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LETTRES DE RECOMMANDATION, AVEC OU SANS CRÉDIT LETTRES D'INTRODUCTION

Une lettre de recommandation est celle par laquelle on réclame de son correspondant, en faveur d'un parent, d'un ami ou d'un protégé, le bon accueil et les services qu'on serait en droit d'en attendre soi-même.

Les Français donnent assez légèrement des lettres de recommandation; c'est, à leurs yeux, un acte dépure courtoisie et sans conséquence.- Les Anglais se montrent plus réservés et ne recommandent qu'avec circonspection et connaissance de cause, parce qu'ils estiment que ce genre de lettre est, en quelque sorte, un engagement portant caution des relations futures de leur recommandé.

C'est un usage répandu de prendre des lettres de recommandation, d'introduction ou de crédit, quand on doit séjourner quelque temps dans une ville étrangère : elles ne sont jamais inutiles pour faciliter les premiers rapports, quelle que soit la position élevée que l'on occupe.

Les hautes maisons de banque ont bien souvent à satisfaire, par amitié ou par bienveillance, à des demandes de recommandation. Il est vrai que les occasions .^ont nombreuses où l'on ne peut refuser ce service sans paraître incivil ou désobligeant.

11 faut distinguer ici la lettre de recommandation pure de la lettre de recommandation avec crédit. Dans ces dernières, le crédit fait le fond, l'essentiel de la lettre, quoiqu'il n'y apparaisse, au milieu des témoignages d'intérêt et des éloges llatteurs donnés au recommandé, que comme un accessoire de peu d'importance.

Ces lettres de recommandation avec crédit sont une branche intéressante, lucrative et délicate du commerce de la haute banque, par les suites qu'elles amènent, les résultats qu'elles produisent et les relations affectueuses qu'elles engendrent.

On doit insérer en général, dans la lettre de recommandation, quelques éloges sur la personne recommandée, afin de justifier d'aborc l'intérêt qu'on lui porte et celui qu'on veut inspirer en sa laveur. On fait

connaître la nature des services qu'on réclame pour elle, ei l'on termine on .-issiirani de la reconnaissance qu'on conservera soi-même pour les prévenances dont elle aura été l'objet,

La lettre sera toujours remise ouverte et sous enveloppe au recoin-

nandé, pour qu'il puisse prendre connaissance, s'il le juge à propos, de out ce qu'on aura bien voulu dire de lui. Ce serait un défaut de savoirivre, un manque réel de politesse, que de remettre une lettre de recommandation cachetée; comme il serait d'une imprudence impardonnable le placer dans une lettre, quoique sous cachet, le moindre mot conraire aux intérêts de 1 1 personne qu'on en aurait rendue porteur.

Certaines personnes, après avoir remis les lettres de recommandation es plus instantes et les plus flatteuses à un correspondant auquel elles Veulent témoigner une grande estime, écrivent par la poste des lettres Confidentielles pour limiter et restreindre l'étendue de leur recommandation officielle. C'est une extrémité, utile peut-être en de rares circonstances, mais toujours fâcheuse dans le commerce, où la sincérité doit faire la base des relations; elle rejaillit défavorablement sur ceux qu'on voit y recourir, et révèle chez eux peu de franchise aux yeux mêmes de la maison à laquelle s'adressent ces secrètes instructions.

Dans la lettre confidentielle, il faut, au moins, expliquer la nécessité où l'on se trouve de réduire la recommandation officielle à sa juste valeur, non-seulement pour mettre à l'abri sa propre responsabilité, mais, plus encore, pour ne pas compromettre l'obligeance de la maison à laquelle s'adresse cette recommandation.

Lettres de recommandation.

Anvers, le... 18...

Monsieur J..., à Paris.

La présente lettre vous sera remise par mon fils, qui aura l'honneur de faire votre connaissance personnelle.

Comme il est inconnu dans votre ville, je prends la liberté, Monsieur, de le recommander à votre maison, pour que vous ayez la bonté de lui donner les renseignements qu'il sera dans le cas de réclamer de votre complaisance.

in revanche, veuillez disposer de mon ministère sans réserve, et agréer mes salutatiens respectueuses. C.-F. DEGROOF.

Turin, le... 18...

Monsieur R..., à Paris.

La présente lettre vous sera remise par notre associé, M. T..., que nous vous prions d'accueillir avec toute la bonté qui vous caractérise. Nous désirons que sa visite personnelle puisse contribuer à donner de l'essor à nos relations et vous convaincre du désir que nous avons de cultiver votre aimable correspondance.

Veuillez, en attendant, Monsieur, agréer l'assurance de notre parfait dévouement.

PALCARI et Cie.

Lyon, le... 18. ..

