‹ Manuel élémentaire de dermatologie topographique régionaleChapitre 83 sur 251 · PSEUDO-PELADE DE BROCQ · texte numérisé non relu

PSEUDO-PELADE DE BROCQ

Cette maladie n'a rien de commun avec la pelade. C'est une atrophie folliculaire, cicatricielle, en petits ilôts disséminés sur le cuii' chevelu ou sur une région du cuir chevelu. Elle s'ohserve plutôt à partir de l'âge adulte. J'en ai vu pourtant un cas à 12 ans. Elle est des deux sexes. Le cheveu tombe par un processus de sourde folliculite expulsive sèche, analogue à celle de certains sycosis non trichophytiques delà barbe. Le cheveu atteint s'épile facilement, avec sa gaine vitreuse; il peut être déjà atrophique. cassant, frisottant, ou normal. Il ne repousse pas et sa place s'efface.

Ainsi se constituent des surfaces vides, lisses, brillantes, d'abord rougeâtres, plus tard blanches, un peu aplaties et concaves. Ces ilôts très irréguliers et amorphes, en s'étendantse rejoignent, et fusionnent pour faire de plus grandes surfaces glabres; à ^"^- ^^'■ leur surface on observe de-ci de-là quelques bouquets de deux ou trois cheveux sains ou malades, restes des anciennes bordures de séparation des primitifs îlots distincts. La maladie s'étend lentement et arrive en 10 et 15 ans à dépouiller des régions entières, le vertex ou plus souvent une ou les régions pariétales. Cette maladie est irrégulière, asymétrique; sa marche est quelquefois rémittente, plus ordinairement progressive. Aucune repousse ne peut s'espérer sur les surfaces glabres qui sont faites, puisqu'elles sont cicatricielles. L'origine de cette maladie est tout à fait inconnue. La thérapeutique n'a comme moyen que les applications soufrées de toutes formes, qui retardent l'évolution de la maladie, sans parvenir même à garantir la conservation de l'état actuel. Le

rseudo-pelado de r>i-0(:'(i. (Malade de Broci]. Phûlograpliie de Soltas.)

soLifie peut être appliqué en poudre, lotions, pommade. Entre la pseudo-pelade de Brocq et la kératose pilaire, les sycosis secs et surtout les acnés décalvantes chroniques, il y a des cas cliniques intermédiaires en série ininterrompue.

LUPUS ERYTHÊIVIATEUX

Le cuir chevelu est l'un des sièges de prédilection du lupus érythémateux. Il y existe sous sa forme la plus typique, celle que Devergie avait appelée herpès crrfacé. Une ou plusieurs taches irrégulières, découpées nettement dans le cuir chevelu et tout à fait chauves; chacune ayant un fond rouge vif et un bord de squames crayeuses adhérentes. Ces taches sont nettement sensibles à la percussion: elles

sont ordinaire- - -"' ~ ment un peu

concaves , et

conduisent d'ailleurs à l'atrophie cicatricielle de la peau sans avoir été jamais ulcérées.

Les taches ont toutes les formes et dimensions. Les unes, que le

bout du doigt couvrirait, sont disséminées, souvent autour de taches plus grandes. Les plus grandes sont ordinairement rassemblées l'une près de l'autre au vertex. Ce sont toujours des lésions discrètes; on en trouve une seule grande de cinq centimètres sur trois de large, on deux analogues et deux ou trois petites, distinctes, rarement plus.

Ce sont des lésions torpides, chroniques, lentement extensives ou, une fois faites, stationnaires. 11 en peut guérir spontanément, le fait est rare.

Tout moyen thérapeutique comparé à la radiothérapie est mil, ou à peu près. Il faut ordinairement pour la guérison d'un placai'dde lupus

Fir,. lOS. — Lupus érytliéuiuteux du cuir chevelu. (Malade de A. Foiu-nier. Musée de l'hôpital Saint-Louis, n° IGOl.)

