PIEDRA NOSTRAS
La piedra nost7r(s est une alfection que je n'ai observée qu'une seule fois à la moustache. Cest dire sa rareté. D'après les auteurs, elle serait plus rare à la moustache qu'aux aisselles et au pubis.
Je décrirai le cas que j'ai vu.
Dans une moustache extrêmement drue, épaisse et dure, l'affection était exactement limitée au segment sous-narinaire des deux moustaches. En ce point, un poil sur deux ou trois sem])lait à l'œil nu avoir été trempé dans de la colle forte qui aurait séché sur lui. Cet enduit d'un brun noirâtre était extrêmement résistant. On arrachait le poil qui le portait, mais on ne l'arrachait pas du poil. Souvent ce poil cassait à un certain niveau comme dans la trichorrexie noueuse (p. 160) et son extrémité nouvelle partagée en pinceau montrait des contournements et une forme invraisemblable (hg. 58).
Il m'a paru qu'une condition physique favorisait le développement du parasite : les poils du nez se continuaient sans interruption avec le poil de la moustache de sorte que ceux-ci obstruaient presque absolument l'orifice narinaire. Il s'ensuivait que la moustache, sous la narine, était perpétuellement chaude et humide excessivement. Et j'ai dit que l'infection des poils s'arrêtait à l'aplomb des narines.
L'examen microscopique du parasite était aisément praticable par les techniques recommandées pour les parasites des teignes à 50 0/0, c'est-à-dire l'immersion et le chauffage dans une solution de potasse et l'examen sans coloration. La gangue dure du cheveu est constituée par le parasite exclusivement. Je ne saurais mieux comparer sa disposition qu'à, celle d'une série de « têtes d'artichauts » juxtaposées,
FiG. 58.— Poil de moiistacho atteint de Piedra iiostias (Préparation de Sabouraud, photographie de Noire).
que la potasse sépare, et qui sont un agglomérat de spores sur un mycélium très réfringent, disposé en bouquets.
L'étude approfondie du parasite reste à faire.
Sa culture est aisée sur tous milieux. Sur gélose glucosée, elle est ronde, blanchâtre, pelucheuse et prend en vieillissant une couleur brunâtre; Tinocnlation n'en a pas encore été poursuivie.
Traitement. — L'épilation des poils malades n'a pas empêché leurs voisins de devenir malades à leur tour. Le rasage seul, longtemps répété, a débarrassé le malade définitivement, je le crois du moins. Après coup j'ai pensé que, dans un cas semblable, je prescrirais seulement l'épilation des poils narinaires et sous-narinaires de façon à maintenir sous la narine un espace ouvert et à changer les conditions de chaleur et d'humidité que le parasite semblait vouloir. ■ Toute la série des antiseptiques a été essayée par le malade, qui était médecin, et avec l'insuccès le plus absolu.
Les maladies dermatologiques de la barbe sont nombreuses, aussi devons-nous mettre dans leur exposition un certain ordre.