‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 84 sur 251 · PRURITS SANS LÉSIONS · texte numérisé non relu

PRURITS SANS LÉSIONS

Les prurits sans lésions s'observent en tous sièges et pour des causes bien différentes. Il en est de même au cuir chevelu. Mais, en général, les prurits du cuir chevelu s'observent chez la femme, à l'âge moyen et ils ont l'alcoolisme pour cause.

A l'examen on trouvera un cuir chevelu net, non pelliculaire, sans aucune lésion. Pourtant la malade, dont le regard a souvent une fixité étrange et une expression un peu hagarde, accuse un prurit, marqué au point qu'il la réveille, et des démangeaisons intolérables : « C'est comme des bêtes qui courent, qui piquent, etc.. »

La malade a des cauchemars, des rêves d'animaux, d'incendies, de noyades, de chutes dans un trou, etc. Le matin elle tousse, crache, a des nausées, (pituites). Ses mains étendues et ouvertes tremblent, etc. L'éthylisme dans ces cas est indéniable.

Prescrire localement une lotion volatile et additionnée de menthol au 1/100 ou au 1/200. Mais prescrire surtout un régime : Prendre au réveil un grand bol de tisane de chicorée sauvage ou de lierre ter-

restre, etc. C'est le procédé de la dilution (Gaucher). Dans ce môme but prescrire l'eau de Yichy, le lait et un régime alimentaire dans' lequel on insistera, non pas sur la suppression de l'alcool, ce qui provoquerait des révoltes et des négations. Mais la suppression de toute boisson fermentée, quelle qu'elle soit : Bière, vin, etc. « et à plus forte raison de tout alcoot ». « Pour certains nerveux tout alcool est un poison, etc.. Dans 5 mois de ce régime tous les symptômes auront disparu, etc. » Ce qui est vrai.

ACNÉ NÉCROTIQUE

Dans ses formes ordinaires et moyennes, l'acné nécrotique est une maladie qui n'envahit que les frontières temporo-frontales du cuir chevelu, chez l'homme de 45 à 50 ans. Dans ses formes plus intenses, elle ne connaît pas d'âge et pas de limites. On la voit couvrir le cuir chevelu dès 50 ans. C'est une maladie paroxystique qui récidive de 2 à 10 fois l'an d'une façon plus ou moins intense. Chaque poussée montrant de 10 à 200 lésions. Chaque lésion est une pustule plate, ombiliquée, circumpilairc, évoluant sans s'ouvrir, séchant sur place sous forme d'une croûte discoïde qui tombe après longtemps, avec le poil qui la centre, en laissant à sa place une cicatrice varioliforme. C'est comme un impétigo de Bockhart de l'adulte dont les éléments seraient nécrosants. Chaque poussée s'accompagne, comme la poussée d'impétigo de Bockhart, d'une adénite double sous-occipitale douloureuse. L'anatomie et la bactériologie rattachent étroitement, dans sa nature, sa structure et sa cause, la pustule d'acné nécrotique à celle de l'impétigo de Bockhart {impétigo rodens, de llillairet-Gaucher). L'une et l'autre sont causées par le staphylocoque doré, mais dans l'acné nécrotique l'infection staphylococcique se greffe sur l'infection bacillaire séborrhéique primitive.

L'acné nécrotique peut être récidivante à l'excès, et chaque récidive être d'une extrême intensité. C'est alors une dermatose des plus sérieuses et des moins aisément curables. Peut-être l'état général du patient est-il pour quelque chose dans ces récidives incessantes comme on voit une glycosurie rendre une furonculose chronique. Mais on ignore tout de ce trouble général hypothétique et de son traitement.

Le traitement local reste celui de l'acné et de l'impétigo de

Bockhart : Pommades soufrées (1) ou soufrées mercurielles (5), ou soufrées cadiques (4), lotions soufrées (2). Tout réussit contre la poussée et tout échoue contre les récidives. Ainsi les malades qui guérissent sans récidives, et il y en a, ne doivent pas leur guérison totale à leur seul traitement, mais à la bénignité de la maladie ou à la valeur de leur défense leucocytaire propre.

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