érythémateiix trente à trente-cinq unités II de Iloltznecht, ou sept teintes B de notre radiomètre X, ce qui suppose sept séances à quinze jours d'intervalle. Il existe des lupus érythémateux plus résistants et qui ne semblent guérir qu'après une radiodermite de 2 mois, c'est-àdire une double teinte B en une seule séance. Ces faits sont encore à l'étude et ne devraient pas encore être pris comme règle. Les emplâtres mordants salicylés-pyrogalliques à 1/10 maintenus sur place jusqu'à l'escarre ont donné quelques résultats. Faute de moyens radiothérapiques il faudrait s'en souvenir.

LICHEN PLAN CORNE ATFÎOPHfQUE

Ces lésions rares peuvent exister en tous points du corps. Ce sont de petites papules saillantes, irrégulières, brunes, très analogues d'aspect aux nsevi verruqucux, ayant un début insidieux, sans symptômes fonctionnels, une période d'état, où les lésions sont recouvertes d'une squame adhérente cartonnée, une période de régression se terminant par cicatrices brunes et pigmentées. Ce sont des lésions qu'on peut observer chez des malades atteints de lésions dermatologiques autres : pelade, psoriasis. La durée des lésions est de 5 à 10 ans et plus. L'une vient, l'autre s'en va, irrégulièrement. Elles sont toujours très discrètes; on en rencontre cinq à dix en évolution, une ou deux aux jambes, aux bras, au cuir chevelu. Leur nature tuberculeuse ou toxi-tuberculeuse me sem])le cliniquement probable, sans que j'en aie aucune démonstration. Le traitement que j'essaierais à l'avenir serait celui du lupus érythémateux (voir plus haut). Ce sont des lésions rares et d'évolution tellement lente que les malades souvent les ignorent ou ne les traitent pas. Ne pas confondre cette affection avec la forme hyperkératosique du lichen plan d'E. Wilson (p. 625).

ALOPÉCIES POST-INFECTIEUSES

Toute infection un peu sérieuse, même apyrétique et chronique, comme l'entérite muco-membraneuse, quand elle est sévère, par exemple, présente une répercussion sur la chevelure. Je ne puis passer en revue toutes les maladies qui peuvent causer des alopécies. La cachexie tuberculeuse chez Tenfant s'accompagne de la formation sur tout le corps d'un duvet épais et remarquable. En même temps, un

très grand nombre de cheveux tombent et sont remplacés par des cheveux massues, très peladiques, mais de deux et trois centimètres de dimension. D'ensemble, ces chevelures sont clairsemées et laissent voir la peau.

Les cachexies seules marquent sur la chevelure de l'enfant et la fièvre typhoïde qui chez lui est raie-, les fièvres éruptives marquent peu proportionnellement à leur gravité. Sur le cuir chevelu de

l'adulte, elles ont une répercussion bien plus marquée.

C'est à partir de 15 ans surtout que les grandes pyrexies sont suivies d'alopécies remarquables. Toutes s'en accompagnent : rougeole, variole, scarlatine, oreillons, érysipèle, angines, grippes, et les grandes infections viscérales : pneumonie, pleurésie, péritonites, appendicites. La fièvre typhoïde est la plus dépilante des grandes infections. Une alopécie analogue plus ou moins marquée peut survenir après des couches, même parfaites, ou leur suite infectieuse. Une légère alopécie peut suivre ces états dès qu'ils sont passés, particulièrement ceux qui, comme l'érysipèle, s'accompagnent d'une intense inflammatioii locale, mais tous ont surtout une échéance fixe pour leur alopécie. Celle-ci suit sa cause à Séjours cVintervaUe. D'un cas à l'autre il y a 5 jours en plus ou en moins.

Ces alopécies, ordinairement, durent 6 semaines avec un maximum à la 2*^ et 5" semaine. Le taux de la chute, éminemment variable, semble dépendre de l'intensité de l'infection, de sa durée et de sa nature. Quelques différences objectives pourraient être relevées entre ces diverses alopécies, si on les observait plus souvent. Car on reconnaît bien celle de la typhoïde, la plus marquée, la plus difluse, la plus complète et celle de la syphilis, alopécie pariétale en* clairière.

