‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 1 sur 1459 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le commerce n'est plus aujourd'hui ce qu'il était encore au commencement du siècle. Tournant dans un cercle étroit, rencontrant peu de concurrence, n'ayant pour ainsi dire qu'à suivre une route toute tracée, et à entretenir des relations consacrées par l'habitude, il pouvait se suffire avec une somme modeste de connaissances générales, de renseignements et d'instruction.

La vapeur, l'électricité, le progrès des relations internationales, en élargissant la sphère d'activité du commerçant et en lui ouvrant de nouvelles sources de bénéfices, lui ont imposé en même temps de nouvelles obligations. Ses opérations se sont multipliées, son horizon s'est agrandi, les traités lui assurent plus de liberté et plus de garanties ; . mais la concurrence s'est accrue : il faut lutter sans cesse, s'ouvrir des débouchés, se tenir au courant de la production, de la consommation, des usages commerciaux, de la législation douanière des pays étrangers; suivre sur tous les marchés les variations du change et le cours des marchandises, simplifier la correspondance et la comptabilité, surveiller tous les rouages d'une machine délicate et compliquée : le savoir-faire ne peut plus tenir lieu de savoir.

L'Angleterre, la Suisse et l'Allemagne ont compris ces besoins nouveaux du commerce : Des publications nombreuses qui sont dans toutes les mains ont vulgarisé les connaissances nécessaires à qui-

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conque veut aborder les carrières industrielles et commerciales et s'y maintenir aveclionneur. La France est loin de pouvoir rivaliser, à ce point de vue, avec ses voisins et ses émules.

Notre bibliothèque commerciale est trop élémentaire ou trop savante ; elle ne renferme guère que des ouvrages destinés aux écoliers, ou des travaux souvent d'une haute valeur scientifique, mais qui s'adressent aux hommes d'étude.

Les livres faits pour les hommes d'affaires, simples, mais sans puérilité, exacts, mais sans prétentions scientifiques, présentant dans un ordre méthodique des renseignements précis et immédiatement applicables, les livres pratiques, en un mot, nous manquent presque complètement ; c'est cette lacune que nous avons essayé de combler.

Réunir dans un volume qui ne saurait être un carnet de poche, mais d'un format ordinaire et d'un prix accessible à tous, l'ensemble des connaissances théoriques et pratiques nécessaires au commerçant, telle est l'idée qui nous a inspiré cette publication. Chacun des livres dont elle se compose est un tout, un traité complet sur la matière, et la réunion de ces traités constitue une véritable encyclopédie commerciale.

Aucune source d'informations n'a été négligée : statistiques et documents officiels, journaux et revues commerciales, renseignements fournis directement par les maisons les plus importantes de la France et de l'étranger; chaque chapitre représente plusieurs années de recherches et renferme la substance de plusieurs centaines de volumes. Nous avons confié la rédaction de chaque traité spécial à des hommes d'une compétence reconnue, et qui joignent à la connaissance approfondie du sujet l'habitude d'écrire et d'enseigner et de donner par conséquent à leur pensée cette forme claire et méthodique si nécessaire dans un pareil travail.

Les écoles supérieures de commerce trouveront dans le manuel encyclopédique du commerçant un cours complet d'études commerciales, qui n'existe pas encore en France; les négociants et les hommes d'affaires pourront le consulter comme un répertoire pra-

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tique, un guide sûr et toujours à leur disposition, dont la table des matières suffirait seule à leur démontrer l'utilité et qui leur épargnera mille recherches coûteuses, pénibles et souvent infructueuses ; enfin tous ceux qui s'intéressent aux questions commerciales, hommes politiques, journalistes, fonctionnaires, simples curieux, n'auront qu'à ouvrir ce volume pour se procurer en quelques minutes sur tel détail de statistique ou de législation, sur telle expression spéciale, sur tel produit peu connu, des renseignements sérieux et récents, qui lui auraient coûté peut-être des heures de travail et d'ennui.

Dans une œuvre aussi complexe, aussi considérable et qui n'a pas de précédents, nous ne saurions nous flatter d'avoir atteint du premier élan à la perfection, de n'avoir rien oublié et d'avoir évité toutes les erreurs : nous appelons la critique et nous l'attendons avec confiance, parce que nous sommes sûrs d'avoir apporté à cette publication tout le soin dont nous sommes capables.

C'est pour le commerce français que nous avons travaillé, c'est à lui que nous dédions cet ouvrage; nous espérons qu'il voudra bien nous tenir compte de nos efforts, et qu'il accueillera avec bienveillance un travail dont il peut, nous ne craignons pas de l'affirmer, tirer quelque profit.

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