ŒIL. U
rorifice pupillaire, on peut voir ces synéchies postérieures comme un louche floconneux.
Cette lésion bénigne, si elle est prise à temps, doit être soignée intensément, toujours par les piqûres d'huile grise ou de calomel (p. 55). Il est d'usage de faire porter au malade un emplâtre de Vigo, ou de lui faire faire des applications d'onguent gris sur toute la région de la tempe. Les injections sont plus nécessaires.
Bien traitée, la lésion rétrocède et guérit en 2 ou 5 semaines. L'iris retrouve sa mobilité. La vision reste parfaite. Mal traitée ou traitée trop tard, l'iritis laisse des synéchies permanentes et la pupille reste diflbrme. Cela est une cause de récidive.
L'iris n'est pas toujours seul atteint, la choroïde l'est souvent et les irido-choroïdites sont récidivantes aussi et peuvent laisser au fond de l'œil des désordres définitifs. Mais les choroïdites sont du domaine de l'oculiste et ne sauraient être étudiées ici.
Lesourcilprésenteàconsidérer: d'abord )
une insuffisance de développement pour / Atrichie P- 15 J-
laquelle on est quelquefois consulté. . . • ) ' ^
...Ou une exagération de développement } jjypertrichose . . . p. 150. qui réunit les sourcils sur la ligne médiane. )
Comme toutes les régions pilaires le \ sourcil est un lieu d'élection pour le pity- ^ Pityriasis stéatoide. p. 151. riasis gras )
...Et pour l'eczéma suintant et croûteux l gg^éma P- 152.
qui peut lui succéder )
Ces états sont souvent suivis d'une alopé- ^ p^^^^^^^^ pityrode . p. 153. cie qu'il faut connaître et traiter )
Le sourcil est le lieu d'élection d'une j maladie particulière, signalée par une Ç ^^^.^^033 p^^ire . . p. 153. légère hyperkératose de l'orifice pilaire et ( une atrophie ultérieure du poil j
La queue du sourcil est un point où per- ) ^^^^^ ^^ ^^ ^^^^^ siste quelquefois un kyste congénital pris a . ^^ sourcil. ... p. 154. tort pour une loupe )
C'est une des régions où l'alopécie syphi- \ ^^^^.^^^ syphili-
litique secondaire prend une des formes . ^.^^^ p 455
les plus spéciales )
La pelade des sourcils est à connaître, ) bien qu'elle ne soit ordinairement qu'un J Pelade du sourcil. . p. 153. épiphénomène des pelades graves )
Enfin le sourcil est un des points où ) se fait au début le diagnostic de la lèpre \ Tubercules lépreux, p. 156. tuberculeuse.
ATRICHIE ET H YPERTRICHOSE
Il y a des jeunes filles qui se plaignent que leurs sourcils sont trop pâles et trop peu fournis.
Le plus souvent ce sont des blondes aux cheveux lins ; on peut leur conseiller des lotions excitantes du type de celle-ci :
Teinture de jaborandi 25 grammes.
Alcool à 90" ' 250 —
Extrait de violettes 25
SOURCILS. JS'I
On peut conseiller aussi des lotions acétiques faibles qui ont tendance à faire foncer la couleur du cheveu Exemple :
Acide acétique crisLallisable 1 gramme.
Liqueur d'IIolïmanu 50 grammes.
(uu peu caustique).
Quelques jeunes filles inversement se plaignent, non pas que leurs sourcils soient trop accusés, mais qu'ils se l'ejoignent sur la ligne médiane. Ce sont des brunes, hypertrichosiques, présentant en divers lieux un duvet trop accusé et trop visible. Contre cette hypertrichose inter-sourcilière, il n'y a guère à préconiser que l'électrolyse (p. lo8). lUen faite et appliquée aux seuls gros poils, en laissant en place le duvet pâle, elle améliore l'état des choses, et enlève de la dureté d'expression que donne au visage cette légère disgrâce.
PITYRIASIS STÉATOIDE
Le sourcil se comporte comme un morceau détaché du cuir chevelu, il en peut présenter toutes les maladies principales, en particulier toutes les maladies pclliculaires.
Le pityriasis du sourcil accompagne en général le pityriasis stéatoïde du cuir chevelu (p. ^ô^), et ses squames sont stéatoïdes comme les siennes. En rebroussant les poils du sourcil, on voit des pellicules soulevées, épaisses, jaunes, molles, qui peuvent même très légèrement dépasser la région pilaire. Cet état est permanent avec des exacerbations; l'état stéatoïde des squames est plus ou moins marqué, tantôt elles sont feuilletées, presque sèches; tantôt elles sont pâteuses comme une graisse demi-co«crète.
Ce pityriasis est presque toujours diffus, rarement figuré par anneaux ou demi-circinations. Dans ce dernier cas, il y a des cercles pityriasiques du front (p. 155) et du sillon naso-génien (p. 106).
Le traitement au début emploiei'a des pommades au goudron ou au soufre dont les résultats sont immédiats :
Soufre précipité 1 gramme.
Vaseline. . . . • 50 grammes.
Résorcine 1 gramme.
Essence de verveine . . 0. S, pour parfumer.
dih bien :
Huile de cade 5 grammes.
— de bouleau )
Ichtyol > ;ïïi l gramme.
Résorcine )
Lanoline 10 grammes.
Vaseline "... 15 —
Ces pommades sont appliquées le soir, nettoyées le matin. On entretiendra ultérienrement les bons résultats acquis avec des frictions quotidiennes telles que :
Coaltar saponiné 25 grammes.