Le mécanisme de ces alopécies semble êlrc l'atrophie de la papille

Y\n. 109. — Alopécie post-érysipélateuse. (Malade (le Brocq. Photographie de Sottas.)

el la cessation de sa fonction sous l'influence des toxines en circulation. Le long temps qui sépare rinlection de l'alopécie, dépend de la lenteur de circulation et d'élimination des toxines, même les plus violentes, et aussi de ce fait que le cheveu mort et détaché de sa hase, monte lentement dans le follicule, mais ne tombe pas immédiatement. La thérapeutique de ces alopécies est toujours heureuse parce que la nature suffirait à les réparer partiellement. La chute est toujours suivie de repousse, mais la rej)Ousse resterait souvent médiocre et incomplète, livrée à elle-même. En outi'e, très souvent une alopécie infectieuse amorce une alopécie pityrode (p. 253) qui continue ensuite et la prolonge indéfiniment. Toutes les lotions que nous avons préconisées contre les pityriasis peuvent être utilisées contre les alopécies infectieuses. A la consultation de l'hôpital Saint-Louis, on prescrit souvent contre elles la lotion dite excitante.

Alcool camphré 125 grammes.

Essence de térébenthine 25 —

Ammoniaque liquide 5 —

qui est d'un emploi extrêmement désagréable parce qu'elle salit et empoisse les cheveux longs, il faut préférer des lotions du type :

Liqueur d'Iloffinanu 250 grammes.

Annuoniaque liquide 4 —

Eau distillée 25 —

Chlorhydrate de pilocarpine 50 centigrammes.

Alcoolat de lavande 25 grammes.

ou bien :

Acétone anhydre ) ^ ,r,-

,, , , „p • ; aa t2o grammes.

Alcoolat de romarin ^

Teinture de jaborandi ij " "

Acide acétique cristallisé 4

Formol commercial 1 —

et on peut en imaginer une foule d'autres.

Il semble utile de varier les formules employées, toutes les six semaines ou tous les trimestres, si l'on veut éviter une accoutumance du cuir chevelu qui se produit à la longue. Après une maladie infectieuse un peu grave, le traitement de l'alopécie et de la repousse consécutive dure utilement 6 à 7 mois.

DERMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

SYPHILIS DU CUiR CHEVELU

Au cuir chevelu on peut observer :

A. L'alopécie syphilitique; i>. Les syphilides secondo-tertiaires; C. Les gommes syphilitiques.

A. L'alopécie de la syphilis est du 5'' au 8'^ mois. Elle doit suivre rinlectioii syphilitique totale à 5 mois d'intervalle, car beaucoup de caractères la rapprochent des autres alopécies infectieuses, et de fait,

elle se manifeste souvent 2 mois l/^ à 3 mois après la roséole. Mais toutes ces échéances ont quelque variabilité.

()n peut dii'c toutefois qu'il n'y a pas d'alopécie syphilitique hors de la première année de la syphilis.

Cette alopécie est si spéciale qu'elle a maintes fois fait faire le diagnostic d'une syphilis inconnue ou méconnue du malade. Elle est temporo-pariélale, dill'use, mais irrégulièi'ement dilfuse, en sorte que, quand le sujet porte des cheveux courts, sa chevelure parait, en ces régions, criblée de coups de ciseaux maladroits. En chacun de ces points une petite touffe de 12 ou 15 cheveux a disparu, laissant une clairière; même chez la femme à cheveux longs, ces clairières sont encore reconnaissables. Si Ton regarde les sourcils, ils sont sabrés de hachures parallèles; les ganglions cervicaux sont gros; on regarde la bouche et on trouve des plaques muqueuses. Ou bien l'examen général du malade montre la trace indurée du chancre, la pléiade, quelquefois la roséole encore visible, etc.

FiG. 110. — Alopécie syphilitique un peu plus accentuée que d'ordi naii'e. (Malade de Sabouraud. l'iiotographie de Noire.)

CLIR CHEVELU DE L'ADLLTE. 255

L'alopécie syphilitique porte sur tout le poil du corps, mais nulle part aussi visiblement qu'au cuir chevelu et aux sourcils (p. 155). Elle dure 6 à 8 semaines et est constamment suivie de repousse spontanée: mais, chez le jeune homme, souvent cette alopécie se continue sans interruption avec une alopécie séborrhéique du vertex qu'elle amorce à sa suite.

