FAUSSE TEIGNE. AMI A NT ACÉE. D ALI BER T- DEVERGI E
L'état morbide qu'il faut désigner sous ce nom est une épidermite chronique, sèche, squameuse, limitée à une région du cuir chevelu, ordinairement au vertex. Elle est primitive ou secondaire. Primitive elle s'établit lentement sans cause perceptible; elle occupe alors tout le vertex qu'elle recouvre d'une calotte de squames imbriquées, comprenant les cheveux qui sont couchés sous elles, en sorte que, quand on redresse une pincée de cheveux à contre-poil, ils soulèvent une large squame sembla])le à une écaille de poisson très blanche en . surlace, un peu jaunâtre en profondeur. Alibert a décrit à la fausse teigne amiantacée une première phase suintante qui manque le plus souvent.
Entre la fausse teigne amiantacée primitive et secondaire, il y a la même différence qu'entre l'eczéma et les dermites artificielles, traumatiques. La fausse teigne amiantacée secondaire nait sur une vieille teigne tondante, sur une ancienne plaque de pelade, après guérison, etc.; elle occupe exactement la place de la maladie primitive et semble consécutive au traumatisme du traitement. On guérit aisément la fausse teigne amiantacée primitive ou secondaire parles applications, suivies de goudrons et de leurs dérivés pyrogénés.
Exemple : Appliquer tous les soirs pendant quatre à sept semaines une pommade du type suivant :
tluile de cade 10 grammes.
— de bouleau 1
Iclityol [ âa 1 gramme.
Résorcine ]
Acide pyrogallique i —
Rioxyde jaune Hg 1
Vaseline / ...
T ,■ aa 10 grammes.
Lanoline • • ;
qu'on savonne chaque matin très parfaitement. La lésion semble disparaître en deux ou trois semaines, mais, si l'on cesse le traitement, elle reparait. On peut admettre en pratique qu'il faut pour détruire effectivement la lésion deux fois plus de temps de traitement que pour la faire apparemment disparaître.
PHTIRIASE
Nous avons décrit à la région de la nuque les lésions maxima de la pédiculose du cuir chevelu (p. J84). Elles existent à un degré ordinaire-
ment moindre sur le cuir chevelu entier. Le pou de tête est un peu moins gros que le pou blanc des vêtements (2 millimètres sur 1 millimètre). Il est d'un gris noir, foncé; comme tous les poux de l'homme, il appartient à la famille des pédicuUdés (Hémiptères aptères). Son œuf noir, brillant, est une petite poche oblongue, très adhérente au cheveu, qu'il engaine (lig. 70) d'une sorte de douille de chitine très adhérente. L'œuf est pondu au ras de la peau. Sa hauteur au-dessus de la peau indique donc la date de sa ponte, si l'on se rappelle que la croissance du cheveu est de 8 à 1 1/1 0''" de millimètre par mois.
Les œufs éloignés de la peau ne sont donc plus à craindre, ce sont des œufs morts ou vides.
Les érosions de la peau que pratiquent les poux sont très démangeantes. Elles se compliquent souvent de l'un ou des deux impétigos, dont nous étudierons tout à l'heure les lésions propres : Impétigo pédiculaire.
Le traitement le plus simple de la pédiculose est de couvrir le cuir chevelu entier pendant quelques heures d'une très épaisse couche de vaseline qui pénètre par capillarité les trachées respiratoires des parasites et les étouffe. Un nettoyage complet enlève ensuite la vaseline, les croûtes et les cadavres.
Restent les œufs, qu'on ramollit par des lotions de vinaigre chaud, et qu'on peigne ensuite au peigne lin.
Fie. 70. — La lente. - Œuf î IVI P ET I G O CO NT AGI OSA (T. FOX)
du iK'dicidus rapilis fixé au
parati^n ^^dé L'impctigo coutagiosa, phlycténulaire, streptococcique, sabouraud. ^gt pj^g fié(|uent sur la peau glabre, et moins fréquent au
Photographie . ' ^ ..... ^
de Noire.) cuir chevelu, que l'impétigo folliculaire, pustuleux, staphylococcique. Il est ordinairement secondaire à la pédiculose; dans ce cas on l'observe disséminé de-ci, de-là. Ses lésions sont alors mélangées aux lésions de l'impétigo de f'ockhart. Elles sont confluentes à la nuque (p. 184) et de plus en plus discrètes à mesure qu'on s'en éloigne.
Primitif, l'impétigo ne s'observe guère au cuir chevelu sinon au cours d'un impétigo de la face, par lésions isolées rares qui copient l'évolution des mêmes lésions au visage. On peut pourtant l'observer en
Lin seul grand placard d'évolution lentement extensive, qui peut couvrir une surface de 0 à 10 centimètres de coté {i))ipcli(/o scabida de Willan). Partout l'impétigo garde ses caractéristiques ordinaires : sa croûte épaisse de couleur d'ambre ti'ouble, à consistance mielleuse, recouvrant une exulcération exsudant abondamment un sérum clair, et recouverte, comme au pinceau, d'une mince couche de fibrine qui fait apparaître Texulcération lilas pâle.
Lorsque les croûtes s'agglomèrent, elles deviennent rocheuses à la nuque, dans laphtiriase, par exemple. Dans les grands placards impétigineux d'évolution lente, progressive, la croûte prend un aspect d'écorce d'arbre.