Monsieur R..., à Paris.

La présente lettre vous sera remise par M. B..., que je prends la liberté de vous recommander d'une manière toute particulière. C'est un ami distingué que je vous présente, et il me serait infiniment agréable de voir s'établir entre vous des relations, qui,: sous tous les rapports, seraient mutuellement avantageuses et agréables.

Monsieur B. possède, et mérite à tous égards, mon entière confiance. Sa moralité et sa position commerciale le placent au premier rang de nos négociants les plus respectables.

Je compte sur votre bienveillance accoutumée pour accueillir mon recommandé comme il mérite de l'être; c'est vous dire que, quelque chose qu'il puisse vous demander, vous pouvez la lui accorder en toute confiance.

Veuillez agréer d'avance mes sincères remercîments pour tout ce que vous ferez en faveur de M. B..., et disposer de moi sans réserve en pareille ou toute autre circonstance.

J'ai l'honneur de vous saluer avec estime et considération.

Par procuration de veuve Fonsèque jeune,

FONSÈQUE fils.

Poitiers, le... 1S...

Monsieur R..., à Paris.

Usant des offres gracieuses que vous avez bien voulu nous faire, nous prenons la liberté de réclamer votre bienveillance pour M. P..., porteur de la présente lettre, lequel sollicite une admission dans les bureaux de la Banque de France.

Ce jeune homme a travaillé pendant plusieurs années dans notre maison, et sa conduite irréprochable nous a inspiré pour lui le plus vif intérêt. Nous osons espérer, Monsieur, que vous voudrez bien l'honorer de votre protection.

Recevez d'avance nos remercîments de tout ce que nous nous flattons que vous voudrez bien faire en faveur de notre recommandé. Son mérite justifiera notre sollicitation.

Nous nous estimerions heureux, Monsieur, de pouvoir vous être ici bons à quelque chose; veuillez, si l'occasion s'en présente, ne nous point épargner, et recevoir la nouvelle assurance de nos sentiments distingués.

Par procuration de Minoret père et fit s,

Anne AUVILLERS.

Lorient, le... 18...

Messieurs T... et P..., à Paris.

Je vous confirme la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 7 du courant, en vous retournant vos effets surC...

De nouveaux arrangements que je suis sur le point de prendre pour donner plus d'extension à nies affaires (n'obligeant à renoncer aux recouvrements, je crois devoir roui BO prévenir, et vous adresser, comme méritant toute votre confiance, nies amis, MM. II... et B..., de cette ville, dont la loyauté et l'exactitude sont les qualités dittiucti .

}*■ verrais avec, plaisir que vous pussiez former avec eux dos liaisons dont vous n'auriez qu'à vous féliciter*

J'ai l'honneur Je vous saluer.

Je. FOUHCHON.

Paris, le. .. 18...

Monsieur B. F..., à Paris.

Pleins de confiance dans la moralité et dans l'intelligence de M. G..., qui se propose de faire le courtage de change sur cette place, nous n'hésitons pas à le recommander de la manière la plus pressante, et c'est dans cette vue que nous prenons la liberté de lui remettre cette lettre pour votre respectable maison, vous priant de lui être favorable dans l'exercice du genre d'affaires auquel il va se livrer.

Nous vous présentons, Monsieur, nos civilités empressées.

Vos très-humbles serviteurs,

P. -F. PARAVEY et Cie.

Monsieur J. G..., à Paris.

La présente lettre de recommandation vous sera remise par M. S. Magnus l'aîné, qui, voyageant pour les intérêts de la respectable maison Wustenfeld, du Port-au-Prince, se rend dans votre ville et de là au Havre afin d'augmenter les relations de sa maison.

Désirant contribuer au succès de son voyage, nous vous recommandons cet ami de la manière la plus particulière, vous priant de l'aider de vos bons avis dans le choix des personnes avec lesquelles vous pensez qu'il pourrait se lier.

Recevez d'avance nos remercîments de tout ce que vous ferez en faveur de notre recommandé, et veuillez nous fournir d fréquentes occasions de pouvoir vous être agréables à notre tour, en pareille ou toute autre occasion.

Agréez, Monsieur, l'assurance de notre parfaite considération.

Par procuration de Bethman ei G,e,

Ed. BETHMAN-BASSE.

Carlsmhe, le... 18...

Monsieur L. J..., à Paris.

Pour obliger un de nos amis, nous prenons la liberté de remettre la présente lettre à son fils, M. J. S..., de notre ville, qui habite Paris depuis un an. Ce jeune homme, qui a été envoyé par son père à Paris pour y apprendre le commerce et se perfectionner dans la langue française, désirerait se placer dans une bonne maison où il pût compléter ses connaissances commerciales.

