Ce compte doit être débité
4° De la fonte en gueuse, fournie par le fourneau; — 2° du charbon; — 3° de l'entretien des outils et des machines de la forge ; — 4° de la paye des commis, serruriers, marteleurs et ouvriers; en général, de tous les frais spéciaux à la forge.
Il doit être crédité :
\° Par le débit de fers divers, de tous les fers marchands envoyés au magasin pour être vendus ou expédiés;
2° Par le débit de fenderie, des fers destinés à être fendus ou laminés; 3° par le débit de chaque usine, des fers envoyés aux autres usines de l'établissement, telles que laminerie, tôlerie, platinerie, tréfilerie, ferblanterie.
Ce compte ne devant présenter ni bénéfice ni perte, il faut évaluer les fers au prix coûtant présu??ié, et le solder de la môme manière que les précédents.
On peut savoir, avec ce compte, à combien revient le millier de fer, en divisant le montant du débit par la quantité de fer obtenue.
Du compte de platinerie, fonderie, tôlerie, ferblanterie, tréfilerie.
355. Ces comptes doivent être tenus de la môme manière et d'après les mômes principes que les précédents. Ils n'offrent aucune difficulté. Tl suffit de savoir qu'en général il faut débiter le compte qu'on ouvre à l'usine de toutes les dépenses qu'elle occasionne et le créditer de tous les produits qu'elle donne.
Du compte de fers divers ou de magasins.
358. Ce compte représente le magasin où l'on suppose que toutes les usines envoient leurs produits pour en être expédiés ou y être vendus.
On a dû remarquer que les comptes de fourneau, forges, fenderie, etc., viennent y verser, comme dans un dépôt général, tous leurs produits évalués au prix coûtant, et qu'aucun de ces comptes ne présente de bénéfices; c'est celui de fers divers qui est seul destiné à les faire connaître.
Ce compte doit être débité :
4° Des fontes marchandes, fournies par le fourneau; — 2° des fers marchands, fournis par les forges; — 3° des fers fendus ou laminés, fournis par la fenderie; — et 4° des produits des autres usines : le tout évalué, comme nous l'avons dit, au prix coûtant présumé de fabrication; — 5° des soldes provenant des différences que produisent les prix coûtants présumés : il faut avoir vu l'article sur la balance (366) pour concevoir ce paragraphe.
Il doit être crédité :
De toutes les ventes ou expéditions à l'extérieur, par le débit du compte des correspondants à qui l'on expédie; les fers doivent être alors seulement estimés au prix de vente.
357. Le débit de ce compte présente le prix coûtant de tous les fers fabriqués dans l'usine, et le crédit le montant de ces mêmes fers au prix de vente : donc l'excédant du crédit sur le débit donne évidemment les bénéfices. On doit se rappeler que, lorsqu'il reste encore de ces fers en magasin, ce n'est pas une difficulté de déterminer les bénéfices faits sur ceux qui sont déjà vendus (254).
Ainsi, dans ce système, le compte de fers divers ou de magasin est le seul qui présente des bénéfices.
Du compte d'ouvriers.
358. Dans les forges, on est obligé d'avoir un compte avec certains ouvriers à qui l'on fait des avances dans tout le courant de l'année, quoiqu'on ne règle avec eux que tous les mois ou tous les ans; il en résulte que ces avances, qui ne sont nullement affectées à telle ou telle usine, ne peuvent être portées directement au débit des comptes ouverts à ces usines : cependant il faut en passer écriture en partie double; comme il serait beaucoup trop long d'ouvrir un compte à chaque ouvrier sur le Grand-Livre, on en établit un seul pour tous (348).
Il faut le débiter, par le crédit de caisse, de toutes les avances faites aux ouvriers et des payements pour solde.
On le crédite tous les mois ou tous les ans, lorsqu'on règle avec eux ce qui leur est dû, en débitant mine, bois , charbon , forges, fourneaux, en un mot, les comptes pour lesquels ils ont travaillé, chacun de la portion qui est à sa charge.
Gomme il est indispensable d'avoir un compte particulier pour chaque ouvrier, on tient un livre auxiliaire où chacun a son compte établi par débit et par crédit.
Du compte d'usines.
359. Ce compte doit être débité de la valeur des terrains, bâtiments, machines et outillage des usines, dont nous n'avons porté aux divers comptes que l'entretien seulement; en un mot, de la valeur du matériel de l'établissement.
Le compte d'usines, qui représente la valeur du fonds de l'usine, reste toujours dans le même état, à moins que des accidents ne viennent en diminuer la valeur; alors on débite Pertes et Profits, ou plutôt capital, des dégâts produits par les événements imprévus, et l'on crédite usines, dont l'appréciation se trouve ainsi ramenée à sa juste valeur.
