E. LOPEZ DIAS
Lyon, le... 18...
Monsieur,
Vous avez été informé par une circulaire de la mort de M. D... et de la situation générale de ses affaires.
Employé depuis cinq ans chez M. D..., connu de sa nombreuse clientèle dont j'ai reçu de bienveillants témoignages de sympathie, j'ai l'honneur de vous informer que j'ai l'intention de continuer les bonnes relations qui ont toujours existe entre vous et mon patron.
M. D..., dont je n'ai pas à qualifier la conduite, et qui fut d'ailleurs toujours un galant homme, laisse un actif qui, dans les conditions ordinaires de vente, dépasse de beaucoup le passif.
Je dis : dans les conditions ordinaires, car vous n'ignorez pas combien sont préjudiciables aux intéressés les ventes par voie judiciaire.
Il me semble évident, Messieurs, qu'il est de votre intérêt d'aecorder toute facilité au successeur de M. D...
Marié à une femme jeune, active et intelligente, n'ayant moi-même ni les goûts ni les besoins de M. D..., n'en ayant pas les charges, puisque je pourrai me passer d'un employé, il me sera certainement possible, avec de l'ordre et de l'économie, de faire face à toutes les éventualités si, toutefois, vous voulez bien me prêter votre bienveillant concours.
Je viens donc vous prier, Monsieur, de vouloir bien m'accorder un délai de dix ans, délai qui, je n'en doute pas, pourra être notablement réduit pour peu que les circonstances me soient favorables, mais que je crois devoir demander pour ne pas compromettre vos intérêts et les miens. Je m'engagerai à payer annuellement, à compter du 1er janvier prochain, les intérêts de la somme due et .une somme proportionnelle.
Si, après avoir pris des références auprès des principaux négociants de cette ville, vous voulez bien m'accorder votre confiance, je ferai tout pour la justifier.
Dans cette attente, je vous prie, Monsieur, d'agréer mes très-humbles salutations.