LADRERIE
La ladrerie cutanée, maladie rare, est due à l'introduction dans l'estomac des œufs du tsenia soliuni lnim;iin, à la migration des cvsli-
TliMElRS DE LA l'EAU. 6i)l)
cerques dans rorgaiiisine et à la création par chacuii cFun petit kyste. La ladrerie cutanée est donc caractérisée par l'existence d'ailleurs indolore et souvent môme inaperçue de petits kystes gros comme un pois, puis comme une noisette, mobiles sous la peau et dont le développement lent s'arrête à ses dimensions.
Le diagnostic n'est pour ainsi dire jamais fait avant l'extirpation et l'examen d'un de ces kystes.
C'est une maladie à signaler, surtout pour les erreurs qu'elle fait commettre, parce qu'on ne pense pas à elle. La ladrerie cutanée ne présente aucune gravité, mais la migration des cysticerques a été générale. Il peut s'ensuivre le développement des kystes spéciaux dans l'œil, les centres nerveux, etc., avec une série de phénomènes réactionnels correspondant à leur siège et pour quelques-uns de gravité mortelle.
HYPHOMYCOSE DE RAMOND
J'ai étudié avec MM. de Ceurmann et Ramond une hyphomycose objectivement très analogue à la ladrerie et caractérisée par une série de petits kystes ronds, mobiles sous la peau, gros comme une noix, disséminés en tous points du corps. Les kystes à contenu séro-purulent enlevés chirurgicalement récidivaient en masse in situ. La culture donnait, pure et constante, des colonies innombrables d'une Une moisissure despèce encore indéterminée.
L'iodure de polassiuni à Vintérieur fit immédiatement rétrocéder et disparaître les tumeurs. \i\oa\xve ayant été suspendu après trois mois, une tumeur reparut au front qui disparut définitivement après deux nouveaux mois de traitement.
GRANULOMES CALCAIRES SOUS-CUTANÉS (MILIAN)
Maladie rare, rurale, probablement parasitaire et contagieuse, caractérisée d'abord par une tumeur sous-cutanée froide ressemblant à un abcès tuberculeux, à base indurée, de consistance pierreuse, dont l'ouverture évacue un pus crémeux rempli de gravier calcaire. A la longue de nouvelles tumeurs se produisent à distance; après des mois, des années, la généralisation se fait peu à peu avec fièvre hectique, marasme et mort. Le traitement est tout entier dans Tablation chirurgicale des tumeurs quand elle est possible.
700 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIlIQUE.
BLASTOÎVIYCOSES
Les blastomycoses forment dans la dermatologie d'Enrope un chapitre encore très neuf. Elles paraissent plus fréquentes en Amérique qu'en Europe où elles sont moins connues et sont considérées comme cas exceptionnels.
Il en existe une forme en nappe fongueuse, lupoïde, végétante, ou en placards plats également très lupoïdes, presque toujours pris pour des lupus.
Le cas que j"ai observé ressemblait à une gomme du tibia, présumée tuberculeuse par les uns, syphilitique par d'autres. L'examen direct et la culture (Rubens-Duval) la démontrèrent causée par une levure à culture d'un jaune sale.
L'exemple de l'actinomycose doit toujours faire essayer dans ces cas le traitement interne pai- l'iodure de potassium sans préjudice des traitements médico-chirurgicaux que réclamera l'état local.
BOTRIOIVÎYCOSE
Nous avons étudié sous ce nom (p. Î07) la boiriomycose la plus fréquente, aux mains. Elle se présente toujours sous la forme d'un bourgeon charnu frambœsiforme qui semble faire corps avec les tissus sous-jacents, mais n'y est relié en réalité que par un mince pédicule. Cette tumeur qu'on a considérée d'abord comme spécilique semble avoir l'origine des bourgeons chai'uus des plaies.
Traitement : Section du pédicule, pansement aseptique, cautérisation du pédicule reslant au nitrate d'argent si cela est nécessaire.
CHÉLOÏDES MULTIPLES
Les chéloïdes sont des tumeurs fibreuses, le plus souvent de forme allongée, mais dont la forme peut être quelconque, revêtues de la peau normale et faisant corps avec elle, extrêmement dures au toucher et faites d'un tissu sclérenx très dense et résistant. Ordinairen^ent vme chéloïde succède à un traumatisme. Et sur certains sujets tous les traumatismes donnent lieu à une chéloïde (soi-disant diathèse chéloïdienne) ; on voit ainsi une région : dos ou poitrine, visage, mains, et
même toutes ces régions à la fois présenter t> à 10 chéloïdes de dimensions variables. Leur développement est lent, progressif, puis elles restent stationnaires et ne rétrocèdent pas.
La nature tuberculeuse de beaucoup de chéloïdes ne fait aucun doute. Leur inoculation au cobaye, expérience renouvelée souvent, a donné des résultats quelquefois négatifs, mais des résultats positifs en grand nombre.
Malgré quelques extirpations heureuses de chéloïdes, il faut savoir que dans la majorité des cas, Texérè^e, si complète qu'elle soit, donne lieu à la production d'une nouvelle chéloïde plus grosse que celle qu'on a enlevée.
Le seul traitement toujours valable reste la scarification linéaire quadrillée profonde de toute la tumeur chéloïdienne. On fait sous la chéloïde une piqûre de cocaïne ou de stovaïne (1 centigramme) en retirant peu à peu la seringue (injection linéaire), on attend trois minutes pleines, puis on pratique la scarilication régulière, au bistouri, en sachant que la chéloïde, qui doit être sectionnée dans toute son épaisseur, existe à la môme profondeur au-dessus et au-dessous de la peau.
Le traitement d'avenir des chéloïdes semble devoir être la radiothérapie, appliquée aux mêmes doses que dans le cancer, et pratiquée de même (p. 5(5). Jl semble que les séances fortes avec érythème donnent dans le traitement des chéloïdes comme dans celui du lupus érythémateux des résultats plus rapides.