Eau do Cologne 175 —
ECZËIVfA PILAIRE
Le pityriasis stéatoïde, aux sourcils comme partout, est souvent l'origine d'une eczématisation sous-jacente, donnant lieu à un suintement vrai et à des croûtes. Le môme phénomène se produit à la moustache (p. 165), à la barbe, au cuir chevelu (p. 259), et quelquefois l'eczématisation se produit en tous ces points. Les phénomènes fonctionnels : prurit, chaleur, suintement, se prononcent ou apparaissent; le suintement d'une sérosité poisseuse et coagulable se produit et s'exagère, donnant lieu à des croûtes épaisses, qui occupent, comme le suintement, la place exacte du sourcil et agglomèrent ses poils en une seule masse. Cet eczéma, limité aux régions pilaires, participe beaucoup de la tolérauce aux médicaments que le pityriasis monti'ait déjà; ce sont des eczémas qui tolèrent les goudrons très ordinairement et les soufres même quelquefois. Ces applications se font en pommades, appliquées par massage :
Huile de cade 10 grammes.
Lanoline 20 —
Huile de bouleau \
Résorcine ■ ;ïït 1 gramme.
Ichtyol )
OU bien :
Soufre précipité )
Résorcine > :ÎTi 1 gramitie'.
Ichtyol )
Vaseline. 50 srammes.
On les savonne le lendemain avec un blaireau à barbe et un savon très doux, ou bien on les frictionne d'abord avec des boulettes d'ouate hydrophile imprégnées d'huile d'amandes douces fraîches, ensuite avec des boulettes d'ouate hydrophile sèches.
Prévoir des récidives, et fournir un traitement d'hygiène locale contre les pityriasis locaux quand ils reparaissent (p. 152).
ALOPÉCIE SOURCILIÈRE PITYRODE
Le sourcil présente des mues périodiques, il offre en outre une alopécie plus ou moins marquée, accompagnant le pityriasis stéatoïde. Un sourcil peut perdre ainsi 1/4, 1/5 de son volume par une alopécie diffuse accompagnant l'évolution des pellicules. On peut même voir après l'eczéma pilaire (p. 152) une alopécie sourcilière presque complète, très momentanée d'ailleurs.
Cette alopécie, comme celles qui suivent le pityriasis, en tous sièges, sont curables par les moyens théi'apeutiques qui agissent contre sa cause : les pommades cadiques ou soufrées (p. 151). Lorsque la cause pelliculaire a disparu, il est permis de cesser l'usage des pommades et de prescrire des frictions alcooliques du type de celles qui sont utiles dans les alopécies pelliculaires au cuir chevelu. Exemple :
Coaltar saponiiié / ,^^
,;,,.,,.,,, i aa 2;j grammes.
Extrait de violettes ) ^
Alcool à CO» . 200 —
Nitrate de potasse 50 centigrammes.
Eau distillée 50 grammes.
Bichlorure Ug 50 centigrammes.
Les alopécies sourcilières, comme toutes, peuvent devenir, chez des nerveux héréditaires ou des surmenés, l'origine de phobies du type de celles dont nous aurons à parler plus loin (p. 161).
KÉRATOSE PILAIRE
La kératose pilaire semble une affection résultant d'une dystrophie cutanée congénitale, mais qui se prononce surtout dans la deuxième enfance pour devenir de plus en plus visible au coûtas de l'adolescence. On aperçoit d'abord les lésions quand le visage est rouge, animé par un exercice physique ou une émotion. Il semble alors que les méplats des joues et la tempe au niveau de la queue du sourcil ainsi que les
J5/t DERMATOLOGIE TOPOGRAPHLQL'E.
deux régions sus-sourcilières (p. 150/ soient criblées de points rouges qui sont des élevures cornées folliculaires, à peine saillantes, coniques ou tronconiques, entourées chacune d'une minuscule aréole rouge. Au repos, ces ponctuations sont beaucoup moins visibles et de couleur jaunâtre sucre d'orge. Elles rougissent et se prononcent après une friction locale un peu rude. 11 est aisé de vérifier que les poils ou follets des régions ainsi modifiés, quand ils sortent d'un cône corné, sont dystrophiques, lanugineux. Lorsque, comme c'est la règle, la maladie temporale et sus-sourcilière envahit le sourcil par sa portion externe, ce processus s'accompagne d'une atrophie progressive de la queue du sourcil (Brocq). Dans les cas graves, il ne reste des sourcils que leur partie tout à fait interne, qui ressemble aux deux plumes sus-orbitaires de la chouette. Ces lésions oriticielles, folliculaires, sèches, sourdement inflammatoires puisqu'elles s'accompagnent de rougeur, aboutissent à la sclérose folliculaire, à l'atrésie cicatricielle du follicule, à la disparition définitive du poil qu'il contient. Cette cicatrice est punctiforme.
Cette afïection très particulière a été rattachée à la kératose pilaire du dos, des bras (p. o^O). Elle n'est pas tout à fait identique et n'existe souvent pas aux sourcils de patients dont les bras en sont criblés. Elle olîre aussi quelque parenté avec la pseudo-pelade de Brocq (p. 2411) au point de vue objectif et évolutif. La thérapeutique réductrice, par le soufre, l'acide salicylique et la résorcine, est la seule qui donne quelques résultats, à la longue. 11 faut user de doses fortes, et progressivement élevées jusqu'à éroder et exfolier l'cpiderme corné.
Par exemple : ' ,
Acide salicylique ", ,
Résorcine ;iïï 1 à 5 grammes.
Soufre précipité ..■.'. . ) '
Vaseline :. '1 . . . . '. . 50 grammes. .,: . , i
appliquées le soir, nettoyées le matin. Annoncer d'avance l'irréductibilité des lésions faites, la lenteur des progrès à faire et la médiocrité des résultats à espérer.