ECZÉIV3AS NON LIMITÉS A LA RÉGION DE LA MOUSTACHE
Les eczémas qui ont tendance à se généraliser à de grandes surfaces peuvent atteindre la région de la moustache comme toute autre. S'ils ont pour elle une évidente prédilection, c'est cpie l'eczéma se rapproche du type étudié plus haut; dans le cas contraire sa localisation à la moustache n'ofTre rien de particulier, nous étudierons ces eczémas avec les autres grandes dermatoses (p. 650).
SYCOSIS
Les sycosis de la moustache sont des aflections pustuleuses présentant une remarquable tendance à la chronicité, et aux récidives après apparence de guérison. Il en existe deux types :
Un premier type, dans lequel le sycosis est limité exclusivement à la région de la moustache.
Un deuxième type dans lequel le sycosis est commun à la région du menton et des joues et à la région de la moustache. Celui-ci, très ditïérent du premier, sera étudié avec les maladies de la barbe (p. 178).
Nous ne nous occuperons ici que du premier type.
Sycosis limité à la Moustache. — Il
débute toujours au-dessous de l'une ou des deux narines et reste souvent cantonné à l'espace sous-narinaire. Il nait par poussées successives et plus ou moins subintrantes de pustules folliculaires orificielles du type exact de l'impétigo de Bockhart (p. 204) : Pustules jaune-verdâtre plus ou moins grosses, en coupole, centrées par un poil et entourées d'une aréole rouge. Les aréoles rouges se fusionnant, les pustules évoluent sur une surface rouge surélevée, œdème inflammatoire (fig. 57), qui disparaîtra désormais d'autant plus lentement et
FiG. 37. — Sycosis sous-narinare consécutif à la rhinite chronique antérieure (Malade de E. Besnier- Musée de l'hôpital Saint-Louis. n° 815).
difficilement que les pustules se reproduiront sur place plus souvent et plus longuement.
Ce sycosis est le troisième acte d'une histoire clinique toujours la même. Une blépharite ciliaire débute dans radolescence, une rhinite antérieure la suit. Et, après des années, le mucus nasal ensemence la lèvre. Ainsi le sycosis de la moustache est toujours la conséquence d'un « rhume de cerveau » chronique ou récidivant. Le microbe des pustules est le staphylocoque doré.
Le sycosis est permanent, ou bien il récidive à chaque poussée nouvelle de rhinite. Ordinairement, il ne devient permanent qu'après plusieurs récidives. Une fois constitué, il n'a aucune tendance spontanée à disparaître. Et môme des traitements bien conduits en viennent diflicilement à bout.
Traitement. — 1° Traiter la blépharite. et surtout la rhinite par des irrigations d'eau physiologique (salée à 8 pour 1000) ou d'eau de mer isotonisée (étendue de deux tiers d'eau pure). Pendant les rhumes, éviter par tous moyens que le mucus nasal ne souille la lèvre;
2° Ouvrir toutes les pustules existantes chaque matin et les cauté* riser avec une boulette d'ouate hydrophile humide de :
Alcool à 60% horiqué à saturation 200 grammes.
Le soir, si ce traitement est toléré, appliquer au pinceau une couche de :
Alcool à 60" 50 grammes.
Soufre précipité 10 —
Eau distillée 50 —
... après avoir agité la bouteille. Essayer la pomiuade soufrée si la lotion n'est pas tolérée.
L'épilation à la pince fait disparaître le sycosis, mais il reparaît avec la réapparition des poils. C'est pourtant le meilleur traitement des sycosis chroniques, mais il doit être continué un an et plus sans interruption.
Les rayons X, surtout dans le cas d'œdème inflammatoire dur, ont donné de bons résultats à la dose de 2 ou 5 unités II par séance et, après 4 à 5 séances, espacées de 15 jours chacune.
Aucun résultat n'est pei^iuanent tant que la rhinite se reproduit.
La pelade de la moustache est rarement limitée à la moustache. Dans ce cas, la tache peladiqne affecte souvent, au milieu de la moustache gauche, la place exacte du bec-de-lièvre. Elle affecte les mœurs des pelades de la barbe, une extrême lenteur d'évolution, de très grands retards dans la guérison.
La plaque est plus souvent tout à fait nue que garnie de follets incolores. En ceci, elle se rapproche plus des pelades du cuir chevelu que de celles de la barbe (p. 171).
Sur les poils de bordure, il est souvent aisé d'observer de haut en bas du poil les phases régressives qui conduisent à son atrophie et à sa disparition, c'est-à-dire la diminution de son pigment et de son diamètre.
Souvent la plaque guérit d'un côté et s'étend par l'autre lentement, La guérison est annoncée par la réapparition de poils blancs l'ares, grêles, qui augmentent de nombre et reprennent leur pigmentation peu à peu. Communément, révolution d'une plaque peladiqne de la moustache dépasse une année. Quand une pelade de la moustache est un épiphénomène au cours d'une pelade du cuir chevelu et de la barbe, son pronostic est lié à celui de l'affection dont elle fait partie (p. 243).
L'étiologie de la pelade de la moustache est aussi grosse d'inconnues que celle de toutes les pelades. Récemment Jacquet en a présenté un cas qui lui paraissait lié à l'état névralgique dû à l'infection chronique d'une racine de canine cassée dans son alvéole. Il faudrait beaucoup de faits semblables pour établir une théorie qui s'impose.
Le traitement habituel de la plaque de pelade par les révulsifs a les très médiocres résultats qu'il offre dans les pelades de la barbe en général (p. 172), et la révulsion ne peut être maintenue vive sans défigurer le malade, ce qui fait que le traitement local de la pelade de la moustache est presque illusoire.
On peut conseiller des frictions quotidiennes avec :
Alcool à 60" 50 grammes.
Acide acétique cristallisable 1 —
ou bien
Acide lactique 6 grammes.
Alcool à 60° : 50 —
DERMATOLOGIE TOPOGRAPHlOliE.
On peut dissimuler en partie rinitation des traitements révulsifs, en grimant la tache glabre avec une couche de bouchon brûlé ou de fusain.