Nous sollicitons en sa faveur votre obligeance accoutumée; nous vous saurions infiniment de gré si vous pouviez le placer ou, peut-être même, le faire travailler dans vos bureaux.

Persuadés que vous ferez tout ce qui dépendra de vous pour répondre à nos désirs, nous vous en remercions à l'avance et vous offrons nos services en pareille ou toute autre occasion.

Recevez, en attendant, l'expression de notre parfaite considération.

S. HABER et fils.

Lettres de recommandation avec crédit.

Anvers, le. .. 18...

Monsieur F..., à Paris.

La présente lettre vous sera remise par notre frère Edmond Clegg, qui se propose de vous rendre visite en passant par votre ville. Si, pendant le séjour qu'il y fera, il se trouve avoir besoin d'argent, nous vous prions de lui en fournir, pour notre compte, autant qu'il vous en demandera.

Veuillez agréer, Monsieur, nos cordiales salutations.

James CLEGG frères.

Milan, le... 18. ..

Monsieur S..., à Paris.

La présente lettre vous sera remise par M. V...

Ayant liquidé les affaires de son commerce pour retourner dans sa patrie, M. V..., qui nous est attaché par les liens d'une amitié intime, a bien voulu agréer nos recommandations auprès de vous, Monsieur, et nous vous les adressons avec d'autant plus de plaisir que nous ne doutons pas de leur bon effet.

Veuillez donc faire, Monsieur, en faveur de notre recommandé, tout ce que vous dictera votre amitié pour nous, soit par votre accueil le plus aimable, soit par l'appui sincère que vous lui prêterez à l'occasion.

Dans le cas où M. V... aurait à disposer de quelques sommes, vous auriez la bonté de les lui fournir.

Agréez d'avance, Monsieur, nos vifs remercîments et l'assurance de notre amitié.

Vincent DELACO et fils.

Lettres d'introduction.

Anvers, le... 18...

Monsieur L. R..., à Paris.

J'ai l'honneur d'introduire auprès de vous M. d'H..., régent de la banque de notre vill", et l'un de nos meilleurs amis.

Je recommande ta. d'H... à votre bon accueil et vous priede lui rendre tous les services qu il pourra réclamer de votre complaisance, ce dont je me considérerai comme personnellement obligé.

Veuillez, Monsieur, agréer mes salutations affectueuses.

Par procuration de J. Legrblm,

N. LEGRELLI.

Baie. le... is...

Mon leur J. C... a Paris.

Noui Rfoni l'avantage d'introduire tuprèt de rous M. J •-, attaché à notre maison, et prenon la liberté de root le recommande? de la manière la plue particulière. Veuille!

i. i .!■ v. ..n. tltl • i que vous voudrez, Ineu faire en faveur do

notre recommandé, des services que vous aurez la bonté de lui rendre et de vos bons conseils, s'il est dans le cas de les réclamer.

En vous priant de vouloir bien disposer de nous en pareille ou toute autre occasion, nous avons l'honneur d'être, avec une parfaite considération,

Vos dévoués,

KCHINGER et Gie.

Lille, le... 18...

Monsieur A..., à Paris.

Nous prenons la liberté d'introduire auprès de vous et de recommander à votre obligeant accueil M. A. D..., notre parent, associé de la maison D... frères, négociants en étoffes de notre ville.

Nous vous prions de vouloir bien l'aider de vos avis, le seconder dans ses démarches, lui rendre enfin tous les services qu'il pourra réclamer de vous et dont nous vous serons aussi reconnaissants que si vous nous les rendiez à nous-mêmes.

Dans cette assurance, nous avons l'honneur de vous présenter, Monsieur, nos sincères salutations.

FATTON et Gie.

Paris, le... 18...

Monsieur J. G..., banquier, à Paris.

Ce n'est que hier matin qu'on m'a remis votre lettre du 11 du courant. Sans ce retard, vous auriez déjà reçu ma réponse.

C'est de grand cœur, et avec un véritable empressement, que je m'efforcerai de seconder toujours vos intentions, et que je rechercherai les occasions d'établir des relations commerciales entre ma maison de Bayonne et la vôtre. Je vous engage, Monsieur, à mettre au plus tôt à l'épreuve ces sentiments bien sincères, en usant sans réserve de tout ce que je pourrai être à portée de faire pour votre service.

Je joins ici la lettre d'introduction que vous avez bien voulu me demander; par le courrier de demain, je ferai connaître directement à ma maison tous les droits que vous avez à son entière confiance et à son dévouement le plus zélé.

Recevez, Monsieur, l'assurance de tous les sentiments personnels d'estime et de considération distinguée avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

Votre très-dévoué serviteur,

BARRÈCHE.

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