'érythème polymorphe, devenir phlycténulaires et huileuses.

Viodure de potassium cause des rougeurs, des vésicules, des phlyclènes, des bulles, des plaques de sphacèle cutané, des lésions végétantes, etc., etc., qui peuvent affecter l'aspect le plus surprenant et le plus grave.

SYNDROMES A LÉSIONS BULLECSES. <Î77

On sait que rien ne peut faire prévoir les cas où ces médicaments, ordinairement bien supportés, donneront lieu à de tels accidents. Le traitement est dans la cessation de la cause. Rupture des bulles, pansements humides. Pommade au sous-carbonate de fer au 1/40.

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