‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 80 sur 251 · Pel^ldr n|,lii;|si,|||,-. ,.M · texte numérisé non relu

Pel^ldr n|,lii;|si,|||,-. ,.M

Saboiiraud. l'iiutugrapliie de Xoii'é.)

Dans les cas bénins et moyens, la l'évnlsion locale parait vraiment utile; elle peut être obtenue par tons moyens : acide acétique cristallisable au 1/40'. acide lactique à '20 ponr 100, ammoniaqne au 1/10'';

les vésicatoires liqnides, abrasés ou non et suivis de cautérisation au nitrate d'argent au 1/15% tout cela peut être employé, alterné, etc., avec des succès fréquents, mais sans résultats absolus ni constants.

Tous les traitements se sont prévalus de succès; les traitements généraux : bains sulfureux, toniques externes, friclions alcooliques, toniques internes, etc., sont à conseiller suivant le cas, a})rès examen attentif du malade, mais sans j)arti pris ni théorie préalable.

Les rayons X et la photo thérapie de Finsen, mais les rayons X surtout, ont plusieurs fois donné des résultats surprenants comme de faire repousser un cercle de 10 centimètres en plein milieu d'une région glabre. Mais cette repousse est momentanée seulement. .Même momentanée, elle n'est point de règle, tant s'en faut. La pelade attend encore une doctrine étiologique valal)le et un traitement ratiomiel.

Fk;. ;)7. — l'el.-idi' (le reniant. iMalade de Sabouraud. l'Iiolograiiliie de Noire.)

Les pityriasis, la séborrhée et l'eczéma dit séborrhéique constituent un ensemble morbide qui fait à lui seul une bonne moitié de la dermatologie du cuir chevelu de 15 à 50 ans dans les deux sexes.

Les idées sur ces sujets sont si confuses que je juge utile de résumer tout d'abord en une page spéciale les rapports de ces types morbides entre eux. 11 ne s'agit pas ici do vues doctrinales, mais d'un aperçu clinique.

1" A 10 ou 12 ans, certaines têtes d'en- \ tant se couvrent de pellicules qui demeure- j ront permanentes pendant une série d'an- ^ nées. Ces pellicules sont sèches et cet état ne s'accompagne d'aucune alopécie. . . .

2« De 14 à 18 ans ou de 16 à 20, très ] souvent, ces pellicules sèches semblent de- 1 venir grasses progressivement et s'accom- > pagnent d'une alopécie diffuse, avec ou sans \ altération de l'extrémité des cheveux. . . j

3" Chez l'homme ce stade est le deuxième acte d'une série clinique dont le troisième est la séborrhée dépilante du cuir chevelu. Les pellicules disparaissent peu à peu, l'élément gras persiste et s'exagère, au vertex : l'alopécie redouble, se localise et constitue peu à peu la calvitie du type dit masculin

4° Chez la femme, très rarement, ce troisième stade survient ; il aboutit, comme chez l'homme, à la calvitie de type masculin . .

5" Ordinairement, la femme parvenue au deuxième stade s'y arrête toute sa vie. Elle gardera perpétuellement des pellicules grasses et une alopécie temporofrontale, paroxystique, diffuse , quelquefois une alopécie en bandes du box^d frontal du cuir chevelu

Pityriasis simplex. p. 231.

Pityriasis stéatoïde, alopécie pityrode. p. 232.

Trichoptilose. ... p. 234.

Séborrhée décalvante. calvitie vulgaire p. 234.

Calvitie masculine chez la femme. . p

Pityriasis stéatoïde chez la femme. . p. 233.

Alopécie frontale de la femme .... p. 239.

DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

En dehors de ces formes morbides plus ou moins dépendantes d'un pityriasis, il peut exister au cuir chevelu un eczéma sec que ses mœurs et l'examen microscopique différencient du pityriasis

6" Le pityriasis chronique est constitué par des éléments chroniquement fusionnés. Originairement il est fait de lésions figurées, de taches distinctes. Lorsqu'il se diffuse hors du cuir chevelu, il garde cette forme, en taches squameuses distinctes, qui peuvent ou non se compliquer deczématisation, c'est-à-dire d exsudation sous-squameuse. Cet eczéma séborrhéique est, par Unna, considéré comme le développement naturel du pityriasis simplex et stéatoïde, et d'après lui le mot <( eczéma séborrhéique » s'applique à tout l'ensemble dont le résumé précède

7'' Enfin, dans certains cas, V exsudation \ s'exagère et un véritable eczéma impétigoïde ou impétigineux succède aux états pityriasiques , sur place ou à distance. L'école de Hambourg range encore la plupart de ces eczémas suintants dans les eczémas séborrhéiques j

Eczématisation des pityriasis .... p.

