II. — DYSCHROMIES NERVEUSES
La maladie d'Addison a sa triade symptomatique, asthénie progressive, douleurs lomJ)aires, troubles digestifs, et sa localisation dyschromique aux régions découvertes.
La mélanodermie des tuberculeux semble une copie accidentelle de la mélanodermie addisonienne quand la tu])erculose a touché, avec le péritoine, le sympathique abdominal, et le plexus surrénal ou la capsule surrénale.
L'acanthosis nigricans, étudié pages 44, '270, 292, avec sa pigmentation de la bouche et des plis cutanés, et son hypertrophie papillaire de la peau, maladie en rapport avec des tumeurs malignes abdominales, pourrait avoir la même origine sympathique que les deux précédents types morbides.
La chloasma, masque utérin (voir p. 28), peut être hypothétiquement rapporté de même à une origine sympathique abdominale.
La syphilide pigmentaire du cou (étudiée p. 275) semble un trouble pigmentaire protopathique, survenant sans lésion maculeuse ou papuleuse préalable. Il existe une leucodermie syphilitique dont le siège n'est plus exclusif au cou et qui est constitué par des taches blanches légèrement atrophiques, consécutives à une éruption maculeuse ou papuleuse disparue.
Les dyschromies lépreuses. — Dans la lèpre (p. 731), il y a :
1" Les taches érythémateuses de la roséole lépreuse, qui restent pigmentées, visibles longtemps après que l'érythème a disparu.
2" 11 y a ensuite des pigmentations d'emblée, en nappe ou en taches, fréquentes au premier stade de la lèpre anesthésique.
3° 11 y aussi les taches dyschromiques de toutes formes, qui apparaissent insidieusement ou par poussées et qui présentent invariablement des troubles sensitifs de leur surface.
4° Les vieux lépreux ont souvent une coloration grisâtre de leur peau infiltrée : œdème bronzé.
5° Et des cicatrices, blanches ou noires et très scléreuses, de leurs tubercules ou ulcérations disparues.
Darier signale enfin des dyschromies dans beaucoup de maladies
DERMATOLOGIE TOPOGRAPH[QUE.
nerveuses : hémiplégie, goitre exoplitabnique, paralysie infantile, hémiatropliie faciale, sclérodermie, etc.
C'est à côté des dyschromies nerveuses et parmi elles que doivent être placés les vitiligos.
Vitiligo (|). '28). — Deux éléments le constituent : des taches blanches achromiques et une bordure hyperchro- / 1 inique. Sa cause est inconnue, bien qu'on Tait
/ '' observé après des chocs nerveux importants et après
J^ des maladies infectieuses. Nous l'avons étudié au
I ^ visage (p. 28), aux mains (p. 582), aux régions
j I inguino-scrotales (p. 524) où se trouvent ses lieux
' , d'élection. Ses symptômes sont surtout négatifs. Il
, n"a en propre aucun signe fonctionnel, ne s'accompagne d'aucun trouble général perceptible. Sa guérison spontanée, quand elle survient, ou l'extension de ses plaques ou leur déplacement ne sont pas plus comprises que leur apparition. Les rapj)orts du vitiligo avec la syphilis ancienne ou héréditaire, avec la pelade (Cazenave), avec la sclérodermie, ne sont pas encore précisés.
DYSCHROMIES DORIGINE HEMATIQUE
Il existe des colorations bronzées de la peau dans les lymphadénies, les leucémies, le mycosis fongo'ide.
Dans la cachexie paludéenne, la peau est terreuse, grise ou hnu\ jaune. Il s'agit d'une mélanémie qui dépose le pigment sous l'épiderme dans le ciiorion.
Dans le diabète bronzé, c'est un pigment d'origine hématique certaine qui. déposé dans le derme, produit la coloration.
Fio. 2-20. — Vililii; cliéz un sypliilitii|iit (Mrthulc deUarier.)