ROBIN FRERES
Paris, le. .. 18...
Monsieur R., à Paris.
Je n'ai pu qu'avec peine me procurer les renseignements que vous m'avez demandés sur la personne désignée dans votre bulletin. Conseillez à votre correspondant de ne traiter aucune affaire avec elle, il ne serait pas payé; il y a plus d'intrigue que de bonne foi, et les protêts arrivent de tous côtés.
Agréez mes salutations affectueuses.
GrUlLLOl.
Monsieur J. L., à Paris.
En réponse à la lettre dont vous nous avez honorés le 17 du courant, nous vous dirons franchement que la personne sur laquelle vous nous demandez des renseignements est un faiseur de dupes, et que nous vous plaindrions bien si vous aviez affaire à lui. C'est un étranger, qui est ici depuis quelques années seulement; mais, en y prolongeant son séjour, il n'acquiert pas une meilleure réputation. Vous n'êtes pas le seul qui vous informiez sur son compte; il est à présumer qu'il n'agrandit le cercle de ses relations que pour augmenter celui de ses opérations déloyales.
Monsieur et madame Duval, vos recommandés, n'ont point encore paru. Nous le regrettons, parce que nous aurions profité de cette circonstance pour vous prouver, Monsieur, tout le cas que nous faisons des personnes qui se présentent sous vos auspices, et munies de vos lettres de recommandation.
Constamment à vos ordres, nous vous prions de recevoir l'assurance de notre considération distinguée. m™»™
THAIN FRERES.
Amsterdam, le .. 18...
Monsieur J. C, à Paris.
La lettre que je vous ai écrite le 18 du courant s'est croisée avec la vôtre, renfermant un effet de fr. 534 sur L.; votre compte en est crédité. Il ne m'est pas possible de trouver un effet de pareille somme à vous remettre. Je le ferai à la première occasion.
C'est avec bien de la peine que j'apprends que vous êtes créancier pour une somme considérable de la maison en question. Je me chargerai volontiers de votre procuration et tâcherai de sauvegarder vos intérêts autant que les circonstances le permettront.
Jusqu'ici il n'est pas question d'une faillite prononcée, puisque la maison acquitte exactement ses acceptations, secondée à la vérité par les tireurs qui procurent les fonds; mais, pour tout le reste, il paraît qu'il y a une suspension tacite ou au moins provisoire. Enfin, Monsieur, je ne manquerai pas de vous communiquer tout ce qui viendra à ma connaissance relativement à cette triste affaire.
En attendant, j'ai l'honneur de vous saluer.
NICOLAS BOUVY.
P. S. — Aujourd'hui, en Bourse, on m'a assuré que la maison de B. a réellement suspendu ses payements.
Anvers, le. . . 18. . .
Monsieur G., à Paris.
Je reçois, avec votre lettre du 28 du courant, fr. 11812,30, dont je crédite votre colonne.
Puisque l'endosseur qui vous précède sur ces traites a de la consistance, je crois seconder vos intentions en gardant ces effets. Vous aurez vu hier mon opinion sur le tireur et le tiré; je vous la confirme en tous points, ajoutant, toutefois, que je regarde ces traites comme suite d'une affaire très-réelle en marchandises.
Je vous remercie de la communication que vous me faites de la suspension de la maison L., de Saint-Pétersbourg; elle était connue ici et j'y suis, Dieu merci, aussi peu intéressé que vous.
Donnez-moi des nouvelles de l'acceptation de fr. 20000 sur Maller frères; car, bien que mon tireur soit très-bon, je ne me repose pas aujourd'hui sur une seule signature, à moins qu'elle ne soit toute première ; quant à la maison Maller frères, je l'envisage comme de toute solvabilité, ce que veuillez bien me confirmer. Agréez, Monsieur, mes bien amicales salutations.
VAN DERRER.
Paris, le... 18...
Monsieur C, à Paris.
Nous avons reçu la lettre que vous nous avez fait l'honneur de nous écrire hier.
Nous vous renouvelons tous nos remerciements de la complaisance que vous avez eue pour nous en cette circonstance.