Eczéma impétigineux p. 240.

Eczéma sec

Le psoriasis sous toutes ses formes peut

exister au cuir chevelu en même temps , -. . .

\ Psori3.sis que sur le corps ou même sur le cuir che- (

velu seulement 1

La pelade existe fréquemment dans Vâge moyen, quelques types en peuvent être différenciés, nous les étudierons séparément; beaucoup d'autres ne peuvent l'être, nous les étudierons en bloc

Nous différencierons de la pelade cette alopécie cicatricielle définitive en petites aires, connue en France sous le nom de pseudo-pelade de Brocq

Nous parlerons ensuite du lupus érythémateux, assez fréquent au cuir chevelu, où il se présente d'ordinaire avec ses caractères atrophiques les plus prononcés . . .

Pelade de l'adulte. . p. 243.

Pseudo - pelade de Brocq p. 249.

Lupus érythémateux p. 250.

CUIR ClIEVELlî DE L'ADULTE. 251

Nous dirons enfin quelques mots des le- j

sions petites, saillantes, chroniques, squa- I Lichen plan corné

meuses, à évolution cicatricielle du lichen ^ atropliique. . . . p. 251.

plan corné atrophiqus .• ■ )

Après tout cela nous serons conduit à ]

^, , , , • . • j. .■ f Alopécies post-in-

V étude des alopécies post-nifectieuses en fectieuses p 251.

général )

... et de r alopécie syphilitique après la- \

quelle nous examinerons les autres lésions ( Syphilis du cuir

syphilitiques que le cuir chevelu peut pré- i chevelu p. 254,

senter ;

PITYRIASIS SliVIPLEX

Le pityriasis simplex est une dermatomycose chronique du cuir chevelu, limitée à l'exfolia tion perpétuelle, sèche et sans rougeur de la couche cornée. Elle est liée à la présence constante du parasite cryptogamique connu sous le nom de Spore de Malassez (1874) et à tort sous le nom de haeUle-houteille de Unna (IHQ^). Ce parasite existe à foison dans toutes les squames du pityriasis.

Le pityriasis, qui semhle naître toujours par taches squameuses distinctes, devient et reste par la suite diffus. 11 est fait de squames plus ou moins fines, poudreuses, lamelleuses, qui se détachent facilement de la couche cornée, et tombent sur les habits. Cet état s'accompagne d'un léger prurit, plus marqué pendant la sudation. Il n'y a pas d'alopécie. « Tant que les squames du pityriasis tombent, les cheveux ne tombent pas. »

Cet état est excessivement tenace, la thérapeutique l'etlace, mais il revient. Et, avec le temps, il se transforme sur place en pityriasis alopécique, à squames apparemment grasses ; nous étudierons cette transformation tout à l'heure. Chez de rares sujets, le pityriasis sec reste sec toute la vie; on le retrouve à 50, à 50 ans.

La thérapeutique active ne donne que des succès passagers : appliquer chaque soir une pommade cadique que l'on savonne chaque matin :

Huile de cade 10 grammes.

Lanoline 20 —

Tchtyol j

Résorcine ^ iîâ 1 gramme.

Huile de bouleau I

ou plus aclive :

Huile de cadp. . 10 grammes.

Lanoline -0 —

Acide pyrogalliquc )

Rioxyde Jaune Hg <ïïi \ gramme.

llésorcine )

En regard des préparations actives, on doit placer les préparations plus faibles, d'usage plus facile, qui constituent plutôt une hygiène du pityriasique qu'un traitement du pityriasis; ou bien :

Sulfure de potasse '1 gramme.

Eau distillée 500 grammes,

ou bien

Alcoolat de lavande 25 grammes.

Richlorure Hg 50 centigrammes.

Coaltar saponiné 25 grammes.

Alcool à 60" 250 —

Acide acétique cristallisé A' gouttes.

