‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 1039 sur 1459 · SYSTÈME DE COM PT ABI LITE POUR LES USINES A FER, FORGES, ETC · texte numérisé non relu

SYSTÈME DE COM PT ABI LITE POUR LES USINES A FER, FORGES, ETC

340. Pour créer un système de comptabilité applicable à une industrie quelconque, il faut, après avoir arrêté la tenue des livres auxiliaires, imaginer les comptes généraux qu'il convient d'ouvrir, et déterminer les cas où ces comptes doivent être débités ou crédités, ainsi que la manière de les solder.

Nomenclature des comptes à ouvrir pour des usines à fer.

341 . Nous allons donner la nomenclature de tous les comptes qu'on pourrait ouvrir dans une usine embrassant tous les genres de fabrication du fer; les chefs d'usines détacheront de cette nomenclature les parties qu'ils pourront s'approprier.

342. Il faut ouvrir un compte à chaque correspondant; — un compte de coupe de bois de***, si l'on veut se rendre compte en particulier du produit et des dépenses de chaque coupe ou, dans le cas contraire, un compte de bois en général, un compte de charbon, ou bien un compte de bois et charbon pour tous les précédents; un compte de charbon de terre, un compte de mines, un de castine, un de haut- fourneau, un de forges; un compte de platinerie, de fenderie, de tréfilerie, de tôlerie, de ferblanterie ; un compte de fers divers, d' 'ouvriers, d'usines, de voitures et chevaux; — un compte de frais généraux, de dépenses de maison, de dépenses personnelles, d'immeubles, de Pertes et Profits, d'Effets à recevoir, d'Effets à payer, de Capital, de balance de sortie et balance d'entrée.

Du compte de coupe de bois.

343. On débite ce compte du prix principal d'achat et de tous les frais qu'on paye pour l'exploitation ; des frais de transport de bois en nature dans chaque usine où il doit être employé ; en un mot, de tout ce que la coupe fait dépenser.

On le crédite de tous les produits, savoir :

1° Par le débit de fenderie et autres usines, de tous les bois en nature envoyés dans chacune de ces usines et destinés à y être brûlés; — 21° par le débit du compte de charbon, de tout le bois employé à faire du charbon; 3° par le débit de Caisse ou autre compte, de tout le bois vendu à la marine ou à divers; 4° par le débit de frais généraux, du bois destiné à la charpente et à l'entretien de l'établissement en général; 5° par le débit de chaque usine, du bois destiné seulement à la charpente de chacune.

344. Pour passer les articles ci-dessus, il faut nécessairement donner un prix au bois; or, comme ce compte ne doit présenter ni gain, ni pertes, on estime

les bois au prix auquel on évalue qu'ils doivent revenir : nous appelons ce prix le prix coûtant présumé. De cette manière, lorsque la coupe sera faite, le compte devra se trouver à peu près soldé, si l'évaluation a été approximative.

En effet, le débit comprenant tous les frais et le crédit tous les produits, si ces derniers ont été estimés exactement au prix coûtant, il est clair que, l'opération achevée, le montant des produits doit égaler le montaut des dépenses faites pour les obtenir.

Mais comme il est impossible que cette évaluation soit précisément exacte, il y aura toujours une différence, qu'on fera disparaître par un article qu'on passera une fois par an et sur lequel on trouvera plus loin des développements (366).

Du prix coûtant présumé.

345. Comme dans beaucoup des comptes suivants on fera également usage de prix coûtants présumés, il est utile de dire ici qu'il importe peu, pour les résultats définitifs, que ces prix approchent ou non du prix coûtant réel, puisqu'on les rectifie par un article, qui rend aux résultats l'exactitude mathématique qu'ils doivent avoir.

D'un autre côté, si l'on éprouvait quelque embarras à mettre un prix approximatif, ce ne pourrait être que la première année; car, à la seconde, les calculs faits précédemment serviraient de terme de comparaison, en ayant égard toutefois aux circonstances particulières, qui doivent influer sur les prix de l'année.

Cette méthode des prix coûtants présumés, qui sont ensuite rectifiés à la fin de l'année, est avantageuse en ce qu'elle impose au fabricant l'obligation salutaire de reconnaître et de vérifier à combien lui reviennent exactement ses matières premières [a).

Du compte de bois.

346. Dans le cas où l'on ne voudrait pas ouvrir un compte sur le Grand- Livre à chaque coupe de bois, on tiendrait un compte de bois qui serait général pour toutes les coupes; dans ce cas, on aurait un livre auxiliaire où l'on ouvrirait un compte séparé à chaque coupe. Le compte de bois serait débité et crédité absolument des mêmes articles mentionnés dans le compte de coupe de bois, et l'on procéderait de la même manière relativement au prix coûtant présumé.

Du compte de charbon.

347. Ce compte doit être tenu d'après le même principe que le précédent.

Du compte de bois et de charbon.

348. Ce compte n'est créé que pour remplacer et réunir les deux comptes précédents de bois et de charbon.

Il est tenu et balancé comme les précédents.

Du compte de charbon de terre et de castine.

349. Il faut débiter ce compte de toutes les dépenses et le créditer des quantités fournies aux usines.

a. Cette marche du prix coûtant présumé est précieuse et applicable dans beaucoup d'industries.

Du compte de mine.

350. On débite ce compte : 4° rie l'achat du terrain d'où l'on veut extraire la mine ou le minerai, ou de la rétribution qu'on paye, soit au gouvernement, soit à un particulier, pour le terrain qu'il concède à l'extraction ; — 2° de tous les frais d'extraction, tels que triage, lavage, grillage, etc.: — 3° du transport de la mine aux différentes usines.

351 . On le crédite pour solde et par appoint, par le débit de fourneau, des quantités de mines obtenues et transportées au fourneau pour y être mises en fusion.

Du compte de haut-fourneau.

352. Ce compte doit, être débité : 4° du minerai; — 2° du charbon, dès que ces deux matières sont transportées dans les halles de cette usine; — 3° de la castine et des autres fondants employés pour faciliter la fusion; — 4° des bois de construction; — 5° de la paye du maître fondeur et des autres ouvriers employés au fourneau; — 6° des frais de transport de la fonte au magasin où elle doit être déposée; — 7° des réparations du fourneau, des machines soufflantes qui entretiennent la combustion; en un mot, de toutes les dépenses spéciales au fourneau.

353. Il doit être crédité : 1° par le débit de forges, de la fonte en gueuse envoyée aux forges; 2° par le débit de fers divers, des fontes marchandes envoyées au magasin pour y être vendues.

Car le compte de fers divers est créé pour recevoir les produits de toutes les usines; aussi est-ce à son crédit qu'on porte les ventes ou expéditions faites à l'intérieur, au lieu d'en créditer directement les différentes usines.

Ce compte est donc seul destiné à déterminer les bénéfices de l'établissement.

Le compte de fourneau ne devant présenter ni gain ni perte, on évalue la fonte au prix coûtant présumé, de sorte que, s'il présente une différence lorsqu'il s'agit de le solder, on la fait disparaître comme dans les comptes précédents.

Ce compte devra être soldé de la manière indiquée plus loin à l'article de la balance (366).

Par ce compte on saura exactement à combien ressort la fonte, en divisant le montant du débit, qui est le prix coûtant de tout le fondage, depuis la mise en feu jusqu'à la mise hors, par la quantité connue de fonte obtenue par les différentes coulées de ce fourneau : il est clair que le quotient de la division donnera le prix coûtant exact du millier de fonte.

Du compte de forges.

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