VARIOLE
La variole est une fièvre éruptive, spécifique, contagieuse, inoculable, épidémique. Son incubation est de 10 à 12 jours. Son invasion est marquée par de graves symptômes généraux : fièvre intense, grands frissons, rachialgie très douloureuse, anxiété, nausées, vomissements, agitation ou prostration. 11 y a pourtant des formes bénignes dont le début est moins bruyant. Après deux ou trois jours de ces symptômes croissants, la température demeurant à 40*^' ou au-dessus, apparaissent dans les plis naturels, sur fabdomen, la poitrine, des rasbs rubéoliformes, scarlatiniformes, et, dans la variole liémorragique mortelle, pourprés.
Plus la période d'invasion est brève plus la variole sera grave, et inversement.
Véruption est discrète, cohérente, coidluente. Chaque élément débute par une macule qui devient une papule puis une vésicule, puis une pustule. Mais cette succession, sauf la dernière, s'observe peu. Ce qu'on voit ce sont des vésico-pustules ombiliquées, cerclées d'une aréole rouge, petites ou grandes, rares ou nombreuses et quelquefois fusionnées.
L'éruption est prédominante au visage, gonflé, rouge, pustuleux, qui peut devenir horrible. L'éruption existe sur toutes les muqueuses d'où : dysphagie, dyspnée, conjonctivite suppurée. La fièvre tombe la veille de l'éruption puis elle reprend et augmente avec elle. On voit 40", 5 et 41°. Vers le 12"^ jour la dessiccation des pustules commence. Celles qui ne sont pas ouvertes passent sur place à l'état croùteux. Ces croûtes se détachent et se reforment en diminuant de volume. Cette péi'iode dure, suivant les cas, 5 semaines, 1 mois.
Je ne mentionnerai qu'en passant les complications de la variole : furoncle, abcès, gangrènes, cécité par panophtalmie ou par cicatrice opaque de la cornée, otites et surdité, nécrose des cartilages laryngés, l)roncho-pneuinonie, pleurésie purulente, gangrène pulmonaire, endocardite, péricardite, myocardite, phlegmalia, orchite et parotidite suppurée, etc., tout peut se voir.
VARIOLE. — VARIOLOIDE. — VARICELLE. 0/3
La contagion s'exerce par les croûtes, elle peut se produire à toute période de la maladie surtout à la période de dessiccation. Dans les pays où la vaccine est inconnue ou mal pratiquée (Cochincliine) une épidémie peut tuer les 4/5 de la population d'un village contaminé (Jeanselme). La variole de la femme enceinte tue le produit, même à terme, dans les 5 ou 4/5 des cas. Le traitement d'une variole déclarée est symptomatique. L'isolement du malade s'impose et l'antisepsie permanente de la surface cutanée et des surfaces muqueuses accessibles. Revacciner tout Tentourage du malade bien que la vaccine puisse être trop tardive et évoluer avec la variole. {Vaccine, p. 518.)
La varioloïde n'est que la variole atténuée jusqu'à être une fièvre, éruptive des plus bénignes. Elle est ainsi, chez les vaccinés, réduite à quelques boutons, sa durée tombe à 8 ou 10 jours, etc. Les symptômes objectifs de sa lésion élémentaire restant typiques.