PITYRIASIS STÉATOIDES — PITYRIASIS ALOPÉCIQUE A SQUAMES GRASSES

Chez l'adolescent, vers 15 ou 10 ans d'habitude, les squames du pitvriasis s'épaississent, deviennent jaunes et tachent le papier soie comme de la gi^aisse. Cet état les rend moins déhiscentes, elles demeurent sur le cuir chevelu. « Elles ne toml>ent plus, mais alors ce sont les cheveux qui tombent », d'abord très peu, puis de plus en plus; d'abord l'été, puis en toutes saisons; par poussées, puis continuellement. Ainsi se constitue l'alopécie pelliculaire qui, chez Tadolescent, est un stade prémonitoire de la calvitie, chez la femme la certitude d'une alopécie diffuse chronique à répétitions. Le pityriasis stéatoïde occupe diffusément le sommet de la tête et les deux tempes, jusqu'aux régions rétro-auriculaires où l'on observe souvent ses éléments isolés. Ses symptômes fonctionnels se jjornent à des démangeaisons plus ou moins marquées, et à l'alopécie.

Les cheveux, qui tombent, tomlient diffusément, entiers, c'est-à-dire avec leurs bulbes, qui sont des bulbes secs en forme de navet. Les cheveux qui tombent ont une tendance à être remplacés par des cheveux nouveauxqui, lorsqu'on ne traite pas la maladie, sont caducs, euxaussi.

Le traitemeid du pityriasis stéatoïde est celui du pityriasis sec. Plus les pellicules sont grasses, plus ladjonction de soufre aux pommades cadiques est utile.

CUIR CIIEYELU DE L'ADULTE. 255

Lo pityiiasis gras doit être traité activement pendant qnelques semaines. La tète doit être ensuite entretenue par des lotions dégraissantes. L'alopécie cesse quand on fait cesser Létat gras de la surface. Elle reprend avec lui. Cet état persiste chez la femme toute sa vie, avec un maximum de l'état pelliculaire vers 20 à 25 ans et un maximum de la chute de cheveux de 25 à 55 ans.

Chez l'homme, c'est ordinairement un stade passager de 15 à 18 ans entre le pityriasis sec et la séborrhée.

ALOPECIE PITYRODE OU PELLICULAIRE

Conséquence du pityi'iasis dont l'étude précède, cette alopécie est continue-rémittente, paroxystique. Chaque année d'abord, elle revient an cours de l'été, en août, en septembre, puis elle commence plus tôt, finit plus tard. Elle devient enlin continue, avec des exacerbations coïncidant avec des aggravations passagères de l'état gras de la peau et de la chevelure. Ce stade est transitoire chez l'homme; il précède la séborrhée. Chez la femme qui, sauf exception, ne devient jamais chauve, c'est au contraire un état permanent. Ainsi, autour de la vingtième année, les femmes se divisent en deux catégories : celle des femmes qui ne perdent jamais leurs cheveux et celle des femmes qui en perdent constamment trop.

Cette alopécie est diffuse toujours, mais beaucoup plus marquée aux tempes et au front; elle n'aboutit jamais à faire une région complètement chauve, mais à faire une chevelure de plus en plus claire et pauvre.

Tous les traitements dégraissants sont utiles dans ces cas; les savonnages bien faits, les lotions alcoolo-éthérées, ammoniacales, arrêtent ou diminuent considérablement la chute et favorisent la repousse qui spontanément a déjà tendance à se faire.

Voici par exemple un type de traitement de cette forme morbide :

1" Savonnage mensuel ou bimensuel bien fait avec des savons soufrés ou cadiques ou à l'eau sulfureuse;

2" Eriction quotidienne avec :

Liqueur d'Hoffmann 225 grammes.

Alcoolat de lavande 25 —

Eau distillée 50 —

iXitrate de potasse 50 centigrammes.

Ammoniaque liquide 4 grammes.

254 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

ou bien :

Acétone anhydre 200 grammes.

Coaltar saponiné ^ ^ c^k

Teinture de quillaya (tiltrée) ) "

Alcoolat de lavande 25

Eau distillée 25 —

Chlorhydrate de pilocarpine 50 centigrammes.

eu frictions dures et a]>|)uyées, faites avec une brosse.

Ces traitements longtemps poursuivis, moditiés, comme dosages et comme nature des éléments composants, suivant la forme et le degré de Talopécie, donnent des résultats satisfaisants, mais que la patiente doit entretenir par la suite, sous peine d'en perdre le bénéfice.

