‹ Manuel élémentaire de droit international public: a l'usage des étudiants enChapitre 75 sur 106 · CHAPITRE m. — DES MOYENS DE NUIRE A L'ENNEMI · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — DES MOYENS DE NUIRE A L'ENNEMI

Idée générale. ~ Interdiction de cruautés inutiles et des actes de perfidie. — Comme dans la guerre continentale, la ruse est permise, la perfidie est interdite dans la guerre maritime. Il est aussi interdit de commettre des violences qui ne doiventavoir aucune influence sur l'issue de la lutte.

Nous renvoyons sur ce sujet à tout ce que nous avons dit pour la guerre continentale. Il nous suffit de donner quelques rapides exemples d'actes perfides et d'actes de ruse.

il est permis à un navire, pour échapper à la poursuite de Tennemi, d*arborer un drapeau supposé : c'est la une simple ruse, mais on ne peut pas employer ce procédé pour surprenare et attaquer son adversaire. Dès que l'attaque commence, le navire doit arborer ses couleurs véritables. Agir autrement, c'est faire acte de perfidie.

C'est aussi un acte perfide de faire des signaux de détresse, pour accueillir ensuite à coups de canon le navire belligérant qui se porte à votre secours.

Des moyens d'attaque et de défense. — Les principaux moyens d'attaque et de défense dans la guerre maritime sont :

1*> Les prises ;

i^ Le blocus ;

3° Le bombardement.

1° Des prises. — Nous ne faisons que les mentionner ici : nous savons qu elles s'appliquent :

io Aux navires ae guerre ;

2° Aux navires de commerce de l'Etat ennemi.

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Les navires et leur cargaison appartiennent à TEtat dont le capteur porte le pavillon : Téquipage des navires capturés est fait prisonnier.

Nous renvoyons à ce que nous avons dit sur ce point dans le chapitre précédent.

T^ Du blocus. — Définition. — Différences avec le siège. — Effets à l'égard des belligérants. — Le blocus est Tinvestissement des côtes et des ports de Tennemi .

A la différence du siège, le blocus n'a pas pour but de s'emparer des positions sur lesquelles il porte ; mais uniquement d'intercepter les communications de Tennemi avec le dehors afîn de ruiner son commerce.

En conséquence, tandis que le siège n'est un moyen léffitimemeut employé dans la guerre continentale qu'à l'égard des places fortes qui se défendent, le blocus est pratiqué tant a Tégard des ports de commerce qu'à l'égard des ports militaires, et même, il s'applique bien plutôt en fait aux ports de commerce d'après le but qu il est destiné à atteindre.

L'effet du blocus à l'égard du belligérant est d'entraver son commerce avec le dehors. Il produit son contre-coup à l'égard des Etats neutres et c'est surtout a leur encontre qu'il a des conséquences importantes. Nous les étudierons avec détails dans la section suivante consacrée à la neutralité maritime.

3^ Du bombardement. — Différencelavec la guerre continentale. — Comme le blocus, le bombardement peut s'attaquer dans la guerre maritime, à la différence de ce que nous avons dit pour la guerre continentale, aux ports et aux villes ouvertes (i). Car il a pour but, comme le blocus, ae ruiner le commerce de l'ennemi. Seulement si le bombardement d'une ville non fortifiée ne devait avoir aucune influence sur le sort de la lutte, il constituerait un acte barbare que le droit^des gens réprouverait.

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