ŒIL
De toute la pathologie de l'œil, le dermatologiste ne doit rigoureusement connaître que très peu de types morbides.
Le premier est la kératite interstitielle ) , . qui est un stigmate de la syphilis hérédi- ) ^^r^^j^e intersti-
^ . ^ ( tielle p. 147.
taire )
Le second est l'impétigo phlycténulaire \
u I,- -i- j • f Kératite phlvcténuqui accompagne ou suit limpetigo du vi- "■'=^«''"'=' i'" j^i.^"
sage )
Le troisième est l'iritis secondaire syphi- ) , . . , .,. . ,,n
y . \ Intis syphilitique . p. 148.
KERATITE INTERSTITIELLE
La kératite interstitielle est un stigmate de syphilis héréditaire. Sur un point excentrique, ordinairement dans sa partie inférieure, la cornée est rendue opaqne par nn dépôt interstitiel d'un blanc bleuâtre, plus marqué au ceutro de la tache et qui va s'amincissant en dégradé à son pourtour; c'est toujours une lésion de l'enfance, mais qui peut s'accentuer peu à peu.
Souvent dans ce dépôt blanchâtre, on voit se former tout un groupe de ponctuations noires, rondes, de grosseur variable, et qui sont des synéchies indiennes antérieures.
Cette lésion s'observe sans autres symptômes fonctionnels qu'un amoindrissement progressif de la vision, lorsque l'opacité cornéenne gagne le centre de la pupille. . • "
Cette lésion, que le traitement spécifique n'améliore pas lorsqu'elle est constituée, permet le plus souvent la vue après iridectomie. Pour le dermatologiste, c'est un élément de diagnostic rétrospectif des plus importants.
KÉRATITE PHLYCTÉNULAIRE
La kératite phlycténulaire est l'impétigo de l'œil; c'est une érosion en coup d'ongle de la surface de la cornée, résultant d'une phlyctène
us DERMATOLOGIE TOPOGRAPHIQUE.
impétigineiise, le plus souvent survenue au cours d'un impétigo du visage (p. 8). Cette lésion s'accompagne de phototobie intense et de larmoiement.
L'enfant, plus ou moins couvert de croûtes impétigineuses, ou bien atteint de coryza impétigineux avec écoulement nasal (p. 92), s'avance en tenant sa tête oblique. L'œil qu'il tient le plus bas est fermé. Si Ton ouvre les paupières, on trouve la conjonctive suppurante, l'œil injecté, et à la surface de la cornée la petite lésion dépolie qui est la trace érosive de la phlyctène impétigineuse abrasée.
Cette lésion mal traitée ou non traitée dure longtemps; souvent plusieurs lésions semblables se produisent successivement, et alors l'affection dure 4 et 6 mois. Cbaque érosion laissera une opacité cornéenne bleuâtre, définitive. Bien traitées, au contraire, ces lésions prises à temps guérissent sans laisser de traces.
Les instillations de sulfate de zinc au 1/1 00'^ répétées 5 à 5 fois le jour et les compresses permanentes chaudes constituent le traitement de choix de cette affection.
IRITIS SPECIFIQUE
Il existe une iritis récidivante dite rhumatismale, parce qu'on en ignore la cause; on voit quelquefois l'iritis survenir au cours de manifestations infectieuses diverses (érythème scarlatiniforme récidivant, etc.); on en a même signalé au cours de la blennorragie. Mais l'iritis la plus fréquente, la mieux caractérisée, est l'iritis de la syphilis secondaire.
Elle peut survenir dès l'appariLion de la roséole, mais elle tarde ordinairement davantage; on peut l'observer au cours de toute la première année de la syphilis.
Elle s'annonce par un cercle de congestion périkératique souvent dénommée «coup d'air», très peu douloureuse d'ailleurs. Déjà, si l'on examine la pupille, elle n'est plus ronde mais oblongue, plus ou moins difforme, présentant quelquefois sur un point de son pourtour une encoche. Si l'on examine la mobilité de l'iris en faisant ouvrir subitement l'œil après l'avoir tenu fermé, l'effort que la pupille fait en se contractant exagère sa difformité.
La lésion consiste en ceci : que la face postérieure de l'iris est tapissée d'un exsudât inflammatoire fibrineux qui l'immobilise. Par