Si l'on fait bâtir, il faut porter au débit de ce compte les frais de la bâtisse. Quelquefois on le crédite chaque année, par le débit de pertes et profits, d'un vingtième, plus ou moins, de sa valeur, pour dépréciation annuelle du matériel.
Du compte de voitures et chevaux.
360. Ce compte doit être débité de l'achat des voitures, des chevaux, des frais de nourriture, d'entretien, etc.
361. Il doit être crédité des transports effectués par ces voitures, par le débit des comptes pour lesquels elles ont transporté, au prix qu'on payerait aux voituriers étrangers.
362. Pour tous les autres comptes de frais généraux, de dépenses de maison, de pertes et profits, de caisse, d'effets à recevoir, d'effets ou obligations à payer, de capital, communs à toutes les comptabilités, il faut revoir le paragraphe où il est traité de chacun d'eux, dans la tenue des livres générale.
Des livres de caisse, d'entrée et de sortie des effets à recevoir et à payer, des achats et ventes, du Mémorial.
363. Tous ces livres pourront être remplacés, pour le maître de forges, par un seul livre qui les réunira tous, et que nous appellerons Mémorial général; en voici la description.
Du mémorial général.
364. Ce livre est divisé en deux parties bien distinctes : l'entrée qui est établie sur la page gauche, et la sortie sur la page droite.
C'est le Journal-Mémorial que nous avons décrit (34 9), et dont on peut supprimer les Comptes courants.
Ces deux pages en regard sont réglées d'une manière toute semblable : elles présentent : \° une colonne des dates; — 2° un large espace pour les explications, et, à la suite, deux colonnes : la première ayant pour titre Mémorial, et la seconde Caisse.
Tout l'argent reçu, quel qu'en soit le motif, sera écrit à X entrée, et l'on sortira les sommes dans la colonne caisse.
Au contraire, tout l'argent qu'on payera, à quelque titre que ce soit, on l'écrira à la sortie, et l'on placera les sommes dans la colonne caisse.
Ainsi le Mémorial général, au moyen de cette colonne de caisse, servira de livre de caisse.
Tous les effets à recevoir ou à payer qui entreront d'une manière quelconque seront inscrits à Ventrée, et les sommes dans la colonne mémorial.
Tous les effets à recevoir ou à payer, qui sortiront, on les écrira à la sortie, et les sommes dans la colonne mémorial.
On y notera également à l'entrée tous les achats que l'on fera à terme, et les ventes à la sortie, si l'on ne fait que des ventes en gros peu fréquentes, et qui exigent peu de détail. Dans le cas contraire, on aura un autre livre appelé indifféremment livre de ventes ou de factures.
Enfin on écrira tous les articles quelconques, par entrée et sortie, sur ce Mémorial général, en plaçant les sommes, pour celles d'argent, dans la colonne caisse, et, pour toutes les autres, dans la colonne mémorial.
Si l'on a beaucoup de correspondants, on peut tenir leurs comptes sur un livre auxiliaire de comptes courants, et alors on conserve les colonnes comptes courants au Journal-Mémorial (323 et 324).
Ainsi le Mémorial général comprend l'ensemble des affaires du maître de forges; c'est donc d'après ce seul registre que le teneur de livres passera les écritures en partie double sur le Journal, et après sur le Grand-Livre, où toutes ces notes, confondues dans le Mémorial général et le Journal, iront se classer avec ordre et clarté.
Quant aux autres livres auxiliaires, simples livres de notes, tels que celui de coulées, celui des ouvriers, etc., qui sont très-connus, la tenue n'en présente aucune difficulté.
Manière de solder tous les comptes et de faire la balance définitive.
365. Avant tout, il faut faire l'inventaire général indiqué précédemment pour commencer les livres (318); régler les comptes de tous les ouvriers; débiter chacun des comptes pour lesquels ils ont travaillé des sommes que ces comptes leur doivent, en créditant le compte d'ouvriers; et solder tous les comptes qui sont des subdivisions de Pertes et Profits, tels que frais généraux, dépenses de ménage, etc.
366. On peut aussi regarder comme une préparation de la balance la vérification des prix coûtants présumés, donnés dans le cours de Tannée aux bois, charbon, mine, fonte, fers, etc., puisqu'il est convenable de faire cette vérification avant de commencer à balancer ces comptes; voici comment elle s'opère.
L'inventaire étant dressé, on a estimé exactement la valeur des bois, des charbons, de la mine, de la fonte et du fer qui existaient au moment de l'inventaire: or ces données fournissent le moyen de vérifier si les évaluations adoptées de ces produits ou matières sont assez approximatives.
En effet, en ajoutant au crédit de chacun de ces comptes la valeur de ce qui reste des matières qui le concernent, ce compte doit être à très-peu près soldé.
Si la différence est petite, on la confond dans l'évaluation de ce qui reste, pour éviter des écritures qui influeraient très-faiblement sur les résultats.