Dans Timpétigo secondaire, le traitement est le traitement de la cause. Celui de Timpétigo reste le même en tous sièges : lotions aqueuses au sulfate de zinc 1/100, au nitrate d'argent 1/15 (celle-ci teint les cheveux en noir) et pâtes couvrantes, employées avec discrétion, car leur excès oblige à des savonnages toujours difticiles.
ALOPÉCIES POST-IMPÉTIGINEUSES PELADOÏDES
Les lésions d'impétigo évoluent lentement au cuir chevelu, parce que les cheveux maintiennent en place les croûtes sous lesquelles la suppuration se produit. Très souvent quand les cioûtes tombent, les cheveux tombent avec elles, sans traction, laissant des surfaces tout à fait glabres, larges comme les croûtes, c'est-à-dire comme une pièce de 50 centimes ou de 1 franc environ. La peau est rosée, fine, lisse, propre et tranche pai- sa couleur avec la peau voisine. Même lorsque la croûte est tombée, on en trouve des parcelles, demeurées adhérentes aux cheveux du pourtour de la plaque. L'éruption d'impétigo a compris 6, 8, 10 lésions; chacune fera une plaque alopécique et toutes ces plaques apparaîtront presque en même temps. Dans le peuple, les croûtes peuvent avoir passé inaperçues, l'alopécie sem])le primitive. Or, Timpétigo est contagieux et épidémique, endémique aussi dans les écoles. Les plaques alopéciques post-impétigineuses sont prises alors pour des plaques de pelade épidémique et contagieuse. C'est là Thistoire de presque toutes les soi-disant épidémies de pelade scolaire (les autres sont des épidémies de teigne) : le diagnostic diflerentiel avec la pelade est fait par la simultanéité d'apparition des plaques, leur grandeur, leur identité de dimension, les commémoratifs de la croûte ou
204 DERMATOLOGIE TOPOGRÂPHIQUE.
ses vestiges, la coexistence d'un impétigo du visage ou la survivance de ses reliquats, la roseur de la peau, Tabsence de poils peladiques autour de Taire déglabrée, la repousse très rapide et régulière de follets lins sur toutes les surfaces dénudées.
Le traitement est inutile, toujours suivi de bons résultats, qui seraient survenus sans lui. Si l'on est obligé d'en prescrire, faire appliquer chaque soir sur chaque plaque très peu de
Vaseline 50 grammes.
Tanin k l'élher I .^^ .^ centigrammes.
Calomel a la vapeur \
qu'on nettoie chaque matin avec une boulette d'ouate hydrophile
humide de
Liqueur d'tloffmann • 100 grammes.
Résorcine 1 grannne.
1IV!PÉTIG0 DE BOCKHART
Entre toutes les maladies du cuir chevelu chez l'enfant, il n'en est pas de plus fréquente que celle-ci.
Sa lésion élémentaire est une pustule petite ou grosse, d'un jaune
verdàtre, centrée par
J^ ÔL W
un poil. Cette pustule naît comme un grain de mil au milieu d'une macule rouge. Elle peut en augmentant atteindre à la dimension d'un deminoyau de cerise (tig. 71) .
Pendant toute son évolution active qui dure quatre à six jours, la pustule reste aréolée de rouge. Quand la pustule est ouverte elle donne une petite goutte de pus vert sti'ié de sang. Elle sèche ordinairement sans s'ouvrir et devient une croûte lenticulaire dure, adhérente, qui peut ou non demeurer sur place une ou deux semaines.
Cette pustule est l'élément d'éruptions d'intensité tout à fait variable. Tantôt une poussée est faite de 4 à 10 pustules, tantôt elle
71. — Lésions élémentaires de l'impétigo folliculaire de Bockhart (demi-schématique). (SaJjouraud.)
CUIR CHEVELU DE L'Ei\TA>'T. 505
en comprend 500 et davantage. Toutes s'accompagnent d'adénopathies sous-occipitales. Il y a des éruptions qui durent parce qu'elles sont faites de poussées petites, SLd3intrantes. Cette afïection est souvent passagère , mais plus souvent récidivante, tenace quelquefois d'une façon invraisemblable, au ll^^^BBK! \ point de durer des mois, presque des années. Elle est primitive, sans cause connue ou secondaire aux traite- ^Bj^^KÊ^^^^^aË.. Ji: / ments de la teigne, ^BBI^^^BHHHpi- ^ , .^Ij'
Ho la rtelarlp à 11 ^'"^' "-■ — impétigo pustuleux de Cockhdrt ju ciiii' chevelu. (Malade r ' ^ de Sabouraud. Photographie dç Noire.)
pédiculose , etc. ;
dans ce cas elle peut survivre de beaucoup à sa cause occasionnelle.
Lorsque l'éruption dure, des lésions vieilles et jeunes coexistent, les vieilles souvent ne consistant plus qu'en une cicatrice rouge punctiforme au centre d'une aire déglabrée de 5 à 4 millimètres de large (p. 206). D'autres ont dégénéré en furoncles ou en abcès furonculeux (p. 206).
Le traitement de cette aflection est difficile, tout réussit dans les cas bénins, tout échoue dans les cas sérieux. Les meilleures préparations sont les lotions et pommades soufrées :
POjniADE
Soufre précipité 5 gramiacs.
Lanoline )~ ,r
vaseline )