DE LA GUERRE 25D
vements insurrectionnels qui se produisent dans riotérieur d'un Etat, des luttes qui s'engagent entre le parti qui veut s'emparer du pouvoir et Tautorilé légale qui s'efforce de réprimer la révolte. Cependant, lorsqu'une nation se soulève contre PEtat qui la tient sous son joug, et cherche à conquérir son indépendance, si elle parvient à organiser une armée, avec des chefs reconnus et à fonder un gouvernement régulier, tes insurgés finissent par être reconnus comme belligérants, soit par le gouvernement même contre lequel ils se sont révoltés, soit par les puissances étrangères ; dès lors il n'y a plus simple rébellion, simple mouvement insurrectionnel : on dh qu'il y a guerre proprement dite avec toutes ses conséquences, notamment la neutralité.
C'est là une dérogation apportée dans la pratique au principe que la guerre ne se conçoit que aans les rapports des deux Etats, dérogation basée uniquement sur des raisons d'humanité.
Mais, comment distinguer la rébellion de la guerre. C'est la une pure question de fait. Tout dépendra de la durée et de l'étendue du soulèvement, de Torganisation des forces et des procédés employés dans la lutte. Comme exemples de rébellion poursuivie et châtiée avec toutes les rigueurs des lois criminelles, on peut citer : le soulèvement des Hongrois, en 1849, réprimé par l'Autriche avec l'aide de la Russie, et en France, la commune insurrectionnelle du 18 mars
Comme exemple de soulèvement auquel on a reconnu le caractère de guerre et dont les auteurs ont été traités comme belligérants, rappelons te cas des colonies anglaises de rAmérique luttant contre l'Angleterre pour conquérir leur indépendance, celui des colonies espagnoles, et enfin la lutte plus récente des Etats fédérés du sud contre les Etats fédérés du nord, en Amérique.
But et caractère de la guerre. — Le but de la guerre est d'établir le droit du plus fort, c'est-à-dire de déterminer entre les deux Etats qui luttent ensemble, lequel sera assez puissant pour forcer l'autre à subir sa volonté.
La guerre n'est pas la sanction du droit des gens, on ne peut pas la comparer à un moyen de procédure, à un procès entre deux parties. Car il arrive souvent que, dans la guerre, celui-là succombe qui avait le bon droit de son côté. La guerre produit des conséquences juridiques importantes et nombreuses : mais par elle-même, elle n'est pas un droit. C'est un fait brutal dans la vie des peuples.
La guerre est un mal considérable : ses effets sont désastreux, môme pour le vaintjueur : uqiï seulement, à çau§e dep victin^es
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qu'elle fait et des richesses qu'elle détruit, mais aussi, parce qu'elle marque un arrêt dans Texistence intellectuelle, économique et commerciale dés nations. Et ces effets désastreux de la guerre ne sont pas limités aux Etats qui sont en lutte, nous verrons qu'ils se répercutent sur les puissances qui gardent la neutralité.
Cependant, c'est là un mal qu'il serait chimérique de penser voir disparaître un jour. L'idée de paix perpétuelle, de désarmement universel est une utopie. Tant qu'il existera au monde des Etats indépendants, la guerre ne disparaîtra pas ; parce que c'est le seul moyen de trancher certains litiges internationaux, ainsi que nous l'avons fait comprendre en traitant de l'arbitrage.
Diverses espèces de guerre. — Suivant la cause pour laquelle la guerre est entreprise, on distingue : les guerres offensives et défensives, les guerres politiques et les guerres de religion, les guerres de conquête et les guerres d'indépendance.
Nous dirons un mot seulement de la guerre offensive et de la guerre défensive.
Guerre offensive et défensive, — 11 y a guerre offensive de la part d'un Etat qui prend les armes le premier et attaque un autre Etat qui vivait en paix avec lui.
Il y a guerre défensive de la part d'un Etat qui prend les armes pour repousser l'ennemi qui l'attaque.
L'intérêt pratique de cette distinction se présente, lorsque I'uq des Etats belligérants a passé avec une tierce puissance un traité d'alliance purement défensive.
Mais, en fait, elle sera toujours bien délicate à faire : parce qu'il est rare que l'un des belligérants accepte de passer pour être l'agresseur. D'autre part, il peut très bien arriver que celui des deux adversaires qui le premier a pris les armes ait agi, seulement dans le but de venger une offense : et dans ce cas, bien qu'il ait commencé la lutte, on doit dire qu'il ne Ta entreprise que pour se défendre.
Causes justes et causes injustes de guerre. — Des prétextes de guerre. — La cause d'une guerre est juste, lorsqu'elle est conforme au droit international ; elle est injuste, lorsque le droit international la réprouve.
On peut indiquer comme causes justes de la guerre : toute atteinte portée à l'indépendance d'un Etat ou à l'intégrité de son territoire, une offense à sa dignité et à son honneur, le refus d'un Etat de remplir ses engagements envers un autre Etat, etc.
Il n'y a pas un simple intérêt théorique à rechercher si la guerre entreprise par un Etat a une cause juste ou injuste, La légitimité