Le traitement local de l'alopécie syphilitique est celui des alopécies infectieuses. Son traitement général est celui de la syphilis secondaire. Même si la 'syphilis n'est pas traitée, l'alopécie syphilitique est suivie de repousse, aussi régulière, ce qui peut donner aux malades une fausse sécurité. Cela ne prouve rien quant au pronostic ultérieur de la syphilis en cause.

B. Les syphilides secondaires du cuir chevelu sont de plusieurs sortes : macules de roséole, papules secondaires, elles ne sont que des épiphénomènes au cours de la syphilis secondaire ; dans un cas pourtant, j'ai vu ces papules être chacune le centre d'une aire alopécique; ce cas est une exception. Des lésions plus intéressantes sont les corymbes papuleux ou papulo-ulcéreux de la syphilis secondaire maligne (encore un épiphénomène au cours d'une syphilis secondaire grave), et surtout les syphilides secondo-tertiaires, qu'on peut voir évoluer solitairement au cuir chevelu ou en concomitance de lésions analogues du cou, du visage, de la barbe.

Elles peuvent survenir à des années de distance du début de la maladie, après dix et quinze ans. Elles sont caractérisées par la topographie de leur distribution, en cercles de 6 ou S papules, ou en demi-cercle, ou en fer à cheval, mais toujouis suivant un dessin figuré. Le cercle est marqué partout, nuùs il faut qu'on le recherche; les papules sont disséminées sur lui et chacune très visible, rouge, sèche ou écailleuse, psoriasiforme, ou ulcéreuse et croiiteuse. Je répète que c'est la topographie des lésions qui fait faire le diagnostic différentiel. On le contlrme par l'examen attentif de chacune qui ne peut être ni du psoriasis, ni de l'acné, ni de l'acné nécrotique, etc. L'enquête rétrospective met hors de doute l'existence d'une syphilis antérieure. Le traitement local par les pommades :

Minium ) ^ ,

„. , a;i l eramiiic.

Luiabre )

Vaseline 50 grannnes.

ou par les emplâtres : emplâtre de Yigo ou emplâtre rouge, est d'effet

local à peu près nul. C'est le traitement interne par les injections quotidiennes de biiodure hydrargyrique à '2 centigrammes, ou hebdomadaires d'huile grise à 0,07 centigrammes, qui fournissent les meilleurs résultats. Ce traitement doit être continué un peu longtemps, car il révèle une vieille infection persistante.

C. Gommes et séquestres syphilitiques. — La syphilis tertiaire peut se traduire au cuir chevelu par des gommes et des séquestres osseux. Ce sont des cas rares, non pas exceptionnel^. La gomme nait avec l'apparence d'un abcès auquel manquent les signes fonctionnels de chaleur locale et douleur.

Ouverte, elle garde les caractères qu'elle a partout : l'orbicularité, ou la forme en croissant de sou ulcération, son bourbillon jaune vei'dâtre, le sillon progressif entre lui et la paroi, et le cratère profond qui résulte de son élimination; tout cela est caractéristique.

Le séquestre commence, plus souvent par la surface que parla profondeur, sous forme d'une syphilide ulcéreuse térébrante que par une gomme. Ces deux débuts sont possibles. Lorsque l'ulcère découvre le séquestre, l'aspect ulcéreux, anfractueux de la plaie, l'odeur effroyable des suppurations osseuses, tout fait cette lésion horrible. An début, la foriuation du séquestre peut être douloureuse, elle est plus souvent iudolore. L'élimiuation du séquestre est assez prompte si l'on débride la plaie autant (|u'il est nécessaire pour en permettre l'extraction. Poui-tant, l'encastrement du séquestre peut obliger à un dégagement chirurgical. Ces lésions interminables de durée quand leur nature est méconnue, guérissent en quelques semaines de traitement mixte bien dirigé (p. 726). A défaut du traitement par injection, se rappeler qu'on en a beaucoup guéri avec les traitements anciens, avant que les injections fussent inventées. Sirop de Gibert ou liqueur de Van Swieten, avec iodure de potassium, l à 4 grammes par jour.

