CHAPITRE I. — STATUS LIBERTATIS. — L'ESCLAVAGE
Le status libertatis appartient à tous ceux qui ne sont pas esclaves, même à ceux que les interprètes rangent parfois dans une classe intermédiaire entre l'esclavage et la liberté; il suffira donc, pour donner une notion suffisante du premier élément de la personnalité, d'indiquer ceux qui ne l'ont pas, en faisant la théorie de l'esclavage.
Les jurisconsultes romains de la période impériale qui, en partant d'idées philosophiques modernes, considèrent l'esclavage comme contraire à la nature, disent que c'est une institution du droit des gens, pafce qu'il existe chez tous les peuples de l'Antiquité '. Quant à sa légitimation, ils la voient dans l'événement qui en a toujours été la principale origine: dans la guerre. Le vainqueur, ayant le droit de tuer le vaincu, a, pour ainsi dire à plus forte raison, le droit d'en faire sa propriété '\ Ce sophisme n'a pas besoin d'être réfuté. Mais, comme il arrive fréquemment, il ne fait que formuler en règle de droit une vérité historique. Il y a eu une époque où on tuait les vaincus au lieu de les réduire en servitude, parce qu'on n'avait pas eiicore eu l'idée et qu'on n'aurait guère eu le moyen de tirer un profit de la propriété d'un
1. Florentinus, D., 1, 5, De statu huminum, 4, 1 = Insl., 1, 3, Dejur. pers,,2 : Servttus est constilutio juris gentium, qua quis dominio alieno contra naturam subjiêilur .