Mais, si la différence est grande, ce qui indique qu'on s'est beaucoup écarté du véritable prix coûtant dans l'appréciation des prix présumés, il faut la répartir entre les diverses usines avec lesquelles le compte a été en rapport.
Ainsi, après avoir passé ces articles de rectification, ou, en d'autres termes, après avoir fait ces préparations, on soldera le compte par appoint, en ajoutant au crédit, par le débit de balance, la valeur de ce qui. reste.
Il est essentiel d'éclaircir ceci par un exemple :
Supposons que le débit de bois s'élève à 35000 fr., le crédit à 24000 fr. , et que l'estimation faite de ce qui reste de bois sur pied ou coupé dans le bois, non fourni aux usines, s'élève, calculs faits, à 17400 fr.; ajoutant ces 47400 fr. aux 24000 de bois fournis aux usines, nous obtenons 41400 fr. au crédit. Le compte est loin d'être soldé comme il devrait l'être; il présente, au contraire, une différence en plus au crédit de 6400 fr., ce qui veut dire que, dans les écritures précédentes, on a évalué trop cher les bois fournis aux usines, en portant le prix coûtant présumé à 5 fr. le stère. Nous devons donc rectifier cette mauvaise évaluation en répartissant la différence 6400 entre les deux comptes de charbon et de fenderie, auxquels les bois ont fourni du bois; et comme le charbon emploie six fois plus de bois (nous le supposons) que la fenderie, la différence sera répartie dans cette proportion, et l'article passé ainsi qu'il suit :
Bois a divers, fr. 6400, pour différence provenant de V évaluation trop élevée des bois à 5 fr. le stère, ou encore pour rectifier la trop grande élévation du prix coûtant présumé du bois à 5 fr. le stère,
A charbon, fr. 5333.34, somme dont ce compte a été débité par suite de cette inexacte évaluation . 5333.34
A fenderie, fr. 1066.66, somme dont le compte de fenderie a été débité de trop 1066.66
Cet article étant rapporté au Grand-Livre, le compte de bois sera soldé, par appoint, en portant au crédit, par le débit de balance, la valeur des bois existants, 17400 fr.
Mais si la différence était petite, il faudrait, comme nous l'avons dit, la confondre dans l'évaluation de ce qui reste; si, par exemple, la différence au compte de bois, après qu'on y aurait ajouté les 17400 fr. de bois qui restent, n'était que de 302 fr., au lieu de passer un article pour cette faible différence, on élèverait l'évaluation des bois qui restent à 17702 fr., ce qui n'aurait aucun inconvénient.
Manière de solder le compte de haut- fourneau.
367. Ce compte est débité en général de tout ce que coûte l'usine, et crédité de ses produits, évalués au prix coûtant, à mesure qu'ils en sortent; donc, s'ils étaient tous sortis et s'ils avaient été exactement évalués au prix coûtant, le compte serait soldé par appoint.
Mais comme le fourneau, à l'époque de la balance, est souvent en travail, on ajoute au crédit, par le débit de balance de sortie, la valeur, au prix coûtant, de
tout ce qui existe dans cette usine au moment de la balance. Le compte doit être à peu près soldé par cette opération, si les prix coûtants présumés ont été approximatifs.
On passe écriture de la différence, comme nous l'avons indiqué précédemment (378), en la répartissant au compte de forges et de fers divers.
Toutes les fois qu'on est obligé de mettre hors, ce compte doit être soldé : on porte à son crédit la» valeur de la fonte et des matières qui existent en ce moment, en débitant les comptes des usines auxquelles on les transporte. La différence qu'il pourrait y avoir est répartie entre forges et fers divers.
On solde de la même manière les comptes de forges, de platinerie, fonderie, tôlerie, etc.
Manière de solder le compte de fers divers.
368. Le débit du compte de fers divers est l'entrée des fers évalués au prix coûtant et fournis par les usines au prix exact de fabrication; le crédit se compose des ventes faites de ces fers évalués au prix de vente.
On porte au crédit, par le débit de balance de sortie, la valeur, au prix coûtant, des fers en magasin ; et, après avoir additionné cette nouvelle somme avec le montant du crédit, on solde le compte par Pertes et Profits. Ce solde présente le gain sur les fers.
Manière de solder le compte d'ouvriers,
369. Il est indispensable, à l'époque de la balance, de régler avec tous les ouvriers et de créditer leur compte de ce dernier règlement. Ainsi le débit présente ce qui leur a été payé, et le crédit ce qui leur est dû.
Ensuite on balance, sur le livre auxiliaire d'ouvriers, chaque compte qui y est ouvert; on tient note des soldes des débiteurs d'un côté, des soldes des créanciers de l'autre.
On débite le compte d'ouvriers, envers balance de sortie, du montant des soldes débiteurs, et on le solde par appoint.