TRICHOPTILOSE — TRICHORREXIE

Je ne dirai qu'un mot d'une lésion du cheveu très fréquente, ainsi que la trichorrexie noueuse (p. 159) au cuir chevelu des

FiG. 98. -^ Cheveu atteint de triclioptilose, vu ù la loupe. iI'réi)ai'ation de Sabouraud. Photographie de JNoiré.)

femmes atteintes de pityriasis et d'alopécie pityrode. C'est la trichoptilose que la ligure ci-dessus (tig. 98) représente trop bien pour qu'il soit utile d'y insister davantage. C'est le cheveu « en barbe de plume » . Dans la trichorrexie, le cheveu présente près de son extrémité les nouures que nous avons décrites au poil de la moustache chez l'homme, et au niveau desquelles il se rompt. Ces lésions ont ordinairement pour cause les savonnages trop fréquents.

SÉBORRHÉE DECALVANTE — CALVITÎE

La séborrhée au cuir chevelu, comme en tous autres sièges, n'est pas une maladie pelliculaire, mais une hypersécrétion des graisses sébacées (p. 14). Elle a pour symptôme objectif et lésion élémentaire un cylindre de graisse contenu dans le canal sébacé et que l'expression de la

CUJR CHEVELU DE I/ADl ETE.

peau en fait sortirsous forme d'une petite masse vermicnlaire (rudiment du comédon). Ce cylindre gras est l'habitat d'une colonie microbienne constituée exclusivement par le microbacille séborrhéique, dont la présence et l'espèce sont constantes et caractéristiques.

Cette infection débute par le centre du visage, s'étend au front, et de là au cuir chevelu. Son extension y est synchrone au début et au développement de l'alopécie qui crée la calvitie vulgaire de l'homme, précoce ou tardive. Cette maladie succède d'ordinaire à un pityriasis à squames grasses qu'elle supplante peu à peu et qui lui fait place, en sorte que la séborrhée qui fait les chauves paraît cliniquement le troisième stade d'une maladie dont les deux premiers seraient le pityriasis sec (simplex) et le pityriasis gras (sléatoïde). L'alopécie de la séborrhée est beaucoup

10 99 — Médaille dllip ))OLiate, d ou If nom de « calvitie hijîpocratique », )iroposé par P.

lînvmoiul.

FiG. 100. — Séborrliée décalvanle du veitex. — Calvitie vulgaire en voie d'établissement. (Malade de Sabouraud. Photographie de .\oiré.)

moins diffuse que celle du pityriasis; elle se localise au vertex, à la surface même où la calvitie se produira. Elle est infiniment plus intense que celle du pityriasis. En règle, plus une séboi'rhée du cuir chevelu prend le sujet jeune, plus elle marche vite. Conunencée à

DERMATOLOGIE TOPOGP.APIIIOUE.

18 ans, elle fait des chauves accomplis à '25 ans, avec une chute de '200 à 400 cheveux par jour. Commencée à 25 ans, elle n'aboutit à la calvitie incomplète que vers 55 ou 60 ans, avec une chute variable suivant les saisons, de 50 à 60 cheveux par jour.

Les cheveux, qui tombent, tombent entiers avec un bulbe plein. Aussitôt tombés, ils se reproduisent; mais, avant d'avoir atteint une grande longueur, ils retombent, et ainsi de suite: ils poussent à chaque l'emplacement plus lentement et plus grêles, ils arrivent à n"étre plus

qu'un duvet visible à la loupe chez le chauve.

(Quelquefois la séborrhée, au lieu de supplanter le pityriasis, coexiste avec lui, et c'est le tableau qu'on appelait à iovi séborrhée squameuse . Il s'agit d'un processus mixte:

d'un pityriasis sur-séborrhéique.

La thérapeutique de la calvitie est de résultats médiocres, mais non pas nuls, comme beaucoup le croient.

La guéi'ison de la calvitie n'existe pas, car elle rendrait aux chauves leur chevelure, et ce résultat — dans la calvitie vulgaire — ne s'obtient jamais. Mais une bonne hygiène d'un cuii' chevelu séborrhéique retarde de nombreuses années durant une calvitie en voie d'extension.

Ce traitement sera variable suivant la forme, l'âge de la maladie, et la tolérance de la peau pour les médicaments utiles.

