FACE INTERNE DES JOUES
arrêtée, qui, au repos de la mâchoire, vient exactement combler la place de la dent manquante. C'est un fait qu'il faut connaître pour ne pas confondre ces sortes de tubérosités avec une néoplasie quelconque. Il arrive du reste que ces saillies, traumatisées à chaque mouvement de la mâchoire, ou pincées entre les dents pendant la mastication, s'exulcèrent, et môme peuvent être le point de départ d'un épithélioma. On ne les fait disparaître que par le port d'un appareil dentaire remplaçant la dent qui manque.
LEUCOPLASIE
La leucoplasie buccale a été étudiée en son lieu (p. ■Vl), mais ses localisations à la face interne des joues présentent souvent une physionomie spéciale.
C'est à la face interne des commissures que siègent ces plaques grises, hyperkératosiques, radiées en patte d'oie, que Ton nomme plaques « des fumeurs », et que la suppression môme totale et prolongée du tabac ne fait pas toujours disparaître.
La leucoplasie véritable parait n'être qu'un degré de plus d'hyperkératose. Ses plaques plus saillantes, plus blanches, plus nettement limitées, peuvent siéger aux commissures, ou être placées en tous points de la face interne des joues. Leur évolution, leurs mœurs sont celles de la leucoplasie buccale de tous les sièges. Dans la leucoplasie buccale, ce sont souvent les plaques de ce siège sur lesquelles débute l'épithélioma. Il apparaît alors sur la plaque leucoplasique avec la forme llorale radiée de l'anémone de mer.
On sait que cet épithélioma sur-leucoplasique peut ôtre de toute gravité. J'ai traité de son traitement et de celui de la leucoplasie, p. 56 et i").
LUPUS ÉRYTHÊMATEUX
Le lupus érythémateux s'observe assez rarement dans la bouche, toujours avec une localisation élective à la face interne des joues. Il y forme une ou des plaques irrégulières, légèrement saillantes, indurées, rouges vineuses, parsemées de plaques blanches d'hyperkératose et d'exulcéi'ations traumatiques provenant des dents.
On l'a décrit dans certains cas comme unique localisation de la
maladie. Dans l'immense majorité des cas, il accompagne un lupus éi'ytliémateux du visage, du cuir chevelu et du corps.
Sa marche, son évolution sont celles du lupus érythémateux de tous sièges. La radiothérapie lui serait applicable autant et plus qu'au lupus érythémateux de surfaces cutanées, car on pourrait la pratiquer par l'extérieur et par l'intérieur à la fois. Et on sait qu'il faut de grosses doses de rayons X pour agir activement sur le lupus érythémateux (p. 19).