Trop heureux de pouvoir, à notre tour, vous être de quelque utilité, nous nous empressons de vous apprendre que la maison sur laquelle vous nous demandez des renseignements jouit d'une réputation sans tache sous le double rapport de la probité et de l'exactitude ; mais nous devons en même temps a la vérité de vous dire qu'elle n'a pas une grande fortune. Ses moyens ne sont malhcurement pas au niveau de la moralité qu'on lui attribue généralement et avec justice. Nous vous prions de vouloir bien faire usage de ces avis avec discrétion.
Dans l'attente de quelque autre occasion propre, a vous prouver tonte l'étendue et l'ardeur do notre dévouement, nous vous présentons, Monsieur, les expressions sincères dfl notre parfaite considération.
GDITTON et C".
Bordeaux, le.. . 18. . .
Monsieur J. G., à Paris.
Nous sommes honorés de votre lettre du 10 du courant, par laquelle vous nous adressez :
Fr. 1973,09, sur Beyssac et Gaultier, de Bordeaux; vous en êtes crédité.
Nous aurions été charmés qu'il vous eût convenu d'accepter l'intérêt que nous vous avons offert dans notre expédition pour les Grandes-Indes. Il faut espérer que nous serons plus heureux dans une autre circonstance. Si vous avez quelque ami qui veuille courir cette chance, nous lui donnerons tous les renseignements nécessaires.
Nous vous soumettons la cote de nos changes, et nous avons l'honneur de vous
saluer amicalement.
P. PORTAL et Cie.
p. S.— Nous recevons à l'instant votre lettre du 12, qui nous demande des renseignements sur une maison de notre ville. Cette maison, sans être riche, jouit d'un assez bon crédit sur notre place, et nous prenons volontiers de son papier pour dix ou douze mille francs.
Réponses aux informations relatives aux marchandises, etc.
Messieurs R., àÉvreux.
Vous n'ignorez pas le prix excessif auquel les bois viennent de s'élever et les sacrifices qu'il m'a fallu faire pour m'en procurer; vous ne serez donc pas étonnés de l'avis que j'ai l'honneur de vous donner que le cours de mes fers de Sauvages est établi à fr. 720 les 1000 kilog, poids juste, pris à la Charité et payables dans Paris à six mois de terme, à dater de leur livraison à la Charité.
Ce prix est le plus bas auquel je puisse vendre, et, comme il n'est pas encore en proportion avec l'augmentation que j'éprouve sur les matières premières, je suis déterminé à réduire d'un tiers ma fabrication ordinaire pendant la campagne qui commence.
S'il entre dans vos convenances de me faire une demande aux prix et aux conditions ci-dessus, veuillez l'accompagner d'un mémoire d'échantillon, et je m'empresserai de vous satisfaire.
Ce sera toujours avec plaisir que je saisirai l'occasion de multiplier nos relations commerciales.
Je suis avec considération, Messieurs,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur,
RICQBOURG.
Bordeaux, le. .. 18...
Monsieur L., à Paris.
Nous répondons à votre agréable lettre du 28 du mois dernier.
Depuis quelques jours, le temps se comporte bien mal pour notre récolte en vin: nous avons des pluies continuelles, le jour et la nuit sont presque froids, et la maturité s'opère bien lentement. Jusqu'à présent, il n'y a pas grand mal; mais il pourrait y en avoir beaucoup si la pluie continuait; dans aucun cas nous n'aurons une récolte aussi abondante qu'on s'en était flatté d'abord, et nous ne ferons pas plus de vin que l'an passé. Quant à la qualité, on ne peut rien en dire encore; mais il y a lieu de douter qu'elle vaille celle de la dernière récolte.
Les spiritueux sont en voie de baisse : les 3/6 sont de 5 fr. 22 à 5 fr. 25 c. Ils sont à 5 fr. 10 pour octobre et novembre, et à 5 fr. pour les quatre premiers mois de l'année prochaine. Les eaux-de-vie d'Armagnac sont à 180 fr. Nous avons un nouvel arrivage de 100 galons de rhum ; il est assez probable qu'il fera fléchir un peu nos prix; les derniers achats se sont encore faits à 7 fr. 25 et 7 fr. 50, de 20 à 21 degrés: ils étaient très-droits de goût et d'une sève assez agréable.