Un premier traitement s'adresse à l'élément squameux quand il existe : ce sont les pommades cadiques et soufrées, appliquées le soir, savonnées le matin. Exemple :

Fi(,. 101. — Calvitie typi(iue p;ir séborrhi'c dcealvanlt une l'ois constituée. (Malade de Sabonrand.)

Lauolino. . . .

Vaseline. . . .

Huile de cade. .' — de bouleau Turbith minéral Soufre précipité

aa 10 erammes.

1 gramme.

Ce premier traitement nettoie le pityriasis et diminne énormément le taux de chute.

On entretiendra ensuite en permanence ces bons résultats par des savonnages répétés chaque soir pour enlever Texsudat sébacé, dont la

Fui. 102 — Calvitie Milyaire, tyjiique, une lois conslituée. (Malade Je Sabouraud. Photographie de -Noire. j

stagnation semble comme toxique pour la chevelure, et pai' des frictions le matin avec des liqueurs dont les composants varient suivant les cas, leur degré, leur forme, ainsi :

Ether officinal 200 grammes.

Alcool à 96" 50 —

Teinture de iaborandi >

Coaltar sapoumé ^ . u -^

Ammoniaque liquide h —

ou bien :

Alcool ab,solu . 200 grammes.

Teinture de capsicum. 20

Alcoolat de romarin 50 —

Sel d'Alembroth soluble 50 cenliirrommes.

Eau dislillée 50 grammes.

Nitrate de potasse ) .w. ,. „^.,„„

, '., . } ;ui oO centigrammes.

— de pilocarpino S

etc., etc.

Il est des cas où la sécrétion sébacée est tellement intense qu'elle

appelle des traitements plus actifs. Les soufres en seront la base, soit

sous forme de poudre :

Soufre précipité ) ^ ^,.

„ . V, '. , .,•• fiii a" grammes.

Farine d avoine torreliee ) ^

ou de lotion :

Alcool à 60° 20 grammes.

Soufre précipilé. 10 —

Eau de roses 70 —

Agiter.

ou même de solntion :

Sulfure de carbone saturé de soufre 100 grammes.

(Irès innainmable et d'application cuisanle).

Ces moyens variés, améliorés snivant les résultats que les pi^emiers donnent, permettent de diminuer de moitié ou des deux tiers l'intensité de la maladie et ses symptômes, sans permettre, dans la majorité des cas, de l'arrêter tout à fait.

Toutefois un retard de 15 ans, de 10 ans et même de 5 ans dans l'évolution d'une calvitie peut, à juste titre, passer pour un résultat heureux, dans une maladie que la thérapeutique ne sait pas guérir.

CALVITIE DE TYPE rVîASCULIN CHEZ LA FElVliVÎE

Elle survient de '20 à 50 ans chez la femme qui fut à 15 ans une hvpertrichosique atteinte de pityriasis intense. Chez ces sujets, qui portent souvent une ombre de movistache, et un système pileux du corps excessivement développé, la calvitie suit exactemetrt avec les mêmes symptômes la même évolntion que chez l'homme et, livrée à elle-même, elle comporte le même pronostic, la dénudation du vertex progressive et irrémédiable. Chez la femme, la calvitie est traitable |)ar les mêmes moyens que chez l'homme: et son traitement, très bien suivi, amène ordinairement de meillenrs résultats que chez l'homme, ainsi par exemple une repousse partielle très lente et très incomplète-.

Comme chez l'homme, cette maladie, chez la femme de 50 et 55 ans, perd peu à peu de son acuité, et progresse beaucoup plus lentement, mais à ce moment la femme aurait, avec des cheveux courts, l'aspect de l'homme aux trois quarts chauve.

CUIR ClIliYELU DE L'ADULTE. 259

ALOPÉCIE SÉBORRHÉiaUE FRONTALE CHEZ LA JEUNE FILLE

Chez la jeune fille, entre 15 et 18 ans, au moment où se produit Tacné polymorphe du visage, et en coexistence constante avec ce type morbide, survient, sur le bord frontal du cuir chevelu, un mélange de pityriasis, de séboirhée et d'acné polymorphe à petits éléments, le tout disposé suivant une bande de deux centimètres, prise au dépens du cuir chevelu et sur sa fr.ontière, et allant d'une oreille à l'autre. Nous avons déjà parlé de cette alopécie liminaire en étudiant la région frontale (p. 15.^).

Le traitement, quand on assiste à la genèse de cette séborrhée locale, est celui de toutes les acnés : lotion ou pommade soufrée.

