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QUELQUES CONSEILS SUR LE STYLE COMMERCIAL

La lettre de commerce, qu'il faut écrire très-lisiblement, doit contenir tout simplement ce qu'on dirait de vive voix, en termes concis, sur une affaire.

La concision et la clarté sont donc les qualités essentielles de ce genre de lettres, d'où il faut cependant bannir autant que possible toute abréviation.

L'art de correspondre en affaires n'exigerait peut-être aucune étude, sans la nécessité de connaître quelques principes généraux, d'éviter certains écueils et d'apprendre plusieurs usages spéciaux auxquels il est convenable de se conformer.

Beaucoup de commerçants ont exclu déjà de leur correspondance tout ce qui la rendait autrefois obscure ou ridicule. Il est temps de compléter cette réforme, en rejetant définitivement ces phrases triviales, ces expressions impropres, cette espèce de jargon de mauvais goût, qui faisaient des lettres commerciales un juste objet de dérision.

Maintenant que le commerce, cette source féconde de la prospérité publique, commence à être en France de plus en plus honoré; maintenant qu'il grandit et s'élève chaque jour dans l'ordre social, il convient d'en relever aussi le langage et de supprimer ces tournures incorrectes, ces termes étranges et ces locutions barbares, que conservent quelques anciens commerçants.

Toutefois, en évitant d'être trivial, il ne faut pas tomber dans le défaut contraire et devenir prétentieux ou recherché, car toute affectation dans le style serait ici un véritable contre-sens. Il suffit d'être simple et pur, d'avoir assez de jugement pour dire tout ce qui est nécessaire, et assez de goût pour l'écrire convenablement.

Le cérémonial trouve rarement place dans la correspondance du commerçant, mais l'affabilité et la politesse y sont toujours indispensables. Une correspondance affectueuse attache et retient les correspondants, et le soin de se rendre agréable par ses lettres n'est pas plus à négliger que les moyens de plaire par ses rapports personnels.

La nécessité de dire beaucoup de choses en peu de mots dispense «le tout préambule et de la recherche des transitions; les lettres peuvent donc se composer de paragraphes détachés, traitant chacun d'affaires différentes, et sans'aucune liaison.

Le meilleur moyen de se former à la correspondance commerciale est, sans contredit, de l'étudier dans te Copie de lettres des principales maisons de commerce, de celles, surtoi\\ qui se livrent à des opérations très-variées. Mais, indépendamment de oe que peu de personnes ont ces livres à leur disposition, une pareille ét^de, faite le plus souvent sans ordre et sans analyse, sera toujours moins profitable qu'une instruction puisée dans un traité offrant, comme celui-ci, un classement méthodique et les préceptes nécessaires pour guider sûrement celui qui voudra appliquer les modèles donnés.

Nous avons, en effet, divisé notre livre en autant de chapitres qu'il y a de sujets généraux de correspondre, et chacun de ces chapitres est précédé d'un préambule renfermant quelques indications utiles, les usages admis, ce qu'il y a enfin de bien déterminé sur l'espèce de lettres dont le chapitre est l'objet.

Tel est le plan qui nous a paru le plus propre à rassembler, sous un point de vue facile à saisir, la théorie ou l'esprit de la correspondance commerciale.

On objectera peut-être que ce traité ne peut enseigner à écrire que des lettres courantes et d'un constant usage; mais ce sont là précisément les plus nombreuses et, par conséquent, les plus utiles. Quant aux lettres exceptionnelles que de rares incidents font naître, il n'y a pas à s'en occuper ici, puisque, quelque modèle qu'on donnât sur des sujets aussi vagues, chaque rédacteur se trouverait encore réduit à les traiter selon sa capacité naturelle ou son degré d'éducation.

Au surplus, ces lettres, qu'on ne saurait classer, ne devaient point trouver place dans ce traité, où l'on n'a eu d'autre prétention que de donner, l'analyse des principes de l'art épistolaire du commerce, et de rapprocher dans un volume les parties essentielles qui le constituent.

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