Les poivres, qui paraissaient devoir prochainement augmenter, sont aujourd'hui fort calmes; 1 intérieur ne demande absolument rien, et l'étranger ne donne point d'ordres: cependant il nous reste encore plus de 20000 quintaux de lourd ou demi-lourd et l'on nous assure en outre que le Havre en recevra prochainement une ou deux cargaisons. Selon nous, il ne convient pas, pour le moment, de toucher à cet article- sans doute, il est en de très-bonnes mains; mais les détenteurs ne peuvent le consommer et 1 intérieur paraît bien approvisionné; on achète les lourds à fr. 340, et les demi-lourds a ir. o Ju.
Nous n'avons encore rien fait en prunes ; nous croyons que nos prix baisseront vers /UrcnT1S; ?LT* espérances se balisent, nous comptons en acheter, pour notre compte, 500 ou 1000 quintaux. Il n'y a jamais d'argent à perdre lorsqu'on achète ce fruit' a prix modéré.
Les sucres et les cafés sont très-calmes et complètement négligés. Nous vous remettons ci-après la note des arrivages; voyez si, dans le nombre des marchandises importées, il en est quelques-unes de nature à donner lieu à une affaire entre nous; soyez certain que nous nous en occuperons avec zèle et activité. Notre sa*e réserve, notre prudence en affaires vous sont assez connues sans doute pour que vous ne puissiez douter que jamais nous ne nous occuperons d'une opération sans l'avoir bien raisonnée et sans en avoir calculé toutes les chances. Nous vous saluons de cœur,
J.-C. DAVAL et Cie.
Trois navires venant de la Martinique et de la Guadeloupe importent: 1600 barriques de sucre brut. 120 galons de rhum.
14 tierçons de café. 1 grenier de bois de Campêche.
Par trois navires venant des mers du Sud arrivent: 8500 quintaux de salpêtre. 375 saumons (étain du Pérou).
450 surons de quina kalissaya. 450 quintaux de cuivre (en saumon) 250 — roulés. ' ;
250 — rathania. 150 quintaux de vieux cuivre.
6000 cuirs. 40 - nacre de perle.
Messieurs Ch. B. et G., à Paris. GêneS' le' ' ' 18" *
Je vous confirme» Messieurs, dans tout son contenu, la lettre que j'ai eu le plaisir de vous écrire le 11 du courant, et qui s'est croisée avec la vôtre du 9 du courant, par laquelle vous me demandez quelques renseignements sur la gomme arabique en sorte • je m'empresse de vous en faire parvenir, par la poste, un petit échantillon, et de vous dire que nous en avons sur place environ 7000 kilog., qui s'obtiendraient de 2 fr. à 2 fr. 10 le kilog. ; la qualité n'en est pas aussi belle que je le voudrais; elle est un peu blonde, mais cependant elle n'est pas mauvaise.
Nous avons 3000 kilog. de gomme adragante en sorte dont vous recevrez également un petit échantillon que vous trouverez certainement fort beau; il y a longtemps qu'il n'en est venu d'aussi belle. Je l'obtiendrais à 4 fr. 50 et peut-être à quelques centimes de moins ; le peu de gomme myrrhe que nous avons reçue a été élevé à 3 fr. 80; actuellement elle manque totalement.
L'huile de girofle bien pure se placerait de 44 à 45 fr. ; mais il no faudrait pas m'envoyer plus de 20 à 25 kilog. à la fois.
Il nous est arrivé dernièrement des safrans nouveaux qui s'obtiendraient a 92 fr. le kilog., et plusieurs balles d'épongés qui sont soutenues de 123 à 125 fr. le kilog. les fines, cl. de * ** > à i)."» fr. les communes.
J'ai trouvé dans votre lettre le duplicata de la lettre de voiture de la caisse do quinquinas; j'aurai soin de vous les placer avantageusement. Je vous salue de cœur.