Pommade appliquée le soir

Soufre précipité )

Ichlyol ? ;ùi 1 gramme.

Résorciiie )

Huile de cade h grammes.

Lanoline 50 —

nettoyée chaque lendemain avec des boulettes d'ouate hydrophile humide de

Liqueur d'Iloffmann . 200 grammes.

Ce traitement demande un peu de persévérance. Le plus souvent on constate la lésion déjà ancienne contre laquelle la thérapeutique est sans ressource.

PITYRIASIS EXTENSIF - ECZEMA DIT SÉBORRHÉIQUE

Dans un certain nombre de cas, le pityriasis stéatoïde du cuir chevelu prend un développement inaccoutumé, il déliorde le cuir chevelu d'un centimètre [Corona neborrhœica) sous forme de squamescroûtes jaunes, grasses, reposant sur un fond rouge. C'est là un type dermatologique de l'adolescence, fréquent surtout chez la femme. Cette éruption peut se généraliser à une grande partie du corps, aux régions séborrhéiques, c'est-à-dire aux régions des plis naturels : aine, aisselles, région médio-sternale; au visage (plis naso-géniens, régions sus-soui'cilières et sourcils, moustache, barbe, oreille, etc. Ces lésions, d'abord écailleuses grasses, deviennent très légèrement

240 DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

exsudatives, sous les croûtes, par mille pertuis très iîns (vésicales histologiques ouvertes : eczématisation), à peine visibles à la loupe. Il faut interpréter ces cas comme une eczématisation, née au-dessous et à Toccasion d'un pityriasis stéatoïde à développement lloride. L'eczématisation étant une des réactions cutanées les plus ordinaires à toutes excitations morbides ou thérapeutiques.

Le traitement donne des résultats excellents et rapides; la guéiison survenant, d'ordinaire, en 5 à 6 semaines, dans les meilleurs cas. Ces cas se divisent en deux groupes.

La peau est robuste et alors on traite par les soufres, les mei'curiaux.

Cinabre 1 !.;rainme.

Soufre précipité ô grammes.

Vaseline 50 —

Ou bien la peau est sensible et les goudrons alors font merveille.

Huile de cade 10 grammes.

I^anoline ÔO —

Ichtyol \

Résorcine iiïi 1 gramme.

Huile de bouleau )

Dans les cas douteux, on essaie des pommades des deux types, mais à doses minimes et sur des surfaces limitées. Le malade continue de se traiter avec celle qui réussit le mieux. Le pronostic de cette all'ection est donc, en général, excellent, mais elle peut récidiver. En outre il y a des cas rares qui débutent de même, et évoluent vers le tvpe des dermatites rouges plus ou moins graves ou chroniques, ce (jui impose quelque l'éserve (p. 663).

ECZÉMA IMPÉTIGINEUX

Il y a des cas qui débutent comme ceux dont la description précède mais qui évoluent aussitôt vers un type clinique bien plus exsudatif et croûteux. Le cuir chevelu est promptement dépassé, Texsudation se cantonne autour des oreilles, aux joues, etc. Cela survient ordinairement chez des jeunes gens ou jeunes filles à type chlorotique. On devra rechercher l'hypoacidité urinaire, Talbuminurie vraie ou digestive, intermittente, traiter létal général (p. 15).

Le traitement local, par le nitrate d'argent au 1/15 et les pâtes couvrantes, donne des résultats variables, comme dans le même type morbide chez l'enfant. Les poinniades douces, nu fioudron, comme

CUIR CHEVELU DE L'ADULTE. Ul

celles qu'on emploie conlre le type clinique précédent, donnent aussi de bons résultats. Ces types cliniques demandent quelques tâtonnements thérapeutiques. Dans ces cas, j'ai souvent retiré de très bons effets d'une cure à Saint-Gervais, quand la lésion est prurigineuse; d'une cure à Saint-Nectaire, quand on a pu mettre en évidence l'albuminurie, même intermittente, orthostatiqiie ou digestive.

