LICHEN PLAN BUCCAL
Le lichen plan de Wilson (p. 08 et (iSô) a de fréquentes lésions à la muqueuse des joues, à la langue, au voile du palais, 11 s'y manifeste sous forme d'arborisations bleuâtres ressemblant à de minces tractus cicatriciels qui se subdivisent et se coupent. Certains de ces linéaments sélargissent pour former par places de petites papules plates, grises, à peine saillantes, quelquefois très nombreuses dans le lacis au milieu duquel elles sont comprises. On en trouve ainsi un ou deux ou trois îlots. Le lichen plan buccal atVecte d'ailleurs la même forme et les mêmes symptômes sur la langue, au palais, etc. Mais dans la bouche, il est plus fréquent à la face interne des joues que dans toute autre région.
Le lichen plan de la bouche n'est qu'une localisation du lichen plan de toutes les muqueuses, et surtout il n'a qu'une valeur symptomatique ; le lichen plan de tous sièges étant sans traitement spécifique et guérissant seul en quelques mois. Toutefois les lésions des joues peuvent survivre à celles du corps. On a dit les avoir observées seules dans quelques cas(?) Cerlains dermatologistes feraient volontiers des cas de lichen plan de toutes les leucoplasies non syphilitiques. Cette opinion me paraît en contradiction avec les faits cliniques. L'évolution de la leucoplasie essentielle est très différente de celle du lichen plan de tous sièges.
MÉLANODERMIES
Au chapitre. Bouche en général, j'ai parlé succinctement des mélanodermies et du vitiligo (p. 45). Ces lésions s'observent surtout à la face interne des joues. Dans un abrégé aussi succinct que celuici, je n'ai rien de plus à en dire. Je traiterai des mélanodermies en général (p. 685).
La pathologie dermatologique des lèvres est assez complexe, car les lèvres présentent deux faces. Tune cutanée, l'autre muqueuse, et un bord libre dont les manifestations dermatologiques sont particulières (').
Chez reniant les commissures présen- )
tent deux points symétriques d'irritation [ Perlèche p. 81.
chronique connue sous le nom de perlèche. \
Le coin des lèvres chez Vadulte présente ) souvent aussi les bouquets vésiculeux de y Herpès fébrile. . . p. 83. i'herpès fébrile )
Le bord rouqe des lèvres est quelquefois ] „ .
^ -j * r j «^„, ^ + „v,„ 4. ^ 7'„„ f Eczéma fissuraire
traque et montre des nssurations et de 1 ec- j t, j oo
. ^ (du bord rouqe . . p. 83.
zema 1
Le bord cutané offre aussi de Veczéma ) Eczéma du bord cu-
souvent traumatique . . . ) tané p
...Quelquefois du milium Milium p
Les lèvres peuvent être le sièqe du ) „, . ,
. , , L Chancre indure . . . p
chancre indure )
...i7f aussi de plaques muqueuses .... Plaques muqueuses p
La face interne des lèvres offre à l'étude } „ , ., * x- • , ., XX-, X T ■ [ Syphilome tertiaire p
un syphilome tertiaire hypertrophique . . . . S
Cette même région peut présenter r ancien ) , .
. , , • ,., 1 1 • f Leucoplasie non sy-
psoriasisjbuccai mieux a;£ .■ leucoplasie non > ,.,..• oo
^ , .,.^. ( philitique. ... p. 88.
syphilitique j
...Qui irèssouyeiit ajbouiii à i'épithélioma Épithélioma. ... p. 89.
La lèvre montre enfin un lupus tubercu- \
leux de forme papillomateuse et hypertro- [ Lupus tuberculeux, p. 90.
phique 1
...Et une tuberculose ulcéreuse analogue à } Ulcération tubercu-
celle de la langue J) leuse p. 91.
PERLECHE
La perlèche banale est un intertrigo des commissures des lèvres, et les intertrigos sont des impétigos à streptocoques, localisés aux plis
(') Toutes les maladies pilaires des lèvres seront étudiées au ehapilre niouslache. p. 157, et au chapitre barbe, p. 170.
82 DERMATOLOGIE TOPOCRAPHIQDE.
naturels. La perlèclie est donc un impétigo commissiiral. Elle peut être due à une infection streptococcique salivaire ou accompagne)' des lésions d'impétigo du vidage.
La lésion est constituée dans chaque angle commissnral par une ou plusieurs fissures du pli entoui'ées pur deux surfaces correspondantes
Fii;. Ô2. — Perlèclie. — Im|iétig'o coiniiiissiiral ou intertrigo streplococcique. (Jlalade de Jacquet.
Photographie de Duhray.)
d'épiderme macéré blanc viola tre ou lilas pâle. Sur la peau, la perlèclie peut se continuer par une lésion d'impétigo vrai, rayonnant en patte d'oie, ou par une lésion plus sèche à croùtelles poudreuses ou à squames fuies, darti'e volante (voy. PitijriasLs simplex faciei, p. 11). Laissée à elle-même cette lésion peut durer de longs mois. Elle disparait lentement et peut récidiver.
Non seulement la perlèche est contagieuse comme l'impétigo, mais comme lui elle est épidémique. C'est une maladie scolaire sans doute transmise par les porte-plumes mâchonnés. Cette épidémie, connexe, presque toujours, d'une épidémie de dartre volante de même nature microbienne, ne présente aucune gravité. La nature streptococcique de ces diverses lésions est mise en évidence par les méthodes de culture de riinp('tigo commun (p. 10).
Le traitement de la perlèche est celui de l'impétigo, frictions fréquentes avec :
Kau distillée 100 gramme.s.
Sulfate de zinc ] gramme.
ou bien avec :
Nitrate d'argent . 5 grammes.
Eau distillée 100 ^ --
et pansements la nuit avec :
O.vyde de zinc 7 graunnes.
Vaseline 30 —
Oiiand la perlèche s'accompagne de lésions cutanées rayonnantes un peu larges, celles-ci se trouvent liien de Tapplication de jionimades cadiques faibles :
Huile de cade ) .
Oxyde de zinc ) "^'^ -" grammes.
Vaseline ^ ~ a-
Lanoline ^ au lo —