Le traitement local est à peu près de nulle valeur.

CUiR CHEVELU A L'AGE MUR

L'âge mûr présente fréquemment des \ eczémas secs, squameux, pityroïdes et les [ Eczémas secs ... p. 258. eczémas rouges dits « des arthritiques » . )

... de même beaucoup de dermites artifi- ) „ . ,, . .- . , ,, I Dermites trauma-

cielles traumatiques parmi lesquelles cer- > . „„„

. , L blŒ U6S • • . . . . p. ZDv.

tames proviennent de teintures malsaines . ]

C'est à l'âge mûr aussi, et plus souvent ] chez la femme, que l'on observe au cuir i Prurits alcooliques, p. 260. chevelu les prurits sans lésions objectives. \

Le cuir chevelu, comme le visage, est Vun ) des sièges d'élection de V acné rodens, nécro- > Acné nécrotique. . p. 261. tique, varioliforme )

... et de cette acné polymorphe de déve- 1 loppement anormal qu'on observe chez les ' Acné chlorique. . . p. 262. ouvriers occupés à la fabrication du chlore. \

Après avoir présenté ces divers types \ morbides, nous nous occuperons de l'évo- i Évolution ultime de lution ultime de la calvitie vulgaire et des i la calvitie. ... p. 263, complications qu'elle peut présenter . . . |

Parmi ces complications, nous étudierons j le pityriasis figuré, circiné ou marginé, ( Pityriasis circiné poly-micro-cy clique qui n'évolue guère que l des chauves. . . p. 264, sur le cuir chevelu des chauves ]

...Et i'atrophie scléreuse des follicules, )

aboutissant à leur disparition par cicatrice, I Alopécie par sclé-

soit sur les cuirs chevelus déjà chauves, l rose folliculaire, p 264.

soit sur le cuir chevelu des femmes. . . . )

Et nous étudierons, spécialement chez la ]

femme, la plaque d'alopécie en tonsure qui f Alopécie en tonsure

s'observe souvent chez elle à partir de i de la femme. . . p. 265.

45 ans ]

Il existe chez l'adulte, et même à l'âge \ mûr, dans des cas rares, une folliculite r FoUiculite chro-

chronique, en placards, analogue à l'impé- t nique p. 266.

tigo de Bockhart chronique de l'enfant . . )

Sabouraui). — Dermatologie lopogr. 17

258 DERMATOLOGIE TOPOGRAPllIOUE.

Ce processus, comme beaucoup d'autres, aboutit à la cicatrice. Nous passerons

ensuite en revue les principales causes des \ Cicatrices p. 267

cicatrices que Ion peut rencontrer sur le cuir chevelu

Pour terminer nous consacrerons quel- MoUuscum conta-

ques mots à des processus dermatologiques j giosum p. 268.

de peu d'importance en ce siège mais qu'il Verrues p. 268.

faut néanmoins connaître, diagnostiquer \ Kystes sébacés. . . p. 268.

et traiter , Êpithéliomas ... p. 269.

ECZÉMA SEC

Plus l'individu avance en âge, plus les eczémas qu'il présentera seront en général secs, rouges et squameux, moins ils seront suintants, impétigineux (').

L'homme, surtout obèse, ayant gardé tous ses cheveux ou au moins une demi-chevelure, présente souvent de l'eczéma sec des régions restées chevelues. Cet eczéma se caractérise par des démangeaisons excessives, revenant surtout par accès, 2 ou 5 fois le jour, particulièrement le soir. Ces démangeaisons produisent la chute de pellicules sèches. Après chaque accès,, le doigt, posé à plat sur le cuir chevelu, trouve la peau moite. En regardant de près, on observe en eftet une exsudation intime qui se produit par des orifices punctiformes, et sèche entre les squames sans les transformer en croûtes. La peau, plus chaude que celle des régions voisines, est épaissie par un œdème dur qui ne garde pas l'empreinte des doigts.

Dans tous les cas graves, cet eczéma, quoique plus marqué dans les régions pilaires, dépasse les limites du cuir chevelu et le déborde en déterminant au cou, au visage, aux paupières, des lésions très analogues. Cet eczéma a des formes plus exsudatives, d'autres plus squameuses, d'autres caractérisées par une infiltration tégumentaire plus accusée.