ECZÉMA SEC

L'eczéma au cuir chevelu a toujours pour caractéristique de ne pas se limiter aux régions pilaires. Leurs frontières sont pour lui comme si elles n'étaient pas. Les squames de l'eczéma sec sont de deux sortes : ou bien elles sont poudreuses, fines, micacées, toutes égales, elles forment de grands placards pariétaux, le sommet de la tète demeurant indemne; ou bien elles font, de préférence, des squames croûtes papyracées, jaunâtres dans la profondeur, ti'aliissant une sourde propension à l'exhalaison séreuse aussitôt concrétée. Ce deuxième type conduit à la fausse teigne amiantacée de Devergie (p. 201), qui ne ine parait qu'une modalité d'eczéma.

Cet eczéma diffère microscopiquement du pityriasis en ce fait que ses squames, à l'examen bactériologique direct, ne montrent aucune flore quelconque et pas de spores de Malassez.

Le traitement de ces eczémas comme celui de beaucoup d'affections

caractérisées par l'hyperkératose et la dyskératinisation consiste en

applications de pommades goudronnées très douces, appliquées le soir

et savonnées le matin au blaireau à barbe avec un savon surgras.

Huile de cade .....)

Oxyde de zinc ) '^

LauoHiie / .^^

^r ,. , aa 15 STanimos.

Vaseline \ ^

Ichtyol ')

Résorcine { àii 1 gramme.

HuHe de bouleau )

Le pronostic de ces eczémas est ordinairement bénin et la gnérison rapide.

PSORIASIS

Le psoriasis (p. 502) peut n'exister qu'au cuir chevelu exactement. Mais le fait est rare. Môme dans les cas où on le croit tout d'abord isolé au cuir chevelu, on trouve le plus souvent, soit aux coudes et aux

Sabolt.aud. — Derinalologie topogr. 16

Vil DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIlOLiE.

genoux, soit au bas-ventre, au fourreau de la verge, quelque placard isolé qui certifie le diagnostic.

Les caractères du placard de psoriasis restent au cuir chevelu ce qu'ils sont ailleurs. C'est une plaque écailleuse sèche, à squame plâtreuse, adhérente, dont l'ablation n'enlève presque jamais aucun des cheveux qui la traversent, et découvre un épiderme rose, vite recouvert d'un très fin pointillé hémorragique.

Ce placard peut être de 1, 10 et 15 centimètres de diamètre. Mais jamais il n'est de grandes dimensions sans coexistence d'un psoriasis évident du corps. Dans les cas de psoriasis très généralisé, les placards squamo-croùteux sont conlluents et peuvent couvrir le cuir chevelu entier d'une épaisseur de plus d'un centimètre. Les cheveux gard(mt leur nombre normal et traversent la croûte comme si elle n'était pas. Le psoriasis du cuir chevelu partage le pronostic du psoriasis du corps. C'est une atï'ection à récidives fréquentes. Mais les récidives, là comme ailleurs, se produisent en raison directe du peu de soin et de constance avec lesquels le traitement a été suivi. En résumé le psoriasis du cuir chevelu est, en règle ordinaire, un épi phénomène au cours d'un psoriasis du corps.

Mais il existe une série de lésions, psoriasiformes de dimensions et d'aspect, dont la croûte semble pourtant plus grasse que celle du psoriasis ordinaire. Cliniquement, ces cas et leurs variétés rejoignent le psoriasis vrai aux formes figurées et nummulaires du pityriasis stéatoïde à développemeut lloride. Cette chaîne ininterrompue a donné lieu aux explications doctrinales les plus hasardées et à l'identification du psoriasis ordinaire aux pityriasis sous le vocaI)le « eczéma séborl'héique ». C'est le microscope qui tranche ces questions, il montre que la plupart des « eczémas séborrhéiques psoriasiformes » ou « séborrhéides psoriasiformes » ont des croûtes dont la structure histologique est celle des croûtes psoriasiques vraies et qu'en outre elles n'ont pas la flore spéciale aux pityriasis. Ce sont des psoriasis un peu atypiques.

Le traitement des psoriasis par les goudrons est classique. Plus les croûtes seront épaisses et sèches, et les lésions chronicpies, plus on ajoutera, aux goudrons, des mordants comme l'acide pyrogallique ou la chrysarobine. Plus au contraire les croûtes seront grasses, plus on sera conduit à incorpoi'er du soufre à la pommade.

POMMADE ÏUÈS AC.TIVL;

Lanoline. . ) ~ en

,,.,,, !■ iia 20 o ranimes.

Huile de cade )

Acide pyrogalliqiie '....']

Chrysarobine . . ^ ;ïïi 1 {gramme.

Turbith minéral )

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