‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 243 sur 251 · LOUPES · texte numérisé non relu

LOUPES

Les loupes ont une prédilection pour le cuir cbevelu. Le même individu en présente souvent plusieurs. Elles grandissent et semblent se multiplier avec l'âge. Elles semblent constituer une ditïormitij héréditaire.

Pour certains auteurs, ce sont des kystes par rétention, c'est-à-dire de gros kystes sébacés. Et ce fait se trouve appuyé par la coexistence, sur le même cuir chevelu, de kystes sébacés à orifices visildes et de loupes sans orifice décelable. Pour d'autres, ce sont des kystes deimoïdes. Pour Darier, ce serait une variété de ncTvi, des adénomes folliculaires kystiques. Il est possible que les trois théories soient vraies dans des cas différents.

KYSTES ÈPIDERWIQUES TR AU iV! ATIOUES

Petites tumeurs dures indolentes, rondes, plus ou moins mobiles, du volume d'un pois ou d'une noisette. Ils résultent d'un traumatisme ayant déterminé dans la profondeur la grelïe d'un lambeau épidermique. Leur origine les fait plus fréquents chez rhomme (p. 421).

696 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIilOUE.

HYDROCYSTOmES

Kystes miliaires, multiples, à contenu séreux se développant principalement au visage de femmes d'âge moyen que leur profession expose au rayonnement d'un foyer : blanchisseuses, cuisinières, etc. Ils peuvent disparaître en hiver, reparaissent et se multiplient en été. fis ne se vident jamais, ne suppurent jamais. A leur surface la peau est jaune ou gris bleuté. Ils semblent de la nature des nœvi : adénomes sudoripares kystiques.

Les ponctionner un par un à la fine pointe du galvano-cautère. 11 en sort une gouttelette de liquide clair, lis disparaissent et ordinairement ne se reproduisent pas.

KYSTES SYNOVIAUX

.le mentionne seulement les kystes des gaines tendineuses et périarticulaires, vidgô : ganglions, plus fréquents au dos du poignet que partout ailleurs, de développement lent, demeurant stationnaires une fois formés, sensibles à la pression, et pouvant un peu gêner les mouvements de Tarticulation sous-jacente.

Cette affection est du ressort de la chirurgie.

HYGROMAS

J'en dirai autant des hygromas, épanchement séreux dans les bourses synoviales préarticulaires du genou, du coude, et qui peuvent exceptionnellement passer à un stade de suppuration. I^ur traitement est chirurgical.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUIVi

Dermatose bénigne de tous âges, caractérisée par de petites tumeurs superficielles, molles, ombiliquées paraissant creuses et incomplèteuient pleines 'd'une matière qu'on peut avec quelque peine expulseï' entre deux ongles. Ces petites tumeurs ont des dimensions variables d'un grain de mil à une petite cerise, elles sont fréquentes sur les régions à peau Iine : paupières, sein, fourreau de la verge et sur les

i';3gions (liles séboirhéiques : centre du visage, Teriex chauve, l'égion ui^dio-llioracique, etc. En certains cas, ces éléments se multiplient à l'inlini. 11 en coexiste de toutes tailles en plusieurs régions; en d'autres cas, rérupîion est discrète et se compose de quel((ues éléments disséminés.

11 paraît certain que la tumeur épithéliale qui constitue chaque élément de molluscum contagieux est née aux dépens de Tépiderme de recouvrement et non aux dépens d'une glande sébacée : il s'agit d'une dégénérescence épidermique très pailiculière à cette affection et qui la caractérise essentiellement.

Le traitement du molluscum contagiosum par l'abrasion à la curette tranchante est classique. 11 est d'une extrême simplicité et donne des résultats parfaits. Si les éléments sont trop nombreux, on recommence l'intervention autant de fois qu'il est nécessaire.

Chez les très petits enfants, j'ai eu de bons résidtats de la cautérisation à la teinture d'iode de chaque élément vidé d'abord par expression.

VERRUES

Les verrues sont des néoplasies cutanées bénignes, contagieuses, inoculables, mais dont la cause parasitaire est inconnue.

On en distingue cliniquement trois espèces : La verrue vulgaii/e, la verrue plane juvénile, et la verrue sénile ou séborrhéique.

Verrues vulgaires. — Elles sont de tout âge, de tout sexe, et siègent

FiG. 22L — Verrues vulyaires. (Mahule de Jacquet. l'iKitograpliic de Ituljray.)

surtout aux parties découvertes : aux mains, aux doigts, autour des ongles, même à la face palmaire des mains. Elles sont trop connues pour que j'en fasse de nouveau la description. (Elles ont été étudiées p. 505.)

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Vernie plane juvénile. — Rlles s'oltservent toujours connue un semis de petites papules planes, roses à surface lisse, disséminées en Ilots ou par trainées sur le visage ou le dos des mains. Leur petitesse, leur surface lîrillante, leur agglomération les rapprochent objectivement des éruptions papuleuses miliaires lichénoïdes. J'ai étudié plus haut cette forme morbide (p. 152).

Verr^œ sénile. — Au contraire des précédentes, les verrues séniles occupent non seulement le visage et le dos des mains mais principalement le tronc. Elles peuvent y atteindre un degré de conlluence invraisemblable. Le nombre de ces verrues augmente avec Tàge.

Chacune fait une saillie montueuse, mamelonnaire, villeuse, appréciable au toucher quoique minime. Leur couleur est d'un brun gris ou verdâtre, leur surface est friable et leur raclage fournit une poussière de débris épithéliaux. Je les ai étudiées pages 55, 546, etc....

PAPILLOMES

Les papillomes existent aux organes génitaux (végétations), dans la bouche, sous la même forme (Dnbreuilh), à la face et au cuir chevelu.

Ce sont des lésions qui, sur les muqueuses, paraissent avoir la forme d'un chou-fleur, et, sur la peau, semblent faites de digitalions cornées agglomérées cote à côte.

Ce sont de petites tumeurs bénignes, d"une durée fort longue et de récidives fréquentes, qui paraissent inoculables, ou tout au moins réinoculables au porteur; elles peuvent exister disséminées et rares : sur les mains, sur le visage et au cuir chevelu. Elles peuvent exister conglomérées à la vulve ou dans le sillon balano-préputial et former ainsi d'assez grosses masses.

J'ai décrit ailleurs les papillomes (p. i74 et 496) et j'y insiste d'autant moins ici qu'il s'agit toujours de lésions situées en des localisations précises, toujours les mômes, et sans tendance à la généralisation. Le lecteur aura donc plus ordinairement Tidée d"en chercher la description aux régions où on les rencontre.

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