Pomponius, D., 1, 2, De 0. J
en 636, le premier jurisconsulte dont le nom soit mêlé à l'histoire de Tédit tel qu'il se développa après la loi Aebutia. Ces jurisconsultes ont publié quelques ouvrages : Sex. Aelius, des tripertita exposant, soit successivement, soit au sujet de chaque institution, les XII Tables, Vinterpvetatio et les legis actiones et un jus Aelianum, dont on se demande s'il faut y voir un ouvrage distinct ou la troisième partie des triperiiia ou même une invention d'écrivains récents provoquée par la symétrie du. jus Flavianum: M'. Manilius, un recueil de formules; P. Mucius Scaevola, un ouvrage en dix livres ; enfin Brutus, trois livres de jure civili composés un peu gauchement, à l'imitation des philosophes grecSy sous la forme d'entretiens avec son fils. Mais, sauf peut-être celui de Brutus, ces écrits avaient encore sans doute un caractère purement pratique, étaient de simples recueils de recettes et de précédents, compilés sans vue systématique \
La troisième période commence avec le fils de P. Mucius Scaevola, Q. Mucius Scaevola, gouverneur d'Asie, consul en 659, tué en 672 par les partisans de Marins. Il composa un. jus civile en 18 livres, qui a été, selon toute vraisemblance, la première exposition méthodique du droit civil, dont le plan a ensuite inspiré celui du jus civile de Sabinus et qui a été fréquemment cité et commenté par les auteurs du temps de l'Empire ^ Il nous suffira de nommer parmi les jurisconsultes postérieurs qui ont continué à marcher dans la même voie : Aquilius Gallus, préteur en 688 ; Servius Sulpicius, consul en 703, mort en 711, auteur en particulier du premier commentaire sur l'édit (deux livres ad edictum) et qui a eu pour élèves presque tous les jurisconsultes de la fin de la République, notamment Alfenus Yarus, consul suffect en 715, et Aulus Ofilius, familier de César, qui écrivit aussi un commentaire sur l'édit ; enfin Gascellius, qui fut probablement préteur après la mort de César, C. Trebatius Testa, dont la vie se prolongea de longues années sous le règne d'Auguste, et Q. Aelius Tubero, qui abandonna le barreau pour la science après avoir été battu par Gicéron dans l'accusation formée par lui contre Q. Ligarius \
1. On doit sans doute aussi à l'activité des auteurs de cette période, fréquemment désignés par les jurisconsultes du temps de l'Empire du nom de veleres, une forte part des règles générales formulées en maximes que nous rapportent ces derniers et dont quelques-unes ont môme gardé le nom de leur inventeur {régula Caioniana, praesumptio Muciana, par ex.). V. sur ces regulae, Bruns-Lenel, Gesch, und QueLl., § 30.
2. V. sur le plan de cet ouvrage, Lenel, Das Sabinussystem, 1892, p. 10 et ss.
3. Les citations directes ou indirectes, que nous possédons des écrits juridiques des divers jurisconsultes et qui particulièrement depuis Q. Mucius Scaevola sont assez abondantes pour permettre des recherches sérieuses, sont réunis sous le nom de chacun dans Lenel, Palingenesia juris civilis. Huschke et Bremer donnent en outre un certain nombre de fragments relatifs au droit public et religieux écartés par le plan de Lenel. Nous renvoyons pour une histoire