FURONCLES ET ABCÈS PÉRI FU RONCU LEUX
Lïmpétigo de Bockhart est constitué par des pustules folliculaires oriticielles. Si l'infection staphylococcique qui les fait descend le
Fiu.
Aiopécie .' en grains de plomb » après une poussée d'impétigo de Bockliart du cuir chevelu. (Malade de Sahouraud. Photographie de Noiré.)
long du follicule et pullule plus profondément, on a le furoncle ou l'abcès fui'onculeux. Ce sont des modalités difiérentes de la même affection; on comprend qu'elles soient fréquentes au cours de l'nnpétigo de Bockba'rt. '
Le furoncle a pour caractère d'évacuer, quand il est ari'ivé a maturité, un bourbillon sphacélique solide, tandis que l'abcès folliculaire donne quelques gouttes de pus li(iuicle. Les pansements humides, à l'eau bouillie, sont parmi les meilleures applications thérapeutiques à faire, après avoir épilé le ou les cheveux qui centrent la lésion. Quand le furoncle, ou l'abcès, pointé, on lui fait une
ponctuation ferme au galvauo-cautère. Cela soulage toujours rélémenl douleur et permet Tévacuation du bourbillon ou du pus.
Le traitement local du furoncle par la teinture d'iode, racétoue iodée, Talcool camphré, etc., à Textérieur, le traitement général par le phosphore, la levure de bière, etc., à Tintérieur, ont été recommandés ; aucun de ces traitements n'est d'elTet constant.
ALOPÉCIE POST ET PÉ R IF URONCULEUSE
Les pustules folliculaires orificielles de l'impétigo de Bockhart, et.
Fii;. 71. — Alopécie temporale en aire coiiséfiilive ii un luroncle dont on voit la cicatrice centrale. (Malade de Sabouraud. Photographie de Noire.)
à plus forte raison, les furoncles et les abcès périfolliculaires, (hinneiit lieu à une alopécie en aires rondes, larges chacune de 5 à 4 millimètres, après une pustule simple (tig. 75), de 1 centimètre ou de 1 centimètre et demi de diamètre, après un furoncle ou un abcès folliculaire (fîg. 74). Dans le cas d'une poussée d'impétigo de Bockhart simple, l'alopécie est dite « en grnins de plomb », la tète est criblée de petits points alopéciques en aussi grand nombre que les pustules ont été. Chaque petite plaque présente en son centre une cicatrice punctiforme correspondant à la lésion passée.
Cette alopécie est tout à fait caractéristique. Inutile d'ajouter qu'elle n'a rien de commun avec la pelade, qu'elle n'est pas non plus contagieuse, qu'elle permet l'école sans aucune précaution à l'enfant qui la
présente. Lorsqu'il y a eu furoncle, l'alopécie est plus large, mais elle
garde les mêmes caractères, la même cicatrice centrale (fi g. 74). L'aire déglabrée n'est pas bordée de poils massues peladiques. Les cheveux qui sont, de même, morts dans la peau et que l'on enlève, présentent, quelques-uns du moins, leur extrémité radiculaire contournée en crosse (fig. 75). Cette alopécie guérit sans traitement ; la durée de la déglabration est plus longue que celle de l'alopécie post-impétigineuse (p. '205). Même lorsqu'elle est guérie, il reste des cicatricules glabres à la place de chaque lésion passée.
Fig. 75. — Cheveu mort autour d'un furoncle. — Il restait enfoui dans la peau jusqu'au niveau de la collerette épidermique adhérente à lui. Son extrémité radiculaire a la forme d'une crosse. (Préparation de Sabouraud. Photographie de Noire.)
ALOPÉCIE PELADOIDE ATROPHOD E R IVI IQUE
11 existe une lésion très rare, toujours prise à tort pour une pelade et qui doit être rattachée aux alopécies dont la description précède.
Supposez au cours d'un impétigo de Bockhart, ou même en dehors de toute éruption pustuleuse, une infection folliculaire profonde qui constitue un petit abcès furonculeux, auprès d'un follicule. Supposez que ce petit abcès avorte lentement et se résorbe. Il produira une aii'e alopécique grande comme une pièce de 50 centimes ou même moins, accompagnée d'une atrophie cutanée locale des plus marquées. Cette aire restera glabre pendant six à quinze mois. Ses symptômes sont négatifs : elle ne présente pas de cheveux massues comme l'aire peladique. Elle est vmique; une fois faite, elle ne grandit pas, mais elle persiste longuement. Pendant longtemps la palpation attentive du centre de la plaque y révèle encore la présence d'une petite nodosité centrale qui est l'abcès en résorption, mais ce symptôme même s'efface et disparait. La repousse commencera après un an. mais très longtemps encore on verra les follets rester lanugineux et la plaque garder un peu de sa concavité atrophique.
CLIII CIIKVELI' DE L'E^•FA.^T. WJ
Le traitement est celui de la plaque peladique : riiiitalioii légère longtemps continuée; application chaque soir de
Acide acétique cristallisable. 1 graunnc.
Liqueur d'HolTnianii 40 grammes.
OU de
ou de
Acide lactique 8 grammes.
Alcool à 60° 40 —
Benzine rectiilée 50 grauunes.
Iode métallique . 4 —
avec des boulettes d'ouate hydrophile.
ALOPÉCIES TRAUlVIATiaUES ET CICATRICIELLES
Une alo})écie peut être déterminée même par une contusion sans plaie, si le choc a été violent; et chaque tégument a son coefficient en ceci, car il y en a auxquels un choc assez léger suffit pour faire une |)laque alopécique. Dans ces cas, l'alopécie est passagère ; elle dure à peu près le temps qu'il faut au cheveu pour renaître et sortir de la peau, environ six semaines.
Les cicatrices traumatiques consécutives à une plaie sont géométriques, linéaires, angulaires; leur forme témoigne de leur origine; les cicatrices d'abcès froid sont étoilées, creuses; les cicatrices de furoncles, taillées à l'emporte-pièce, très petites et polygonales; les cicatrices de suppura tious chroniques peuvent être gaufrées, lisses, moirées, etc.
Beaucoup de médecins non spc'cialistes prennent souvent une cicatrice (qui est toujours alopécique) pour une alopécie non cicatricielle. Sur une alopécie non cicatricielle, les orifices folliculaires sont toujours visibles ; sur une cicatrice, ils manquent. Cela est important à connaître, car j'ai vu, maintes fois, prendre pour une aire peladique une cicatrice et la traiter avec Tespoir d'y voir reparaître les cheveux! Tout traitement d'une cicatrice, dans ce but, est illusoire. Le repiquage et la réimplantation des cheveux dans des scarifications profondes faites au travers des cicatrices ont été exécutés par Menahem Ilodara mais n'ont jusqu'ici qu'une valeur théorique.
Saboukaud. — Dermatologie topogr. 14
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