Comme tous les autres eczémas celui-ci n'a pas une cause étiologique déterminée. On incrimine dans sa genèse la diathèse arthritique (on sait combien ce mot est vague et de définition impossible).

(*) Il reste entendu que toute forme d'eczéma peut s'observer à tout fige, mais j'énonce ici connue partout en ce volume des généralités.-

L'examen attentif de l'état général fournira souvent des indications importantes pour le traitement du malade. On prescrira les alcalins aux hyperuriques, les eaux lavantes aux oxaluriques, à ceux dont les urines contiennent du skatol et de l'indican. On régularisera la digestion gastrique et intestinale par les moyens appropriés : carbonate de chaux, hydrate de magnésie, laxatifs salins, purgatifs drastiques, etc. Le traitement local comprend l'usage des topiques couvrants et des goudrons. On peut formuler ainsi par exemple :

^ aa 5 grammes.

Huile de cade

Oxyde de zinc

Ichtyol ^

Résorcine [ ââ 1 à 5 grammes.

Huile de bouleau )

Vaseline 50 grammes.

mais, suivant la tolérance du sujet, on diminuera les principes actifs : goudrons et résorcine, ou bien on augmentera leurs doses. Suivant le cas aussi, on savonnera aux savons très doux pour enlever la pommade, ou bien on évitera le savon, et on enlèvera la pommade avec de l'huile d'amandes douces fraîche, etc. Ainsi de suite.

DERMITES ARTIFICIELLES

Les dermites artificielles, au cuir chevelu comme ailleurs, peuvent avoir toutes causes, mais j'envisagerai les plus ordinaires.

Les lotions à l'essence de térébenthine, au salol, au naphtol, à la teinture de cantharides, de capsicum, etc., en sont les causes les plus fréquentes; avec les applications de soufre ou de sulfures alcalins, en poudres, pommades, lotions, etc. On sait que le cuir chevelu rougit peu, et que sa rougeur est difficilement visible. Mais le malade accuse une sensation de chaleur, de cuisson, de prurit, la peau sensible et comme contractée. Toujours le malade accuse une douleur aux deux ganglions sous-occipitaux. Ces dermites peuvent êtres sèches et desquamantes; cela est rare. Elles sont ordinairement rouges; plus marquées, elles sont suintantes, sur tout le cuir chevelu ou sur une région seulement. Les teintures, particulièrement celles dont le fixateur est un sulfure alcalin, ou encore celles qui ont pour agent principal la paraphénylène-diamine, agissent exactement de même que lesmédicaments traumatisants. Leurs effets sont identiques et jl n'y a pas de réaction cutanée différente dans chaque agent de traumatisme.

260 DEIIMATOLOGIE TOPOGRAPIIIQUE.

Il est remarquable de voir pour les dermites des teintures et les dermites causées par les poudres, pâtes ou pommades, Tirri talion dépasser de beaucoup les limites du cuir chevelu et gagner le visage, les tempes, les régions rétro-auriculaires, les parties antéro-latérales du cou et même envahir le tronc. Ces réactions dépendent non seulement de l'agent traumatisant et de sa dose, mais, et surtout, de la peau sur laquelle on l'applique. Telle peau s'irrite avec les topiques les moins violents, telle autre avec les plus irritants ne réagit pas. Il y a des peaux irritables, eczématisables. Les peaux qui présentent de ces dermites artificielles ont eu souvent de l'eczéma « spontané » jadis ou en auront dans l'avenir.

Le traitement comporte l'ablation des topiques irritants quels qu'ils soient. Le nettoyage avec de l'huile d'amandes douces fraîche et des boulettes d'ouate hydrophile y suffit le plus souvent. Après cela on applique des pommades et crèmes couvrantes, ou même, si l'intolérance existe pour elles, les onctions avec de la panne de lard fondue, (axonge absolument fraîche), calment d'ordinaire l'irritation en peu de jours, à moins que le traumatisme n'ait été que l'occasion de faire éclore un eczéma prêt à naître et se développer tout seul.

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