CHAPITRE TROISIÈME
Dans la première lettre qu'on adresse à une maison de commerce dont on n'est pas connu, pour faire une demande ou donner un ordre, il est convenable d'annoncer d'abord quels sont les commerçants qui ont recommandé cette maison, afin qu'elle puisse se procurer les informations de solvabilité qu'il est d'usage de prendre sur un correspondant nouveau avant de lui accorder un crédit.
Les commerçants hors ligne, et qui sont considérés comme jouissant d'une réputation de solvabilité à l'abri de toute épreuve, négligent quelquefois cette précaution, laissant à ceux qu'ils favorisent de leurs ordres le soin de s'enquérir sur leur compte, comme ils le jugent à propos et où bon leur semble.
Si le commencement de relations a été provoqué par l'envoi d'un prix courant ou d'une circulaire de la maison à laquelle on adresse une demande, quoique ce soit un motif de supposer qu'elle a pris des informations préalables, il n'en faut pas moins lui indiquer les correspondants auprès desquels elle pourra se renseigner encore.
Quant aux précautions et aux prescriptions relatives à l'ordre à donner ou à la demande de marchandises, il en sera traité dans le chapitre suivant.
Premières relations. — Propositions diverses.
Le Havre, le.. . 18...
M. N..M à Paris.
Nous avons reçu la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire le 2G du courant, et nous y voyons avec plaisir que vous avez accueilli favorablement nos propositions. Bonne note est prise de vos conditions, sur lesquelles nous sommes bien d'ac- COrd. Il nous reste à vous remercier de la manière flatteuse dont vous répondez à nos ouvertures. Pour vous prouver avec quel empressement nous chercherons, de notre côté, les moyens de donner à notre correspondance toute l'extension dont elle est susceptible, nous nous chargeront, sans commission, de l'encaissement de vos petites remises sur le Havre, qui figureront simplement dans notre compte courant à l'intérêt convenu de
5 °/°; bien entendu que de votre côté vous ne ferez pas supporter de commission à nos contre-valeurs, et que les ports de lettres relatifs à ces articles seront à votre charge.
Nous avons de nouveau accepté à votre domicile un effet de fr. 27 480,32, traite de F. Delacroix et fils, de la Pointe-à-Pitre, du 25 octobre, à six mois de vue, ordre de Chaix et Penet, sur nous dans Paris, payable le 28 juin. Veuillez en prendre note à notre débit.
Nous avons l'honneur de vous saluer bien cordialement.
Ve HOMBERG, HOMBERG frères et Cie.
Paris, le... 18...
Monsieur N. B..., à Amsterdam.
J'ai reçu en son temps la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 27 novembre dernier, sous les auspices de M. Staëdel, notre ami commun; si j'ai laissé cette lettre sans réponse immédiate, c'est faute do motifs pour utiliser ma correspondance avec votre maison.
Aujourd'hui qu'il se présente une occasion de recourir à votre obligeance, je viens vous prier, si vous pouvez obtenir, à 50 florins le quintal, le galanga, en belle marchandise, de m'en adresser 1 500 à 2 000 kilogr. par mer, entremise de M. Lambert, à Rouen, et de faire assurer cet envoi.
Je ne doute pas que je ne sois satisfait de cet essai, et qu'il ne m'engage à vous faire de nouvelles demandes.
Je verrai avec plaisir que vous me teniez constamment au courant des variations des marchandises sur votre place.
Veuillez recevoir, monsieur, mes salutations respectueuses.
LAURENÇON.
Anvers, le. .. 18...
Monsieur J..., à Paris.
Je suis favorisé, monsieur, de votre lettre du 13 courant, et vois avec plaisir que vous accédez aux propositions que je vous ai faites, et sur lesquelles nous sommes entièrement d'accord. Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien prendre note que je viens de donner à M. André Durrieu, à Lisbonne, l'ordre de se prévaloir sur votre maison du montant du coût et des frais de 30Û0 caisses de nankin, si, toutefois, il peut les acheter dans mes limites d'environ fr. 0,75 à bord. Il disposera sur vous, si le cours du change sur Paris doit m'être plus avantageux que celui sur notre ville ou sur Amsterdam, et il devra vous remettre le connaissement endossé à votre ordre.
Voici, pour la régularité, sa signature.
En accueillant pour mon compte les traites de cet ami, vous pouvez être certain de mon exactitude à vous en couvrir de la manière dont nous sommes convenus.
Agréez, monsieur, l'assurance de ma considération.